Parentalité positive et éducation bienveillante

Être parent, ça s’apprend !

citation.pngExtrait d’une entrevue avec Shalom pratique, automne 2018

SP : On dit de vous que vous êtes la Isabelle Filliozat du Québec ?Flattée ou agacée ?
MM : Lorsque les gens me comparent Isabelle Filliozat, je comprends par là
que mon approche se fonde dans la relation d’attachement et tient
compte des besoins des enfants. Elle se distingue alors radicalement
de celle proposée plus communément en Amérique du Nord qui se
caractérise par la punition et la récompense.

Pour aimer, on commence par s’aimer soi. Pour respecter les autres, on commence par se respecter soi. Pour prendre soin des autres, on commence par prendre soin de soi. Pour être bienveillant avec les autres, on commence par être bienveillant avec soi.

SP : Pouvez-nous nous raconter votre parcours ? Comment êtes-vous devenue coach en éducation bienveillante et parentalité positive ?
MM : J’ai eu l’énorme privilège d’être animatrice de La Leche League pendant de
nombreuses années. Cet organisme offre du soutien et une compréhension
empathique de la relation parent-enfant. L’expérience et la sagesse
des membres du réseau international de La Leche League m’ont été
précieuses pour développer la confiance en ma capacité de prendre soin
de mes enfants. Puisque mes enfants et moi sommes particulièrement
sensibles et atypiques, cette approche m’a également permis de tenir
compte de l’unicité de chacun de mes enfants pour créer le meilleur
terreau fertile pour ma famille.

Quelle chance de baigner dans ce milieu ! J’ai appris à être l’écoute
de mes besoins, de ceux de mon partenaire et de mes enfants. J’ai
appris à guider mes enfants avec amour et à pratiquer une
communication collaborative.

Je me suis alors formée à plusieurs approches tant pour les adultes
que pour les enfants dans le but d’offrir des formations et de
l’accompagnement pour parents d’enfants et d’adultes atypiques.

Mais lorsque mon aîné a vécu de l’intimidation à l’école, et lorsque
j’ai vu comment l’école gérait la situation, j’ai monté en trois mois
ce que je comptais bâtir en trois ans. En 2012, le projet proposait
des formations et des ateliers ancrés dans la théorie de
l’attachement et la communication consciente offrant un autre regard
sur la relation parent-adulte et des outils concrets enracinés dans la
bienveillance.

SP : Quelle est la différence entre l’éducation bienveillante et la
parentalité positive ?
MM : La parentalité positive s’adresse aux parents, tandis que l’éducation
bienveillante à tout adulte travaillant avec des enfants.

SP : Existe-t-il des règles à suivre ou s’agit-il plus d’un état d’esprit ?
MM : La parentalité positive est une des nombreuses facettes de la
non-violence. C’est effectivement un état d’être qui repose sur le
principe que tout être est digne d’amour et de respect, peu importe la
situation. Si une personne a des comportements désagréables, c’est
qu’il y a une raison.

Il n’y a rien de bisounours à la non-violence, car c’est une pratique
qui demande énormément de travail sur soi, d’introspection et de
courage pour rentrer en dialogue – peu importe la situation -, et se dire
les vraies choses avec respect pour soi et les autres.

S’il y a une règle à suivre, c’est celle-ci : pour aimer, on commence
par s’aimer soi. Pour respecter les autres, on commence par se
respecter soi. Pour prendre soin des autres, on commence par prendre
soin de soi. Pour être bienveillant avec les autres, on commence par
être bienveillant avec soi.

SP :  Tous les parents ont la volonté d’être de bonnes mères ou de bons pères pour leurs enfants. Pourtant Isabelle Filiozat a écrit : « il
n’y a pas de parent parfait ». Que peut donc apporter cette approche de parentalité positive ?

MM: Oui, il n’y a pas de parent parfait. Et tant mieux ! Quel modèle
merveilleux nous offrons à nos enfants que de faire des erreurs et
d’apprendre d’elles ! Nous leur montrons que l’erreur fait partie de
nos apprentissages humains. Quel soulagement !

Crier n’est qu’un symptôme de quelque chose de plus profond.

La non-violence est un changement de regard sur soi et les autres.
Plutôt que de nous juger comme étant bon ou mauvais et nous punir de
mal agir, nous cherchons à comprendre ce qui motive nos comportements
: observer au-delà de ces symptômes pour voir ce qui se cache
derrière. Marshall Rosenberg, fondateur de la communication
non violente explique que toute crise est l’expression d’un besoin
inassouvi.

Plutôt que de corriger un comportement, la parentalité positive à
élucider sa raison d’être pour pouvoir créer de réel changement
durable.

La plupart des parents se sentent « mauvais parents » lorsqu’ils
crient. Ils se jugent et se punissent de ne pas « bien faire ». Puis,
la plupart que je croise, prenne la décision hâtive de ne plus «
jamais » crier. Est-ce réaliste ? Bien sûr que non. Pour pouvoir
cesser de crier, à comprendre les raisons qui nous mènent à agir
ainsi. La première question à se poser c’est : « Pourquoi je crie ? »

Crier n’est qu’un symptôme de quelque chose de plus profond. Si nous
creusons, et cherchons à comprendre la raison des cris, nous
découvrirons que ce parent est probablement épuisé, stressé ou débordé. Il crie
parce ses besoins sont inassouvis, non parce qu’il est un mauvais parent.
Il a probablement besoin de soutien, de repos physique et mental, et de calme.
Reste à explorer comment il peut tenir compte de ses besoins de
manière respectueuse de soi et des autres.

