Communication bienveillante, Parentalité positive et éducation bienveillante

Écouter vraiment

rogers_écouteÉcouter est une des choses les plus difficiles à faire.

Nous pensons souvent écouter, alors que nous ne sommes en réalité, que dans nos peurs et notre propre histoire. Nous pensons écouter alors que nous ne sommes qu’en réaction, sans être en réelle présence pour l’autre.

Notre habitude est de donner des conseils, juger, avoir peur de la réaction de l’autre, repousser les sentiments de l’autre, trouver des solutions pour l’autre, paniquer, pleurer, se fâcher, donner de la sympathie…. Tout cela n’est pourtant pas de l’écoute…

Pour écouter l’autre, nous avons à apprendre à nous écouter sans repousser nos propres sentiments, sans nous juger, sans avoir peur.
Dur, hein?

C’est étonnant comment une chose aussi simple que l’écoute soit si difficile à mettre en pratique. :)

Voici un de mes poèmes préférés de Virginia Satir qui décrit si bien l’écoute:

Écouter

Lorsque je te demande de m’écouter,
Et que tu me donnes des conseils,
Tu ne fais pas ce que je t’ai demandé.

Lorsque je te demande de m’écouter,
Et que tu me dis que je ne devrais pas me sentir ainsi,
Tu piétines mes sentiments;

Lorsque je te demande de m’écouter,
Et que tu crois que tu dois faire quelque chose,
Pour solutionner mon problème,
Tu me brimes,
aussi étrange que cela puisse te paraître.

Écoute!
Tout ce que je te demande, c’est de m’écouter.
Pas de parler ou de faire, ou juste m’entendre.
Les conseils, je n’en ai que faire.
Je peux accomplir des choses;
Je ne suis pas sans ressources;
Peut-être suis-je un peu découragé, ou hésitant,
Mais je ne suis pas impuissant.

Lorsque tu fais quelque chose à ma place
Et que je peux l’accomplir moi-même,
Tu contribues à ma peur et à ma faiblesse.

Mais lorsque tu acceptes comme un simple fait
Que je sente ce que je sens,
Aussi irrationnel que ce soit,
Alors je peux cesser de vouloir te convaincre,
Et travailler à comprendre ce qui se passe en moi.

Et, si un jour, tu désires parler,
“Je” t’écouterai à mon tour.

Virginia Satir (1916-1988)

© Mitsiko Miller, 2016. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants pour vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Communication bienveillante, Parentalité positive et éducation bienveillante

Ce que j’aurais aimé savoir avant de devenir maman

parentalité positive (3)par Mitsiko Miller

Lorsque des « parents enceintes » d’un premier enfant me demandent ce que je leur conseille avant de devenir parent, il m’arrive souvent de rétorquer: « Est-ce un conseil que vous voulez, ou est-ce que vous voulez savoir comment, moi j’ai fait pour être heureuse dans mon rôle de parent? Car la première chose que j’ai apprise, justement, c’est que je fuis les conseils! » Souvent ils me répondent que ce qu’ils veulent, c’est savoir ce qui a marché pour moi. Ce à quoi je réponds: « C’est ce qui a marché pour moi ne marchera peut-être pas pour vous. » Parce qu’il n’y a pas de recettes pour élever des enfants.

Voici, trois points que je trouve, cela dit, extrêmement importants et que j’espère pouvoir partager avec mes enfants lorsqu’ils deviendront « parents enceintes », à leur tour.

1) Suivre mon gros bon sens plutôt que les conseils de tous
Lorsque j’ai eu mon premier enfant, tous les conseils pour prendre soin de mon bébé fusaient dans toutes les directions. « Il faut que… ». « Fais ceci, fais cela». « Ne fais pas ceci, sinon… ». « Laisse ton bébé pleurer, sinon, il deviendra un enfant roi.»  J’ai vite compris que chacun avait sa vision de l’éducation, autant mon voisin sans enfant que les médecins et les experts. Les arguments bien logiques venaient soutenir leurs propos. Parfois, même des recherches scientifiques. Et toutes contradictoires.

J’ai vite appris à jeter tous les livres d’experts et à remercier poliment ces personnes bien pensantes, pour me fier à mon gros bon sens: j’ai observé comment les familles avec des valeurs similaires aux miennes et avec des enfants plus âgés que j’appréciais vraiment, les élevaient. Puis, j’ai demandé à ces personnes de me recommander des livres qui avaient fait leurs preuves.

Pourquoi? Parce que l’Histoire nous a appris que les parangons des époques se remplacent, en fonction des modes et des croyances: au Moyen-âge, on était convaincu que le colostrum de la mère était impur. On chassait l’esprit maléfique du « changelin », petit diablotin, qui, selon l’idéologie de l’époque, possédait les nourrissons gourmands qui tétaient « trop » souvent. À la Renaissance, un « bon parent » de la haute société, confiait son nouveau-né à une nourrice pour poursuivre sa vie mondaine. Dans les années 50, on nous commandait de ne pas toucher les bébés, de peur qu’ils attrapent des virus. En 1928, le père du behaviorisme, John B. Watson (encore lui! Je sais! J’ai une obsession), penseur bien pensant derrière l’entraînement au sommeil et le modèle éducatif basé sur les punitions et récompenses, écrivait dans son livre à succès Psychological Care of Infant and Child : « Jamais au grand jamais, vous ne devez embrasser votre bébé! ».

Cette croyance béhavioriste plus assouplie que dans les années folles, demeure très présente dans les livres d’éducation de l’heure: plusieurs croient qu’un bébé DOIT être conditionné à apprendre l’autonomie, d’une manière très spécifique: Il DOIT faire ses nuits, apprendre à manger, à marcher, à intégrer la garderie à un âge très précis, selon un modèle prédéfini, sinon, ce bébé a un « problème ». Ou plutôt, ce parent est perçu comme ayant un « problème». Il est vu comme « pas assez dévoué». « Pas assez vaillant». « Trop laxiste ». « Sûrement, un parent qui élève un enfant-roi en puissance».

Cette manière d’éduquer les enfants invite les parents à craindre « de râter » leur coup et donc, d’être habités par la peur, dans les « IL FAUT QUE…. ». Et la peur invite le « contrôle » et une éducation régie par des règles rigides qui ne tiennent pas compte ni du gros bon sens des parents, ni de celui des enfants. L’angoisse d’être incompétent encourage également la comparaison et le conformisme en présupposant que les enfants sont « tous pareils », en plus de nourrir la culpabilité et le stress constants de se voir comme un « perdant » si l’enfant ne s’accorde pas à ses mesures spécifiques.

Mais puisque chaque enfant est unique, et donc, forcément « anormal » parce qu’unique, sommes-nous surpris que la presse d’aujourd’hui parle tant de burn-out parental? Qu’est-ce que c’est ce phénomène, sinon, le symptôme d’une personne qui dépasse ses limites, manque d’écoute à ses besoins uniques, aux besoins uniques de ses enfants et à son « gros bon sens »? Combien de parents, et surtout des couples se disputent allègrement, justement à cause de ces « IL FAUT QUE » qui n’épousent pas leurs valeurs personnelles? Dites-moi, qui pourrait se nourrir d’un tel régime pendant toute la durée de sa vie parentale?

Je vous laisse réfléchir à cela.

Suis-je en train de dire qu’il ne faut pas suivre les recommandations prodiguées par des médecins, psychologues et autres experts?  Non. Ce que je dis, c’est qu’il est bon de faire un pas en arrière, questionner notre gros bon sens, avant d’appliquer une formule. Il est bon de trouver des solutions qui marchent pour vous ET pour votre enfant et qui parlent à votre gros bon sens. Il est bon de se parler entre mère et père pour comprendre ensemble, nos valeurs, ce qui nous tient à coeur, comme famille et comment s’accorder, ensemble.

Parce que, heureusement les idées changent… L’Histoire, plus particulièrement, la littérature prouve indéniablement qu’une chose demeure immuable et défit toute idéologie : tous les classiques de la littérature, peu importe l’époque, parlent d’amour et comment suivre son propre cœur.

Même si cela implique d’être anticonformiste et de remettre en question toutes les idées reçues, jusqu’à présent.

2) Prendre soin de soi pour être heureuse (et pour prendre soin de nos enfants dans la joie!)
Si j’avais su que devenir maman était un engagement physique et psychologique durant les premières semaines, je n’aurais pas perdu mon temps à faire du ménage, ou à « recevoir » de la visite. J’aurais accepté de l’aide pour le ménage, la lessive, les courses. Je n’aurais pas hésité à téléphoner une monitrice de la Ligue La Leche pour poser mes milles questions que je jugeais trop ridicules à poser, ou aller à une rencontre mensuelle juste pour partager, avoir de l’encouragement ou pour déposer ma peine. Je n’aurais pas hésité à prendre une accompagnante à la naissance pour me soutenir durant cette transition. Je n’aurais pas hésité à demander de l’aide à mes amies. À ma famille.

Mais avant cela, il a fallu que je comprenne que j’avais une croyance bien ancrée chez moi et chez bien des femmes de ma génération, qui m’empêchait d’accepter du soutien: « une femme forte et compétente n’a pas besoin d’aide. Sinon, elle est faible. »

Ce n’est qu’avec le temps que j’ai compris que c’était complètement faux. J’ai compris qu’il m’était important de chercher du soutien dont j’avais besoin pour être une maman heureuse. Car, ça prend un village pour élever un enfant ET pour soutenir un parent.

Pour être heureuse, j’ai appris à demander du soutien en lâchant prise du contrôle et du perfectionnisme, j’ai lâché prise de mes exigences et de mes attentes irréalistes : j’ai même su avoir de la gratitude du soutien de mon partenaire pour habiller mon fils, même s’il portait du rouge avec du vert ( et avait l’air d’un sapin de Noël en plein été), même si mon partenaire achetait la marque de tofu que j’aimais moins.

Parce que pour être heureuse, j’ai appris à me concentrer sur ce qui était vraiment important. J’ai appris à profiter de la vie, vivre dans la joie en développant une hygiène de vie saine : vivre dans le moment présent, me reposer et me nourrir sainement, corps, coeur et âme. Cela implique, encore aujourd’hui, de remplir mon réservoir émotionnel au quotidien, me faire des petits plaisirs et me recentrer. Parce que c’est lorsque je prends soin de moi que je suis suffisamment zen pour rester un partenaire et un parent aimant, calme et efficace.

Contrairement à certaines personnes pensent, cela n’impliquait pas de me séparer de mon bébé: j’ai appris à considérer mes besoins ET ceux de mon enfant, et trouver notre équilibre, à nous.

3) Me voir comme parent apprenant et non comme « incompétent »
Soyons clair. Le perfectionnisme, ça n’existe pas. Le perfectionnisme, c’est l’idéologie avec les règles « POUR ÊTRE HEUREUX, IL FAUT QUE » qui ne sont pas ajustées à nous et à notre gros bon sens. Le truc, c’est que les IL FAUT QUE ne tiennent pas compte de la réalité, ni de tous les petits pas que nous faisons à chaque jour pour concrétiser, pas à pas, ce à quoi NOUS aspirons, nos valeurs. Lorsque j’étais une maman âgée d’un an, je me suis énormément jugée parce que j’avais des IL FAUT QUE qui m’invitaient à vivre dans la culpabilité de ne pas être à la hauteur de mes aspirations. Je me jugeais comme mauvais parent, incapable et incompétent, si je ne réussissais pas à atteindre mes idéaux, du premier coup. C’est ainsi que je restais coincée dans une spirale de jugements qui m’empêchait de voir que c’est justement par mes erreurs que j’apprenais à incarner mes aspirations.

Voici ce que j’ai appris, au cours de mes 12 années de parentalité:

  • Nous faisons de notre mieux avec les ressources que nous avons, à chaque moment.
  • Nous évoluons en faisant des erreurs. Voyons-les comme le processus par lequel nous grandissons et apprenons à réajuster son tir, une prochaine fois
  • Nous évoluons à chaque jour, si nous apprenons de nos erreurs. Dans la bienveillance pour soi et pour les autres.

C’est pareil pour notre partenaire. Pareil pour nos enfants. Nous cheminons vers la bienveillance, dans le respect de notre rythme et dans la confiance que nous avancerons, petit à petit.

Comme vous voyez, la seule recette que je propose est celle d’apprendre à aligner nos idéaux à nos actions: en somme, sonder notre cœur, remettre en question ce qui est pris pour acquis pour poser les actions qui ont le plus de sens pour nous ET tous les membres de notre famille, dans le respect de tous.

© Mitsiko Miller, 2015. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Partagez cet article sans modération, mais SVP, demandez la permission avant de reproduire (copier/coller) une partie, ou la totalité de cet article.

Communication bienveillante, Non-violence

Gratitude à Marshall

Capture d’écran 2015-02-10 à 19.31.49Le père de la Communication NonViolente nous a quitté ce samedi 7 février 2015, dans la paix et entouré de tous ses enfants.

Un long moment de silence.

Merci, Marshall. Découvrir son processus a été une révélation pour moi, permettant une transformation et une guérison profondes et durables. La CNV a complètement changé ma vie: comment nous rendre la vie profondément merveilleuse? Comment s’accepter totalement? Comment transformer la honte, la culpabilité, la colère? Comment sortir des cycles de la violence, aussi subtils soient-ils? Comment rendre ce monde meilleur?

Merci de tout coeur,

Mitsiko

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants pour les aider à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Baume pour le coeur, Citations inspirantes, Communication bienveillante, Non-violence, Parentalité positive et éducation bienveillante

Supplique d’un enfant aux adultes

salomé2Voici un texte de Salomé, emprunt d’une simplicité, d’une vérité désarmante exprime l’urgence que nous avons d’accompagner nos enfants, corps, coeur et âme. Ils sont les leaders de demain: modelons, à petits pas et selon notre rythme, le respect, l’amour et la compassion pour soi et les autres pour un mieux-être individuel et collectif.  – Mitsiko Miller

Supplique d’un enfant aux adultes

Apprenez-nous l’enthousiasme.
Enseignez-nous l’étonnement de découvrir.
N’apportez pas seulement vos réponses.
Réveillez nos questions.
Accueillez surtout nos interrogations.
Appelez-nous à respecter la vie.

Apprenez-nous à échanger, à partager, à dialoguer.
Enseignez-nous les possibles de la mise en commun.
N’apportez pas seulement votre savoir.
Réveillez notre faim d’être.
Accueillez nos contradictions et nos tâtonnements.
Appelez-nous à agrandir la Vie.

Apprenez-nous le meilleur de nous-mêmes.
Enseignez-nous à regarder, à explorer, à toucher l’indicible.
N’apportez pas seulement votre savoir-faire.
Réveillez en nous le goût de l’engagement, des responsabilités.
Accueillez notre créativité pour baliser notre devenir.
Appelez-nous à enrichir la Vie.

Apprenez-nous la rencontre avec le monde.
Enseignez-nous à entendre au-delà des apparences.
N’apportez pas seulement de la cohérence et des bribes de vérités.
Éveillez en nous la quête du sens.
Accueillez nos errances et nos maladresses.
Appelez-nous à entrer dans une Vie plus ardente.

Devenez plus fiables.
En prenant au sérieux nos rêves.
Ne posez pas d’obstacles
Aidez-nous à les dépasser.
C’est une urgence vitale…

Texte de Jacques Salomé

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Communication bienveillante, Non-violence, Parentalité positive et éducation bienveillante

Vers une culture de paix: le manifeste 2000

Mere_Teresapar Mitsiko Miller, cpc

Voilà déjà 14 ans que de grandes âmes et prix Nobel de la paix, comme le Dalaï Lama, Desmond Tutu et Elie Wiesel, se sont rassemblés pour rédiger le Manifeste pour une culture de paix.

Comme eux, je crois fermement qu’offrir un environnement favorisant la coopération, le partage et le respect, se fait lorsqu’il y a engagement et prise de responsabilité de la part de tous – parents, enfants, enseignants, professionnels, voisins, grands-parents, communauté, industries, organismes, collectifs, pays – pour y parvenir.  Comment créer un environnement favorable à la coopération et au respect? Voilà une question fondamentale que je me pose à chaque seconde de ma vie!

Le Manifeste 2000 pour une culture de la paix et de la non-violence de l’Unesco

Parce que l’an 2000 doit être un nouveau départ, l’occasion de transformer – ensemble – la culture de la guerre et de la violence en une culture de la paix et de la non-violence.

Parce que pareille transformation exige la participation de chacune et de chacun, et doit offrir aux jeunes et aux générations futures des valeurs qui les aident à façonner un monde plus juste, plus solidaire, plus libre, digne et harmonieux et plus prospère pour tous.

Parce que la culture de la paix rend possible le développement durable, la protection de l’environnement et l’épanouissement de chacun.

Parce que je suis conscient de ma part de responsabilité face à l’avenir de l’humanité, et en particulier des enfants d’aujourd’hui et de demain.

