Baume pour le coeur, Communication bienveillante, Parentalité positive et éducation bienveillante

Ces petits gestes qui font toute la différence

Mere_Teresapar Mitsiko Miller, cpc

C’est la semaine des Random Acts of Kindness

Qu’est-ce que c’est? C’est l’art de rendre service et de faire des gestes de bienveillance pour le simple plaisir d’aider. C’est l’art de donner et de recevoir dans la joie et sans attente.

Rendez-vous service aux personnes autour de vous? Faites-vous des actes de bienveillance avec vos enfants? Tous les êtres, petits et grands, ont besoin de savoir que leurs actions font un différence dans la vie des autres: ils contribuent au bien-être des autres. Les Random Acts of Kindness (gestes de bienveillance gratuites et aléatoires) est une pratique que mes parents m’ont enseignée et qui m’apporte tant de joie et de profond bonheur. Je le modèle au quotidien, à mon tour, auprès de mes enfants et je les invite à participer avec moi.

Les Random Acts of Kindness humanisent nos contacts avec les autres et, au-delà de la politesse, sont une manière de vraiment voir l’impact positif de nos « petits » gestes d’amour sur la vie des autres.

20 façons de pratiquer les Random Acts of Kindness

  • Aider une dame âgée à traverser la rue
  • Écrire (avec une craie) sur le trottoir: « Vous êtes aimé!!!! »
  • Faire du bénévolat pour une association de votre quartier
  • Connaître le nom de tous les enfants du quartier et les saluer avec un sourire chaleureux
  • Offrir un sourire à une personne de mauvaise humeur
  • Dire BONJOUR au chauffeur d’autobus en le regardant dans les yeux
  • Ouvrir la porte pour une mère avec une poussette
  • Apporter un repas à une mère venant d’accoucher
  • Offrir de garder les enfants d’une mère épuisée
  • Écrire une lettre d’appréciation à une personne que vous aimez
  • Dire un vrai MERCI authentique, en exprimant toute votre gratitude vraiment sentie, à une personne qui vous a aidée
  • Offrir un bol d’eau à un chien attendant son maître sur la rue, par une journée de chaleur
  • Offrir son banc à une femme enceinte ou à un enfant dans le métro
  • Visiter des personnes seules dans un centre pour personnes âgées pour le plaisir de partager un rire et une partie d’échec
  • Mettre des mots dans la boîte aux lettres de personnes inconnues: « Il y a de l’espoir pour l’Humanité!!! Bonne journée à vous! »
  • Demander au chauffeur de taxi de parler de ses passions, de ses enfants et de voir ses yeux s’embuer de joie
  • Dire à une adolescente qu’elle est belle et magnifique telle qu’elle est
  • Offrir des biscuits maison aux personnes vivant dans la rue
  • Visiter la vieille dame qui habite près de chez vous pour prendre le thé
  • Offrir de transporter les emplettes d’une personne et avoir une vraie discussion de coeur à coeur en marchant avec elle

Propager le bonheur et rendre service rend heureux, nourrit l’estime de soi, le sentiment d’appartenance, redonne foi en l’humanité, et développe le sens de la communauté.

Que pourriez-vous faire pour donner du sens à la vie de vos enfants et nourrir leur sentiment de compétence?

En panne d’idées? Regardez ceci:

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen de 9 et 11 ans. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants pour les aider à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

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Citations inspirantes, Parentalité positive et éducation bienveillante

Citation: tendre est le coeur d’un enfant

Tendre_FRpar Mitsiko Miller, cpc

Nous trouvons si difficile de garder notre coeur ouvert lorsque nous nous sentons stressé, ou en colère. Nous oublions que le coeur est tendre!!! Nous prêtons parfois des intentions qui n’existent que dans notre esprit et sautons vite aux conclusions: cet enfant veut me manipuler! Cet enfant fait exprès!

Prenez une respiration profonde.

Prenez le temps de sonder votre coeur.

« Est-ce vraiment vrai? » ou est-ce plutôt votre « pilote automatique » qui cherche un fautif?

Sondez votre coeur. Que ressentez-vous?

Qu’est-ce qui stimule ce sentiment en vous?

Prenez responsabilité de vos propres sentiments et parlez au JE.

Nous pouvons exprimer nos sentiments les plus intenses avec amour et tendresse pour l’autre. N’oublions pas, tendre est notre coeur. Tendre est le coeur de tout enfant, petit ou grand. Et c’est en parlant d’un coeur à l’autre que nous entretenons la relation ET la coopération. Prenons-en grand soin!

Aujourd’hui, posez-vous la question: comment puis-je prendre soin de mon coeur et de celui de mon enfant?

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen de 9 et 11 ans. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants pour les aider à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

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Les pères oublient

Crédit photo: Stock Exchange
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Voici un touchant témoignage d’un père prenant conscience de ses attentes irréalistes envers son enfant. Nous avons tous vécu ceci à un moment ou un autre de notre vie de parent,  père et mère. Regretter, s’excuser et surtout, apprendre de nos erreurs pour vivre avec plus de coeur.  – Mitsiko Miller, cpc

Petit, écoute-moi…
Tu dors, la joue dans ta menotte et tes boucles blondes collées sur ton front moite. Je viens de me glisser dans ta chambre…
Je veux te faire un aveu: tout à l’heure, tandis que je lisais mon journal dans le bureau, j’ai été envahi d’une vague de remords… J’ai été un peu dur avec toi aujourd’hui.
Ce matin, tandis que tu te préparais pour l’école, je t’ai grondé parce que tu te contentais de passer la serviette humide sur le bout de ton nez. Je t’ai réprimandé parce que tes chaussures n’étaient pas cirées. J’ai crié quand tu as jeté tes jouets à terre. Pendant le petit déjeuner, je t’ai encore rappelé à l’ordre: tu renversais le lait, tu étendais trop de beurre sur ton pain, tu avalais tes bouchées sans mastiquer, tu mettais les coudes sur la table…
Au moment de partir, tu t’es retourné en agitant la main et tu m’as dit «au revoir, papa!» Et je t’ai répondu en fronçant les sourcils: «Tiens-toi droit!»
Le soir, même chanson! En revenant de mon travail, je t‘ai guetté sur la route. Tu jouais aux billes, à genoux dans la poussière, tu avais déchiré tes bas! Je t’ai humilié en face de tes camarades, et te faisant marcher devant moi jusqu’à la maison: «Les bas coûtent cher ! Si tu devais les payer, tu serais sans doute plus soigneux!» (Imagine cela, petit, d’un père à son fils!)
Te souviens-tu ensuite? Tu t’es glissé timidement, l’air malheureux dans mon bureau pendant que je travaillais. J’ai levé les yeux et je t’ai demandé avec impatience «Qu’est-ce que c’est?» Tu n’as rien répondu, mais dans un élan irrésistible, tu as couru vers moi et tu as jeté tes bras autour de mon cou en me serrant avec cette dévotion touchante que Dieu a fait fleurir en ton cœur et que ma froideur même ne pouvait flétrir… Et puis, tu t’es enfui, et j’ai entendu tes petits pieds courant dans l’escalier.
Eh bien, mon fils, c’est alors que le livre a glissé de mes mains et qu’une terrible crainte m’a saisi. Voilà ce qu’avait fait de moi la manie des critiques et des reproches: un père grondeur! Je te punissais de n’être qu’un enfant. Ce n’est pas que je manquais de tendresse mais j’attendais trop de ta jeunesse. Je te jugeais d’après l’expérience de mes années.
Et pourtant, il y a tant de générosité, tant de noblesse et de loyauté dans ton âme. Ton petit cœur est vaste comme l’aurore qui monte derrière les collines. Je n’en veux pour témoignage que ton élan spontané pour venir me souhaiter le bonsoir.
Oublions tout le reste!
Ce soir, je viens m’agenouiller, plein de remords, près de ton lit. Je sais que tu ne comprendrais point toutes ces choses si tu pouvais les entendre. Mais demain, tu verras, je serai un vrai papa. Je deviendrai ton copain* (voir mon NB à ce sujet), je rirai quand tu riras ; je pleurerai quand tu pleureras. Et si l’envie de gronder revient, je me mordrai la langue, et je ne cesserai de me répéter comme une litanie: «ce n’est qu’un enfant… un petit enfant!»
J’ai eu tort. Je t’ai traité comme un homme. Maintenant que je te contemple dans ton petit lit, las et abandonné, je sais que tu n’es qu’un bébé.
Hier encore, tu étais dans les bras de ta mère, la tête sur son épaule… J’ai trop attendu de toi, beaucoup trop, pardonne-moi!»