Comment choisir une stratégie pour avoir du repos dans son quotidien ?
Faire moins d’activités ? Ralentir ? Prendre les marches en nature ?
Dormir davantage ?

À chaque personne de découvrir ce qui marche pour elle.

SP : Certains disent qu’il s’agit d’un phénomène de mode, qu’en pensez-vous ?
MM : Effectivement, je constate que la parentalité positive est en vogue.
Selon moi, elle s’inscrit dans un mouvement qui gagne en popularité,
au même titre que l’écologisme, la décroissance, le végétalisme, etc.
Si nous cherchons à comprendre davantage la raison qui motive cette
mode, nous pouvons observer un grand désir chez plusieurs d’humaniser
les rapports au quotidien, et à plus grande échelle, la société dans
laquelle nous vivons.

Être parent, c’est réapprendre à accueillir nos émotions. C’est réapprendre à se faire confiance. C’est apprendre à communiquer de manière responsable. C’est guérir de nos blessures d’enfance. C’est prendre conscience de nos attentes irréalistes, de nos croyances au sujet de la parentalité et au sujet de soi-même. Alors oui, être
parent, ça s’apprend ! Ou plutôt, ça se réapprend.

SP : Accueillir les émotions de l’enfant, l’apaiser, lui donner confiance, c’est pourtant la base, le rôle de chacun des parents, ça ne s’apprend pas… Pourtant vous dites qu’être parent, ça s’apprend !
MM : Si nous n’étions pas devenus si étrangers à nos émotions, il serait
totalement naturel de les accueillir nos émotions et être présent à
celles des autres. Après tout, les émotions nous servent de compas
intérieur pour nous rendre la vie meilleure. C’est grâce à la peur
éprouvée face à l’annonce d’une tempête que nous nous mobilisons à
nous mettre à l’abri. C’est grâce à la colère éprouvée lorsque
quelqu’un nous dit des mots blessants, que nous nous mobilisons à dire
: « Stop! ».

Pourtant, combien de personnes ont perdu ces réflexes ? J’en rencontre
tout plein dans mon cabinet. Ils ont peur de leurs émotions, car la
plupart ont compris que ce n’était pas OK d’être fâché ou d’être
triste, dès la petite enfance. Combien de personnes se sont fait dire
« Calme-toi! » lorsqu’ils ressentent du stress ? Combien de personnes
ont entendu « Arrête de pleurer ! » ou « Tu es trop sensible! Il faut
s’endurcir! » lorsqu’ils étaient tristes ? Ces messages répétés
finissent par nous influencer et nous font comprendre que nous ne
sommes pas aimés lorsque nous vivons certaines émotions.

Je rencontre plusieurs parents qui ont peur de se fâcher, parce
qu’inconsciemment, ils ont développé la croyance que « ce n’est pas
gentil de se fâcher. »

Et lorsqu’un enfant hurle, la plupart ne savent pas quoi faire. En
fait, j’ai remarqué que plusieurs parents lisent des livres de
parentalité positive pour apprendre à calmer leurs enfants, mais
certainement pas pour les accueillir. C’est si difficile d’accueillir
la colère d’un enfant, si nous ne savons pas comment accueillir notre
propre colère !

Être parent, c’est réapprendre à accueillir nos émotions. C’est
réapprendre à se faire confiance. C’est apprendre à communiquer de
manière responsable. C’est guérir de nos blessures d’enfance. C’est
prendre conscience de nos attentes irréalistes, de nos croyances au
sujet de la parentalité et au sujet de soi-même. Alors oui, être
parent, ça s’apprend ! Ou plutôt, ça se réapprend.

SP : On parle d’éduquer sans autorité ?
MM : C’est éduquer sans autorité coercitive ou écrasante au profit d’une
autorité acquise par la confiance et la considération dans une
relation respectueuse.

SP : Quels conseils donneriez-vous aux parents pour gérer le quotidien ?
MM : Les plus gros défis des parents que je rencontre sont le stress et la
peur de mal faire. Si j’ai une réflexion à proposer aux parents, c’est
que pouvez-vous faire de moins dans votre journée? Comment pouvez-vous
ralentir ? Comment pouvez-vous bien profiter du moment présent et vivre de la joie en famille ?

Nous vivons dans une société où notre valeur est calculée en fonction
de notre performance. Ça devient quasiment un acte de révolte que de
réfléchir par soi-même, de profiter du moment présent et de faire des
choix éclairés qui font sens pour soi.

SP : Pourquoi élever les enfants dans la bienveillance ? Cela n’en fait-il pas des « enfants-rois » ?
MM : Effectivement, il est commun de voir des personnes confondre
bienveillance avec laxisme, ou bonheur avec joie perpétuelle.
Rappelons que répondre aux désirs et envies de nos enfants pour éviter
des crises n’est pas de la bienveillance, mais de l’évitement.

Après tout, il est difficile et parfois effrayant d’accueillir un
enfant en crise ou en larmes. Nous n’aimons pas voir nos petits vivre
de la douleur !

Pourtant, il y a bien des situations qui génèrent inévitablement de la
tristesse ou de la déception : avoir du mal à lacer ses souliers,
tomber par terre, avoir un petit frère, être face à un ami qui ne veut
pas jouer avec nous, manger du brocoli, aller au lit alors qu’il
serait plus amusant de poursuivre son jeu. Et ces déceptions font
partie de la vie. Accueillir cette déception nous permet de
développer de la résilience face à l’adversité.