Je prends l’engagement dans ma vie quotidienne, ma famille, mon travail, ma communauté, mon pays et ma région de:

Respecter
respecter la vie et la dignité de chaque être humain sans discrimination ni préjugé;

Rejeter
pratiquer la non-violence active, en rejetant la violence sous toutes ses formes: physique, sexuelle, psychologique, économique et sociale, en particulier envers les plus démunis et les plus vulnérables tels les enfants et les adolescents;

Libérer
partager mon temps et mes ressources matérielles en cultivant la générosité, afin de mettre fin à l’exclusion, à l’injustice et à l’oppression politique et économique ;

Écouter
défendre la liberté d’expression et la diversité culturelle en privilégiant toujours l’écoute et le dialogue sans céder au fanatisme, à la médisance et au rejet d’autrui;

Préserver
promouvoir une consommation responsable et un mode de développement qui tiennent compte de l’importance de toutes les formes de vie et préservent l’équilibre des ressources naturelles de la planète;

Réinventer
contribuer au développement de ma communauté, avec la pleine participation des femmes et dans le respect des principes démocratiques, afin de créer, ensemble, de nouvelles formes de solidarité.

Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants pour les aider à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

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Baume pour le coeur, Communication bienveillante

Ma relation avec toi

Lorsque j’ai lu le texte Pour mes relations avec les autres de Thomas Gordon, je trouvais qu’il résumait si bien les fondements d’une communication saine. Comment avoir du respect pour soi ET pour l’autre? À lire et à relire, très souvent :) – Mitsiko Miller, cpc

Gordon

Pour mes relations avec les autres

« Toi et moi vivons une relation que j’apprécie et que je veux sauvegarder.

Cependant, chacun de nous demeure une personne distincte ayant ses besoins propres et le droit de les satisfaire.

Lorsque tu éprouveras des problèmes à satisfaire tes besoins, j’essaierai de t’écouter, de t’accepter véritablement, de façon à te faciliter la découverte de tes propres solutions plutôt que de te donner les miennes. Je respecterai aussi ton droit de choisir tes propres croyances et de développer tes propres valeurs, si différentes soient-elles des miennes.

Quand ton comportement m’empêchera de satisfaire mes besoins, je te dirai ouvertement et franchement comment ton comportement m’affecte, car j’ai confiance dans le fait que tu respectes suffisamment mes besoins et mes sentiments pour essayer de changer ce comportement qui m’est inacceptable. Aussi, lorsque mon comportement te sera inacceptable je t’encourage à me le dire ouvertement et franchement pour que je puisse essayer de le changer.

Quand aucun de nous ne pourra changer son comportement pour satisfaire les besoins de l’autre, reconnaissons que nous avons un conflit; engageons-nous à le résoudre sans recourir au pouvoir ou à l’autorité pour gagner aux dépens de l’autre qui perdrait. Je respecte tes besoins et je dois aussi respecter les miens. Efforçons-nous de toujours trouver à nos inévitables conflits des solutions acceptables pour chacun de nous. Ainsi tes besoins seront satisfaits, et les miens aussi. Personne ne perdra, nous y gagnerons tous les deux.

De cette façon, en satisfaisant tes besoins tu pourras t’épanouir en tant que personne et moi de même. Nous créerons ainsi une relation où chacun pourra devenir ce qu’il est capable d’être. Et nous pourrons poursuivre notre relation dans le respect et l’amour mutuels et dans la paix. »

Thomas Gordon

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Lâcher prise Vs laisser aller

par Mitsiko Miller, cpc

Pouvoir avecJe parle souvent de «lâcher prise» durant mes ateliers. Et souvent, les participants n’ont pas la même définition que moi: il est effectivement commun de confondre « lâcher prise » avec « laisser aller ». Ce sont pourtant deux gestes totalement différents.
Laisser aller suppose, selon moi, que nous tenons les besoins de nos enfants AU DÉTRIMENT des nôtres, en baissant les bras, dans l’impuissance et le déséquilibre. C’est le pouvoir SOUS. C’est dire avec une teinte de ressentiment : « C’est comme ça », « C’est une phase », « Je n’ai pas le choix… », ou « Je n’y peux rien… »

Lâcher prise est un acte de bravoure, de confiance et de force intérieure : celui de reconnaître que nous sommes importants ET que nous ne pouvons pas avoir le contrôle sur toutes les situations. C’est selon moi, le geste d’accepter ce que l’on ne peut changer. Et de changer ce qui est en notre pouvoir de faire.

Ainsi, nous restons dans le pouvoir AVEC où nos besoins AINSI que ceux de nos enfants sont considérés, sans attentes irréalistes, selon des stratégies qui tiennent compte de nos besoins ET ceux de nos enfants, dans la flexibilité et le choix.

Car même dans les situations les plus ardues, nous avons le choix. Nous avons le choix de changer de perspective, d’accepter ce qui est, sans s’écraser ET sans écraser l’autre.

Lâcher prise
Lâcher prise, ce n’est pas se montrer indifférent, mais simplement admettre que l’on ne peut agir à la place de quelqu’un d’autre.
Lâcher prise, ce n’est pas couper les liens, mais prendre conscience que l’on ne peut contrôler autrui.
Lâcher prise, ce n’est pas être passif, mais au contraire chercher principalement à tirer une leçon des conséquences inhérentes à un événement.
Lâcher prise, c’est reconnaître son impuissance, au sens où l’on admet que le résultat final n’est pas toujours entre nos mains.
Lâcher prise, c’est ne plus blâmer ou vouloir changer autrui et, au lieu de cela, choisir de consacrer son temps à donner le meilleur de soi-même.
Lâcher prise, ce n’est pas prendre soin des autres en faisant preuve d’une totale abnégation, mais se sentir concerné par eux.
Lâcher prise, c’est ne pas « assister », mais encourager.
Lâcher prise, c’est ne pas juger, et accorder à autrui le droit d’être humain, c’est à dire lui accorder le droit à l’erreur.
Lâcher prise, c’est ne pas s’occuper de tout ce qui arrive, et laisser les autres gérer leur propre destin.
Lâcher prise, c’est ne pas materner les autres, et leur permettre d’affronter la réalité.
Lâcher prise, ce n’est pas rejeter, c’est au contraire accepter.
Lâcher prise, c’est ne pas harceler, reprocher, sermonner ou gronder, et tenter de déceler ses propres faiblesses et de s’en défaire.
Lâcher prise, c’est ne pas adapter les choses à ses propres désirs, et prendre chaque jour comme il vient et l’apprécier.
Lâcher prise, c’est ne pas critiquer ou corriger autrui, mais s’efforcer de devenir ce que l’on rêve de devenir.
Lâcher prise, c’est ne pas regretter le passé, et vivre et grandir dans le présent pour l’avenir.
Lâcher prise, c’est craindre moins et aimer davantage.
Auteur inconnu

© Mitsiko Miller, 2014. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

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Arrête tes caprices!

par Mitsiko Miller

affiche BlogJe rencontre tant de parents qui, ne sachant que faire durant les crises de leur enfant, deviennent rigides et punitifs en espérant modifier le comportement de leur enfant.

C’est sans doute parce qu’ils ont peur de se faire juger dans leurs compétences de parent, face aux autres, ou encore, parce qu’ils ont « tout essayé » et rien ne semble fonctionner. Ils en viennent à avoir peur d’élever un enfant « capricieux » qui ne mûrit pas, qui sera violent, malgré tous leurs efforts.

Malheureusement, ce sont justement ces peurs qui les empêchent d’intervenir de manière efficace!

Un enfant qui fait une crise est un enfant en détresse.
Je répète:
un enfant
en crise
est un enfant
en détresse.

Allons plus loin: un parent en crise (qui tape, qui hurle, qui insulte ou qui punit) est un parent en détresse.
C’est un parent qui fait de son mieux, mais ne trouve pas d’issues bienveillantes pour se faire entendre.
Si nous disons à un parent en crise: « Arrête de faire tes caprices! »
il y a des chances qu’il vous envoie paître, sur le champ.
Pourquoi? Parce qu’une crise, c’est un débordement émotionnel qui dit: « Je n’en peux plus!!!! ».
Ce n’est pas un caprice.
C’est un langage un peu maladroit (quand même!!!) pour exprimer un trop-plein.

Et c’est pareil pour les enfants.

Surtout, les petits enfants qui ont besoin de beaucoup de soutien des adultes pour s’autoréguler.

Lorsqu’on dit à un enfant: « arrête tes caprices!!!! », il y a des chances qu’il réagisse de deux façons:

  • Il aura peur qu’on lui retire de l’amour et choisira d’enfouir ses émotions, au fond de lui. Le résultat étant que cette émotivité s’accumulera et explosera (« Je te déteste! », agressivité, coupure des sentiments) et/ou implosera (« Je suis nul », impuissance, insomnies, symptômes et maladies psychosomatiques) à un moment inattendu.
  • Il hurlera plus fort en insultant, en frappant, ou en cassant tout sur son passage, jusqu’à en pleurer de rage pour s’assurer d’être entendu.

Guider pour s’épanouir est essentiel
En tant qu’adultes et parents, c’est notre rôle d’accompagner les enfants et les aider à exprimer leurs besoins avec plus de respect et de considération, au fur et à mesure qu’ils grandissent.

Mais peu en sont capables: lorsque les adultes voient des enfants donner des coups, faire des crises ou insulter, plusieurs se sentent choqués, impuissants, stressés, inquiets, jugeant inacceptables ces comportements. Résultat: ils se fâchent, désespèrent, crient, insultent à leur tour, punissent, se refermant dans un cycle de reproches, de jugements, d’indignation et de désespoir – sans jamais trouver de véritables solutions (à long terme) aux défis rencontrés.

Agir ainsi nous empêche d’avoir la présence empathique, qui permettrait justement aux enfants de s’affranchir de leur émotivité, de trouver des solutions et de grandir émotionnellement.

Nos enfants ont besoin de nous pour s’autoréguler petit à petit, pour se découvrir, s’ancrer, se sentir en sécurité, s’épanouir, être informés de l’impact de leurs gestes sur les autres, parfois être redirigés, nous voir intervenir en cas de danger, réfléchir, apprendre à mieux gérer leurs émotions à leur rythme, trouver des solutions réalistes et durables et se voir compétents et capables.

Êtes-vous détective en besoins?
Essayez-vous de comprendre quel besoin motive les crises, les pleurs et comportements de votre enfant?
Au même titre que les pleurs d’un bébé, un comportement est un mode de communication qui exprime (souvent maladroitement) un besoin. Les comportements nous renseignent sur ce qui touche profondément cette personne et ce qu’elle n’arrive pas à exprimer clairement (et avec respect).

Apprendre à communiquer est tout un art qui prend de la pratique, de l’observation, et surtout des outils pour apprendre à décoder, comprendre, désamorcer des crises, parler authentiquement et trouver des solutions bienveillantes qui marchent pour tous.

Apprenons à être détective en besoins: cherchons à comprendre pourquoi nos enfants ont des comportements désagréables et quels besoins ils tentent maladroitement d’exprimer, pour pouvoir les aider à ajuster le tir, une prochaine fois.

LES CLASSIQUES
Bouder, attitude négative, lassitude
Comportements traduits en phrases:
« De toute façon, tu t’en fous de ce que je pense. Pfff! »
« Tu ne m’écoutes pas, alors je décroche »
« Je suis triste et je ne veux pas me montrer vulnérable devant toi »
« Je n’ai pas confiance qu’on me considère vraiment »
Besoins possibles derrière les comportements: Confiance en l’autre, espoir, écoute (être entendu), empathie (être vu et compris), compétence (se sentir capable), contribution (vouloir mettre ses compétences à profit), sens de sa valeur.

Taper, frapper, pousser
Comportements traduits en phrases:
« J’ai besoin d’espace! Tasse-toi VITE!!!!!! »
« Arrête! Je ne sais plus comment te le dire!»
« J’ai de la peine!!!!! J’ai peur!!!!! »
« Oh, il réagit lorsque je tape. Hmmm… intéressant… »
« Je veux jouer avec eux et je suis trop gêné pour leur parler parce qu’ils m’impressionnent. »
Besoins possibles derrière les comportements: Espace, repos, calme, écoute, respect, considération, empathie, espoir, confiance, exploration du pouvoir et des réactions.

Opposition et lutte de pouvoir
Comportements traduits en phrases:
« Écoute-moi!!!! Je veux parler!!! Écoute-moi!!!!!! »
« As-tu pensé à moi? Suis-je important à tes yeux? »
« Je me sens attaqué et critiqué! Est-ce que tu m’aimes vraiment? »
« Je ne me sens pas compétent! »
« Ce n’est pas juste! »
« Je ne comprends pas la pertinence de ta demande. Aide-moi à comprendre les raisons de ta requête!»
Besoins possibles derrière les comportements: Écoute, considération, compréhension, sens, respect, amour, choix, autonomie, confiance.

Crises:
Comportements traduits en phrases
« Je suis fatigué et/ou j’ai l’estomac vide et/ou je suis trop stimulé: je me désorganise! »
« Lorsque j’entends NON, j’entends « tu ne m’aimes pas » »
« Trop de choix! Trop de responsabilités!!! Trop!!!! »
« Je vis trop d’émotions et je me sens submergé! »
Besoins possibles derrière les comportements: nourriture (faim), repos physique, écoute, empathie, sécurité (manque de repères), repos mental (sur-stimulation), connaissance (comprendre ce qui se passe), but (donner du sens), auto-empathie (se comprendre).

Maman, tu es méchante! Je te déteste!
Comportements traduits en phrases:
« Je suis triste et je veux de la tendresse! »
« M’aimes-tu? »
« Je t’aime, alors pourquoi on se fait de la peine? »
« Ne vois-tu pas que je fais de mon mieux? »
Besoins possibles derrière les comportements: Écoute, appartenance, compétence, empathie (être vu pour ses efforts et ses intentions), tendresse, douceur, chaleur, amour, confiance.

Cet enfant est un cas désespéré!
Comportements traduits en phrases
« Oh non!!!! C’est un futur criminel! Je suis terrifiée! »
« J‘ai tout essayé et ça ne marche pas! »
« Est-ce que ça sera toujours aussi difficile? »
« Qu’ai-je fait de travers pour que mon enfant soit si désadapté? »
« Je suis crevée et à bout de souffle!!! »
Besoins possibles derrière les comportements: Compétence, acceptation (résilience), écoute, soutien, repos, respect, considération, évolution (aller de l’avant), douceur, confiance (que mon enfant va s’épanouir dans le respect et la responsabilité), espoir.

Les besoins, une liste partielle

Bébé et bambin:
Amour, proximité, chaleur, eau, nourriture saine, évacuation, repos, sécurité, prévisibilité, tendresse, compétence, exploration, choix, repos, autonomie, respect du rythme unique de chacun, etc.

Enfant:
Amour, appréciation, prévisibilité, écoute, clarté, appartenance, choix, compétence, expression de soi, réassurance, acceptation (résilience), confiance, tendresse, repos mental, sécurité, contribution, etc.

Adolescent:
Amour, appartenance, choix, autonomie, liberté, expression de soi, confiance en soi, compétence, contribution, exploration, écoute, réassurance, valorisation, confiance, etc.

Parent:
Repos, douceur, amour, soutien, écoute, partenariat, partage, tendresse, considération, appréciation, reconnaissance, compétence, contribution, confiance, sens de sa valeur, partage d’une vision commune, appartenance, etc.

© Mitsiko Miller, 2014. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article

Communication bienveillante, Parentalité positive et éducation bienveillante

Prendre soin de soi

Soindesoi_2par Mitsiko Miller, cpc

Lorsque nous prenons soin de nos enfants au détriment de nos propres besoins, nous devenons impatient, irritable et réactif.

Pour rester bienveillant, il est essentiel pour un parent de recharger ses batteries et remplir son réservoir émotionnel. Dans cet espace de zenitude et de compassion radicale pour soi, il est possible de trouver des solutions qui tiennent compte de ses propres besoins ET de ceux de ses enfants!

Tout le monde gagne lorsque nous prenons soin de nous ET de nos enfants
Nos habitudes et la société nous portent à croire qu’il est nécessaire de nous séparer de nos enfants pour combler nos besoins d’adultes… En réalité, il existe 4 milliards de stratégies pour le faire, dont la plupart tiennent également compte des besoins de proximité de nos petits chéris:

  • Faire la sieste en même temps qu’eux
  • Se servir d’un porte-bébé confortable (mes fils ont vécu dans le porte-bébé, les premières années de vie)
  • Lâcher prise du ménage parfait
  • Prioriser ce qui vous est vraiment essentiel et important
  • Lire un livre pendant que les enfants jouent
  • Écouter des livres audio ou de la musique ensemble
  • Chanter à en perdre la voix!!!!!
  • Faire du bénévolat et des actes de bienveillance avec eux
  • Marcher dans les bois
  • Écouter les oiseaux gazouiller
  • Danser, danser! Danser!
  • Grimper dans les arbres
  • S’émerveiller devant les petits « riens » de la vie
  • Faire de l’art et des tableaux de visionnements ensemble
  • Se chahuter et faire des batailles d’oreillers
  • Donner des câlins et s’échanger des bisous
  • Écouter les feuilles danser dans le vent pendant qu’ils jouent au parc
  • Faire un journal de gratitude pour soi et les autres
  • Faire les clowns et vivre un peu de légèreté
  • Cuisiner ensemble
  • Rire aux éclats
  • Faire du yoga ensemble
  • Méditer pendant qu’ils s’endorment dans vos bras
  • Aimer, aimer, aimer et aimer encore
  • Et aimer un peu plus, encore :)

© Mitsiko Miller, 2014. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants pour les aider à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Communication bienveillante, Parentalité positive et éducation bienveillante

Vivre avec la sensibilité

Maman, il y a des moments où je ne suis plus capable de gérer mes émotions. Il y a trop plein de choses à l’intérieur de moi. Ça explose comme un volcan et il faut que ça sorte! – Henri

Dalai Lamapar Mitsiko Miller, cpc

J’avoue, je suis hypersensible. J’ai longtemps refusé qu’on me qualifie ainsi parce que je n’aime pas porter des étiquettes: j’aime être vue pour mon caractère unique et surtout, que l’on reconnaisse que je ne suis pas un être X avec des caractéristiques x,y,z , mais un être qui évolue à chaque moment. Et chaque moment est différent.