* NB de Mitsiko: Je ne suis pas tout à fait d’accord avec ce passage. Je ne crois pas qu’accompagner son enfant consiste à devenir « copains ». On peut guider dans le respect, l’écoute et la bienveillance dans notre rôle de parent-phare (de sécurité et d’espoir). On peut certainement guider dans la joie, la complicité, le rire et le délice… sans être un « copain ». ;) Le sujet d’un autre article, hein?

Texte de William Livingston Larned tiré du livre Comment se faire des amis de Dale Carnegie

Merci au lecteur Florian Philip, pour ce magnifique partage :)

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Citations inspirantes, Parentalité positive et éducation bienveillante

Citation: se remettre de l’enfance

leo1Comment pouvons-nous permettre l’épanouissement de nos enfants dans le respect de qui nous sommes?
Face à l’éducation de nos enfants, sommes-nous habités par la peur ou agissons-nous dans la confiance?
Exprimons-nous du soin pour nos enfants ET pour nous?
Élevons des enfants qui n’auront pas à se remettre de leur enfance!

Pam Leo, une auteure à découvrir à travers son livre Connection Parenting
© Mitsiko Miller, 2014. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

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Citation: parent, specimen rare et précieux

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Combien de fois remarquez-vous que vous êtes FIER d’être parent, cette semaine?

Et… Combien de fois avez vous focalisé sur ce qui ne marche pas, cette heure-ci?

Nous sommes si habitués à voir ce qui ne marche pas avec soi, avec nos enfants, avec notre partenaire.

Pour la plupart de nous, ça prend un effort conscient pour porter notre attention sur nos célébrations et nos joies. Ça prend un effort conscient pour remarquer le positif et exprimer notre appréciation.

Je vous invite à prendre le temps de remarquer une chose que vous appréciez de vous-même, en tant que parent, au moins une fois par jour.

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Citation: être en construction!

etre_en_contructionNous avons tendance à oublier qu’un enfant  est… un enfant!

Un enfant. Un être en construction qui donne de son meilleur avec les outils qu’il a dans le moment et en fonction de son développement. Ne l’oublions pas.

Mitsiko Miller, coach certifiée
Mitsiko aide enfants, adultes et couple à bâtir des ponts l’un vers l’autre pour vivre leur harmonie.
Ateliers à Montréal ♥ Coaching relationnel et parental ♥ Son blogue

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Le Manifeste du parent du coeur

BB_WHPMCe manifeste décrit à merveille ma conception de la parentalité: vraie, sincère, réaliste et à des années lumière de l’étiquette du « bon parent parfait« . Cette approche est empreinte de compassion, d’amour authentique et d’intégrité. Enfin, je traduis librement ce texte délicieux et inspirant – Mitsiko Miller, cpc

Le Manifeste du parent du cœur

de Brené Brown

Avant toute chose, je veux que vous sachiez que vous êtes aimés et dignes d’amour.

Vous apprendrez cela à travers mes paroles et mes gestes – ces leçons sur l’amour transparaitront dans la façon dont je vous traite et dont je prends soin de moi.

Je tiens à ce que vous rentriez en lien avec le monde avec dignité.

Vous apprendrez que vous êtes digne d’amour, d’appartenir, de joie, chaque fois que vous me verrez pratiquer l’auto-compassion et accueillir mes propres imperfections.

Nous allons pratiquer le courage dans notre famille en se montrant et en honorant notre vulnérabilité. Nous allons partager nos histoires de lutte et de résistance. Il y aura toujours de la place pour cela dans notre maison.

Nous allons vous enseigner la compassion en pratiquant la compassion d’abord pour nous-même, puis avec les autres. Nous allons fixer et respecter des limites, nous nous engageons à travailler fort avec espoir et persévérance.

Le repos et le jeu seront des valeurs pratiquées en famille.

Vous allez apprendre la responsabilité et le respect en m’observant faire des erreurs, m’excuser avec honneur, et en voyant comment je demande ce dont j’ai besoin, et comment je communique ce que je ressens.

Je veux que vous goûtiez à la joie, pour qu’ensemble, nous pratiquions la gratitude.

Je veux que vous ressentiez la joie, pour qu’ensemble, nous apprenions à être vulnérables.

En temps d’incertitude et de manque, vous serez en mesure d’en tirer parti grâce à notre vie spirituelle qui habite notre quotidien.

Ensemble, nous allons pleurer et faire face à la peur et à la peine. Je vais désirer enlever votre douleur, mais au lieu de le faire, je vais m’asseoir avec vous et vous apprendre à la ressentir.

Nous allons rire et chanter, danser et créer ensemble. Nous aurons toujours la permission d’être nous-mêmes les uns avec les autres. Peu importe ce que vous arrive, votre sentiment d’appartenance sera toujours comblé ici.

Comme vous commencez votre voyage, le plus beau cadeau que je puisse vous offrir est de vivre et d’aimer de tout mon cœur et d’oser grandement.

Je ne vais pas enseigner, aimer ou donner l’exemple de manière parfaite, mais je vais vous laisser me voir telle que je suis, et il m’est sacré de vous voir tel que vous êtes. Vous voir vraiment et profondément.

Traduction libre par Mitsiko Miller du texte The Wholehearted Parenting Manifesto de Brené Brown, tiré du livre Daring Greatly. 

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Citation: profitons de chaque instant

Aimer sans condition. Un acte si simple, si puissant et si difficile à intégrer dans nos vies, aussi bien avec soi, nos partenaires qu’avec nos enfants.

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Le courage de faire des erreurs

par Mitsiko Miller, cpc

Peace PilgrimLa plupart des gens me demandent comment je fais pour demeurer bienveillante et (relativement) zen, malgré les hauts et les bas de la vie.

La réponse? Une pratique rigoureuse de méditation, de gratitude et d’intériorisation (auto-empathie) au quotidien.

Et une bonne dose de courage.

Le courage de me regarder honnêtement et authentiquement. D’à la fois, admettre mon imperfection, de l’aimer ET de prendre les moyens pour me surpasser dans le respect de mon rythme et de qui je suis. Le courage de ne pas me juger. De me relever lorsque je me casse la gueule (ce qui arrive souvent…) et d’avoir de la compassion pour moi-même.

Car la voie de la bienveillance n’est pas si inaccessible que les gens l’imaginent.

Mais, oui, ça prend du courage.

Le courage de voir que les démons qui nous habitent, nous racontent des histoires trop fantastiques pour être vraies: ces parties d’ombres en nous qui veulent le changement hier et qui voient la défaite partout. Et, en plus, nous jugent inadéquat, si nous n’y arrivons pas du premier coup. Ces parties de nous qui refusent l’inconfort, la résilience et qui disent que c’est une perte de temps d’essayer encore une fois. Qui refusent de croire que oui, après la pluie, il y a le beau temps. Qui nous répètent sans cesse: « T’es nulle. Tu n’y arriveras jamais. T’es un cas désespéré. T’as un problème. Laisse tomber…»

Les erreurs: une opportunité de grandir
Ça prend du courage d’être un optimiste inlassable et de lâcher prise du perfectionnisme. D’oser essayer encore.
De se dire que nous apprenons par essais et erreurs. Que nous avons, à travers nos erreurs, une excellente occasion d’apprendre un peu plus sur nous et sur la vie.
De nous poser la question : « Qu’est-ce que j’ai appris à propos de moi et à propos de la vie, à travers cette expérience? Qu’est-ce que je peux faire différemment? » Et d’admettre : « Ben, j’ai appris que j’ai peur de ne pas réussir. Et que j’aspire à faire confiance à la vie. »

Ça prend du courage pour lâcher prise et écouter cette petite voix de l’intuition.

Ça prend du courage de mettre en doute ce que notre vieux disque en nous, répète en boucle depuis notre petite enfance: « Le monde est dangereux. Attache ta tuque et mords avant qu’on ne te morde. Sinon tu ne survivras jamais. JAMAIS. »

La plupart de nous vivons des expériences quotidiennes qui renforcent cette croyance (bien ancrée en nous) et nous gardent dans un état de défense et de protection si chasse-gardé que nous en venons même à se mordre violemment soi, ainsi que nos êtres les plus chers. Nous n’aimons pas ces réflexes et la petite voix nous répète qu’il y a d’autres façons de s’y prendre plus bienveillantes. Mais comment????? Comment me protéger ET aimer pleinement? Comment être bienveillant ET réaliste?????
Quels modèles avons-nous autour de nous pour nous redonner espoir et nous aider à voir la vie autrement, à part les films feel good américains??
Si peu….