Et ça fait partie, selon moi, de notre rôle de parents. La
bienveillance est une relation où le parent est tout aussi important
que l’enfant. Notre rôle est celui d’un guide aimant qui comme un
phare éclaire le chemin où l’enfant peut s’épanouir et devenir un
adulte résilient et responsable.

Jesper Juul, dans son dernier livre, que je viens de terminer, 4
valeurs pour réinventer l’éducation
, parle de parents néoromantiques
qu’il définit ainsi : « ils qui ont lu les « bons » livres, mais ont
laissé de côté le chapitre consacré aux conflits inévitables et
nécessaires, par peur que leur enfant vive de la peine ou de la
frustration ». Le thérapeute scandinave rappelle que tristesse,
déception, colère sont « des émotions tout à fait normales et
importantes, qui ne nuisent absolument pas à l’enfant qui les éprouve,
mais le font murir. »

Parentalité positive et éducation bienveillante

C’est quoi, la parentalité positive?

parentalité positive (1)Interrogée par la journaliste Isabelle Moreau du journal Ouest-France, je vous partage l’intégralité de l’entrevue parue en novembre 2017. Les sujets? La théorie derrière la parentalité positive, la tendance au burn-out et au perfectionnisme, la précocité et l’importance de créer des lieux de partage.

LA BIENVEILLANCE, UNE MANIÈRE DE VIVRE

Question: Qu’est-ce que la parentalité positive? Une façon de communiquer plus juste avec son enfant?

Ma réponse: La parentalité positive s’inscrit dans une mouvance de démocratisation et de bienveillance (non-violence) qui transforme le tricot humain depuis le siècle des Lumières, en Occident.

non-violence-1160132_960_720.jpgNous avons commencé par la démocratisation de la connaissance par l’impression, puis la libération du peuple, des esclaves, des classes sociales (pensez à Germinal), de l’éducation, des femmes, des colonies, le mouvement des droits civils, puis doucement nous convergeons vers la prise de conscience que les enfants sont aussi des êtres dignes de respect.

Nous poursuivons cette exploration avec des mouvements comme par exemple, le véganisme/flexitarisme, l’écologie, le « slow », la simplicité volontaire, la défense des animaux, l’humanisation des naissances, la santé globale, les écoles démocratiques, l’apprentissage libre, et en Amérique, avec la prise de conscience de la place des Premières Nations (peuples autochtones), entre autres avec le mouvement contre la construction de la pipeline à Standing Rock.

shutterstock_cooperationCe souffle nouveau de démocratisation qui dure depuis 300 ans, s’infiltre désormais dans toutes les relations aussi bien au travail (entreprises libérées, sociocratie, open source, holacratie), dans la communauté (échanges de dons, flash mob, écovillage, mouvement citoyen, etc), avec soi (méditation, écologie intérieure, auto-compassion), dans son couple, que dans sa famille.

La plupart de nous avons été conditionnés à faire plaisir, à se taire, à faire dans la frustration et le dégout, parce que nous nous faisons répéter que « c’est pour notre bien »

Ce n’est donc pas une manière de communiquer, mais plutôt un mode de vie qui cherche à créer le terreau fertile au respect mutuel par un changement de paradigme de pensées: passer du « faire par obligation » (et souvent à contre coeur, par peur d’être exclu socialement lorsque nous sommes adultes ou enfants…. à « être dans la joie de contribuer » au bien-être de tous.

iStock_000023840138.jpgBref, très loin de l’éducation que nous avons reçue qui repose souvent sur la contrainte et la punition (l’amour conditionnel et la peur de l’exclusion, si mortellement douloureuse pour une espèce aussi grégaire que l’être humain) si nous n’obéissons pas ou ne faisons pas comme les autres.

La plupart de nous avons été conditionnés à faire plaisir, à se taire, à faire dans la frustration et le dégout, parce que nous nous faisons répéter que « c’est pour notre bien » ou « C’est comme ça » sans comprendre, sans saisir le sens profond. Résultat? Comportements passifs-agressifs, opposition, non-coopération, résistance, rébellion, apathie, dépression.

Des exemples? Regardez le nombre de décrocheurs à l’école, les jeunes en dépression, ou des adultes qui font des burn-out ou des brown-out, à faire un travail qui ne fait pas de sens pour eux. Est-ce pourquoi le nombre de personnes ayant une dépendance à la drogue, à l’alcool, au sexe, à la consommation, à facebook, augmente?

Obligation: « Tu DOIS dire bonjour à la dame, sinon…. »

Joie de contribuer: « Ne serait-il pas merveilleux si nous prenions le temps de reconnaître l’humain devant nous et lui faire savoir qu’il est important? »

Obligation: « Tu DOIS donner des cadeaux à Noël à mamie, sinon….. »

Joie de contribuer: « Qu’est-ce que tu donnerais avec joie, à mamie? »

CHANGER DE REGARD, PAS JUSTE DE LANGAGE

Lorsque nous voyons la parentalité positive comme un nouveau langage, il n’est pas rare que les parents ne se rendent pas compte du changement de posture nécessaire passant de hiérarchique/autocratique (« C’est moi qui décide tout et ça ne se discute pas! »)  à transversale (« Comment puis-je tenir compte des besoins de mes enfants, des miens ET de ceux autour de moi, dans le respect et l’équilibre? »).

Ce n’est pas juste le langage qui est à changer, mais notre regard.

Ce n’est pas juste le langage qui est à changer, mais notre regard. Mon expérience est que tout enfant (même les plus « difficiles ») qui se sent respecté et aimé sans condition, vivant une relation de confiance, a le profond et sincère désir de contribuer au bien-être des autres et peut le faire lorsque guidé avec amour à développer des ressources constructives.