En même temps….
Ceci semble être une constante dans ma vie et puis, comment puis-je décrire mon quotidien et communiquer mon ressenti intense à quelqu’un qui ne comprend pas ce que je vis intérieurement?

J’ai décidé d’adopter cette étiquette, il y a plus d’une décennie, lorsque j’ai lu le livre d’Elaine E. Aron, Ces gens qui ont peur d’avoir peur, décrivant presque mot pour mot, mon vécu (oui, je parle ENCORE d’elle!)

Une chose que j’ai apprise avec l’expérience, c’est que les enfants et les personnes sensibles ont des antennes bien aiguisées, captent davantage leur environnement et absorbent tout, comme des éponges ultra efficaces.

Rien ne semblent leur échapper: les stimuli, les détails hyper spécifiques que personne ne remarque, le trou dans le chandail de la personne à côté d’eux, la tristesse du petit garçon dans le métro, le cycle de vengeance entre deux élèves, l’odeur des noix rôties qui leur rappelle un souvenir vif, le bruit des néons, la grive des bois qui chante à un kilomètre de là, les émotions des autres, les couleurs, les sons, les odeurs, les intentions, les images, les concepts… Ouf.

Et parce qu’ils ressentent beaucoup de choses, vivre au quotidien peut être un défi extrême. Comment gérer le flot incessant d’informations? Comment garder son équilibre? Comment rester zen? J’ai remarqué que lorsque sensible, il est davantage important d’évacuer, de trier, de faire le point pour se libérer mentalement et pour créer de l’espace intérieur, en vue de gérer le quotidien avec la paix intérieure.

Parce que ce blogue se consacre à la vie familiale, je vous fais part de trucs que j’ai développés pour vivre avec des enfants sensibles.

Le défi d’être un garçon hypersensible
Avant de commencer, je veux parler des garçons hypersensibles. Dans son livre The Mama’s Boy Myth, Kate Stone Lombardi fait remarquer que la recherche scientifique considère que les bébés garçons sont plus sensibles et vivent plus d’anxiété de séparation (et plus longtemps) que les filles. Elle urge donc les parents de garçons à cultiver leur vie émotionnelle et à honorer leur besoin de proximité (peu importe ce que la psychanalyse préconise et tous les « experts »), pour qu’ils puissent s’épanouir dans notre monde hyper stimulant et hyper rapide.

Tout comme moi, Lombardi en vient à un triste constat: avoir garçon sensible et à l’écoute de ses émotions le confronte à des situations déstabilisantes: il se fait souvent étiqueter de «fils à maman» ou d’enfant trop sensible, qu’il faut endurcir à tout prix.

Dans un monde où on encourage l’expression d’un type de leadership quasi monolitique (être dans l’action, guerrier, sociable, winner, flamboyant, souriant par défaut et malgré tout, stoïque et extraverti), être « sensible », « réservé » et/ou « introverti » peut être perçu un défaut de fabrication: montrer des émotions autres que la « joie » (et attention, une joie « retenue » et exprimée selon les règles acceptables dictées par la société), est souvent interprété comme de la faiblesse de caractère…

Même en 2014, nous sommes confrontés à des croyances populaires profondément ancrées chez les adultes, les professionnels de l’enfance, les éducateurs, les parents et même les enfants, qui pensent que la solution est de forcer une autonomie précoce au nom de la « socialisation »- favorisant ainsi le déni de la vie émotionnelle des enfants et de leurs besoins (proximité, confiance et sécurité émotionnelle) pour qu’ils deviennent des « hommes forts, », « des vrais de vrais » (ça veut dire quoi, au juste?).

On encourage la coupure des émotions, le manque d’écoute à ses besoins, et donc le manque d’empathie et le stoïcisme… Bref, des habitudes relationnelles qui entretiennent le manque de communication déjà fort présente dans ce monde où adultes et enfants ne possèdent pas les outils nécessaires pour s’entendre, se comprendre, dialoguer, se respecter et vivre en harmonie (et, la plupart se retrouvent dans mon bureau pour réapprendre à s’écouter).

Ne voit-on pas l’importance de cultiver la vie émotionnelle, en constatant le nombre croissant de fusillades initiées par des enfants? Que dire de la violence entre enfants? Ce sont des cris du cœur qui articulent un mal-être profond qui hurle: «J’ai mal! Aidez-moi! Je ne sais pas quoi faire!»

Aidons-les à s’épanouir… Aidons-les à articuler leur malaise et à s’ouvrir à d’autres stratégies plus constructives.

Je vous invite à regarder cette vidéo sur l’impact des croyances culturelles sur la vie émotionnelle des garçons, Le masque que nous portons:

La socialisation à tout prix… et à quel prix???? 
Au sujet de la « socialisation »…. Gordon Neufeld dans son livre Retrouver son rôle de parent démontre les conséquences néfastes d’une socialisation précoce et forcée sur les enfants, sans considérer leurs besoins essentiels de sécurité émotionnelle, d’attachement et d’appartenance.

Pourquoi regrouper des enfants qui, pour la plupart, ne savent pas encore communiquer avec soin et respect, et qui ont, surtout, un grand besoin d’attachement (sécure) qui ne sera pas comblé dans un grand groupe? Moi, je préfère cultiver la relation avec bienveillance et favoriser le dialogue collaboratif plutôt que d’être très entourée de personnes, au nom de la « socialisation », sans savoir comment rentrer véritablement en lien avec les autres, dans le respect et la coopération. Je vous laisse réfléchir à cette question…

Quel étonnement je vis en pensant qu’il y a quelques années, mon fils se faisait traiter de «mauviette» par les autres enfants de l’école et de « vraiment trooooop sensible » par les adultes de l’établissement parce qu’il osait exprimer librement ses émotions? Il a vite compris que dans ce milieu, se montrer vulnérable était synonyme de faiblesse. Parce qu’il cultive son intelligence émotionnelle, il a su trouver ses propres solutions réalistes pour changer ce qui était en son pouvoir de faire: il s’est adapté à la réalité qu’il vivait et a choisi de ne se révéler qu’aux personnes ouvertes à l’entendre. Et elles sont rares…

Accompagner notre enfant à travers ses émotions
Les enfants sensibles ont une vie intérieure extrêmement riche et fertile (comme tous les enfants, vous me direz…) et ont davantage besoin de comprendre leur ressenti pour apprendre à transformer leurs émotions et à cheminer vers l’autorégulation, à petits pas.

Mais bien des parents ont peur d’accueillir les émotions intenses de leurs enfants parce que c’est très confrontant et ça demande un immense travail de croissance personnelle et d’autorégulation pour les parents.

Pourquoi certains croient que vivre de la colère ou de la tristesse est mauvais? Parce que c’est une croyance bien ancrée dans notre société.
Très ancrée…

:S

Il nous est difficile d’accompagner l’enfant à travers leurs peines et frustrations sans incommuniquer (nier, prendre l’émotion de l’autre sur nous, sympathiser, ignorer, vouloir faire à leur place, vouloir épargner des malaises, minimiser, donner des conseils ou donner des solutions « toutes les tailles ») car nous ne savons pas quoi faire. La plupart de nous fuyons la colère ou la peine comme la peste, car nous pensons que c’est mauvais de faire endurer sa colère et sa peine aux autres… Alors, la plupart de nous refoulons… Nous nous coupons de notre ressenti et bloquons nos propres émotions, autres que la joie et l’enthousiasme (qui DOIT, en plus, s’exprimer d’une CERTAINE manière, sans intensité, et sans trop d’éclat pour ne pas indisposer). Bref, nous ne savons donc pas comment transformer notre propre colère et notre propre tristesse… Alors comment pouvons-nous accompagner nos enfants, hein?

Pourtant, le ressenti de nos enfants et le nôtre, dans toute sa richesse, est bien réel et a besoin d’être entendu.

Nous gagnons tous à développer notre intelligence émotionnelle…

Pourquoi? Pour se soulager, pour mieux se connaître, pour développer la résilience, le détachement et pour trouver des solutions réalistes à nos défis, un problème à la fois.

La Communication NonViolente est merveilleuse pour aider un enfant (et un adulte!!!) à mieux comprendre ce qu’il/elle ressent, s’affranchir de sa réactivité et trouver des solutions respectueuses de tous. J’utilise les cartes de sentiments et de besoins (je vais en produire prochainement!)  que j’ai fabriquées moi-même, pour faciliter l’intégration de ce processus, avec mes enfants.

Remplir le réservoir émotionnel
Les enfants ont besoin de sentir qu’ils appartiennent à leur clan et qu’ils sont aimés tels qu’ils sont – et non pour ce qu’ils font. Multiplier les moments de tendresse et de partages chaleureux remplit leur réservoir affectif et fortifie la relation d’attachement, l’estime de soi et la capacité à la résilience – aussi bien pour le parent que pour l’enfant. C’est ainsi que la complicité et la coopération sont entretenues, selon moi.

Du temps de relaxation pour récupérer
Un enfant sensible a besoin de repos mental pour récupérer. Un moment calme en revenant de l’école et/ou d’une activité stimulante, aide à se vider et à retrouver l’équilibre. Exemple d’activités: méditation, acupression, brain gym, yoga, se faire un fort avec les coussins du canapé, se couper des stimuli dans une tente, se mettre des coquilles anti-bruit en lisant, jouer dehors, aller dans la nature, colorier des mandalas ou en faire dans la nature, dessiner, jouer avec de la pâte à modeler et avoir des moments sans écran.

Vider le trop-plein: faire des retours sur la journée
Poser des questions qui permettent de faire le point sur la journée de votre enfant, puis l’inviter à écrire (ou dessiner) un journal, dès 7 ou 8 ans
-Qu’est-ce qui a mis du soleil dans ta journée?
-Qu’est-ce qui a été dur et que peux-tu faire autrement pour éviter que cela ne se reproduise?
-Qu’est-ce que tu as appris à travers ses expériences?

Faire des rituels rassurants
La science affirme que les sensibles usent davantage de leur cerveau droit: on dit que c’est un mode de fonctionnement plus intuitif et créatif. Je me sers donc de cette imagination débordante pour mettre en place, selon les intérêts et l’univers uniques de l’enfant, un rituel rassurant qui l’aide à faire face aux craintes et aux angoisses.

Qu’est-ce que ses héros(ïnes) et personnages qu’il/elle admire feraient dans cette situation? Voici des idées: activer son pouvoir de super héros, utiliser une baguette magique, faire une potion de druide pour donner du courage, mettre des « pierres magiques » dans sa poche, faire une formule de sorcier pour contrer l’angoisse, créer une bulle de protection pour se sentir en sécurité – tout ce qui provient de son imaginaire, qui lui parle sincèrement et qui le/la rassure.

Fait vécu: à trois ans, mon fils a enfilé sa cape et son masque de Batman tous les jours: s’habiller en super héros l’aidait à faire face aux défis du quotidien. Oui, j’allais au parc, à l’épicerie et dans le métro avec mini Batman, tous les jours! :)

Faire des rituels de séparation: tisser le fil d’amour
Les enfants sensibles ont encore plus besoin de sentir notre présence et de notre soutien, peu importe où ils/elles se trouvent. En créant un pont avec notre enfant durant les séparations (travail, nuit, école, garderie), nous consolidons le lien (ce que j’appelle le « fil d’amour ») qui nous unit et leur rappelons que nous sommes leur port « d’attachement »:
-« Je te souhaite une bonne journée. Je viens te chercher à 3 heures. Mon cœur est toujours avec toi. J’ai hâte de construire la maison de Lego avec toi, après la collation. »
-Dessiner un cœur sur sa main: « Tu es toujours dans mon cœur, peu importe où tu es.»
-Lui donner un bracelet ou un foulard imprégné de notre odeur qu’il/elle porte (les enfants vivent davantage à travers leurs sens), s’il/elle est encore petit(e) lorsque vous vous séparez.

Rappeler les responsabilités de chacun

Je t’aime même quand tu ressens de la colère. Je t’aime même lorsque je ressens de la colère ou de la tristesse. Tu es toujours aimé. Je n’aime pas toujours tes comportements, mais toi, je t’aime toujours. Tu es toujours digne d’amour.

Je remarque que les sensibles ont plus tendance à se croire responsables des sentiments des autres et à s’inquiéter pour tous les êtres de l’univers à qui ils souhaitent le bien-être.

Une manière d’aider ces enfants à mieux vivre, est de leur rappeler qu’il y a des problèmes qu’ils n’ont pas à résoudre et dont ils ne sont pas responsables. Ils n’ont pas à nous sauver, ou à sauver toute la planète. Ils n’ont pas à régler tous les problèmes de l’univers.

Ce qu’ils peuvent faire, c’est soutenir le changement, à la hauteur de leurs capacités. Ils peuvent nous soutenir aussi, lorsque nous avons des défis, en nous faisant confiance que nous sommes suffisamment « grands » et capables pour trouver nos propres solutions.

Et que, oui, ce nuage va passer. Oui, nous y arriverons.

Ainsi, ils peuvent se reposer en notre présence, être des enfants, s’épanouir et être les merveilleux êtres uniques qu’ils sont.

© Mitsiko Miller, 2014. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

 Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Communication bienveillante, Parentalité positive et éducation bienveillante

Suivre son coeur

par Mitsiko Miller, cpc

rooseveltUn jour, alors que je faisais des courses avec mes enfants, nous avons entendu un bébé de 8 ou 9 mois hurler à s’époumoner dans la section fruits et légumes. Mes enfants ont accouru vers le petit pour répondre à ses pleurs.

Décoder les pleurs et les comportements
Parce que, oui, dans notre famille, nous avons la ferme conviction qu’un bébé communique avec les outils qu’il possède: par ses pleurs et, plus tard, par ses comportements. Les pleurs peuvent dire tant de choses, lorsque nous prenons le temps de les décoder : «J’ai besoin de tendresse», «J’ai froid», «J’ai faim», «J’ai peur», «J’ai mal». Lorsque nous écoutons attentivement et prenons le temps d’observer, nous remarquons alors qu’un bébé exprime très clairement ses besoins. Mais parfois, nous ne comprenons pas ni ne pouvons empêcher les pleurs : entre autres, lorsqu’ils sont fatigués ou qu’ils ont des «coliques». Dans ce cas, notre présence empathique, notre voix douce et la chaleur de nos bras les soulagent et les rassurent.

C’est ainsi que mes enfants ont été élevés et c’est la raison pour laquelle ils ont bien du mal à saisir pourquoi un parent ne répondrait pas aux pleurs de son bébé.

Bien sûr, il y a une myriade de raisons pour lesquelles les parents y deviennent moins réceptifs. Certains se sentent dépassés, épuisés ou stressés parce que leur enfant pleure beaucoup, ou parce qu’ils n’ont pas beaucoup de soutien autour d’eux. Par survie, ils font le choix de se donner un peu de répit.

En revanche, d’autres croient que c’est ainsi «qu’il faut faire», parce que cette pratique commune est encouragée pour éviter de « gâter » le bébé. Ma compréhension de l’idéologie derrière cette croyance repose, entre autres, sur le postulat behavioriste de John B. Watson supposant qu’un être humain doit être conditionné par son environnement (comme en témoigne la célèbre expérience menée par ce psychologue sur le (pauvre!) petit Albert B. en 1920).

La recherche actuelle prouve très souvent le contraire (car les recherches sont souvent faites en fonction des croyances des scientifiques émettant ces hypothèses). En somme, la tendance actuelle des recherches est vers la reconnaissance de la vie émotionnelle du bébé, que nous découvrons petit à petit depuis vingt ans, à travers l’intelligence émotionnelle et la neuroscience. Dans cet esprit, le neuropsychiatre Daniel J. Siegel démontre dans ses livres que d’être à l’écoute des besoins de son bébé et de soi encourage la relation d’attachement, aidant l’enfant à développer son autonomie et à son intelligence émotionnelle .

Un enfant émotionnellement intelligent
Selon John M. Gottman, ambassadeur de l’intelligence émotionnelle, le début de l’apprentissage de l’intelligence émotionnelle des enfants commence à la naissance : «Même lorsque les bébés sont encore dépendants, les parents peuvent inculquer l’importance de l’intelligence émotionnelle. Par notre réponse à leurs pleurs, le nourrisson comprend que toute émotion possède un dénouement, qu’il est possible de passer d’une émotion de détresse, de colère et de peur à un sentiment de confort et de rétablissement. Les bébés dont les besoins ne sont pas satisfaits, ont, dans leur cas, peu de chance d’apprendre. (…) Ils rentrent souvent dans un état passif et non-expressif la plupart du temps. Mais lorsqu’ils se fâchent, ils manquent de contrôle de soi, car personne ne les aide à cheminer d’un état de détresse vers un état de confort. Personne ne leur a appris comment se réconforter par eux-mêmes.»