Nous ne sommes pas nos émotions
Ça prend du courage pour s’accepter pleinement. Même ces parties d’ombre à l’intérieur de nous que nous mettons sous le tapis en espérant qu’elles y resteront bien sages (pfffff!). Et qui finissent par tourbillonner dans les airs à chaque fois qu’il y a un peu de mouvement autour de nous (ce qui arrive assez souvent lorsque nous sommes parents).

Ça prend aussi du courage de croire en soi et de faire confiance à la vie.
De croire qu’il y a de l’espoir.

De croire que nous ne sommes pas nos émotions. Nous ne sommes pas colériques. Nous ne sommes pas stressés.

Nous ne sommes PAS nos émotions.

Nous sommes habités par des émotions qui, à chaque seconde, oui, oui, passent.

Mieux que ça, si nous prenons soin de notre vie émotionnelle, nous arrivons même à les surmonter et à s’en détacher. Et à grandir.
Oui.

Une mère qui ressent du stress en ce moment peut faire confiance que oui, un jour, elle vivra plus de zenitude.

Une mère qui ressent de la colère en ce moment peut faire confiance qu’elle saura la surmonter plus tard.

Les émotions ne nous définissent pas.

Faire confiance que nous pouvons
Ça prend du courage de faire confiance que nous pouvons grandir.
Ça prend aussi du courage de prendre les moyens POUR grandir.
De s’engager à devenir plus conscient et à faire de véritables pas concrets et réalistes vers notre bonheur.

De surmonter notre réactivité.

D’accueillir nos émotions avec détachement – sans être aspiré par le vortex de l’émotivité et du désespoir.

De changer nos bonnes vieilles habitudes si connues, si habituelles, si confortables , si accessibles et… si destructrices.

S’aimer pleinement
Ça prend du courage d’apprendre à s’aimer.
De penser à notre bien-être, sans culpabiliser. Sans se croire égoïste.

De faire la distinction entre nos désirs et nos véritables besoins. De sonder notre cœur pour voir ce qui brûle en nous, sans imaginer créer des feux de forêts parce que nous nous donnons la permission de nourrir notre feu sacré. De considérer les autres ET soi. D’accepter de faire des erreurs. D’accepter de ne pas plaire à tous. De vivre du regret, sans se taper sur la tête.

De s’aimer entièrement: ombre et lumière.

Ça prend du courage d’apprendre à aimer les autres.
D’accepter de ne pas avoir le dernier mot. De prioriser les relations plutôt que d’avoir raison. D’apprendre à parler avec respect, sans être d’accord avec tous les autres. De dire sa vérité dans la non-violence et dans l’ouverture. De préserver ce qui nous est le plus cher sans polariser, sans juger, ni critiquer les autres.

Ça prend du courage et de la détermination de croire que, oui, c’est possible.
Oui, nous le voulons.
Et, oui, nous le pouvons.

:)

(Cet article a été écrit dans le cadre de la journée de la non-violence)

© Mitsiko Miller, 2013. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

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Pourquoi, en colère, nous ne pouvons réfléchir

par Mitsiko Miller

colerePourquoi nos mains tremblent-elles lorsque nous ressentons de la colère? Pourquoi avons-nous tant de difficulté à nous calmer, malgré tous nos efforts? Pourquoi, tout d’un coup, voulons-nous avoir raison et sommes prêts à nous battre jusqu’à la mort???? Pourquoi, tout d’un coup, nous nous surprenons à faire ou dire des choses que nous savons que nous regretterons plus tard, et pourtant…. nous ne pouvons-nous empêcher de faire ou de dire??!!
Lorsque j’ai découvert le travail du neuropsychiatre Daniel J. Siegel, auteur des livres Parenting from the Inside Out et The Whole Brain Child (dont je parle trrrrès souvent dans mes ateliers), j’ai pu enfin comprendre pourquoi nous ou nos enfants perdons tant nos moyens, lorsque nous sommes envahis par des sentiments de colère ou de stress.

À l’aide d’un modèle simple, Siegel explique comment notre cerveau réagit face à des stimuli qui provoquent chez nous la peur, le stress, ou la colère. Comprendre ce fonctionnement m’a aidé à m’affranchir de ma culpabilité paralysante lorsque je me demandais comment était-ce possible pour moi de replonger dans un mode combatif après tant d’année de travail sur moi, et surtout, à trouver des moyens efficaces et proactifs pour en sortir.

Lorsque nous crions, perdons notre calme, il est commun que nous nous jugeons incapable et colérique. Ainsi, après avoir cédé à la réactivité en faisant subir une forme de violence à l’autre, nous rentrons alors dans un nouveau cycle de violence, celui envers soi: la culpabilité.

Au lieu de juger nos actes et nos gestes, voyons notre colère comme un drapeau rouge nous invitant à sonder notre cœur pour comprendre ce qui nous touche vraiment pour apprendre de nos erreurs et faire autrement une prochaine fois. Bien sûr, nous allons souhaiter exprimer du regret. Mais est-ce nécessaire de se blâmer et se critiquer pour autant (forme de violence)?

Dans cette vidéo (4 minutes) expliquant le processus (enfin!!!!) en français, Nadine Gaudin de l’Association Discipline Positive France (que j’ai eu le plaisir de rencontrer au cours d’une formation en discipline positive) nous montre à l’aide de son poing ce qui arrive à notre cerveau lorsque sommes en état d’alerte.

 Le modèle du cerveau selon Siegel

Lorsque je pète un plomb: combat/fuite Lorsque je suis calme: intégration
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Lorsque je me sens stressé ou en colère, je perds accès aux parties de mon cerveau qui me permettent d’être empathique, flexible, de raisonner et de trouver des solutions. Je me déconnecte totalement et tombe dans le fonctionnement du mon cerveau reptilien: immobilisation, attaque, fuite et survie! Aucun moyen de parler, de raisonner et d’écouter… Lorsque je suis calme, j’ai accès à une partie du cerveau supérieur (cortex préfrontal) où mes facultés d’autorégulation des émotions, d’empathie, de prise de décisions, de logique et de raisonnement sont en fonction.

En comprenant le principe de Siegel, j’ai réalisé qu’il était totalement inutile de tenter de trouver des solutions lorsque j’étais dans le mode combat/fuite. Il était mieux de prendre une pause pour me recentrer.

Et respirer profondément n’a jamais été suffisant dans mon cas. J’ai, avant tout, besoin de prendre du recul pour comprendre ce qui se passe en moi et pour retrouver des moyens réellement efficaces pour revenir à la « vie ».

La discipline positive suggère de prendre « le temps de pause » pour revenir aux fonctions de notre cerveau supérieur. Quant à moi, je trouve encore plus efficace de pratiquer l’auto-empathie, processus extrêmement puissant de la Communication NonViolente (CNV) qui m’aide à me recentrer en quelques millisecondes (lorsque nous y sommes vraiment habitués, bien sûr ;). Le processus de la CNV m’aide, à travers ses 4 étapes, à sortir de l’émotivité et de la réactivité, comprendre ce qui me touche réellement dans le moment présent et prendre les moyens pour trouver des solutions de manière proactive.

Puis, une fois calmée, je peux poursuivre la conversation avec l’autre (si l’autre est également en mode intégration, bien sûr!) en pleine possession de mes moyens, dans l’écoute, l’empathie pour trouver des solutions qui marchent pour moi et pour l’autre.

* Des recherches démontrent que le fait de nommer les émotions dans le moment présent, permet de réduire leur impact et nous aide à revenir en mode intégration.