Je vois beaucoup de gens « faire » de la parentalité positive en utilisant un langage qui se veut positif, ou « gentil » mais dont l’intention demeure quand même celle de se faire obéir. Au lieu de punir et insulter, on manipule, amadoue, cherche à convaincre: ceci demeure un rapport de force même s’il est plus doux. Et les enfants le sentent tout de suite et résistent. C’est souvent pour cette raison que certains disent que la parentalité positive «ne marche pas» même s’ils ont la sensation d’avoir «tout essayé».

APPRENDRE À ÉCOUTER NOS BESOINS

Question: Comment la mettre en œuvre alors que nous prenons rarement le temps de nous relier à nous-même?

shutterstock_72587254Ma réponse: La parentalité positive n’est pas une chose de PLUS à faire! C’est plutôt, trouver ses solutions pour faire MOINS et PLUS efficacement. Pour cela, ça demande effectivement le temps de s’initier et intégrer à petits pas de nouvelles approches et d’outils avec soi et les autres, qui finissent par prendre moins de temps!  C’est comme apprendre une nouvelle langue.

LÂCHER PRISE DU PERFECTIONNISME

Question: La rencontre de ce week-end revendique le droit à l’imperfection parentale. Finalement, en tant que parents, nous n’avons pas de recettes. Nous ne faisons que tâtonner, chercher, expérimenter… Comment faire pour ne pas tomber dans une trop grande exigence vis à de soi-même quand on élève un enfant ? N’est-ce pas une responsabilité très lourde?

shame_shutterstockMa réponse: Lorsque nous changeons de paradigme, nous cessons de juger notre valeur selon nos actes ou en fonction du regard des autres. Nous changeons de… paradigme. Dans ce dernier, nous ne pensons plus en terme de « bien/mal », « gentil/méchant. », « bienveillant/violent » mais cherchons davantage à comprendre ce qui nous motive et comment nous pouvons agir avec respect pour soi ET les autres. Dans cet espace, le perfection n’a plus de sens, la course à « faire, faire, faire, faire, plus, plus, plus, plus » n’a pas raison d’être.

LA PRÉCOCITÉ

Question: Il semble qu’il y en ait de plus en plus d’enfants dits précoces. En France, l’Education nationale ne propose rien à ces enfants « pas dans les clous ». Que conseillez-vous aux parents qui ne savent pas quoi faire ? Les écoles alternatives sont-elles la solution?

Ma réponse: Je recommande de partager avec les nombreux parents qui vivent exactement la même chose! Partager, normaliser et échanger leurs expériences ensemble dans les nombreux groupes qui émergent partout sur le globe. Je fais partie d’un groupe, Haut-Potentiel Québec. Nous partageons notre savoir et avons l’occasion d’assister à des conférences par des experts comme Olivier Revol.

Il y a quelque jours, j’ai fait un atelier dans un organisme de Belgique, aux Femmes prévoyantes socialistes, qui offre des cercles de paroles et des ateliers pour parents d’enfants à haut-potentiel. (Et à Nantes, au Carrefour des familles).

Bien plus que de se tourner vers l’école alternative, il est fondamental de mieux comprendre le fonctionnement de notre enfant pour savoir ce qui lui convient davantage.

Alors que nos enfants grandissent, nous grandissons, nous parents, dans la conscience de qui nous sommes

DUR, DUR, D’ÊTRE PARENT!

Question: Être parent, n’est-ce pas à la fois le plus beau et le plus difficile métier au monde?

Ma réponse: Oui! Je vous transmets un message qui se trouve sur mon site« Je crois qu’être parent est un parcours aussi enrichissant qu’éprouvant, pour ceux qui l’empruntent. Alors que nos enfants grandissent, nous grandissons, nous parents, dans la conscience de qui nous sommes, de ce qui nous importe en tant qu’individu, parent et citoyen du monde. Nous marchons, à petit pas, vers un amour inconditionnel, le lâcher prise et la transformation de nos idées reçues, de notre colère, de notre culpabilité pour cultiver une relation riche avec soi, avec notre partenaire, avec nos enfants, avec notre communauté et avec le monde. »

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© Mitsiko Miller, 2016. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants pour vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Communication bienveillante, Parentalité positive et éducation bienveillante

Écouter vraiment

rogers_écouteÉcouter est une des choses les plus difficiles à faire.

Nous pensons souvent écouter, alors que nous ne sommes en réalité, que dans nos peurs et notre propre histoire. Nous pensons écouter alors que nous ne sommes qu’en réaction, sans être en réelle présence pour l’autre.

Notre habitude est de donner des conseils, juger, avoir peur de la réaction de l’autre, repousser les sentiments de l’autre, trouver des solutions pour l’autre, paniquer, pleurer, se fâcher, donner de la sympathie…. Tout cela n’est pourtant pas de l’écoute…

Pour écouter l’autre, nous avons à apprendre à nous écouter sans repousser nos propres sentiments, sans nous juger, sans avoir peur.
Dur, hein?

C’est étonnant comment une chose aussi simple que l’écoute soit si difficile à mettre en pratique. :)

Voici un de mes poèmes préférés de Virginia Satir qui décrit si bien l’écoute:

Écouter

Lorsque je te demande de m’écouter,
Et que tu me donnes des conseils,
Tu ne fais pas ce que je t’ai demandé.

Lorsque je te demande de m’écouter,
Et que tu me dis que je ne devrais pas me sentir ainsi,
Tu piétines mes sentiments;

Lorsque je te demande de m’écouter,
Et que tu crois que tu dois faire quelque chose,
Pour solutionner mon problème,
Tu me brimes,
aussi étrange que cela puisse te paraître.