Guider avec amour
J’estime, en effet, que notre rôle de parent n’est pas d’ignorer les communications de nos enfants, mais de les guider avec amour : les soutenir et les aider à se découvrir pour mieux se comprendre, s’épanouir et choisir des moyens de communiquer plus adaptés à la vie en groupe et à la société – en fonction de leur âge et de leur unicité .
Nous, les parents, sommes des phares qui accompagnons notre enfant vers l’autonomie et la responsabilisation en fonction de leurs capacités personnelles, leur tempérament et leur niveau de maturité développementale. Selon moi, la nature joue en notre faveur : elle nous a dotés d’une intuition parentale qui nous aide à rester à l’écoute, dans la flexibilité et l’ouverture. Nous pouvons ainsi accompagner nos enfants pour que la famille (parents et enfants) développe sa résilience face à ce qu’elle ne peut pas changer et apprenne à s’ajuster ce qu’elle peut « changer », dans le respect et l’équilibre de tous.
Je crois qu’un enfant qui a été entendu et dont les besoins sont pris en considération possède une confiance en soi et en son parent qui lui permettent de grandir à son plein potentiel: explorer le monde et bâtir la charpente de son être unique. Du moins, c’est mon expérience et celle de bien des familles autour de moi.

Attachement et bienveillance, les mal compris de la parentalité
L’ennui, c’est que cette vision de la parentalité est souvent mal comprise. Il y a tant de parents, qui, au nom de la parentalité proximale, répondent aux besoins de leur bébé au détriment des leurs, et finissent par s’épuiser. L’attachement proximal est difficile à appliquer parce qu’il demande de penser autrement. Mais vraiment. Il demande de la réflexion, du recul, de la créativité (focaliser sur l’apprentissage et non sur les erreurs que nous faisons), de l’investissement en temps pour trouver des solutions qui tiennent compte des besoins des parents ET des enfants. Il demande souvent que nous pensions hors du cadre : essayer, ajuster, réessayer, écouter, observer, être plein de compassion pour soi, se pardonner, questionner, faire le bilan de ses valeurs senties, apprendre à demander du soutien autour de soi et à communiquer pour trouver des solutions réalistes et concrètes pour créer l’environnement favorable pour SA famille unique.

Il en est de même avec la bienveillance et la parentalité positive. Elles sont souvent confondues avec le laxisme parce que plusieurs parents trouvent difficile d’accompagner leurs enfants émotionnellement et certains ne font pas la distinction entre «besoin» et «désir».

Comment gérer la colère? Quand dire «non»? Comment? Quand est-ce que mon enfant pleure de détresse? Quand est-ce tout simplement une déception de n’avoir pas pu combler ses désirs du moment? Un parent qui sonde son cœur, se fait confiance, connaît les préférences de son enfant ainsi que les siennes et connaît bien ses limites authentiques, sera en mesure de faire la distinction.

La voie du cœur, le chemin d’une vie
Ouf, vous me direz… Quel contrat!
Oui, c’est un investissement de longue haleine. C’est le chemin du cœur : une manière de vivre qui nous mène souvent hors des sentiers battus (et hors de notre zone de confort) en poussant la réflexion et notre cohérence intérieure toujours un peu plus loin.
Réflexion, comme…
Qu’est-ce qu’un désir? Une manière spécifique de combler un besoin. Comme, manger un biscuit. Quel est le besoin rattaché à cette stratégie? Manger.
Est-ce notre rôle de combler les désirs de nos enfants? Non.
Mais un bébé peut-il avoir des désirs? Je crois qu’un bébé est dépendant de nous, point final. Un bébé a besoin de nous pour satisfaire ses besoins et possède des capacités plus limitées qu’un enfant de quatre ans… Guidons nos enfants vers l’autonomie en fonction de leur capacité!
En grandissant, un enfant sera physiologiquement apte à attendre davantage et se sentira suffisamment entendu pour accepter de coopérer avec joie et même d’entendre un «non», même s’il proteste. Il sera capable d’être accompagné à travers sa colère et sa déception pour trouver une stratégie acceptable pour tous pour considérer les besoins derrière ses désirs. Tout cela dans le respect, la présence et la dignité pour tous.

Dilemme: appréciation ou intuition?
Mais revenons à cette maman. La mère continuait à faire ses courses en laissant son enfant pleurer dans la poussette, l’air nerveux. Elle fut extrêmement surprise de voir mes enfants faire des bouffonneries pour lui changer les idées.
J’imagine qu’elle luttait intérieurement entre son besoin d’approbation auprès des autres pour montrer ses compétences de mère et son envie de prendre son fils dans ses bras. Je voyais à quel point elle souffrait intérieurement face à ce dilemme, et son inconfort était palpable dans l’air. C’est pourquoi, lorsqu’elle a croisé mon regard, je lui ai fait un sourire signifiant « C’est difficile ce que tu vis! Tu te cherches et tu trouveras ta propre voie en temps et lieux. Fais-toi confiance, ma chère. »

Parent naissant, explorez votre voie unique!
Lorsque nous sommes parent naissant, nous expérimentons, nous tâtonnons parfois dans toutes les directions. Je me souviens de cette période où, encore jeune maman, je me cherchais. Qui suis-je? Qu’est-ce que je souhaite pour mes enfants? Quel est mon rôle de maman? Dois-je répondre aux pleurs de mon bébé? Il m’est arrivé d’essayer des techniques absurdes de contrôle de comportements apprises dans des livres, lorsque mon fils faisait des crises et que je ne savais pas trop quoi faire. J’ai très vite compris que ces techniques «toutes les tailles» allaient à l’encontre de mon intuition et nourrissaient mon sentiment d’impuissance face à ce que je vivais. Et je ne me sentais vraiment pas bien à appliquer une méthode qui ne me ressemblait pas.

Faites-vous confiance, écoutez votre cœur
La psychologue et représentante de la parentalité positive en France résume cette approche en une phrase : «Faites-vous confiance, écoutez votre cœur! »
J’ai mis du temps à me faire confiance : c’est en me questionnant et en observant ce qui ne marchait pas dans ma vie de parent et en ajustant mon tir que j’y suis parvenue. Je me souviens même d’avoir menti pour qu’on me laisse tranquille, car la pression était trop forte !
Je me souviens de tous les conseils confondants que tout passant se permettait de me lancer, des regards désapprobateurs, des jugements qui fusaient dans toutes les directions, peu importe ce que je faisais. Des conseils à en plus finir sur le sommeil, la discipline, le type de chaussures à acheter, les vitamines à prendre, les couches à acheter, les livres à lire.
Ces moments d’embarras et d’inconfort ont été très constructifs pour moi, car ils m’ont aidée à me poser des questions fondamentales: Qu’est-ce que je veux véhiculer à mon enfant? Comment puis-je l’aider à devenir un jour un adulte équilibré, épanoui et responsable?
Ils m’ont aidée à mieux me connaître et à devenir plus confiante dans mes compétences; bref, écouter mon cœur et poser des gestes en alignement avec mes valeurs à moi.
Et lorsque je vois mes grands enfants si empathiques et éveillés, je me dis: ça en valait vraiment le coup!

© Mitsiko Miller, 2014. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

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Références :
• Isabelle Filliozat, Au cœur des émotions des enfants
• John M. Gottman, Raising an Emotionally Intelligent Child
• Daniel J. Siegel, Parenting from The Inside Out
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Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Communication bienveillante, Parentalité positive et éducation bienveillante

Permissif? Non! Férocement non-violent!

MBRpar Mitsiko Miller

Hier soir, j’ai participé à une discussion ouverte sur l’action sociale et la parentalité offerte par une université montréalaise.
Une femme a fortement réagi à mes propos lorsque je parlais de l’importance de créer un milieu où la paix est intégrée au quotidien: «Mais on doit défendre des droits et, non parler de paix! Et mon enfant, à moi, je la confronte!!»


Ce à quoi j’ai rétorqué: «Pensez-vous que la non-violence est mielleuse? Il n’y a rien de plus FÉROCE que la non-violence (et également respectueuse…).»

Elle m’a regardé avec étonnement.

Tant de gens ont la croyance que la NV est douce et passive. Tant de gens la confondent avec « sacrifice de soi ». Tant de gens pensent que la NV, c’est éviter d’intervenir et de confronter.
:S

Tant de gens imaginent que la NV, c’est écouter les désirs de nos enfants, les laisser faire tout ce qu’ils veulent, accepter de sacrifier nos besoins de paix, de respect et de joie pour que nos enfants se sentent libres et heureux (et pas nous…).

Ben non.

Ça, ce n’est pas, selon moi, de la non-violence.

J’appelle cela de la permissivité.

Tout le monde est perdant, dans ce cas.
Car nous accumulons de la colère, de la frustration et du ressentiment à s’oublier, soi. Et nos enfants vont payer pour, car en s’oubliant, nous ne faisons que garder la frustration et le ressentiment à l’intérieur…. Et elle sortira tôt ou tard, lorsque nous ouvrirons enfin les valves après nous être « retenus » pendant trop longtemps: en colère, en crise, en bouderie, en ressentiment, en désespoir, en hurlements ET avec une intensité qui nous paraitra si étrange et si déplacée – dans des moments anodins. Souvent, avec une violence que nous regrettons profondément…

La non-violence, c’est l’habitude de voir l’humanité chez tous et apprendre à parler ouvertement de ce qui marche et de ce qui ne marche pas, en considérant les besoins de tous – incluant les nôtres: ce que nous appelons, le POUVOIR AVEC. C’est informer nos enfants de l’impact de leur comportement dans le but de s’épanouir et trouver, ensemble, des solutions plus bienveillantes, et non de punir et de faire la morale.
Tout le monde y gagne.
Lorsque nous tenons compte des besoins respectifs (et non des désirs…) de tous, nous cherchons des solutions qui marchent pour nous ET pour l’autre.
Sans compromis.

Il n’y a rien de mielleux à apposer l’opinion de quelqu’un et à tenir compte de ses besoins – dans l’amour de soi ET de l’autre.
Il n’y a rien de mielleux à dire NON  pour dire OUI à autres choses- avec amour et respect pour soi ET pour l’autre.

Exemple avec un jeune adolescent

-Je te déteste, t’es la pire mère du monde!!!!!!!
-Tu te sens en colère parce que nous ne te permettons pas d’aller au centre d’achat, tout de suite ?
-Tous mes amis ont le droit sauf moi!!! Mais avec toi, c’est toujours NON, madame Hitler!!!
-Oui, tu aimerais avoir plus de liberté? (besoin : liberté)
-C’est le goulag ici!
-Tu as l’impression que tu n’as pas assez de choix? (besoin : choix)
(relâchement)
-Ouais.
-Ceci me tient à cœur. Tu veux bien qu’on explore d’autres possibilités ensemble? Je voudrais aussi que nous parlions de manières pour toi d’exprimer ta colère avec respect.
-Gmpffffff. Ok. Désolé.

P.S. 1 On m’a demandé: « N’est-ce pas utopique, comme dialogue? Voire, impossible? » Effectivement, c’est fort peu probable que votre enfant soit aussi coopératif s’il n’a pas beaucoup vécu l’expérience d’être entendu et considéré. Surtout s’il n’a pas confiance que vous considérerez VRAIMENT ses besoins. Lorsque le lien et la confiance sont forts, ce dialogue n’a rien d’utopique. :)

P.S. 2 Pour répondre à une question concernant la CNV… Selon moi, ce n’est pas un langage, mais une qualité de présence. Vous pourrez utiliser tout le langage CNV que vous voudrez… Tant que la présence et la bienveillance ne seront pas au RDV, ça sonnera faux. Surtout pour des enfants qui sentent le « clinquant » à des km à la ronde ;)

Au sujet de la réactivité des enfants et du respect
Je rajoute un point essentiel ici, suite à la lecture d’un commentaire de lecteur.

Les neurosciences nous éclairent de plus en plus sur le développement du cerveau: les enfants expriment des émotions intenses par biologie, et non par volonté. Leur cerveau est en croissance jusqu’à 25 ans. Les moments les plus intenses sont entre 0 à 5 ans ET à l’adolescence. Nos enfants ont besoin d’un accompagnement pour intégrer l’autogestion qui, selon moi, se fait à petits pas, au rythme de leur développement physiologique. Cette autogestion commence par l’exemple que NOUS donnons. :)

Oui, certains enfants s’expriment plus calmement, très jeunes. La plupart ont besoin de bien plus de soutien lorsqu’ils sont petits, pour y arriver. Et plus ils grandissent, plus ils sont en mesure de s’autoréguler – lorsqu’ils ont des parents pour les guider.

C’est pour cela que je prône l’accompagnement émotionnel, qui, au lieu de juger les comportements des enfants, leur offrent de la perspective et de l’aide pour devenir de plus en plus conscients de l’impact de leurs gestes sur les autres, sur leur environnement et pour s’épanouir dans le respect de tous.

Cela se fait en utilisant de la prévention, des retours sur situation, de l’introspection, des exercices d’intelligence émotionnelle, des ententes familiales, de la résolution de problèmes et des conseils de coopération.

© Mitsiko Miller, 2014. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants pour vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

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Il FAUT que ça fasse mal… Vraiment?

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http://wp.me/P1UuGN-1NJ

par Mitsiko Miller, cpc

Il y a un script profondément ancré dans notre société que nous entendons partout: pour apprendre, IL FAUT que ça fasse mal. Autres déclinaisons sur le même thème: no pain, no gain. La vie est douloureuse. La vie est souffrance. Si tu vis du bonheur, forcément il faut s’attendre, tôt ou tard, à recevoir une belle tarte de me_de. Le bonheur ne dure pas. Mieux vaut s’habituer à souffrir le plus rapidement possible, sinon on ne survivra jamais….

Est-ce vraiment vrai?

Ce sont des croyances.

Une autre croyance incroyablement coriace: IL FAUT utiliser la force punitive, pousser, imposer, forcer et IL FAUT contrôler les enfants (et… les employés, les citoyens, nos partenaires, les animaux, etc..) pour qu’ils collaborent car les êtres vivants ne sont qu’une bande d’égoïstes sans cœur.

Vraiment?

Ces croyances sont les plus grandes embûches à l’éducation bienveillante qui nous empêchent d’avoir une approche restauratrice et collaborative.

En vérité, la force, les menaces ou les ordres jappés sur nos enfants ou nos partenaires n’apporteront que du changement passager, issu de la culpabilité, de la peur de la punition ou de la peur de ne pas être aimé.

Ce qui motive vraiment les individus à collaborer, c’est d’avoir confiance qu’ils sont importants, que leurs besoins seront considérés : alors, ils sortent de leur coquille protectrice, ont l’espace pour sonder leur cœur, les valeurs qui motivent leurs actions pour réfléchir à comment ces gestes contribuent de manière significative au bien-être de tous.

Cette coopération se développe dans la relation avec la confiance, le respect, l’espace pour accueillir et en entretenant une intention de POUVOIR AVEC, dont parle la CNV: l’empathie, le non-jugement, la recherche du sens et des besoins communs pour trouver des stratégies qui marchent pour tous.

Aujourd’hui, je vous invite à vous poser la question suivante : ai-je des croyances qui m’empêchent d’ouvrir mon cœur et de faire confiance?

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen de 9 et 11 ans. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants pour les aider à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

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Citation: la beauté des imperfections

Chodron_FRpar Mitsiko Miller, cpc

Comme nos enfants, nous apprenons par essais et erreurs.
Oui, oui.
Et les erreurs ne sont pas « bonnes » ou « mauvaises ». Elles sont tout simplement là, sur notre chemin, pour nous aider à réajuster notre tir en se posant la question: « que puis-je faire différemment? »
Si nous focalisons notre attention sur la perfection et la réussite, nous ne verrons pas tous ces petits pas que nous faisons à chaque instant pour cheminer vers notre bonheur.

Car, grâce à nos imperfections et à nos « défaites », nous pouvons incarner – lentement et sûrement- l’amour, l’humilité, le lâcher prise, le respect de soi et des autres, l’acceptation, la compassion: nous trouvons des stratégies plus bienveillantes après chaque introspection, à force de se poser régulièrement la question: comment puis-je vivre plus de bonheur avec moi-même ET les autres, dans cette situation?

Aujourd’hui, je vous invite à voir vos imperfections comme un merveilleux cadeau: une invitation à sonder votre cœur un peu plus profondément. Au lieu de dire: « Je suis indigne!!!! », soyez curieux: « mes erreurs et mes réactions me renseignent sur ce qui me tient à cœur et sur mes besoins. Lesquels? Que puis-je faire pour considérer mes besoins et ceux des autres, une prochaine fois? »

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants pour les aider à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

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Pourquoi parler de manière positive?