© Mitsiko Miller, 2013. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

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Accueillir le changement

par Mitsiko Miller, cpc

Dans très exactement une semaine, la valse lente et douce d’un été sans surprises et retiré du monde, cèdera la place au rythme effréné d’une batacuda tonitruante.

fil_d'amourAh, la rentrée scolaire…

  • Les enfants rentrent en classe, les soirées Scouts recommencent, l’aïkido redémarre
  • Comment trouver du temps pour prendre le temps? Prendre le temps d’écouter les feuilles de peupliers danser dans le vent? Prendre le temps de ralentir?
  • Est-ce que mes fils vivront des décharges de tensions en rentrant de l’école? Est-ce que mon fils vivra encore des périodes d’insécurité face aux changements? Aurais-je droit à des crises d’angoisse? Vais-je en faire, moi-même?
  • Est-ce que mes fils vivront encore des interactions difficiles avec les élèves (pour ne pas dire, le mot galvaudé « intimidation »?)? Est-ce que le professeur saura apprécier le style unique d’apprentissage de mes fils? Est-ce que le professeur sera en mesure de tisser des liens avec ses élèves pour les sécuriser et les laisser savoir qu’ils sont appréciés?

Oh, le stress monte!!! Et au fur et à mesure que mes pensées se bousculent, je sens mon cœur battre la chamade en suivant le tempo.

Le bouton pause, outil essentiel
Et dans ces moments de panique, je pèse sur le bouton pause. Je m’arrête pour me poser la question essentielle: qu’est-ce qui est en mon pouvoir de faire pour me rendre la vie heureuse?

Respiration. Les activités reprennent. Je sens la peur monter en moi. J’ai peur de me sentir happée par le temps, le stress et de perdre ma joie. Que puis-je faire pour garder l’équilibre et m’ancrer dans la joie? Créer des fiches de routines avec les enfants pour offrir de la prévisibilité et garder les activités au minimum.
Ahhhhh. Les possibilités s’ouvrent à moi.
Comment trouver du temps pour prendre le temps? Respiration. Prendre le temps est une stratégie qui me permet de rester enracinée.  Comment puis-je rester centrée? Inclure plusieurs temps libre dans notre routine.
Est-ce que mon fils vivra des périodes d’insécurité face aux changements?  Respiration. Je vis mal les angoisses de mon fils que j’appréhende. Comment puis-je rester confiante que nous y arriverons? Ah, oui… Remarquer les petits pas vers l’autorégulation et faire un plan d’action avec lui pour l’aider à gérer ses angoisses efficacement.
Ouf…

Créer l’effet Pygmalion
Le professeur saura-t-il apprécier le style d’apprentissage unique de chacun de mes fils? Il est en mon pouvoir de m’asseoir avec chaque professeur pour « vendre » les qualités de mon enfant et l’aider à voir qu’en éveillant son feu sacré et son profond désir de contribuer au bien-être des autres, il aura un élève motivé qui enrichira l’atmospĥère de la classe.
Ahhhhhh, je me sens légère.

Rappelons à l’enfant que peu importe où il est, il est toujours avec nous. Et qu’il est aimé tel qu’il est par au moins une personne dans ce monde :)

Gérer l’intimidation
Comment gérer l’intimidation? J’ai accueilli pendant plusieurs mois, mon enfant qui voulait mourir à chaque jour, tant sa douleur lui semblait insurmontable. Respiration. J’aspire à un monde où garçon+ tendre+ sensible+ empathique soit perçu comme une équation possible et même célébrée. J’aspire à ce que mon fils connaisse sa valeur, qu’il sache à quel point la diversité qu’il apporte à ce monde est une richesse pour nous tous. Et lorsque je vois à quel point cette situation nous a, à tous les deux, permis d’affirmer notre différence et d’estimer qui nous sommes sans recours à une « validation extérieure », je me sens confiante que mon fils et moi avons développé suffisamment de détachement et avons assez de ressources pour naviguer à travers les critiques sans dommage.
Oui. Célébrons.
Et lorsque je me lie avec ce qui est en mon pouvoir de faire pour rendre notre vie plus belle cette année, je vois les possibilités s’ouvrir à moi. Il est en mon pouvoir d’aimer profondément et de nourrir l’estime de soi de mes enfants. Il est possible pour moi de leur laisser savoir que la maison est un lieu où ils peuvent se reposer et être pleinement eux-mêmes. Il est possible…

Voici quelques stratégies pour accueillir les transitions avec douceur

  • Commencer à parler des changements à venir en douceur, nommer et reconnaître les émotions qu’entraîneront sans doute ces transitions (en se rappelant qu’on peut vivre, à la fois, de la joie, de la crainte et de la tristesse en pensant à la rentrée)
  • Faire un « calcul hédoniste » pour voir quels sont les éléments positifs et négatifs qu’apportent ces transitions et s’outiller pro-activement à mieux gérer les hauts et les bas
  • Faire des rituels pour clore l’été et accueillir la nouvelle saison avec joie
  • Faire une vision board (tableau de visionnements) avec nos enfants pour identifier les intentions, voir le positif et établir des stratégies utiles pour surmonter les défis potentiels durant l’année.
  • Créer des repères et des routines avec les enfants pour rassurer ceux (surtout les parents) qui aiment la prévisibilité et avoir une idée de ce qui s’en vient.
  • Rappeler à l’enfant que, peu importe où il est, il est toujours avec nous dans notre cœur. Qu’il y a un fil d’amour invisible qui nous relie pour la vie. Et qu’il est aimé tel qu’il est, par au moins une personne dans ce monde :)

Et vous, quels sont vos trucs à vous?

© Mitsiko Miller, 2013. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants pour les aider à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Communication bienveillante, Parentalité positive et éducation bienveillante

Rester zen face à l’intensité

par Mitsiko Miller, cpc

henkerJ’aimerais dire que je reconnais à quel point il est difficile d’avoir des enfants qui s’expriment de manière « intense », que ce soit dû à leur tempérament ou parce qu’ils traversent une nouvelle phase d’individuation (apprentissage développemental).

Dans la société dans laquelle nous vivons, nous n’avons pas l’habitude, ni le réflexe de demander (ou d’obtenir…) le soutien dont nous avons réellement besoin pour se ressourcer et rester un parent patient, efficace et calme.

Comme disait Margaret Mead, personne ne nous a demandé de vivre comme une famille « nucléaire », coupée du monde, isolée et sans soutien de la communauté – comme nous le faisons – avec l’illusion que nous pouvons tout faire seul… « Nous nous sommes mis dans une situation impossible, » affirme-t-elle… Oui. Nous avons du mal à demander et, souvent, le soutien que nous recevons lorsque nous osons (enfin) demander, ne convient pas du tout, non plus…

Et dans nos moments de désarroi et d’épuisement, nous tentons de donner du sens à ce que nous vivons: nous en venons à croire que quelqu’un est « difficile ».

Plusieurs remarquent qu’il est plus difficile de gérer les interactions avec certains plus que d’autres. D’autres affirment que le bébé ou enfant «difficile» ou «aux besoins intenses» est un concept bidon.

Mon opinion? Oui et non.

OUI
Ce n’est pas l’enfant qui est forcément « difficile », mais NOUS qui trouvons difficile de gérer la relation avec cet enfant. (Et avouons-le, la plupart de nous manquons cruellement de soutien et/ou de ressources pour demander du soutien autour de nous).

NON
Il y a des enfants et des adultes, avec qui nourrir une relation, exige beaucoup d’effort, d’humilité, de lâcher prise et de croissance personnelle en vue de bâtir un pont harmonieux, l’un vers l’autre.

Toute personne est unique. Chaque tempérament est unique et magnifique. Il est trop facile de qualifier la personne d’«oppositionnelle», de «difficile», de «capricieuse» ou d’«hypersensible» pour clore le dialogue et la question. En même temps, il est parfois très aidant du donner sens à ce que nous vivons à travers une « étiquette »  qui nous aide à voir l’humanité dans l’autre, et même de comprendre comment rentrer en lien avec elle– surtout si nous rencontrons des enfants (petits et grands) avec qui la communication exige beaucoup d’effort.

J’aime le terme « hypersensible ». Il m’aide à rester curieuse, ouverte et me rappelle que derrière tout comportement, aussi tragique soit-il, il y a une raison: un besoin inassouvi tente de s’exprimer maladroitement. Essayons-donc de comprendre.

Une théorie dit qu’il y a des personnes plus sensibles sensoriellement et émotionnellement que d’autres, dont le système nerveux fonctionne différemment. Ce n’est pas un problème, tout simplement un mode de fonctionnement distinct: on affirme que ces personnes se servent davantage de leur cerveau droit et opèrent donc davantage sur le mode intuitif. Cette théorie me parle.