Écoute!
Tout ce que je te demande, c’est de m’écouter.
Pas de parler ou de faire, ou juste m’entendre.
Les conseils, je n’en ai que faire.
Je peux accomplir des choses;
Je ne suis pas sans ressources;
Peut-être suis-je un peu découragé, ou hésitant,
Mais je ne suis pas impuissant.

Lorsque tu fais quelque chose à ma place
Et que je peux l’accomplir moi-même,
Tu contribues à ma peur et à ma faiblesse.

Mais lorsque tu acceptes comme un simple fait
Que je sente ce que je sens,
Aussi irrationnel que ce soit,
Alors je peux cesser de vouloir te convaincre,
Et travailler à comprendre ce qui se passe en moi.

Et, si un jour, tu désires parler,
“Je” t’écouterai à mon tour.

Virginia Satir (1916-1988)

© Mitsiko Miller, 2016. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants pour vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Parentalité positive et éducation bienveillante

Rire pour le bien-être de tous

J’adore faire des grimaces et rire pour aucune raison (logique).
Et vous?

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Par Mitsiko Miller

Les gens qui me connaissent savent que j’aime rire et surtout, que je ris, hum, plutôt fort.
Les gens qui ne me connaissent pas sont souvent surpris de constater qu’une personne qui parle de choses aussi « sérieuses » soit aussi «loufoque».

Pourtant, le rire est une manière si efficace de se libérer du stress, de changer de dynamique et de vivre plus de bien-être.

J’aime l’équilibre que cette spontanéité apporte dans mon quotidien, puisque j’ai aussi une forte tendance à cogiter et à me creuser les méninges. Rire nous remet illico dans notre corps et dans le moment présent.

Les bienfaits du rire
Il n’y a rien de plus efficace pour calmer le hamster intérieur que de prendre le temps de ressentir ses sensations physiques. C’est une des raisons pour lesquelles le sport, la danse, le chant, le yoga et le chi gong sont si efficaces pour calmer notre mental. Lorsque nous sommes investis dans une activité demandant toute notre attention corporelle, nous ne pensons plus.

Le club du rire Québec cite les bienfaits du rire:
1) Le corps sécrète des endorphines lorsque nous rions qui offre une sensation de bien-être.
2) Les recherches tentent de démontrer que le rire réduit les effets négatifs du stress, en plus de renforcer le système immunitaire.
3) Le rire, langage universel qui transmet un message de paix et de joie.
4) Rire sans raison permet d’enrichir ses relations personnelles en réduisant les inhibitions et en améliorant la communication.

Rire pour tisser des liens
C’est sans doute ce que j’apprécie le plus de mon partenaire de vie: il est le maître dans l’art de l’humour absurde et de l’espièglerie qu’il entretient avec délectation avec nos enfants. La légèreté que nous cultivons nous est précieuse et apporte tant de douceur, de joie et de complicité dans notre vie familiale.

Hier, nous étions dans le métro et je sentais la lourdeur autour de moi. Mes enfants aussi. Assis devant moi, mon fils fixait le vide, perdu dans ses pensées.

C’était trop invitant.

J’ai fait des simagrées pour attirer son regard entre les passants qui nous séparaient. Puis je me suis mise à faire des grimaces rigolotes auxquelles il a répliqué à son tour.
Cette connexion non-verbale a duré quelques minutes, ponctué de rires et de sourires. Une manière toute simple de cultiver la complicité avec mon ado.

Rire pour changer la dynamique
Il m’arrive de m’ennuyer à faire la vaisselle. Alors je transforme mon gant de vaisselle en crête de coq. Il m’arrive de chanter, danser, en faisant le ménage avec les enfants pour rendre des tâches ennuyantes plus amusantes. À l’époque où mes enfants allaient à l’école, nous le faisions pour les devoirs. Il m’arrive de me lever en plein milieu d’une tâche et de faire le singe pour me donner une pause ou pour bouger, lorsque je fais de la comptabilité.. Plaisir garanti.

Rire pour libérer le stress
Lorsque mes enfants étaient plus jeunes, il vivaient des décharges de stress en fin de journée. Surtout lorsqu’ils avaient vécus une journée chargée d’activités ou d’émotions fortes. Ces moments étaient très difficiles à vivre et pouvaient durer un bon moment. En prenant le temps de proposer des rituels où cette énergie encapsulée pouvait être canalisée de manière constructive en éclats de rire et en joie, plutôt qu’en crises et pleurs.

Et vous, que faites-vous pour lâcher votre fou et pour égayer vos journées?

Je vous laisse écouter une vidéo démontrant la contagion du rire. :)

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen.  Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Parentalité positive et éducation bienveillante

Angoisses, trop plein et sommeil

Sleep_shutterstock_83997520Par Mitsiko Miller

Un enfant qui a du mal à s’endormir ou qui a le sommeil perturbé en est souvent un qui se couche avec la tête saturée d’inquiétudes et d’émotions qui l’habitent encore. Comment s’endormir paisiblement avec tant d’activités intérieures?

Dans notre société, nous avons l’habitude de laver notre corps extérieur, mais oublions de donner ce même soin pour notre corps intérieur – cœur et esprit. Nous avons tous besoin de savoir ce qui nous habite, d’évacuer, de vider, de nommer, de trier, de faire le point pour se libérer mentalement et pour créer de l’espace intérieur, nous permettant de gérer les aléas de la vie quotidienne avec sérénité.