Miller_FRpar Mitsiko Miller, cpc

Pourquoi est-ce si important de parler de manière positive? Pourquoi est-ce si important de véhiculer un message d’amour à nos enfants surtout lorsqu’ils agissent de manière tragique?

Ce n’est pas pour faire joli, ni pour être à la mode. C’est parce qu’un enfant qui ne doute pas un instant de sa valeur, sait également qu’il peut compter sur nous et les membres de sa communauté pour lui rappeler comment il peut mieux contribuer au bien-être de tous.

Un enfant qui reçoit des messages négatifs à répétition, en vient à douter de ses compétences et de sa valeur. Il en vient à agir pour éviter la punition, mais ne comprend pas nécessairement POURQUOI agir autrement: on ne l’informe pas de l’impact de ses gestes, on ne lui donne pas l’occasion de réfléchir pour y donner du sens, ni d’explorer comment faire autrement. Cet enfant pourrait se sentir impuissant, découragé et inutile et… pourrait reproduire le geste lorsque que son parent n’est pas présent.

Exemple :
-Arrête de sauter sur le plancher!!! C’est fatiguant!!! C’est pas possible!!!
Le message qu’il pourrait entendre: Tu ne sais rien faire d’agréable. Tu ES la source de ma colère. Tu ES fatigant, tu ES dérangeant et tu ES inadéquat.

Nous, êtres humains avons des besoins fondamentaux qui, lorsque comblés, nous aident à vivre en harmonie avec soi et les autres: un être humain qui se sent aimé, valorisé, écouté, sait qu’il appartient, et qui sait que ses actes sont mus par un sens profond qui contribuent de manière significative au bien-être du collectif, peut s’épanouir.

Exemple :
-Tu t’amuses?
-Oui, je suis un éléphant!!!
-Mon chéri, un éléphant qui marche dans la maison, ça peut réveiller les voisins qui dorment en dessous…
-Ah…
-Où pourrais-tu faire l’éléphant sans réveiller les voisins?
-Dans la jungle!!! (en mettant son manteau pour aller dehors)
-Je vois que tu as trouvé une solution pour considérer le bien-être des voisins ET poursuivre ton jeu!

Un enfant à qui on parle de manière positive (et avec empathie) reçoit les messages suivants:
1) Je vois que tu fais vraiment de ton mieux avec les outils que tu possèdes dans le moment
2) Je t’aime tel que tu es, peu importe ce que tu fais
3) Voici comment ton comportement actuel impacte les autres
4) Explorons ensemble comment tu peux considérer ton bien-être ET celui des autres
5) J’ai confiance que tu y arriveras, dans le respect de ton rythme et avec le temps (et… avec beaucoup de patience et de confiance de la part des parents ;))

© Mitsiko Miller, 2013. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

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Aider nos enfants à réfléchir

par Mitsiko Miller, cpc

Voulez-vous VRAIMENT des enfants obéissants?
Vraiment?
Pensez-y.

MeadVous voulez vraiment des enfants qui écoutent sans poser de questions? Des enfants qui suivront la mode sans réfléchir, pour ne pas déplaire? Pour appartenir?

Vraiment?
Des enfants qui suivront pour faire « comme il faut », pour se fondre dans la masse?
Pour ne pas décevoir, pour soulager leur culpabilité?
Pour faire plaisir aux autres, sans réfléchir?

Vraiment?
Pas moi. Je veux aider mes enfants à PENSER pour que la vie ait un sens profond pour eux. Pour qu’ils aient envie d’agir en alignement avec leurs valeurs profondes et senties.
Écouter leur cœur et ce qui résonne intérieurement, dans leur conscience.

Pour qu’un jour, ils disent NON à la drogue parce que ça n’a pas de sens pour eux de suivre leurs copains, pour rentrer dans le moule, pour faire comme tout le monde.
NON à la petite copine qui veut aller trop loin, malgré leur inconfort.
NON aux insultes et à la violence proférées par une personne qui leur manque de respect et de considération.
NON à rester muet et inerte devant la violence dont ils sont témoins.
NON au diktat de la mode.
NON à la pensée monolithique de la masse.
NON au patron qui veut que l’employé fasse du surtemps, au détriment de sa famille et de sa santé mentale et physique.
NON à la surconsommation qui est en train de détruire notre planète et notre tricot humain.

NON pour dire OUI à autres choses.
OUI à l’empathie.
OUI au respect mutuel.
OUI à donner du sens à la vie.
OUI à la joie. OUI à l’enthousiasme.
OUI à la connexion. OUI à la compassion.
OUI à l’inclusion. OUI à la diversité.
OUI à l’entente. OUI au dialogue collaboratif.
OUI à la vie.

La question serait plutôt: « À quoi voulez-vous que votre enfant obéisse? »
Moi, je veux que mon enfant obéisse à son compas intérieur qui lui dit intérieurement:
OUI, je suis digne d’amour tel que je suis, peu importe ce que les autres pensent.
OUI, j’ai de la valeur, peu importe ce que les autres font.
OUI, je peux penser par moi-même et être respecté.
OUI, je suis capable d’empathie et j’ai à cœur de contribuer au bonheur des autres. Parce que leur bonheur est aussi mon bonheur.
OUI, je suis capable de trouver des solutions qui tiennent compte de MOI et des AUTRES.

Cela est possible en accompagnant nos enfants avec patience, amour et respect. Cela est possible en réfléchissant avec nos enfants. Cela est possible en s’engageant dans la relation et en parlant de cœur à cœur, tout au long de leur enfance.

Dites-moi. Que souhaitez-vous pour vos enfants?
Pour vous? Pour votre famille?

En posant des questions de curiosité, nous préparons nos enfants à devenir des libres penseurs et les leaders de demain – ceux dont nous avons réellement besoin.

Nous pouvons soutenir les enfants à prendre conscience de leur carte du monde et à s’ouvrir aux possibilités. Voilà, selon moi, le but ultime de notre rôle de parent qui « guide avec amour »: être maître en questiologie

© Mitsiko Miller, 2013. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

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Sage comme une image

Chacun son chemin. Chacun ses valeurs de parents du coeur. Voici un partage personnel qui affirme mes valeurs à moi. Ce n’est certainement pas un mode d’emploi pour devenir un « bon » parent. ;) Mitsiko

par Mitsiko Miller, cpc
Jackson_FR_2J’avoue, il y a une grande partie de moi qui n’est pas en paix avec le père Noël. :)

Oui, j’aime la magie de Noël et la joie que l’idée du père Noël éveille chez les enfants. Il évoque le rituel magique et extraordinaire de Noël: décoration du sapin, assemblage du village en céramique, les chants, les biscuits au beurre, la maison en pain d’épices… Il évoque aussi le moment où toute la grande famille se rencontre pour partager la joie (et pour certains adultes, de la crainte et de la frustration) d’être réunie.

La lueur d’espoir dans les yeux de mes enfants lorsqu’ils pensent à ce rituel joyeux me fait chaud au cœur.

Et… une partie de moi se contracte à l’intérieur: pour moi, le père Noël symbolise la surconsommation, Coca Cola (Note: merci à des lecteurs, notamment Sista Mandyne qui a partagé, cet article éclairant. Ça ne change pas le fait que le père Noël symbolise Coca Cola POUR MOI ;) et la célébration des relations de domination et de pouvoir coercitif, qui expriment, inconsciemment ou non, un message que je vis comme troublant: «Si tu es gentil ou sage avec moi, je te donnerais un cadeau. Sinon, tu vas payer pour, mon enfant!»

Lorsque je me pose la question «quel est le monde que je souhaite pour mes enfants?», il est clair que je souhaite un monde riche en relations profondes. Une vie où l’ÊTRE est au cœur de la vie. Cela implique pour ma part les choix conscients d’une vie dépouillée de superflu et de relations basées sur le respect et l’amour inconditionnel.

Quel est le monde dont je rêve pour mes enfants?

  • Un monde de paix où la bienveillance est au cœur de la vie. Un monde où on se pose des questions pour vivre avec intégrité, avec une liberté intérieure et une pleine conscience de ce qui fait franchement vibrer notre cœur: nos valeurs propres à nous. Valeurs cohérentes que l’on saisit entièrement et qui motivent nos actes.
    • Un monde où la société est durable et tient compte de nos ressources terrestres et humaines. Pour en savoir plus sur la surconsommation et le gaspillage, je vous invite à visionner The Story of Stuff.
  • Un monde où on donne par choix et par plaisir de contribuer au bien-être des autres plutôt que par obligation. Combien de fois avons-nous donné un cadeau parce que c’est « ce qu’il faut faire » ou par culpabilité? Je veux comprendre qu’est-ce qui me pousse à donner et pourquoi je le fais. Je veux donner dans la joie! Et puis, c’est quoi un cadeau? Ne peut-il pas se manifester sous diverses formes? Oui! Notre écoute, une marque d’affection, notre attention entière, notre joie, notre sourire, le don de notre temps et de nos talents, le partage et l’entraide… et parfois, des cadeaux achetés. À propos du choix.

Je pourrais vous énumérer toutes les valeurs qui motivent mes choix à vivre simplement, à m’ancrer dans mon humanité et dans celle des autres. Ce sera pour une autre fois!

Mais de là, découle mon souhait d’honorer la saveur unique de chacun de mes enfants et de nourrir la relation riche que je tisse avec chacun d’entre eux.

Parler du Père Noël avec mes enfants

Oui, il fut un temps où ils croyaient au père Noël. Je ne leur ai pas nié le plaisir d’y croire et de nourrir leurs rêves. J’ai concentré mon attention sur ce que le rituel de Noël représentait pour moi : un moment de célébration, de partage, un moment pour exprimer sa reconnaissance et pour se rapprocher.

Les quelques fois où mes enfants m’ont interrogé, je leur reflétais la question: «Et toi, crois-tu qu’il existe?»

Souvent ils hésitaient : «Je ne sais pas trop. Je pense que oui. »

«Cher Père Noël, veuillez SVP laisser les cadeaux à l’extérieur de la maison. Ne rentrez pas. Merci. Thomas ».

Il faut dire que mes enfants ont un imaginaire colossal. Ces légendes ont généré bien des terreurs nocturnes chez nous. Même chose pour la bienveillante fée des dents! Ils angoissaient à l’idée qu’un inconnu rentre chez nous alors qu’ils dormaient… Ils ne se sentaient plus en sécurité, ni dans un monde qu’ils saisissaient entièrement. Maintes fois, j’ai écrit des mots aux être magiques pour les inviter à déposer argent et cadeaux à l’extérieur de notre maison.

Croit-il donc que je ne vaux pas son amour si je ne suis pas sage?

Mais lorsque mon fils a demandé : «Pourquoi le père Noël ne donne des cadeaux qu’aux enfants sages? Croit-il donc que je ne vaux pas son amour si je ne suis pas sage?», je voyais venir la fin de ce rêve enfantin.

Il s’est mis à réfléchir aux conditions que ce barbu joyeux lui imposait. Il s’est aussi mis à penser au père Fouettard menaçant de punir les enfants « ingrats ». Cette idée lui était si absurde qu’un jour, il a déclaré que ce n’était que des balivernes d’adultes pour obliger les enfants à les écouter.

« Un peu comme le bonhomme 7 heures, maman. C’était une façon d’obliger les enfants à se coucher à 7 heures pour que les adultes soient tranquilles. Le père Fouettard, c’est une histoire inventée par les adultes pour obliger les enfants à faire ce que les adultes veulent qu’ils fassent. ».

«Ah? Alors, qui te donne tes cadeaux?», ai-je enquêté.

«Ben, toi! Parce que toi, maman, tu n’es pas comme le père Noël. Et papa non plus. Vous, vous m’aimez comme je suis. Que je sois sage ou non. Et c’est ce que je préfère.»

À l’écouter, j’ai envie de redéfinir le mot «sage».

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Un peu de douceur avec nos proches

par Mitsiko Miller, cpc

Imaginez que vous croisez le Dalaï Lama, ou quelqu’un que vous admirez énormément.
Comment lui parleriez-vous?

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J’imagine que vous seriez honoré et rempli de respect et de gratitude. Vous seriez attentif, réceptif et respectueux durant vos échanges.

Maintenant écoutez-vous parler à votre enfant ou à votre partenaire ou un proche. Qu’est-ce qui est différent?
Leur parlez-vous de la même manière?

Et à vous-même? Comment vous traitez-vous?
Avez-vous le même ton respectueux?

Happé par le temps, le stress et nos peurs, il nous arrive d’oublier à quel point ces personnes nous sont précieuses. À quel point il est important d’exprimer notre appréciation ET ce qu’il serait possible de faire pour rendre la vie merveilleuse à tous.
Oui, c’est un cadeau de laisser à l’autre savoir comment nous nous sentons et ce dont nous avons besoin dans la considération de tous, pour créer plus de joie et d’entente communes.

Reste à apprendre comment le dire pour que ces messages soient émis et reçus sans jugements, blâmes et reproches.

Maintenant, imaginez que vous parlez à une personne pour qui vous avez une grande admiration lorsque vous vous parlez à vous-même, à votre partenaire ou à votre enfant.
Comment parleriez-vous? Qu’est-ce qui serait différent?

Aujourd’hui, imaginez que toutes les personnes que vous croisez sont le Dalaï Lama, et remarquez comment cela influence votre disposition intérieure, votre intention, votre ton et la dynamique de la conversation. :)

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Ces petits gestes qui font toute la différence

Mere_Teresapar Mitsiko Miller, cpc

C’est la semaine des Random Acts of Kindness

Qu’est-ce que c’est? C’est l’art de rendre service et de faire des gestes de bienveillance pour le simple plaisir d’aider. C’est l’art de donner et de recevoir dans la joie et sans attente.

Rendez-vous service aux personnes autour de vous? Faites-vous des actes de bienveillance avec vos enfants? Tous les êtres, petits et grands, ont besoin de savoir que leurs actions font un différence dans la vie des autres: ils contribuent au bien-être des autres. Les Random Acts of Kindness (gestes de bienveillance gratuites et aléatoires) est une pratique que mes parents m’ont enseignée et qui m’apporte tant de joie et de profond bonheur. Je le modèle au quotidien, à mon tour, auprès de mes enfants et je les invite à participer avec moi.

Les Random Acts of Kindness humanisent nos contacts avec les autres et, au-delà de la politesse, sont une manière de vraiment voir l’impact positif de nos « petits » gestes d’amour sur la vie des autres.

20 façons de pratiquer les Random Acts of Kindness

  • Aider une dame âgée à traverser la rue
  • Écrire (avec une craie) sur le trottoir: « Vous êtes aimé!!!! »
  • Faire du bénévolat pour une association de votre quartier
  • Connaître le nom de tous les enfants du quartier et les saluer avec un sourire chaleureux
  • Offrir un sourire à une personne de mauvaise humeur
  • Dire BONJOUR au chauffeur d’autobus en le regardant dans les yeux
  • Ouvrir la porte pour une mère avec une poussette
  • Apporter un repas à une mère venant d’accoucher
  • Offrir de garder les enfants d’une mère épuisée
  • Écrire une lettre d’appréciation à une personne que vous aimez
  • Dire un vrai MERCI authentique, en exprimant toute votre gratitude vraiment sentie, à une personne qui vous a aidée
  • Offrir un bol d’eau à un chien attendant son maître sur la rue, par une journée de chaleur
  • Offrir son banc à une femme enceinte ou à un enfant dans le métro
  • Visiter des personnes seules dans un centre pour personnes âgées pour le plaisir de partager un rire et une partie d’échec
  • Mettre des mots dans la boîte aux lettres de personnes inconnues: « Il y a de l’espoir pour l’Humanité!!! Bonne journée à vous! »
  • Demander au chauffeur de taxi de parler de ses passions, de ses enfants et de voir ses yeux s’embuer de joie
  • Dire à une adolescente qu’elle est belle et magnifique telle qu’elle est
  • Offrir des biscuits maison aux personnes vivant dans la rue
  • Visiter la vieille dame qui habite près de chez vous pour prendre le thé
  • Offrir de transporter les emplettes d’une personne et avoir une vraie discussion de coeur à coeur en marchant avec elle

Propager le bonheur et rendre service rend heureux, nourrit l’estime de soi, le sentiment d’appartenance, redonne foi en l’humanité, et développe le sens de la communauté.

Que pourriez-vous faire pour donner du sens à la vie de vos enfants et nourrir leur sentiment de compétence?