Selon Elaine N. Aron, auteure spécialisée en hypersensibilité, 15% de la population serait de cette espèce. Voici quelques traits communs tel que décrit sur Wikipédia (et selon les critères de Saverio Tomasella)

  • Forte réactivité à des stimuli qui ne font pas réagir autant d’autres personnes
  • Grande faculté d’empathie
  • Débordement émotionnel face à des situations génératrices d’émotion
  • Amplification des ressentis
  • Mémorisation des expériences vécues avec beaucoup d’acuité
  • Capacité à rire, pleurer, être anxieux avec une fréquence ou une intensité plus élevée que la moyenne
  • Impulsivité et irritabilité
  • Tendance à être perturbé par toute difficulté ou dysfonctionnement imprévus
  • Forte créativité et imagination
  • Intuition fortement développée
  • Vie intérieure riche et complexe
  • Conscience des nuances subtiles de l’environnement
  • Dévouement et grand sens du service pour les autres
  • Influencé par l’humeur d’autrui
  • Besoin de s’isoler pour se reposer, se libérer de toutes stimulations et se retrouver

J’aime dire que je fais partie de cette tribu, ainsi que tous les membres de ma famille. Chacun à notre façon, bien sûr. Mais mon expérience m’amène à constater des points communs entre nous:

Les défis: vivre en société

  • Inconfort profond aux sensations (5 sens) intenses et aux émotions vives (souvent imperceptibles aux autres)
  • Perméabilité au ressenti des autres, même si ces derniers tentent de cacher leur vulnérabilité et leurs sentiments :)
  • Humeurs changeantes et intenses
  • Besoin prononcé de solitude, allergie au contact humain inconnu et aux situations trop stimulantes
  • « Entêtement » féroce face aux ordres et aux règles qui n’ont pas un sens intrinsèque pour soi

Les célébrations et contributions uniques à ce monde

  • Une volonté de fer et une intention claire à tout ce que nous choisissons d’entreprendre
  • Créativité et curiosité bouillonnante
  • Leadership original et unique
  • Empathie et grand désir de contribuer au bien-être des autres
  • Monde intérieur extrêmement riche et profond
  • Émerveillement devant la beauté dans l’art, la nature et le cœur des êtres vivants

Vous pouvez imaginer que les journées avec moi, étaient hautes en couleur pour mes parents. Je préférais passer mon temps seule pendue à un arbre ou en compagnie d’animaux pour avoir cette tranquillité, cette prévisibilité et ce repos si essentiels à ma survie mentale. Et surtout, pour vivre plus de douceur dans mon quotidien (et… pour faciliter mon autorégulation).

Ce n’est pas le cas de mes enfants qui vivent en ville, dans un monde très différent de celui de mon enfance:

  • Pollutions sensorielle et environnementale
  • Rythme effréné de la vie actuelle
  • Pluralité des modes de vie
  • Stress, sollicitation, écran, publicité

Face à ce monde qui les agresse, la réaction de mes enfants était, durant la petite enfance, de faire des crises et de chercher des repères souvent de manière très tragique (répétition de gestes et de bruit, mettre de l’ordre, nommer, qualifier et quantifier le monde, créer des rituels et des séquences rigides – bref, de contrôler ce qui était en leur pouvoir de contrôler) pour trouver de la prévisibilité et du repos dans leur environnement.

Et…. de se coller à moi (comme du velcro!) un instant, pour me repousser l’instant suivant (la danse de l’autonomie/individuation, quoi!) dans des périodes de changements, de transitions et d’individuation.

Il n’est pas facile de vivre avec des enfants qui s’expriment de manière intense. C’est tout un défi! Et ce n’est pas facile d’être un parent, tout court. Car, selon moi, tous les enfants ont, à différents degrés (et cette expérience est exponentielle avec les « hypersensibles ») en commun ceci:

  • Ils sont nos sensei qui nous font grandir, cœur et âme
  • Ils reflètent comme un miroir grossissant les sentiments que nous vivons, et surtout ceux que nous tentons de dissimuler à nous-même et aux autres :)
  • Ils demandent clarté et cohérence entre ce que nous ressentons, disons et ce que nous faisons
  • Ils demandent à être accompagnés sur des chemins très difficiles que nous avons du mal à faire pour nous-même: accueillir des émotions fortes, faire face à nos peurs et angoisses, gérer la colère et faire confiance à la vie

Comme vous voyez, les défis de nos enfants sont aussi des cadeaux pour nous et pour eux-mêmes, qui invitent à la profondeur authentique, au lâcher prise et à ÊTRE.

Lorsqu’ils étaient petits, je n’étais pas toujours en mesure de voir le cadeau qu’ils m’offraient. C’est avec le temps, et en étant témoin de leur épanouissement que j’entrevois bien plus fréquemment la richesse du trésor qu’ils portent en eux.

Entre temps, voici des suggestions pour rester ZEN ;)

Remplir son réservoir émotionnel et celui de notre enfant au quotidien:

  • Rester à l’écoute de soi… pour être à l’écoute de notre enfant!
  • Nourrir son âme au quotidien
  • Apprendre à demander de l’aide aux personnes qui nous aident vraiment (j’insiste sur le mot: vraiment)

Entretenir une relation de confiance avec son enfant:

  • Véhiculer l’amour en tout temps: « Je t’aime toujours, même lorsque je me sens en colère »
  • Reconnaitre son vécu dans le quotidien et prendre responsabilité de ses sentiments: « Je me sens fâché et ceci m’appartient à moi! »
  • Respecter les besoins de tous pour cultiver la coopération

Être capable d’autorité saine:

  • Être un phare qui reconnait le ressenti de tous ET redonne espoir: « C’est dur ET nous allons trouver une solution!»
  • Être proactif, prévenir et instaurer des rituels et des repères qui tiennent compte des besoins, du tempérament unique et du niveau de maturité de notre enfant… et de soi (oui, oui!).

Être un coach émotionnel:

  • Être détective en besoins pour soi et ses enfants
  • Reconnaître et accueillir nos sentiments INTENSES et ceux de nos enfants, avec présence
  • S’exprimer avec bienveillance pour favoriser le développement émotionnel ET l’éveil à notre pouvoir (et à celui de nos enfants) de converger, à coup d’essais et d’erreurs, vers notre propre bonheur (empowerment)
  • Célébrer nos petits petits pas (et ceux de nos enfants!) vers la bienveillance avec beaucoup de douceur et beaucoup beaucoup beaucoup de compassion pour soi (dois-je me répéter ou avez-vous pigé? ;).

© Mitsiko Miller, 2013. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Baume pour le coeur, Communication bienveillante, Parentalité positive et éducation bienveillante

La lettre qui change une vie

meadpar Mitsiko Miller, cpc

En faisant le ménage de mes papiers importants, j’ai retrouvé une lettre auréolée de douces larmes. Je me souviens du jour où je l’ai reçue. J’avais le cœur gros et j’ai croisé une mère du quartier.

J’avais fait le choix de rester à la maison pour suivre notre rythme jusqu’à ce que nous soyons prêts à passer à une nouvelle étape. NOTRE rythme unique.

Ceci était le choix qui marchait pour NOTRE famille. Et il n’était pas très commun.

Je me sentais très isolée. Et je souffrais de me sentir incomprise. À ce moment-là, les « fameuses questions qui tuent » rajoutaient à la lourdeur de mon cœur. J’étais mère d’un bambin et je n’avais pas encore acquis l’équanimité, le recul et les aptitudes de communication que j’ai maintenant. Je m’effondrais intérieurement à chaque question qu’on me posait, que je vivais comme une critique de ma personne. Je restais souvent dans un mutisme malsain pendant que je jacassais intérieurement.

LES QUESTIONS QUI TUENT

-question : Il est malade? C’est pour ça que ton enfant est avec toi?

– Silence et je roule les yeux intérieurement. J’ai bien dit in-té-rieu-re-ment!

-question : Tu ne serais pas un peu mère poule, par hasard?

-Silence et réponse intérieure : « Poc! poc! Poc! Oui, oui!  »

-question : Quoi????????? Il est encore allaité????????????? Oh, mon DIEU!!! Mais, c’est presque un adulte!!!!!!!!!!!

-Silence et réponse intérieure : Ben oui!!!!!!!! Et il sera allaité jusqu’à ce qu’il passe d’un type de couches à l’autre!!! Tu sais, celles pour les vieux?

Ça faisait un peu du bien de ventiler intérieurement. Mais entre vous et moi, c’était plutôt inefficace à long terme car ce sentiment de désespoir resurgissait quotidiennement.