C’est le premier pas vers le bien-être, la résilience et l’empuissancement (empowerment) qui nous aident à faire face aux situations difficiles et à créer l’environnement propice à notre bonheur.

Certains enfants en ont encore plus besoin car ils captent davantage leur environnement comme des éponges ultra absorbantes: les stimuli, les émotions, les émotions des autres, les couleurs, les sons, les odeurs, les intentions, les images, les concepts… D’autres ne dorment pas pour des raisons tout à fait légitimes. Il est important d’explorer ces options avant de conclure que votre enfant a le sommeil « léger » (voir fin de l’article).

Voici des outils pour soutenir nos enfants à s’affranchir des angoisses et grandir émotionnellement, à petits pas:

Un retour sur la journée
-Qu’est-ce qui a mis du soleil dans ta journée et que peux-tu mettre en place pour que ça arrive plus souvent?
-Qu’est-ce qui a été difficile et que peux-tu faire autrement pour éviter que cela ne se reproduise?
-Qu’est-ce que tu as appris à travers ces expériences?

Tenir un journal
Offrir un cahier et inviter l’enfant à extérioriser ses émotions cumulées dans la journée en dessinant, ou en proposant dès 6-8 ans, de les écrire dans un journal en se posant les questions suggérées dans le « retour sur la journée ».

Écouter avec empathie
L’enfant a-t-il peur des monstres, de la noirceur ou des fantômes? Fait-il/elle des cauchemars? Écoutez ses craintes avec empathie (sans nier, sans donner de conseils ou sauter trop vite au mode « solutions »). Ces sentiments sont bien réels pour l’enfant et ont besoin d’être nommés et entendus.
Il n’y a, selon moi, rien de pire pour un enfant (ou adulte) que de vivre quelque chose dont on nie ou minimise le ressenti (« Ben non, les monstres n’existent pas! », « Non, tu n’as pas peur! », « Ce n’est pas si pire que ça! », « Arrête de faire le bébé! » ).

Rappelons que le fait qu’écouter ne veut pas dire que nous sommes d’accord avec ce que partage l’autre. Écouter, c’est accueillir la réalité de l’autre, ses sentiments et ses besoins, sans aucun autre but dans ce moment-là que de lui permettre de se soulager et de développer du détachement face à ses réactions.

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Source: Pixabay

L’exercice du verre plein de cailloux: faire le vide
Énumérer les soucis accumulés dans la journée (et qui font que la personne se sent débordée ou incapable de lâcher prise). Le verre représente le cœur. Chaque événement suscitant des soucis (une ou plusieurs émotions) dans la journée représente un seul caillou déposé dans le verre. En nommant les soucis et en les déposant un à un dans le verre, l’enfant visualise l’accumulation et prend conscience que son coeur est VRAIMENT plein. Comment s’endormir avec un coeur si préoccupé????

Un verre d’eau plein représente le stress normal d’une journée. Il est versé dans le verre plein de cailloux pour visualiser le manque d’espace intérieur pour accueillir le stress normal: la raison du débordement actuel. N’est-ce pas soulageant de se comprendre? Après, il reste à trouver des solutions pour faire le vide régulièrement.

Réduire les stimuli
Une soirée sans écran et sans stimulation (au moins une heure avant le sommeil) invite la relaxation, le calme et le relâchement. De la musique douce, des livres, des chansons, un temps de tendresse en famille et un rituel du dodo relaxant, peu importe notre âge, sont bénéfiques pour tout le monde.

Revenir au corps
Il n’y a rien de plus efficace pour calmer son hamster intérieur, que de revenir au corps, car il permet d’être dans le moment présent et calmer la tempête interne. Chanter, danser, respirer, pratiquer la pleine conscience, faire du chi gong ou du yoga, se faire des pressions profondes (massages, acupression, Brain Gym) ou recevoir des massages aident un enfant à retrouver sa paix intérieure.

Les poupées-tracas

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Tiré du livre Billy se bile d’Anthony Browne

Les poupées-tracas issues du Guatemala donnent l’occasion aux enfants de nommer et d’identifier leurs soucis et de les raconter aux poupées déposées sous l’oreiller. Selon la légende, les tracas disparaissent dans la nuit.cLes poupées protègent aussi les enfants des cauchemars. Ce processus invite l’enfant à évacuer peines, tristesses et colères accumulées qui demeurent intériorisées, l’empêchant de se reposer mentalement et de lâcher prise.

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L’animal de pouvoir d’Harry Potter

Rituels pour rassurer
Selon ses intérêts et l’univers imaginaire de chaque enfant unique, il est possible mettre en place un rituel rassurant qui rend la nuit moins angoissante: qu’est-ce que ses héros(ïnes) et personnages qu’il/elle admire feraient? Voici des idées: activer son super pouvoir de super héros, dire aux monstres de quitter la chambre avec une baguette magique, invoquer un animal de pouvoir qui donne des forces comme dans Harry Potter (sortilège Spero Patronum), mettre des « pierres magiques » sous son oreiller, faire une formule de mage pour se protéger « spécial monstre » ou pour se donner des dons de courage, mettre sa cape de super héros près de son lit, créer une bulle de protection – tout ce qui provient de son imaginaire et qui lui parle sincèrement et le rassure.