En panne d’idées? Regardez ceci:

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen de 9 et 11 ans. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants pour les aider à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

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Les pères oublient

Crédit photo: Stock Exchange
Crédit photo: Stock Exchange

Voici un touchant témoignage d’un père prenant conscience de ses attentes irréalistes envers son enfant. Nous avons tous vécu ceci à un moment ou un autre de notre vie de parent,  père et mère. Regretter, s’excuser et surtout, apprendre de nos erreurs pour vivre avec plus de coeur.  – Mitsiko Miller, cpc

Petit, écoute-moi…
Tu dors, la joue dans ta menotte et tes boucles blondes collées sur ton front moite. Je viens de me glisser dans ta chambre…
Je veux te faire un aveu: tout à l’heure, tandis que je lisais mon journal dans le bureau, j’ai été envahi d’une vague de remords… J’ai été un peu dur avec toi aujourd’hui.
Ce matin, tandis que tu te préparais pour l’école, je t’ai grondé parce que tu te contentais de passer la serviette humide sur le bout de ton nez. Je t’ai réprimandé parce que tes chaussures n’étaient pas cirées. J’ai crié quand tu as jeté tes jouets à terre. Pendant le petit déjeuner, je t’ai encore rappelé à l’ordre: tu renversais le lait, tu étendais trop de beurre sur ton pain, tu avalais tes bouchées sans mastiquer, tu mettais les coudes sur la table…
Au moment de partir, tu t’es retourné en agitant la main et tu m’as dit «au revoir, papa!» Et je t’ai répondu en fronçant les sourcils: «Tiens-toi droit!»
Le soir, même chanson! En revenant de mon travail, je t‘ai guetté sur la route. Tu jouais aux billes, à genoux dans la poussière, tu avais déchiré tes bas! Je t’ai humilié en face de tes camarades, et te faisant marcher devant moi jusqu’à la maison: «Les bas coûtent cher ! Si tu devais les payer, tu serais sans doute plus soigneux!» (Imagine cela, petit, d’un père à son fils!)
Te souviens-tu ensuite? Tu t’es glissé timidement, l’air malheureux dans mon bureau pendant que je travaillais. J’ai levé les yeux et je t’ai demandé avec impatience «Qu’est-ce que c’est?» Tu n’as rien répondu, mais dans un élan irrésistible, tu as couru vers moi et tu as jeté tes bras autour de mon cou en me serrant avec cette dévotion touchante que Dieu a fait fleurir en ton cœur et que ma froideur même ne pouvait flétrir… Et puis, tu t’es enfui, et j’ai entendu tes petits pieds courant dans l’escalier.
Eh bien, mon fils, c’est alors que le livre a glissé de mes mains et qu’une terrible crainte m’a saisi. Voilà ce qu’avait fait de moi la manie des critiques et des reproches: un père grondeur! Je te punissais de n’être qu’un enfant. Ce n’est pas que je manquais de tendresse mais j’attendais trop de ta jeunesse. Je te jugeais d’après l’expérience de mes années.
Et pourtant, il y a tant de générosité, tant de noblesse et de loyauté dans ton âme. Ton petit cœur est vaste comme l’aurore qui monte derrière les collines. Je n’en veux pour témoignage que ton élan spontané pour venir me souhaiter le bonsoir.
Oublions tout le reste!
Ce soir, je viens m’agenouiller, plein de remords, près de ton lit. Je sais que tu ne comprendrais point toutes ces choses si tu pouvais les entendre. Mais demain, tu verras, je serai un vrai papa. Je deviendrai ton copain* (voir mon NB à ce sujet), je rirai quand tu riras ; je pleurerai quand tu pleureras. Et si l’envie de gronder revient, je me mordrai la langue, et je ne cesserai de me répéter comme une litanie: «ce n’est qu’un enfant… un petit enfant!»
J’ai eu tort. Je t’ai traité comme un homme. Maintenant que je te contemple dans ton petit lit, las et abandonné, je sais que tu n’es qu’un bébé.
Hier encore, tu étais dans les bras de ta mère, la tête sur son épaule… J’ai trop attendu de toi, beaucoup trop, pardonne-moi!»

* NB de Mitsiko: Je ne suis pas tout à fait d’accord avec ce passage. Je ne crois pas qu’accompagner son enfant consiste à devenir « copains ». On peut guider dans le respect, l’écoute et la bienveillance dans notre rôle de parent-phare (de sécurité et d’espoir). On peut certainement guider dans la joie, la complicité, le rire et le délice… sans être un « copain ». ;) Le sujet d’un autre article, hein?

Texte de William Livingston Larned tiré du livre Comment se faire des amis de Dale Carnegie

Merci au lecteur Florian Philip, pour ce magnifique partage :)

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Le courage de faire des erreurs

par Mitsiko Miller, cpc

Peace PilgrimLa plupart des gens me demandent comment je fais pour demeurer bienveillante et (relativement) zen, malgré les hauts et les bas de la vie.

La réponse? Une pratique rigoureuse de méditation, de gratitude et d’intériorisation (auto-empathie) au quotidien.

Et une bonne dose de courage.

Le courage de me regarder honnêtement et authentiquement. D’à la fois, admettre mon imperfection, de l’aimer ET de prendre les moyens pour me surpasser dans le respect de mon rythme et de qui je suis. Le courage de ne pas me juger. De me relever lorsque je me casse la gueule (ce qui arrive souvent…) et d’avoir de la compassion pour moi-même.

Car la voie de la bienveillance n’est pas si inaccessible que les gens l’imaginent.

Mais, oui, ça prend du courage.

Le courage de voir que les démons qui nous habitent, nous racontent des histoires trop fantastiques pour être vraies: ces parties d’ombres en nous qui veulent le changement hier et qui voient la défaite partout. Et, en plus, nous jugent inadéquat, si nous n’y arrivons pas du premier coup. Ces parties de nous qui refusent l’inconfort, la résilience et qui disent que c’est une perte de temps d’essayer encore une fois. Qui refusent de croire que oui, après la pluie, il y a le beau temps. Qui nous répètent sans cesse: « T’es nulle. Tu n’y arriveras jamais. T’es un cas désespéré. T’as un problème. Laisse tomber…»

Les erreurs: une opportunité de grandir
Ça prend du courage d’être un optimiste inlassable et de lâcher prise du perfectionnisme. D’oser essayer encore.
De se dire que nous apprenons par essais et erreurs. Que nous avons, à travers nos erreurs, une excellente occasion d’apprendre un peu plus sur nous et sur la vie.
De nous poser la question : « Qu’est-ce que j’ai appris à propos de moi et à propos de la vie, à travers cette expérience? Qu’est-ce que je peux faire différemment? » Et d’admettre : « Ben, j’ai appris que j’ai peur de ne pas réussir. Et que j’aspire à faire confiance à la vie. »

Ça prend du courage pour lâcher prise et écouter cette petite voix de l’intuition.

Ça prend du courage de mettre en doute ce que notre vieux disque en nous, répète en boucle depuis notre petite enfance: « Le monde est dangereux. Attache ta tuque et mords avant qu’on ne te morde. Sinon tu ne survivras jamais. JAMAIS. »

La plupart de nous vivons des expériences quotidiennes qui renforcent cette croyance (bien ancrée en nous) et nous gardent dans un état de défense et de protection si chasse-gardé que nous en venons même à se mordre violemment soi, ainsi que nos êtres les plus chers. Nous n’aimons pas ces réflexes et la petite voix nous répète qu’il y a d’autres façons de s’y prendre plus bienveillantes. Mais comment????? Comment me protéger ET aimer pleinement? Comment être bienveillant ET réaliste?????
Quels modèles avons-nous autour de nous pour nous redonner espoir et nous aider à voir la vie autrement, à part les films feel good américains??
Si peu….

Nous ne sommes pas nos émotions
Ça prend du courage pour s’accepter pleinement. Même ces parties d’ombre à l’intérieur de nous que nous mettons sous le tapis en espérant qu’elles y resteront bien sages (pfffff!). Et qui finissent par tourbillonner dans les airs à chaque fois qu’il y a un peu de mouvement autour de nous (ce qui arrive assez souvent lorsque nous sommes parents).

Ça prend aussi du courage de croire en soi et de faire confiance à la vie.
De croire qu’il y a de l’espoir.

De croire que nous ne sommes pas nos émotions. Nous ne sommes pas colériques. Nous ne sommes pas stressés.

Nous ne sommes PAS nos émotions.

Nous sommes habités par des émotions qui, à chaque seconde, oui, oui, passent.

Mieux que ça, si nous prenons soin de notre vie émotionnelle, nous arrivons même à les surmonter et à s’en détacher. Et à grandir.
Oui.

Une mère qui ressent du stress en ce moment peut faire confiance que oui, un jour, elle vivra plus de zenitude.

Une mère qui ressent de la colère en ce moment peut faire confiance qu’elle saura la surmonter plus tard.

Les émotions ne nous définissent pas.

Faire confiance que nous pouvons
Ça prend du courage de faire confiance que nous pouvons grandir.
Ça prend aussi du courage de prendre les moyens POUR grandir.
De s’engager à devenir plus conscient et à faire de véritables pas concrets et réalistes vers notre bonheur.

De surmonter notre réactivité.

D’accueillir nos émotions avec détachement – sans être aspiré par le vortex de l’émotivité et du désespoir.

De changer nos bonnes vieilles habitudes si connues, si habituelles, si confortables , si accessibles et… si destructrices.

S’aimer pleinement
Ça prend du courage d’apprendre à s’aimer.
De penser à notre bien-être, sans culpabiliser. Sans se croire égoïste.

De faire la distinction entre nos désirs et nos véritables besoins. De sonder notre cœur pour voir ce qui brûle en nous, sans imaginer créer des feux de forêts parce que nous nous donnons la permission de nourrir notre feu sacré. De considérer les autres ET soi. D’accepter de faire des erreurs. D’accepter de ne pas plaire à tous. De vivre du regret, sans se taper sur la tête.

De s’aimer entièrement: ombre et lumière.

Ça prend du courage d’apprendre à aimer les autres.
D’accepter de ne pas avoir le dernier mot. De prioriser les relations plutôt que d’avoir raison. D’apprendre à parler avec respect, sans être d’accord avec tous les autres. De dire sa vérité dans la non-violence et dans l’ouverture. De préserver ce qui nous est le plus cher sans polariser, sans juger, ni critiquer les autres.

Ça prend du courage et de la détermination de croire que, oui, c’est possible.
Oui, nous le voulons.
Et, oui, nous le pouvons.

:)

(Cet article a été écrit dans le cadre de la journée de la non-violence)

© Mitsiko Miller, 2013. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants pour les aider à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Communication bienveillante, Parentalité positive et éducation bienveillante

Pourquoi, en colère, nous ne pouvons réfléchir

par Mitsiko Miller

colerePourquoi nos mains tremblent-elles lorsque nous ressentons de la colère? Pourquoi avons-nous tant de difficulté à nous calmer, malgré tous nos efforts? Pourquoi, tout d’un coup, voulons-nous avoir raison et sommes prêts à nous battre jusqu’à la mort???? Pourquoi, tout d’un coup, nous nous surprenons à faire ou dire des choses que nous savons que nous regretterons plus tard, et pourtant…. nous ne pouvons-nous empêcher de faire ou de dire??!!
Lorsque j’ai découvert le travail du neuropsychiatre Daniel J. Siegel, auteur des livres Parenting from the Inside Out et The Whole Brain Child (dont je parle trrrrès souvent dans mes ateliers), j’ai pu enfin comprendre pourquoi nous ou nos enfants perdons tant nos moyens, lorsque nous sommes envahis par des sentiments de colère ou de stress.

À l’aide d’un modèle simple, Siegel explique comment notre cerveau réagit face à des stimuli qui provoquent chez nous la peur, le stress, ou la colère. Comprendre ce fonctionnement m’a aidé à m’affranchir de ma culpabilité paralysante lorsque je me demandais comment était-ce possible pour moi de replonger dans un mode combatif après tant d’année de travail sur moi, et surtout, à trouver des moyens efficaces et proactifs pour en sortir.

Lorsque nous crions, perdons notre calme, il est commun que nous nous jugeons incapable et colérique. Ainsi, après avoir cédé à la réactivité en faisant subir une forme de violence à l’autre, nous rentrons alors dans un nouveau cycle de violence, celui envers soi: la culpabilité.

Au lieu de juger nos actes et nos gestes, voyons notre colère comme un drapeau rouge nous invitant à sonder notre cœur pour comprendre ce qui nous touche vraiment pour apprendre de nos erreurs et faire autrement une prochaine fois. Bien sûr, nous allons souhaiter exprimer du regret. Mais est-ce nécessaire de se blâmer et se critiquer pour autant (forme de violence)?

Dans cette vidéo (4 minutes) expliquant le processus (enfin!!!!) en français, Nadine Gaudin de l’Association Discipline Positive France (que j’ai eu le plaisir de rencontrer au cours d’une formation en discipline positive) nous montre à l’aide de son poing ce qui arrive à notre cerveau lorsque sommes en état d’alerte.

 Le modèle du cerveau selon Siegel

Lorsque je pète un plomb: combat/fuite Lorsque je suis calme: intégration
Flip_lid Integration
Lorsque je me sens stressé ou en colère, je perds accès aux parties de mon cerveau qui me permettent d’être empathique, flexible, de raisonner et de trouver des solutions. Je me déconnecte totalement et tombe dans le fonctionnement du mon cerveau reptilien: immobilisation, attaque, fuite et survie! Aucun moyen de parler, de raisonner et d’écouter… Lorsque je suis calme, j’ai accès à une partie du cerveau supérieur (cortex préfrontal) où mes facultés d’autorégulation des émotions, d’empathie, de prise de décisions, de logique et de raisonnement sont en fonction.

En comprenant le principe de Siegel, j’ai réalisé qu’il était totalement inutile de tenter de trouver des solutions lorsque j’étais dans le mode combat/fuite. Il était mieux de prendre une pause pour me recentrer.

Et respirer profondément n’a jamais été suffisant dans mon cas. J’ai, avant tout, besoin de prendre du recul pour comprendre ce qui se passe en moi et pour retrouver des moyens réellement efficaces pour revenir à la « vie ».

La discipline positive suggère de prendre « le temps de pause » pour revenir aux fonctions de notre cerveau supérieur. Quant à moi, je trouve encore plus efficace de pratiquer l’auto-empathie, processus extrêmement puissant de la Communication NonViolente (CNV) qui m’aide à me recentrer en quelques millisecondes (lorsque nous y sommes vraiment habitués, bien sûr ;). Le processus de la CNV m’aide, à travers ses 4 étapes, à sortir de l’émotivité et de la réactivité, comprendre ce qui me touche réellement dans le moment présent et prendre les moyens pour trouver des solutions de manière proactive.

Puis, une fois calmée, je peux poursuivre la conversation avec l’autre (si l’autre est également en mode intégration, bien sûr!) en pleine possession de mes moyens, dans l’écoute, l’empathie pour trouver des solutions qui marchent pour moi et pour l’autre.

* Des recherches démontrent que le fait de nommer les émotions dans le moment présent, permet de réduire leur impact et nous aide à revenir en mode intégration.

© Mitsiko Miller, 2013. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

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Accueillir le changement

par Mitsiko Miller, cpc

Dans très exactement une semaine, la valse lente et douce d’un été sans surprises et retiré du monde, cèdera la place au rythme effréné d’une batacuda tonitruante.

fil_d'amourAh, la rentrée scolaire…

  • Les enfants rentrent en classe, les soirées Scouts recommencent, l’aïkido redémarre
  • Comment trouver du temps pour prendre le temps? Prendre le temps d’écouter les feuilles de peupliers danser dans le vent? Prendre le temps de ralentir?
  • Est-ce que mes fils vivront des décharges de tensions en rentrant de l’école? Est-ce que mon fils vivra encore des périodes d’insécurité face aux changements? Aurais-je droit à des crises d’angoisse? Vais-je en faire, moi-même?
  • Est-ce que mes fils vivront encore des interactions difficiles avec les élèves (pour ne pas dire, le mot galvaudé « intimidation »?)? Est-ce que le professeur saura apprécier le style unique d’apprentissage de mes fils? Est-ce que le professeur sera en mesure de tisser des liens avec ses élèves pour les sécuriser et les laisser savoir qu’ils sont appréciés?

Oh, le stress monte!!! Et au fur et à mesure que mes pensées se bousculent, je sens mon cœur battre la chamade en suivant le tempo.

Le bouton pause, outil essentiel
Et dans ces moments de panique, je pèse sur le bouton pause. Je m’arrête pour me poser la question essentielle: qu’est-ce qui est en mon pouvoir de faire pour me rendre la vie heureuse?

Respiration. Les activités reprennent. Je sens la peur monter en moi. J’ai peur de me sentir happée par le temps, le stress et de perdre ma joie. Que puis-je faire pour garder l’équilibre et m’ancrer dans la joie? Créer des fiches de routines avec les enfants pour offrir de la prévisibilité et garder les activités au minimum.
Ahhhhh. Les possibilités s’ouvrent à moi.
Comment trouver du temps pour prendre le temps? Respiration. Prendre le temps est une stratégie qui me permet de rester enracinée.  Comment puis-je rester centrée? Inclure plusieurs temps libre dans notre routine.
Est-ce que mon fils vivra des périodes d’insécurité face aux changements?  Respiration. Je vis mal les angoisses de mon fils que j’appréhende. Comment puis-je rester confiante que nous y arriverons? Ah, oui… Remarquer les petits pas vers l’autorégulation et faire un plan d’action avec lui pour l’aider à gérer ses angoisses efficacement.
Ouf…

Créer l’effet Pygmalion
Le professeur saura-t-il apprécier le style d’apprentissage unique de chacun de mes fils? Il est en mon pouvoir de m’asseoir avec chaque professeur pour « vendre » les qualités de mon enfant et l’aider à voir qu’en éveillant son feu sacré et son profond désir de contribuer au bien-être des autres, il aura un élève motivé qui enrichira l’atmospĥère de la classe.
Ahhhhhh, je me sens légère.