Puis.

J’ai reçu la lettre de cette mère en question (qui est devenue une très chère amie, vous le devinez).

Cette lettre.

Je l’ai relu 20 fois en pleurant de gratitude.

J’étais enfin comprise, et en plus, je recevais de la reconnaissance! Avec ces mots d’encouragement, j’ai pu lâcher prise de mon souhait d’être vue et reconnue par plusieurs. Et je me suis donnée la permission d’être en paix avec moi-même et avec mes choix. Je les acceptais et j’acceptais que tous ne soient pas d’accord. Plus rien ne pouvait m’atteindre maintenant (ou presque…)

J’avais enfin trouvé ma paix intérieure.

Cette lettre, la voici…

*******

Ma chère Mitsiko,

Je te remercie pour les beaux mots d’encouragement que tu as eu pour moi. Nous passons toutes par des périodes plus noires de temps à autre, peu importe les choix que nous faisons. Alors, d’entendre une autre mère dire qu’elle apprécie l’exemple que je donne, me comble.

Je comprends ce que tu vis. Tu n’es pas seule. Je n’ai pas eu le temps de te le dire tantôt: moi aussi j’ai pensé à fort à toi, récemment. J’ai pensé à la fois où on s’est salué rapidement sur la rue et que j’ai remarqué comment Henri avait grandi. Je me suis dit : « qu’il s’épanouit. »

Tu as écouté ton cœur et ce qu’il te dictait de faire. La pression sociale sera toujours là, mais sois sûre que tu fais le « bon » choix pour toi. Ça vaut tellement la peine.

Aucune femme n’est morte en disant qu’elle aurait dû passer moins de temps avec ses enfants. L’amour, c’est toujours la bonne voie. Elle est éternelle et est la chose qui a le plus de valeur au monde.

Ton amie X

********

(J’ai un peu modifié cette lettre parce qu’il y avait des détails plus personnels. :)

(Je suis reconnaissante d’avoir plusieurs « fées » comme mon amie X dans ma vie. Elles me nourrissent et m’inspirent.  Elles contribuent à mettre de la magie dans ma vie.)

Comment vous sentiriez-vous si vous receviez une lettre d’encouragement comme celle-ci? Quel impact aurait-elle sur votre vie? En sachant son impact sur les autres, prendriez-vous le temps d’en rédiger une pour une voisine ou une amie?

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants pour vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

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Ne sous-estimez pas votre influence

par Mitsiko Miller, cpc

MLKDurant une de mes nombreuses promenades sur la montagne près de chez moi, j’ai été témoin d’un acte de bienveillance absolument attendrissant qui, malgré les années qui passent, demeure totalement vivant en moi, comme si c’était hier.

Lorsque j’y pense, j’aurais tant aimé l’observer avant que mes enfants ne naissent pour m’épargner de longues heures de réflexions et de lectures à savoir comment exprimer de la bienveillance avec mon enfant en crise….

Je marchais lorsque j’ai entendu un enfant hurler. En me rapprochant, j’ai vu une petite fille de 4 ans se jeter sur l’herbe selon une série de mouvements que j’ai maintes fois constatée chez plusieurs jeunes enfants- celle d’une enfant si fatiguée, si sur-stimulée qu’elle se désorganisait à vue d’œil : les lamentations, les larmes, les cris, les coups, bref, la crise du happy hour que je remarque souvent entre 15h30 et 18h00.
Cette mère a tout simplement pris sa petite dans ses bras en l’enveloppant d’amour et tenant ses petites mains avec tendresse jusqu’à ce qu’elle se calme.

Si simple.
Si puissant.
Si inspirant.

Je suis nourrie d’espoir pour l’humanité et pour les générations à venir. Imaginez un moment que vous ayez autour de vous une myriade d’exemples de parents qui répondent avec bienveillance, tendresse et empathie à leurs enfants et aux membres de leur communauté?

Quelle inspiration et quel modèle ils offriraient aux autres parents et aux enfants de ce monde? Je suis certaine qu’il y aurait une normalisation de la bienveillance éducative et peut-être même qu’une génération d’enfants élevés dans la bienveillance n’auraient pas à se remettre de leur enfance, pourraient investir leur énergie à créer du changement social profondément durable.

Imaginez….
Imaginez voir quotidiennement des parents répondre à un enfant « capricieux » avec de l’empathie, offrir un câlin rassurant à un enfant en crise, faire un clin d’œil approbateur à un enfant grimpant dans un arbre, faire une grimace espiègle à un enfant nous tirant la langue. Bref, prendre le temps de reconnaître les besoins derrière les comportements: amour, exploration, respect, jeu, joie, confiance…

Imaginez l’impact sur notre société?

Et je me suis dit qu’être témoin d’un acte de bienveillance ou d’éducation positive aussi petit soit-il, nous influence et nous donne la permission de faire autrement. Et plus nous en serons témoins, plus nous oserons.

Offrons le modèle de bienveillance envers les enfants, et aussi, envers les personnes qui nous critiquent.

Il n’y a rien de plus puissant et désarmant que de répondre de manière férocement non-violente à une critique et aux attaques: avec non-réactivité, empathie, authenticité, persistance, conviction et joie. (La communication NonViolente m’a permise de développer mon muscle empathique et de rester dans le dialogue collaboratif dans les situations les plus difficiles et tendues. Je la recommande à tous).

Bien sûr, il y a beaucoup de travail à faire pour normaliser la bienveillance éducative et nous avons à œuvrer à plusieurs niveaux: individuel, familial, communautaire, gouvernemental et planétaire.

Cela dit, comme précise Gandhi : «Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde». Soyons la bienveillance. Soyons bienveillant envers nous-mêmes, les enfants et les autres.

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Pour une éducation nouvelle

par Mitsiko Miller, cpc

En tant que mère de deux enfants en apprentissage, j’ai du mal à garder mon calme lorsque j’observe au quotidien, des situations où communauté et éducation des enfants sont exprimées sans que je puisse y déceler du respect et de la considération aussi bien pour ces magnifiques êtres en croissance, que pour leurs éducateurs.

avril2012 009
Mes fils, Henri et Thomas jouant au centre Communidée, au cours d’un atelier de robotique

Face à tout cela, je vis parfois du découragement… Et pourtant je refuse de me laisser noyer dans l’impuissance : oui, j’accepte que ce soit la réalité actuelle de bien des gens.

ET je souhaite le changement.

C’est pourquoi j’entame depuis un certain moment, une réflexion sur l’apprentissage qui m’aide à m’ouvrir à de nouvelles possibilités et à envisager l’avenir totalement différemment. Et… je m’implique aussi dans plusieurs projets éducatifs qui osent. Dont le projet famille en harmonie. :)

Comme dit Einstein, «Le monde que nous avons créé est le résultat de notre niveau de réflexion, mais les problèmes qu’il engendre ne sauraient être résolus à ce même niveau. »

Je nous invite à nous poser la question « Quel est le but de l’éducation? » Qu’est-ce qui marche? Pourquoi? Qu’est-ce qui ne marche pas? Comment apprendre du passé?

Osons poser ces questions pour envisager de nouvelles possibilités:

Quelle est la meilleure stratégie d’apprentissage pour chaque enfant unique?

Comment permettre cette diversité en collectif?

  • Comment pouvons-nous soutenir l’apprentissage de chaque enfant, en sachant qu’ils sont tous uniques?
  • Comment pouvons-nous les aider à affronter ce monde, en pleine conscience, de leur pouvoir et compétences à être des agents de changement de leur vie?
  • Dans nos démarches éducatives, sommes-nous habités par la peur ou agissons-nous dans la confiance et l’amour? Quelle est notre posture lorsque nous pensons à l’avenir de nos enfants? Quel message inconscient envoyons-nous à nos enfants (Tu es capable. Le monde est dangereux. La vie humaine n’est que souffrance)?
  • Exprimons-nous du soin pour les enfants avec équilibre pour nous? Tenons-nous compte de leurs besoins d’exploration, de liberté et d’épanouissement ET des nôtres?
  • Attisons-nous ce feu sacré de l’apprentissage en faisant confiance que leur curiosité naturelle et leur créativité leur permettront d’intégrer la connaissance à leur propre rythme, avec joie et autodétermination?
  • Donnons-nous l’exemple de ce que nous souhaitons pour eux? Sommes-nous profondément cohérents?
  • Acceptons-nous de voir l’erreur comme quelque chose de constructif qui nous permet de grandir à petit pas et de réajuster notre tir? Sommes-nous obnubilé par la performance et la perfection?
  • Permettons-nous aux enfants de contribuer à la communauté, leur donner du sens et de la fierté de pouvoir participer à la vie, indépendamment de leur âge?