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Source: Pixabay

Ponts de séparation pour la nuit
Les enfants ont besoin de sentir que nous sommes leur guide et que nous sommes toujours là pour eux, dans les hauts et les bas. Surtout lorsqu’ils vivent des périodes de stress ou sont en phase d’individuation. C’est malheureusement souvent dans ces moments qu’ils sont les plus « difficiles » à aimer inconditionnellement et à comprendre.
Pourtant, un enfant exprime ses peurs à travers ses comportements, aussi désagréables soient-ils.
En créant un pont de séparation avec notre enfant, nous consolidons le lien qui nous unit et réassurons que nous sommes toujours présents:
-« Je te souhaite une douce nuit. Je suis dans ma chambre ET mon cœur est toujours avec toi. J’ai hâte de manger des crêpes avec toi, demain matin. »
-Dessiner un cœur sur sa main: « Tu es toujours dans mon cœur, peu importe où tu es.»
-Tu vois ces ficelles? Elles nous rappellent que nous sommes toujours ensemble, même lorsque je ne suis pas à côté de toi (mettre de la ficelle reliant votre chambre à la sienne).
-Mettre un chandail imprégné de votre odeur sur sa taie d’oreiller.
-Donner un habit ou objet imprégnés de votre odeur qu’il peut garder sur lui.

Ça vous intéresse?
Veuillez noter que je donne des ateliers ce printemps, à Montréal, sur l’accompagnement d’enfants anxieux et sur les enfants PLUS.

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EXPLORER LES RAISONS DES DÉFIS RELIÉS AU SOMMEIL

Plusieurs raisons poussent un enfant à combattre le sommeil. Il est important d’explorer ces options avant de conclure que votre enfant a le sommeil « léger », ou qu’il a un « problème ».

CORPS: phase de développement / période d’individuation (acquisition de nouvelles compétences comme marcher, parler, lire, écrire, etc.), douleurs physiques (dents, otites, etc), hyper vigilance, hypersensibilité (explorez les réflexes archaïques), sensibilité sensorielle (explorez l’ergothérapie), horaire qui ne suit tout simplement pas son cycle naturel de sommeil, trop de stimuli physique et émotionnel, pas assez de mouvement avant le repos, etc.

COEUR: besoin de proximité avec sa figure d’attachement, réassurance, manque de sécurité émotionnelle (manque de repères), trop de tensions, stress accumulé, traumatisme (in utero, accouchement, à la naissance, séparation abrupte avec sa figure d’attachement, hospitalisation, sevrage abrupt, entraînement au sommeil, parent détaché, etc.), anxiété de séparation, manque de ponts de séparation (attachement) avec les parents, etc.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen.  Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Parentalité positive et éducation bienveillante

6 principes de base de la parentalité positive

Capture d’écran 2015-07-29 à 09.36.01Par Mitsiko Miller

Pourquoi la parentalité positive? Pour milles raisons. Chacun détient ses propres arguments. Tous s’entendent pour dire qu’il y a urgence à la mettre en pratique.

Pourquoi? Dans mon cas, je peux affirmer qu’il est essentiel de changer notre manière d’élever nos enfants car notre société a profondément changé. Nous avons besoins d’outils pour s’adapter et naviguer à travers ses vagues, sans nous noyer. Nous avons vraiment besoin de guider nos enfants pour apprendre à vivre (pas survivre!) en collectif, tout en étant des acteurs libres et conscients de leur vie.

Éclatement et société de surconsommation
En 300 ans, nous avons convergé vers un modèle démocratique au travail, dans les familles et dans les collectifs. Pourtant, notre manière de communiquer avec soi et avec les autres, de même que notre manière de percevoir le « pouvoir » que nous possédons pour créer du changement, n’ont que peu évolué.

En plus, notre société postmoderne de consommation a amené un style de vie qui nous aliène de nous-même, de notre communauté et des autres. Nous sommes invité à courir plus vite dans le tambourin du hamster, sans nous rendre compte que nous courons, happé par le stress et nos préoccupations. Nous vivotons, sautant d’une activité à l’autre, d’une réunion à l’autre et rentrons épuisé du travail, ne rêvant que de « décrocher » ou d’avoir du silence. Parfois, nous sommes si fatigué et si stressé que nous n’avons même pas le temps de réfléchir ou de prendre conscience de ce que nous faisons. En réalité, nous vivons la plupart de nos moments éveillés en mode réactif. La plupart de nous opérons.

L’humain est un être social
J’ai pourtant la croyance que l’humain est un être social. Cela implique qu’il a besoin de tisser des liens profonds, de contact, d’affection, de tendresse et d’échanges significatifs. Il a besoin d’amour, d’appartenir, de se raconter, d’écoute, d’empathie et d’être vu pour qui il est: un être précieux et important.

Au-delà des échanges fonctionnels et « opératoires » tels que « Allez, dépêche-toi! », ou « Je n’ai pas le temps! », ou « Mets la table! », « Tu es en retard! », nous avons besoin d’entendre: « Tu es important, à mes yeux. Je t’aime, toi. Construisons quelque chose ensemble, toi et moi. » Nous avons besoin de substance et d’amour pour donner sens à nos vies. Nous, adultes, en avons fondamentalement besoin. De même que nos enfants.

La plupart des enfants ainsi que nos partenaires, de par leurs crises et leurs comportements désagréables (et parfois tragiques), nous disent très clairement qu’ils aspirent à plus de connexion, de chaleur, de tendresse et d’échanges. Mais nous restons souvent en surface, en réagissant: nous jugeons leurs comportements « inacceptables » et décidons que le meilleur moyen de nous protéger est d’avoir le moins de contact possible avec eux parce qu’être en leur présence nous est « insupportable. » Et pourtant, plus nous évitons de voir la véritable source des « défis », plus les comportements s’aggravent. Et plus nous créons un immense fossé entre nous et nos proches.