Rappelons à l’enfant que peu importe où il est, il est toujours avec nous. Et qu’il est aimé tel qu’il est par au moins une personne dans ce monde :)

Gérer l’intimidation
Comment gérer l’intimidation? J’ai accueilli pendant plusieurs mois, mon enfant qui voulait mourir à chaque jour, tant sa douleur lui semblait insurmontable. Respiration. J’aspire à un monde où garçon+ tendre+ sensible+ empathique soit perçu comme une équation possible et même célébrée. J’aspire à ce que mon fils connaisse sa valeur, qu’il sache à quel point la diversité qu’il apporte à ce monde est une richesse pour nous tous. Et lorsque je vois à quel point cette situation nous a, à tous les deux, permis d’affirmer notre différence et d’estimer qui nous sommes sans recours à une « validation extérieure », je me sens confiante que mon fils et moi avons développé suffisamment de détachement et avons assez de ressources pour naviguer à travers les critiques sans dommage.
Oui. Célébrons.
Et lorsque je me lie avec ce qui est en mon pouvoir de faire pour rendre notre vie plus belle cette année, je vois les possibilités s’ouvrir à moi. Il est en mon pouvoir d’aimer profondément et de nourrir l’estime de soi de mes enfants. Il est possible pour moi de leur laisser savoir que la maison est un lieu où ils peuvent se reposer et être pleinement eux-mêmes. Il est possible…

Voici quelques stratégies pour accueillir les transitions avec douceur

  • Commencer à parler des changements à venir en douceur, nommer et reconnaître les émotions qu’entraîneront sans doute ces transitions (en se rappelant qu’on peut vivre, à la fois, de la joie, de la crainte et de la tristesse en pensant à la rentrée)
  • Faire un « calcul hédoniste » pour voir quels sont les éléments positifs et négatifs qu’apportent ces transitions et s’outiller pro-activement à mieux gérer les hauts et les bas
  • Faire des rituels pour clore l’été et accueillir la nouvelle saison avec joie
  • Faire une vision board (tableau de visionnements) avec nos enfants pour identifier les intentions, voir le positif et établir des stratégies utiles pour surmonter les défis potentiels durant l’année.
  • Créer des repères et des routines avec les enfants pour rassurer ceux (surtout les parents) qui aiment la prévisibilité et avoir une idée de ce qui s’en vient.
  • Rappeler à l’enfant que, peu importe où il est, il est toujours avec nous dans notre cœur. Qu’il y a un fil d’amour invisible qui nous relie pour la vie. Et qu’il est aimé tel qu’il est, par au moins une personne dans ce monde :)

Et vous, quels sont vos trucs à vous?

© Mitsiko Miller, 2013. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants pour les aider à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

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Rester zen face à l’intensité

par Mitsiko Miller, cpc

henkerJ’aimerais dire que je reconnais à quel point il est difficile d’avoir des enfants qui s’expriment de manière « intense », que ce soit dû à leur tempérament ou parce qu’ils traversent une nouvelle phase d’individuation (apprentissage développemental).

Dans la société dans laquelle nous vivons, nous n’avons pas l’habitude, ni le réflexe de demander (ou d’obtenir…) le soutien dont nous avons réellement besoin pour se ressourcer et rester un parent patient, efficace et calme.

Comme disait Margaret Mead, personne ne nous a demandé de vivre comme une famille « nucléaire », coupée du monde, isolée et sans soutien de la communauté – comme nous le faisons – avec l’illusion que nous pouvons tout faire seul… « Nous nous sommes mis dans une situation impossible, » affirme-t-elle… Oui. Nous avons du mal à demander et, souvent, le soutien que nous recevons lorsque nous osons (enfin) demander, ne convient pas du tout, non plus…

Et dans nos moments de désarroi et d’épuisement, nous tentons de donner du sens à ce que nous vivons: nous en venons à croire que quelqu’un est « difficile ».

Plusieurs remarquent qu’il est plus difficile de gérer les interactions avec certains plus que d’autres. D’autres affirment que le bébé ou enfant «difficile» ou «aux besoins intenses» est un concept bidon.

Mon opinion? Oui et non.

OUI
Ce n’est pas l’enfant qui est forcément « difficile », mais NOUS qui trouvons difficile de gérer la relation avec cet enfant. (Et avouons-le, la plupart de nous manquons cruellement de soutien et/ou de ressources pour demander du soutien autour de nous).

NON
Il y a des enfants et des adultes, avec qui nourrir une relation, exige beaucoup d’effort, d’humilité, de lâcher prise et de croissance personnelle en vue de bâtir un pont harmonieux, l’un vers l’autre.

Toute personne est unique. Chaque tempérament est unique et magnifique. Il est trop facile de qualifier la personne d’«oppositionnelle», de «difficile», de «capricieuse» ou d’«hypersensible» pour clore le dialogue et la question. En même temps, il est parfois très aidant du donner sens à ce que nous vivons à travers une « étiquette »  qui nous aide à voir l’humanité dans l’autre, et même de comprendre comment rentrer en lien avec elle– surtout si nous rencontrons des enfants (petits et grands) avec qui la communication exige beaucoup d’effort.

J’aime le terme « hypersensible ». Il m’aide à rester curieuse, ouverte et me rappelle que derrière tout comportement, aussi tragique soit-il, il y a une raison: un besoin inassouvi tente de s’exprimer maladroitement. Essayons-donc de comprendre.

Une théorie dit qu’il y a des personnes plus sensibles sensoriellement et émotionnellement que d’autres, dont le système nerveux fonctionne différemment. Ce n’est pas un problème, tout simplement un mode de fonctionnement distinct: on affirme que ces personnes se servent davantage de leur cerveau droit et opèrent donc davantage sur le mode intuitif. Cette théorie me parle.

Selon Elaine N. Aron, auteure spécialisée en hypersensibilité, 15% de la population serait de cette espèce. Voici quelques traits communs tel que décrit sur Wikipédia (et selon les critères de Saverio Tomasella)

  • Forte réactivité à des stimuli qui ne font pas réagir autant d’autres personnes
  • Grande faculté d’empathie
  • Débordement émotionnel face à des situations génératrices d’émotion
  • Amplification des ressentis
  • Mémorisation des expériences vécues avec beaucoup d’acuité
  • Capacité à rire, pleurer, être anxieux avec une fréquence ou une intensité plus élevée que la moyenne
  • Impulsivité et irritabilité
  • Tendance à être perturbé par toute difficulté ou dysfonctionnement imprévus
  • Forte créativité et imagination
  • Intuition fortement développée
  • Vie intérieure riche et complexe
  • Conscience des nuances subtiles de l’environnement
  • Dévouement et grand sens du service pour les autres
  • Influencé par l’humeur d’autrui
  • Besoin de s’isoler pour se reposer, se libérer de toutes stimulations et se retrouver

J’aime dire que je fais partie de cette tribu, ainsi que tous les membres de ma famille. Chacun à notre façon, bien sûr. Mais mon expérience m’amène à constater des points communs entre nous:

Les défis: vivre en société

  • Inconfort profond aux sensations (5 sens) intenses et aux émotions vives (souvent imperceptibles aux autres)
  • Perméabilité au ressenti des autres, même si ces derniers tentent de cacher leur vulnérabilité et leurs sentiments :)
  • Humeurs changeantes et intenses
  • Besoin prononcé de solitude, allergie au contact humain inconnu et aux situations trop stimulantes
  • « Entêtement » féroce face aux ordres et aux règles qui n’ont pas un sens intrinsèque pour soi

Les célébrations et contributions uniques à ce monde

  • Une volonté de fer et une intention claire à tout ce que nous choisissons d’entreprendre
  • Créativité et curiosité bouillonnante
  • Leadership original et unique
  • Empathie et grand désir de contribuer au bien-être des autres
  • Monde intérieur extrêmement riche et profond
  • Émerveillement devant la beauté dans l’art, la nature et le cœur des êtres vivants

Vous pouvez imaginer que les journées avec moi, étaient hautes en couleur pour mes parents. Je préférais passer mon temps seule pendue à un arbre ou en compagnie d’animaux pour avoir cette tranquillité, cette prévisibilité et ce repos si essentiels à ma survie mentale. Et surtout, pour vivre plus de douceur dans mon quotidien (et… pour faciliter mon autorégulation).

Ce n’est pas le cas de mes enfants qui vivent en ville, dans un monde très différent de celui de mon enfance:

  • Pollutions sensorielle et environnementale
  • Rythme effréné de la vie actuelle
  • Pluralité des modes de vie
  • Stress, sollicitation, écran, publicité

Face à ce monde qui les agresse, la réaction de mes enfants était, durant la petite enfance, de faire des crises et de chercher des repères souvent de manière très tragique (répétition de gestes et de bruit, mettre de l’ordre, nommer, qualifier et quantifier le monde, créer des rituels et des séquences rigides – bref, de contrôler ce qui était en leur pouvoir de contrôler) pour trouver de la prévisibilité et du repos dans leur environnement.

Et…. de se coller à moi (comme du velcro!) un instant, pour me repousser l’instant suivant (la danse de l’autonomie/individuation, quoi!) dans des périodes de changements, de transitions et d’individuation.

Il n’est pas facile de vivre avec des enfants qui s’expriment de manière intense. C’est tout un défi! Et ce n’est pas facile d’être un parent, tout court. Car, selon moi, tous les enfants ont, à différents degrés (et cette expérience est exponentielle avec les « hypersensibles ») en commun ceci:

  • Ils sont nos sensei qui nous font grandir, cœur et âme
  • Ils reflètent comme un miroir grossissant les sentiments que nous vivons, et surtout ceux que nous tentons de dissimuler à nous-même et aux autres :)
  • Ils demandent clarté et cohérence entre ce que nous ressentons, disons et ce que nous faisons
  • Ils demandent à être accompagnés sur des chemins très difficiles que nous avons du mal à faire pour nous-même: accueillir des émotions fortes, faire face à nos peurs et angoisses, gérer la colère et faire confiance à la vie

Comme vous voyez, les défis de nos enfants sont aussi des cadeaux pour nous et pour eux-mêmes, qui invitent à la profondeur authentique, au lâcher prise et à ÊTRE.

Lorsqu’ils étaient petits, je n’étais pas toujours en mesure de voir le cadeau qu’ils m’offraient. C’est avec le temps, et en étant témoin de leur épanouissement que j’entrevois bien plus fréquemment la richesse du trésor qu’ils portent en eux.

Entre temps, voici des suggestions pour rester ZEN ;)

Remplir son réservoir émotionnel et celui de notre enfant au quotidien:

  • Rester à l’écoute de soi… pour être à l’écoute de notre enfant!
  • Nourrir son âme au quotidien
  • Apprendre à demander de l’aide aux personnes qui nous aident vraiment (j’insiste sur le mot: vraiment)

Entretenir une relation de confiance avec son enfant:

  • Véhiculer l’amour en tout temps: « Je t’aime toujours, même lorsque je me sens en colère »
  • Reconnaitre son vécu dans le quotidien et prendre responsabilité de ses sentiments: « Je me sens fâché et ceci m’appartient à moi! »
  • Respecter les besoins de tous pour cultiver la coopération

Être capable d’autorité saine:

  • Être un phare qui reconnait le ressenti de tous ET redonne espoir: « C’est dur ET nous allons trouver une solution!»
  • Être proactif, prévenir et instaurer des rituels et des repères qui tiennent compte des besoins, du tempérament unique et du niveau de maturité de notre enfant… et de soi (oui, oui!).

Être un coach émotionnel:

  • Être détective en besoins pour soi et ses enfants
  • Reconnaître et accueillir nos sentiments INTENSES et ceux de nos enfants, avec présence
  • S’exprimer avec bienveillance pour favoriser le développement émotionnel ET l’éveil à notre pouvoir (et à celui de nos enfants) de converger, à coup d’essais et d’erreurs, vers notre propre bonheur (empowerment)
  • Célébrer nos petits petits pas (et ceux de nos enfants!) vers la bienveillance avec beaucoup de douceur et beaucoup beaucoup beaucoup de compassion pour soi (dois-je me répéter ou avez-vous pigé? ;).

© Mitsiko Miller, 2013. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Baume pour le coeur, Communication bienveillante, Parentalité positive et éducation bienveillante

La lettre qui change une vie

meadpar Mitsiko Miller, cpc

En faisant le ménage de mes papiers importants, j’ai retrouvé une lettre auréolée de douces larmes. Je me souviens du jour où je l’ai reçue. J’avais le cœur gros et j’ai croisé une mère du quartier.

J’avais fait le choix de rester à la maison pour suivre notre rythme jusqu’à ce que nous soyons prêts à passer à une nouvelle étape. NOTRE rythme unique.

Ceci était le choix qui marchait pour NOTRE famille. Et il n’était pas très commun.

Je me sentais très isolée. Et je souffrais de me sentir incomprise. À ce moment-là, les « fameuses questions qui tuent » rajoutaient à la lourdeur de mon cœur. J’étais mère d’un bambin et je n’avais pas encore acquis l’équanimité, le recul et les aptitudes de communication que j’ai maintenant. Je m’effondrais intérieurement à chaque question qu’on me posait, que je vivais comme une critique de ma personne. Je restais souvent dans un mutisme malsain pendant que je jacassais intérieurement.

LES QUESTIONS QUI TUENT

-question : Il est malade? C’est pour ça que ton enfant est avec toi?

– Silence et je roule les yeux intérieurement. J’ai bien dit in-té-rieu-re-ment!

-question : Tu ne serais pas un peu mère poule, par hasard?

-Silence et réponse intérieure : « Poc! poc! Poc! Oui, oui!  »

-question : Quoi????????? Il est encore allaité????????????? Oh, mon DIEU!!! Mais, c’est presque un adulte!!!!!!!!!!!

-Silence et réponse intérieure : Ben oui!!!!!!!! Et il sera allaité jusqu’à ce qu’il passe d’un type de couches à l’autre!!! Tu sais, celles pour les vieux?

Ça faisait un peu du bien de ventiler intérieurement. Mais entre vous et moi, c’était plutôt inefficace à long terme car ce sentiment de désespoir resurgissait quotidiennement.

Puis.

J’ai reçu la lettre de cette mère en question (qui est devenue une très chère amie, vous le devinez).

Cette lettre.

Je l’ai relu 20 fois en pleurant de gratitude.

J’étais enfin comprise, et en plus, je recevais de la reconnaissance! Avec ces mots d’encouragement, j’ai pu lâcher prise de mon souhait d’être vue et reconnue par plusieurs. Et je me suis donnée la permission d’être en paix avec moi-même et avec mes choix. Je les acceptais et j’acceptais que tous ne soient pas d’accord. Plus rien ne pouvait m’atteindre maintenant (ou presque…)

J’avais enfin trouvé ma paix intérieure.

Cette lettre, la voici…

*******

Ma chère Mitsiko,

Je te remercie pour les beaux mots d’encouragement que tu as eu pour moi. Nous passons toutes par des périodes plus noires de temps à autre, peu importe les choix que nous faisons. Alors, d’entendre une autre mère dire qu’elle apprécie l’exemple que je donne, me comble.

Je comprends ce que tu vis. Tu n’es pas seule. Je n’ai pas eu le temps de te le dire tantôt: moi aussi j’ai pensé à fort à toi, récemment. J’ai pensé à la fois où on s’est salué rapidement sur la rue et que j’ai remarqué comment Henri avait grandi. Je me suis dit : « qu’il s’épanouit. »

Tu as écouté ton cœur et ce qu’il te dictait de faire. La pression sociale sera toujours là, mais sois sûre que tu fais le « bon » choix pour toi. Ça vaut tellement la peine.

Aucune femme n’est morte en disant qu’elle aurait dû passer moins de temps avec ses enfants. L’amour, c’est toujours la bonne voie. Elle est éternelle et est la chose qui a le plus de valeur au monde.

Ton amie X

********

(J’ai un peu modifié cette lettre parce qu’il y avait des détails plus personnels. :)

(Je suis reconnaissante d’avoir plusieurs « fées » comme mon amie X dans ma vie. Elles me nourrissent et m’inspirent.  Elles contribuent à mettre de la magie dans ma vie.)

Comment vous sentiriez-vous si vous receviez une lettre d’encouragement comme celle-ci? Quel impact aurait-elle sur votre vie? En sachant son impact sur les autres, prendriez-vous le temps d’en rédiger une pour une voisine ou une amie?

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants pour vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Baume pour le coeur, Communication bienveillante, Parentalité positive et éducation bienveillante

Ne sous-estimez pas votre influence

par Mitsiko Miller, cpc

MLKDurant une de mes nombreuses promenades sur la montagne près de chez moi, j’ai été témoin d’un acte de bienveillance absolument attendrissant qui, malgré les années qui passent, demeure totalement vivant en moi, comme si c’était hier.

Lorsque j’y pense, j’aurais tant aimé l’observer avant que mes enfants ne naissent pour m’épargner de longues heures de réflexions et de lectures à savoir comment exprimer de la bienveillance avec mon enfant en crise….