Ce sont des questions difficiles que j’aborde régulièrement et qui peuvent être très déstabilisantes à envisager pour certains. Pourtant, en lisant et en m’informant, je me suis rendu compte qu’il y avait plusieurs personnes transformant l’éducation en ce moment: ils me gardent en lien avec l’émerveillement, mes rêves et ma vision alignée avec mes actions. Être témoin de cette magie de personnes débordantes de sagesse et de courage (jeunes et moins jeunes) qui sont le changement qu’ils veulent voir dans le monde, m’inspire et me nourrit.

L’ÉDUCATION BIENVEILLANTE: MES ASPIRATIONS

  • Une reconnaissance que chaque enfant est unique, ainsi que son style d’apprentissage
  • Une reconnaissance que les enfants ont besoin de se sentir aimés, et émotionnellement et physiquement en sécurité pour s’épanouir et apprendre.
  • Un enseignant guide tout en laissant savoir que les enfants sont importants et valorisés, que leurs besoins sont pris en compte émotionnellement, physiquement et intellectuellement
  • Une reconnaissance que l’autodétermination est comment les enfants intègrent l’apprentissage de façon significative. Nous gagnons beaucoup à être de «facilitateurs de la connaissance» plutôt que de prêcheurs. Je crois que les enfants peuvent vraiment apprendre lorsqu’ils ont l’espace et la confiance d’explorer leur environnement lorsque les erreurs ne sont qu’une étape d’un processus et une opportunité d’intégrer davantage
  • Plus de compassion, de cercles restaurateurs et de dialogue empathique dans les familles, écoles et communautés pour soutenir la collaboration, encourager l’estime de soi, le sens, la coresponsabilité et la croissance interpersonnelle chez les enfants et les éducateurs
  • La clarté et un sens de la co-création pour que chaque membre de la communauté – enfants, familles, enseignants, écoles et autres membres – voient comment ils peuvent contribuer à soutenir l’apprentissage de tous
  • Un espace où la sécurité émotionnelle est gérée avec efficacité et soin: où les enfants et adultes peuvent dialoguer dans un souhait de restaurer l’entente mutuelle et apprendre à communiquer de manière collaborative

Je pourrais écrire pendant des heures. Mais au moment où je tape ces mots, j’ai une douce jeune personne assise sur mes genoux, qui demande un câlin. Et je constate que j’ai besoin d’une pause (et surtout d’un câlin) aussi.

© Mitsiko Miller, 2013. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen de 9 et 11 ans. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants pour les aider à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

activités

Communication bienveillante, Parentalité positive et éducation bienveillante

Empathie, bonheur et compassion en classe

« Quand on écoute VRAIMENT, les gens vivent dans notre cœur pour toujours, nous dit Toshiro Kanamori.

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(Traduction libre du synopsis de Free Documentary Films)

Dans le documentaire primé CHILDREN FULL OF LIFE, se dévoila l’œuvre de M. Kanamori, enseignant d’une classe de 4e année (8e pour le système français), qui enseigne à ses élèves comment vivre ensemble:  les cours touchent le curriculum, mais aussi le travail d’équipe, la communauté, l’importance de de l’empathie, l’expression de sa vulnérabilité et la gestion de conflits.

Il demande à chacun de rédiger un carnet de bord où leurs véritables sentiments sont exprimés quotidiennement. En partageant leur vécu, les enfants réalisent l’importance de prendre soin l’un de l’autre.

M. Kanamori est un exemple étonnant de ce que tous les enseignants à travers le monde devrait être. Il comprend vraiment ce que l’enseignement des enfants est tout au sujet et a certainement fait une différence positive dans la vie de ces jeunes de 10 ans.

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Je rêve d’un monde où les professeur ont à coeur le bonheur de mes enfants. Monsieur Kanamori, je vous offre mon plus grand respect et ma plus grande gratitude.

En attendant, mes enfants ont accès à cette richesse à la maison.

Mitsiko Miller, coach certifiée
Mitsiko aide enfants, adultes et couple à bâtir des ponts l’un vers l’autre pour vivre leur harmonie.
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Le défi d’élever nos enfants autrement

Il y a plusieurs manières d’être parent du coeur. Voici la mienne. Je célèbre la diversité des chemins uniques pour se lier de coeur à coeur avec nos enfants uniques. Tendresse à vous tous!

par Mitsiko Miller
KnostIl nous arrive de nous sentir très seule lorsque nous faisons le choix d’élever nos enfants avec notre cœur. Le quotidien d’un parent est ponctué de moments inconfortables où nous réalisons que, malgré les nombreuses recherches récentes, bien des gens ne partagent pas notre vision de la parentalité et ne reconnaissent pas ce qui nous apparait si logique: le rôle essentiel d’un attachement sécure dans le développement global (physique et émotionnel) des enfants et l’importance d’une relation aimante et collaborative, d’où émergent la coopération et la bienveillance.

Parfois, nous vivons des situations irritantes que nous préférerions éviter et nous roulons les yeux au ciel lorsqu’elles se présentent. Par exemple, lorsqu’un passant jette un regard désapprobateur tandis que nos enfants sautent gaiement dans les flaques d’eau. Lorsqu’une vieille dame s’inquiète que notre bébé « tombe » du porte-bébé. Lorsqu’on nous rappelle de « faire attention à notre pauvre dos » parce que nous transportons un bambin sur la hanche.

Parfois nous sommes plutôt sensibles à ces commentaires et ça nous remue un peu. Par exemple, lorsque le médecin ou une mère que nous estimons beaucoup se surprennent que notre bébé boive aussi « souvent ». Ou quand un visiteur constate que le bébé n’a pas de chambre et s’inquiète qu’il ne sera jamais capable de dormir seul. Peut-être que ce malaise passager se résout après une discussion réconfortante avec une bonne amie.

Mais imaginez lorsque la vision de vos intimes divergent de la vôtre pour l’allaitement ou la discipline. Ou encore, lorsque vos parents et amies de longue date vous mitraillent de conseils non-sollicités (qui stimulent en vous encore plus de désespoir!). Comment réagissez-vous?

Je doute que vous rouliez les yeux. J’imagine que vous êtes bien plus qu’un petit peu remuée. Ça ressemblerait plutôt à un douloureux pincement au cœur qui vous remplit de tristesse.

Tout parent souhaite être vu pour les efforts et l’énergie investis pour élever ses enfants avec amour. Et les premières années, un parent qui choisit le maternage proximal ou la parentalité positive est exposé à plus de critiques que de compliments. Raisons pour lesquelles il a encore plus besoin d’un réseau de soutien, d’inspiration, de ressourcement, et d’espace pour explorer avec confiance ce qui a du sens pour sa famille.

Car à la longue, les commentaires des autres finissent par nous trotter dans la tête. Par exemple, lorsque nous sommes en traitement chez l’ostéopathe (pour notre dos!), lorsque notre bébé se réveille encore la nuit, que notre bambin frappe un ami, ou fait une crise devant les enfants impassibles et polis de notre voisine (qui est convaincue qu’écouter « les caprices » des petits les transforme en tyran). Tout d’un coup, notre confiance en soi plie bagage et nous penchons dangereusement vers le doute.

C’est la sonnette d’alarme qui indique qu’il est temps de remplir notre propre réservoir émotionnel et de nous ressourcer. Mais comment faire? Voici quelques suggestions.

S’enraciner dans ses valeurs
Lorsque le doute vous envahit, c’est le temps de mettre le cerveau sur le bouton « pause » et de sonder la sagesse de votre cœur.

Pourquoi écoutez-vous les besoins de vos enfants? Pourquoi le faites-vous de manière différente des autres? Qu’est-ce qui est important pour vous? Quelles valeurs souhaitez-vous cultiver pour que votre enfant s’épanouisse et devienne un adulte responsable, heureux et empathique?

S’enraciner dans les valeurs aide à se détacher de craintes et insécurités qui envahissent momentanément nos pensées et à reprendre confiance en nos capacités à créer l’environnement le plus favorable pour notre famille.

Trouver sa tribu
Nous sommes nombreuses à avoir très peu de personnes autour de nous qui nous offrent l’acceptation et le soutien qui nous comblent vraiment. Trouver notre tribu nous permet d’être exposée à une multitude d’exemples qui nous inspire, nous nourrit et nous redonne confiance.

Comment est-ce possible d’élargir le cercle? Les possibilités sont illimitées. À vous d’explorer les options!

  • Former ou côtoyer un regroupement de parents partageant vos valeurs
  • Fréquenter des réunions de La Leche League ou un autre groupe faisant la promotion de l’attachement proximal et de l’éducation bienveillante
  • Rejoindre des groupes et communautés virtuels
  • Lire des livres inspirants
  • Aller à des congrès/séminaires/conférences/ateliers sur l’éducation bienveillante

Regarder les intentions
La plupart des personnes ne sont pas habituées à écouter avec empathie… Et, par souci d’aider, elles ont la fâcheuse habitude de se lancer immédiatement dans la recherche de solutions et dans l’énumération de conseils non-sollicités. Et c’est là souvent que nous souffrons le plus, car la plupart des « conseils » nous semblent inhumains: nous voulons trouver d’autres options plus respectueuses de tous les membres de la famille et surtout, nous voulons avoir la liberté et l’espace d’explorer ce qui a du sens pour nous.

Il est tout de même réconfortant pour bien des parents de savoir que ces personnes-là cherchent avant tout à nous aider. Alors la prochaine fois que quelqu’un vous dit : « As-tu essayé le 5-10-15? », regardez l’intention derrière les mots: « Ton bien-être me tient à cœur et je veux vraiment t’aider. Je fais ce qui me semble le plus logique et utile: offrir des conseils. »

Si vous vous concentrez sur leur désir de contribuer, il y a des chances que vous vous sentiez plus calme. Même touchée. Peut-être que vous vous surprendrez à répondre « Merci d’essayer de m’aider ».

Demander ce dont nous avons besoin
Plus nous sommes en mesure d’exprimer ce dont nous avons besoin dans le moment, plus nous offrons l’occasion aux autres de savoir exactement comment ils peuvent activement contribuer à rendre la vie meilleure pour tous.

C’est tout un art qui se cultive par la pratique, la conscience de nos besoins, la flexibilité et l’ouverture à l’autre, et une très grande dose de courage.

Peut-être qu’au départ vous vous sentirez à l’aise de demander qu’à certaines personnes. Et plus vous vivrez des expériences positives, plus vous y prendrez goût.

Voici des exemples de demandes spécifiques et flexibles:

  • Écoute sans jugement : « Je suis triste en ce moment. J’ai besoin de vider mon sac. Est-ce que tu veux bien m’écouter sans rien dire pendant les 10 prochaines minutes? »
  • Repos : « Je suis fatiguée ce matin et je bénéficierais vraiment de repos. Serais-tu d’accord de jouer avec le bébé pendant 20 minutes, le temps que je fasse une sieste? »
  • Reconnaissance : «  Je doute de moi en ce moment et j’aimerais qu’on reconnaisse les efforts que je fais pour que mon bébé et moi soyons heureux. Tu veux me dire une ou deux qualités que tu apprécies chez moi en tant que mère? »
  • Confiance: « Je suis inquiète en ce moment. Il y a une partie de moi qui ne fait pas confiance que cette discussion mènera à une entente gagnant-gagnant. Peux-tu me confirmer que c’est ton intention? »

Et vous, comment faites-vous pour prendre soin de vous dans les moments difficiles?

© Mitsiko Miller, 2013. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants pour les aider à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Communication bienveillante, Parentalité positive et éducation bienveillante

La naissance de mon intuition parentale

Intuition2par Mitsiko Miller, cpc

Avant que mon premier fils n’ait vu le jour, j’étais convaincue qu’un enfant ne changerait rien dans ma vie d’adulte.

:)

Intuition, ça mange quoi en hiver, ça???
J’avais le mot « indépendance » pendue aux lèvres : pour commencer, je croyais que tout irait de soi. Que mon accouchement serait facile, rapide et évidemment sans douleur. Je roulais les yeux au ciel lorsqu’on me parlait de « messages que mon corps m’envoie »: pour moi, c’était des histoires pour les zinzins et c’était bien trop « ésotérique » pour la femme logique et rationnelle que j’étais.

Ah… Et je me disais que mon fils prendrait le sein naturellement. Qu’il prendrait son boire à toutes les trois heures. Peut-être aux cinq heures, si j’étais « chanceuse ». Qu’il ferait ses nuits après un mois. Qu’il dormirait « comme un bébé » dans sa belle petite chambre à lui.  Et que je retournerais travailler comme si de rien n’était et que le monde serait merveilleux ainsi.

J’ai eu raison sur un point, en ce qui me concerne : c’est magique, donner naissance. Pour le reste, je me suis allègrement trompée. La Nature s’est chargée de me sortir de cette torpeur naïve assez rapidement. Les hormones ont joué leur rôle et mon fils s’est affirmé haut et fort : « Whoa, maman!!!! Arrête de divaguer avec tes idéaux et donne-moi du lait et de la chaleur humaine maintenant! »

L’illusion et le syndrome de la super woman
J’étais maman « naissante », sans expérience, sans références et totalement insécure : j’étais souvent dépassée par les événements. Tant de choses à apprendre en si peu de temps! Et attention! La super woman en moi voulait tout bien faire par-fai-te-ment en un quart de tour et être la meilleure maman du monde. Rien de moins. Après super woman, voici super maman! Parfaite, par-dessus le marché!

Je ne savais pas comment changer une couche, je ne savais pas comment tenir ce magnifique bébé, mais je savais qu’il se calmait au sein. C’était déjà un bon départ. Et curieusement, lorsque je le mettais au sein, j’étais calme.

Et puisqu’il était plutôt gourmand, nous avons passé de nombreux moments à apprendre à se connaître et à s’aimer… à en oublier toutes mes petites craintes, à en oublier mon perfectionnisme. À en oublier mon grand désir d’acceptation auprès des autres, le grand souhait d’approbation que je cherchais de ma belle-mère, de l’infirmière, du médecin de famille, de tout le monde. Était-ce vraiment si important pour moi? Ah, c’est sûr que j’aime être appréciée! Mais c’était bien plus important d’écouter mon cœur, mon intuition et d’avoir le soutien dont j’avais besoin. Alors, j’ai créé mon village en cherchant des mamans qui partageaient les mêmes valeurs que moi.

Changer de script: passer d’indépendance à interdépendance
Et plus je bâtissais mon « village », plus j’intégrais l’importance de la relation et le sens de «l’interdépendance » avec mon enfant, avec mon chéri, avec ma famille et avec ma communauté. Et plus je passais du temps avec mon bébé, plus je devenais sereine et confiante. Plus j’apprenais à le connaître. À me connaître. Et plus j’allaitais ce bel enfant, plus il me nourrissait de patience et d’amour. Quel bel échange. :)

La petite voix intérieure
Est-ce le travail de mère Nature et le développement naturel de mon intuition parentale? Oui, oui. Est-ce le fruit de ma volonté consciente de vivre dans un monde où les enfants sont considérés avec respect et empathie? Ah, oui! Était-ce la petite voix de mes « hormones d’amour » qui a initialement guidé le chemin? Oui. Toutes ses réponses. Et cette petite voix intérieure a un timbre qui porte. Il semble si logique et si simple de lui donner raison. C’est la voix du cœur qui s’aligne avec nos idées et nous porte à agir en toute intégrité.

Le bébé pleure? C’est sa seule façon de communiquer. Voyons qu’est-ce qu’il veut me dire?

Il a faim dans la nuit? Alors qu’il soit nourri, c’est un être en pleine croissance. Il fera ses nuits quand il sera prêt.

Il est fatigué? Qu’il se colle contre moi.

Il ne veut pas être seul? Qu’il se love contre moi.

Il veut être stimulé? Qu’on se jase un peu. Qu’on se fasse des bisous.

Et moi? Suis-je heureuse dans cette relation?

Oui? Cool…

Non? Alors que puis-je faire pour considérer mes besoins ET ceux de mon bébé, en même temps?

Si ces hormones m’ont éclairée le chemin au départ, elles m’ont aussi permis d’acquérir suffisamment de confiance en moi pour laisser fleurir l’amour et l’écoute intuitive qui sont encore et toujours à la base de ma relation avec mes enfants.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen de 9 et 11 ans. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants pour les aider à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

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