Je marchais lorsque j’ai entendu un enfant hurler. En me rapprochant, j’ai vu une petite fille de 4 ans se jeter sur l’herbe selon une série de mouvements que j’ai maintes fois constatée chez plusieurs jeunes enfants- celle d’une enfant si fatiguée, si sur-stimulée qu’elle se désorganisait à vue d’œil : les lamentations, les larmes, les cris, les coups, bref, la crise du happy hour que je remarque souvent entre 15h30 et 18h00.
Cette mère a tout simplement pris sa petite dans ses bras en l’enveloppant d’amour et tenant ses petites mains avec tendresse jusqu’à ce qu’elle se calme.

Si simple.
Si puissant.
Si inspirant.

Je suis nourrie d’espoir pour l’humanité et pour les générations à venir. Imaginez un moment que vous ayez autour de vous une myriade d’exemples de parents qui répondent avec bienveillance, tendresse et empathie à leurs enfants et aux membres de leur communauté?

Quelle inspiration et quel modèle ils offriraient aux autres parents et aux enfants de ce monde? Je suis certaine qu’il y aurait une normalisation de la bienveillance éducative et peut-être même qu’une génération d’enfants élevés dans la bienveillance n’auraient pas à se remettre de leur enfance, pourraient investir leur énergie à créer du changement social profondément durable.

Imaginez….
Imaginez voir quotidiennement des parents répondre à un enfant « capricieux » avec de l’empathie, offrir un câlin rassurant à un enfant en crise, faire un clin d’œil approbateur à un enfant grimpant dans un arbre, faire une grimace espiègle à un enfant nous tirant la langue. Bref, prendre le temps de reconnaître les besoins derrière les comportements: amour, exploration, respect, jeu, joie, confiance…

Imaginez l’impact sur notre société?

Et je me suis dit qu’être témoin d’un acte de bienveillance ou d’éducation positive aussi petit soit-il, nous influence et nous donne la permission de faire autrement. Et plus nous en serons témoins, plus nous oserons.

Offrons le modèle de bienveillance envers les enfants, et aussi, envers les personnes qui nous critiquent.

Il n’y a rien de plus puissant et désarmant que de répondre de manière férocement non-violente à une critique et aux attaques: avec non-réactivité, empathie, authenticité, persistance, conviction et joie. (La communication NonViolente m’a permise de développer mon muscle empathique et de rester dans le dialogue collaboratif dans les situations les plus difficiles et tendues. Je la recommande à tous).

Bien sûr, il y a beaucoup de travail à faire pour normaliser la bienveillance éducative et nous avons à œuvrer à plusieurs niveaux: individuel, familial, communautaire, gouvernemental et planétaire.

Cela dit, comme précise Gandhi : «Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde». Soyons la bienveillance. Soyons bienveillant envers nous-mêmes, les enfants et les autres.

© Mitsiko Miller, 2013. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Communication bienveillante, Parentalité positive et éducation bienveillante

Pour une éducation nouvelle

par Mitsiko Miller, cpc

En tant que mère de deux enfants en apprentissage, j’ai du mal à garder mon calme lorsque j’observe au quotidien, des situations où communauté et éducation des enfants sont exprimées sans que je puisse y déceler du respect et de la considération aussi bien pour ces magnifiques êtres en croissance, que pour leurs éducateurs.

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Mes fils, Henri et Thomas jouant au centre Communidée, au cours d’un atelier de robotique

Face à tout cela, je vis parfois du découragement… Et pourtant je refuse de me laisser noyer dans l’impuissance : oui, j’accepte que ce soit la réalité actuelle de bien des gens.

ET je souhaite le changement.

C’est pourquoi j’entame depuis un certain moment, une réflexion sur l’apprentissage qui m’aide à m’ouvrir à de nouvelles possibilités et à envisager l’avenir totalement différemment. Et… je m’implique aussi dans plusieurs projets éducatifs qui osent. Dont le projet famille en harmonie. :)

Comme dit Einstein, «Le monde que nous avons créé est le résultat de notre niveau de réflexion, mais les problèmes qu’il engendre ne sauraient être résolus à ce même niveau. »

Je nous invite à nous poser la question « Quel est le but de l’éducation? » Qu’est-ce qui marche? Pourquoi? Qu’est-ce qui ne marche pas? Comment apprendre du passé?

Osons poser ces questions pour envisager de nouvelles possibilités:

Quelle est la meilleure stratégie d’apprentissage pour chaque enfant unique?

Comment permettre cette diversité en collectif?

  • Comment pouvons-nous soutenir l’apprentissage de chaque enfant, en sachant qu’ils sont tous uniques?
  • Comment pouvons-nous les aider à affronter ce monde, en pleine conscience, de leur pouvoir et compétences à être des agents de changement de leur vie?
  • Dans nos démarches éducatives, sommes-nous habités par la peur ou agissons-nous dans la confiance et l’amour? Quelle est notre posture lorsque nous pensons à l’avenir de nos enfants? Quel message inconscient envoyons-nous à nos enfants (Tu es capable. Le monde est dangereux. La vie humaine n’est que souffrance)?
  • Exprimons-nous du soin pour les enfants avec équilibre pour nous? Tenons-nous compte de leurs besoins d’exploration, de liberté et d’épanouissement ET des nôtres?
  • Attisons-nous ce feu sacré de l’apprentissage en faisant confiance que leur curiosité naturelle et leur créativité leur permettront d’intégrer la connaissance à leur propre rythme, avec joie et autodétermination?
  • Donnons-nous l’exemple de ce que nous souhaitons pour eux? Sommes-nous profondément cohérents?
  • Acceptons-nous de voir l’erreur comme quelque chose de constructif qui nous permet de grandir à petit pas et de réajuster notre tir? Sommes-nous obnubilé par la performance et la perfection?
  • Permettons-nous aux enfants de contribuer à la communauté, leur donner du sens et de la fierté de pouvoir participer à la vie, indépendamment de leur âge?

Ce sont des questions difficiles que j’aborde régulièrement et qui peuvent être très déstabilisantes à envisager pour certains. Pourtant, en lisant et en m’informant, je me suis rendu compte qu’il y avait plusieurs personnes transformant l’éducation en ce moment: ils me gardent en lien avec l’émerveillement, mes rêves et ma vision alignée avec mes actions. Être témoin de cette magie de personnes débordantes de sagesse et de courage (jeunes et moins jeunes) qui sont le changement qu’ils veulent voir dans le monde, m’inspire et me nourrit.

L’ÉDUCATION BIENVEILLANTE: MES ASPIRATIONS

  • Une reconnaissance que chaque enfant est unique, ainsi que son style d’apprentissage
  • Une reconnaissance que les enfants ont besoin de se sentir aimés, et émotionnellement et physiquement en sécurité pour s’épanouir et apprendre.
  • Un enseignant guide tout en laissant savoir que les enfants sont importants et valorisés, que leurs besoins sont pris en compte émotionnellement, physiquement et intellectuellement
  • Une reconnaissance que l’autodétermination est comment les enfants intègrent l’apprentissage de façon significative. Nous gagnons beaucoup à être de «facilitateurs de la connaissance» plutôt que de prêcheurs. Je crois que les enfants peuvent vraiment apprendre lorsqu’ils ont l’espace et la confiance d’explorer leur environnement lorsque les erreurs ne sont qu’une étape d’un processus et une opportunité d’intégrer davantage
  • Plus de compassion, de cercles restaurateurs et de dialogue empathique dans les familles, écoles et communautés pour soutenir la collaboration, encourager l’estime de soi, le sens, la coresponsabilité et la croissance interpersonnelle chez les enfants et les éducateurs
  • La clarté et un sens de la co-création pour que chaque membre de la communauté – enfants, familles, enseignants, écoles et autres membres – voient comment ils peuvent contribuer à soutenir l’apprentissage de tous
  • Un espace où la sécurité émotionnelle est gérée avec efficacité et soin: où les enfants et adultes peuvent dialoguer dans un souhait de restaurer l’entente mutuelle et apprendre à communiquer de manière collaborative

Je pourrais écrire pendant des heures. Mais au moment où je tape ces mots, j’ai une douce jeune personne assise sur mes genoux, qui demande un câlin. Et je constate que j’ai besoin d’une pause (et surtout d’un câlin) aussi.

© Mitsiko Miller, 2013. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen de 9 et 11 ans. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants pour les aider à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

activités

Communication bienveillante, Parentalité positive et éducation bienveillante

Empathie, bonheur et compassion en classe

« Quand on écoute VRAIMENT, les gens vivent dans notre cœur pour toujours, nous dit Toshiro Kanamori.

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(Traduction libre du synopsis de Free Documentary Films)

Dans le documentaire primé CHILDREN FULL OF LIFE, se dévoila l’œuvre de M. Kanamori, enseignant d’une classe de 4e année (8e pour le système français), qui enseigne à ses élèves comment vivre ensemble:  les cours touchent le curriculum, mais aussi le travail d’équipe, la communauté, l’importance de de l’empathie, l’expression de sa vulnérabilité et la gestion de conflits.

Il demande à chacun de rédiger un carnet de bord où leurs véritables sentiments sont exprimés quotidiennement. En partageant leur vécu, les enfants réalisent l’importance de prendre soin l’un de l’autre.

M. Kanamori est un exemple étonnant de ce que tous les enseignants à travers le monde devrait être. Il comprend vraiment ce que l’enseignement des enfants est tout au sujet et a certainement fait une différence positive dans la vie de ces jeunes de 10 ans.

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Je rêve d’un monde où les professeur ont à coeur le bonheur de mes enfants. Monsieur Kanamori, je vous offre mon plus grand respect et ma plus grande gratitude.

En attendant, mes enfants ont accès à cette richesse à la maison.

Mitsiko Miller, coach certifiée
Mitsiko aide enfants, adultes et couple à bâtir des ponts l’un vers l’autre pour vivre leur harmonie.
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Communication bienveillante, Parentalité positive et éducation bienveillante

Le défi d’élever nos enfants autrement

Il y a plusieurs manières d’être parent du coeur. Voici la mienne. Je célèbre la diversité des chemins uniques pour se lier de coeur à coeur avec nos enfants uniques. Tendresse à vous tous!

par Mitsiko Miller
KnostIl nous arrive de nous sentir très seule lorsque nous faisons le choix d’élever nos enfants avec notre cœur. Le quotidien d’un parent est ponctué de moments inconfortables où nous réalisons que, malgré les nombreuses recherches récentes, bien des gens ne partagent pas notre vision de la parentalité et ne reconnaissent pas ce qui nous apparait si logique: le rôle essentiel d’un attachement sécure dans le développement global (physique et émotionnel) des enfants et l’importance d’une relation aimante et collaborative, d’où émergent la coopération et la bienveillance.

Parfois, nous vivons des situations irritantes que nous préférerions éviter et nous roulons les yeux au ciel lorsqu’elles se présentent. Par exemple, lorsqu’un passant jette un regard désapprobateur tandis que nos enfants sautent gaiement dans les flaques d’eau. Lorsqu’une vieille dame s’inquiète que notre bébé « tombe » du porte-bébé. Lorsqu’on nous rappelle de « faire attention à notre pauvre dos » parce que nous transportons un bambin sur la hanche.

Parfois nous sommes plutôt sensibles à ces commentaires et ça nous remue un peu. Par exemple, lorsque le médecin ou une mère que nous estimons beaucoup se surprennent que notre bébé boive aussi « souvent ». Ou quand un visiteur constate que le bébé n’a pas de chambre et s’inquiète qu’il ne sera jamais capable de dormir seul. Peut-être que ce malaise passager se résout après une discussion réconfortante avec une bonne amie.

Mais imaginez lorsque la vision de vos intimes divergent de la vôtre pour l’allaitement ou la discipline. Ou encore, lorsque vos parents et amies de longue date vous mitraillent de conseils non-sollicités (qui stimulent en vous encore plus de désespoir!). Comment réagissez-vous?

Je doute que vous rouliez les yeux. J’imagine que vous êtes bien plus qu’un petit peu remuée. Ça ressemblerait plutôt à un douloureux pincement au cœur qui vous remplit de tristesse.

Tout parent souhaite être vu pour les efforts et l’énergie investis pour élever ses enfants avec amour. Et les premières années, un parent qui choisit le maternage proximal ou la parentalité positive est exposé à plus de critiques que de compliments. Raisons pour lesquelles il a encore plus besoin d’un réseau de soutien, d’inspiration, de ressourcement, et d’espace pour explorer avec confiance ce qui a du sens pour sa famille.

Car à la longue, les commentaires des autres finissent par nous trotter dans la tête. Par exemple, lorsque nous sommes en traitement chez l’ostéopathe (pour notre dos!), lorsque notre bébé se réveille encore la nuit, que notre bambin frappe un ami, ou fait une crise devant les enfants impassibles et polis de notre voisine (qui est convaincue qu’écouter « les caprices » des petits les transforme en tyran). Tout d’un coup, notre confiance en soi plie bagage et nous penchons dangereusement vers le doute.

C’est la sonnette d’alarme qui indique qu’il est temps de remplir notre propre réservoir émotionnel et de nous ressourcer. Mais comment faire? Voici quelques suggestions.

S’enraciner dans ses valeurs
Lorsque le doute vous envahit, c’est le temps de mettre le cerveau sur le bouton « pause » et de sonder la sagesse de votre cœur.

Pourquoi écoutez-vous les besoins de vos enfants? Pourquoi le faites-vous de manière différente des autres? Qu’est-ce qui est important pour vous? Quelles valeurs souhaitez-vous cultiver pour que votre enfant s’épanouisse et devienne un adulte responsable, heureux et empathique?

S’enraciner dans les valeurs aide à se détacher de craintes et insécurités qui envahissent momentanément nos pensées et à reprendre confiance en nos capacités à créer l’environnement le plus favorable pour notre famille.

Trouver sa tribu
Nous sommes nombreuses à avoir très peu de personnes autour de nous qui nous offrent l’acceptation et le soutien qui nous comblent vraiment. Trouver notre tribu nous permet d’être exposée à une multitude d’exemples qui nous inspire, nous nourrit et nous redonne confiance.

Comment est-ce possible d’élargir le cercle? Les possibilités sont illimitées. À vous d’explorer les options!

  • Former ou côtoyer un regroupement de parents partageant vos valeurs
  • Fréquenter des réunions de La Leche League ou un autre groupe faisant la promotion de l’attachement proximal et de l’éducation bienveillante
  • Rejoindre des groupes et communautés virtuels
  • Lire des livres inspirants
  • Aller à des congrès/séminaires/conférences/ateliers sur l’éducation bienveillante

Regarder les intentions
La plupart des personnes ne sont pas habituées à écouter avec empathie… Et, par souci d’aider, elles ont la fâcheuse habitude de se lancer immédiatement dans la recherche de solutions et dans l’énumération de conseils non-sollicités. Et c’est là souvent que nous souffrons le plus, car la plupart des « conseils » nous semblent inhumains: nous voulons trouver d’autres options plus respectueuses de tous les membres de la famille et surtout, nous voulons avoir la liberté et l’espace d’explorer ce qui a du sens pour nous.

Il est tout de même réconfortant pour bien des parents de savoir que ces personnes-là cherchent avant tout à nous aider. Alors la prochaine fois que quelqu’un vous dit : « As-tu essayé le 5-10-15? », regardez l’intention derrière les mots: « Ton bien-être me tient à cœur et je veux vraiment t’aider. Je fais ce qui me semble le plus logique et utile: offrir des conseils. »

Si vous vous concentrez sur leur désir de contribuer, il y a des chances que vous vous sentiez plus calme. Même touchée. Peut-être que vous vous surprendrez à répondre « Merci d’essayer de m’aider ».

Demander ce dont nous avons besoin
Plus nous sommes en mesure d’exprimer ce dont nous avons besoin dans le moment, plus nous offrons l’occasion aux autres de savoir exactement comment ils peuvent activement contribuer à rendre la vie meilleure pour tous.

C’est tout un art qui se cultive par la pratique, la conscience de nos besoins, la flexibilité et l’ouverture à l’autre, et une très grande dose de courage.

Peut-être qu’au départ vous vous sentirez à l’aise de demander qu’à certaines personnes. Et plus vous vivrez des expériences positives, plus vous y prendrez goût.

Voici des exemples de demandes spécifiques et flexibles:

  • Écoute sans jugement : « Je suis triste en ce moment. J’ai besoin de vider mon sac. Est-ce que tu veux bien m’écouter sans rien dire pendant les 10 prochaines minutes? »
  • Repos : « Je suis fatiguée ce matin et je bénéficierais vraiment de repos. Serais-tu d’accord de jouer avec le bébé pendant 20 minutes, le temps que je fasse une sieste? »
  • Reconnaissance : «  Je doute de moi en ce moment et j’aimerais qu’on reconnaisse les efforts que je fais pour que mon bébé et moi soyons heureux. Tu veux me dire une ou deux qualités que tu apprécies chez moi en tant que mère? »
  • Confiance: « Je suis inquiète en ce moment. Il y a une partie de moi qui ne fait pas confiance que cette discussion mènera à une entente gagnant-gagnant. Peux-tu me confirmer que c’est ton intention? »

Et vous, comment faites-vous pour prendre soin de vous dans les moments difficiles?

© Mitsiko Miller, 2013. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants pour les aider à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.