Développons des manières de vivre qui permettent de nous parler vraiment, de cultiver le lien, d’apporter de la sécurité émotionnelle, de nourrir notre espoir, d’humaniser nos rapports, de nous donner du courage d’être qui nous sommes et surtout, d’apprendre à vivre, plutôt que d’opérer.

De nouveaux outils pour s’adapter au nouveau mode de vie
Revenons au symbole de la mer houleuse du début. Notre survie morale, mentale et physique à titre d’individu et de collectif, dépend de notre capacité à reprendre notre souffle, savoir nager ainsi que de notre capacité à repérer le phare près de la berge (garder le cap), pour nous y rendre. Pour cela, nous avons besoin d’outils pour nous recentrer, comprendre nos valeurs essentielles propres à chacun de nous, apprendre à écouter profondément soi et les autres, et développer notre capacité à trouver des solutions durables aux problèmes que nous rencontrons aujourd’hui.

C’est pareil pour nos enfants. À titre de parents, nous avons une grande responsabilité: celle de prendre soin de nous pour être solide et être un phare pour nos enfants. Nous avons la responsabilité d’être une source de sécurité et d’attachement (appartenance) ainsi qu’un guide qui montre le chemin, sans l’imposer.

Nos enfants ont besoin de mentors pour prendre conscience de l’importance de reprendre leur souffle, voir ce qui les aident, ce qui ne les aident pas, de savoir nager, de prendre le temps de voir où ils se trouvent, dans cette mer houleuse, pour s’en sortir. Ils ont besoin de développer un compas intérieur. Et c’est à nous de leur montrer comment et pourquoi le construire.

J’ai la ferme conviction, de par mon vécu familial et celui de mon entourage qui ont de enfants plus âgés, que nos enfants s’épanouissent avec des outils adaptés à cette nouvelle réalité. C’est, selon moi, à travers la parentalité positive.

En trois mots, la parentalité positive, c’est grandir en humilité, en présence et en intégrité. Pas à pas.

6 principes de base pour nous aider à être des guides et des phares:

  • Je reconnais que tous les êtres humains (les bébés sont des êtres humains! Oui!) sont dignes de respect, d’écoute et d’amour. Je cherche à comprendre leur réalité et à créer des relations riches et profondes, dans le respect et le soin de tous.
  • Je reconnais la valeur innée des enfants, leur unicité et leurs compétences, ainsi que les miennes (en tant que parent).
  • Je cultive une relation authentique et bienveillante avec moi-même, mon partenaire et mes enfants. Je communique mon ressenti de manière responsable, dans les hauts et les bas. Cela implique d’intégrer des processus d’introspection au quotidien, et des outils pour communiquer avec bienveillance. (Lire des livres nous donnent la théorie, mais ne nous aident pas à la mettre en pratique!)
  • Je reconnais que le comportement, aussi tragique soit-il, est un langage qui exprime un besoin sous-jacent. En cherchant à le comprendre, je peux me soutenir et soutenir mes enfants à trouver des moyens durables et bienveillants de vivre ensemble dans un mieux-être collectif
  • Je reconnais que je chemine en même temps que mes enfants, et que je suis également un apprenant: faire des essais et erreurs fait partie du processus d’apprentissage et d’individuation (qui dure toute une vie). Je m’engage à prendre les moyens de m’épanouir en cultivant une hygiène de vie globale encourageant la conscience de soi, la pro-activité et la coresponsabilité, dans le respect de mon rythme. Pareil pour mon enfant.
  • Je reconnais que moi, le parent, n’ai pas le même rôle que mes enfants, dans une famille. Bien que je les respecte et que je les honore, j’ai la responsabilité (affranchie d’un sens du devoir lourd et imposé par des « IL FAUT QUE ») de veiller à leur sécurité (émotionnelle et physique), et à leur épanouissement global (corps, cœur et âme). Au départ, c’est à moi de poser des fondations propices à leur construction: je crée l’environnement favorable et je les guide, petit à petit, à vivre en société, à devenir autonomes et responsables, dans le respect et la considération de tous. Je les aide à cheminer vers l’empuissancement à travers l’exemple et en leur donnant des outils. Cela se fait en offrant un amour inconditionnel, en cultivant le sentiment d’appartenance, de compétence, de respect et de considération. J’offre un modèle inspirant, de l’information pertinente et de l’encouragement constant pour les soutenir à agir avec cœur et conscience.

À travers ce processus, nous prenons conscience de nos gestes et habitudes machinaux, pour nous affranchir de nos propres croyances limitatives et de nos blessures que nous projetons de manière totalement inconsciente sur nos enfants, de nos incohérences, de notre manque de soin pour soi, de notre inclinaison au perfectionnisme et à la performance, de nos attentes irréalistes et de notre tendance au contrôle (menaces, chantages, humiliations, blâmes, punitions et récompenses) ou à la renonciation (évitement, fuite, pacification, confusion entre « bonheur » et « plaisir perpétuel », impuissance, refus de vivre de l’inconfort et donc de s’engager dans la relation).

Pas à pas, nous grandissons dans la clarté de ce que nous voulons vraiment, de nos valeurs essentielles et alors, nous pouvons choisir consciemment de créer l’environnement propice à la cohérence, la joie, le respect et au soin pour tous.

En trois mots, la parentalité positive, c’est grandir en humilité, en présence et en intégrité. Pas à pas.

© Mitsiko Miller, 2015. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen.  Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Parentalité positive et éducation bienveillante

Élever les enfants dans la bienveillance

racinespar Mitsiko Miller

Pourquoi élever nos enfants dans la bienveillance?
Voilà une question que je me suis posée toute ma vie de jeune adulte.

En premier lieu, ma réponse la plus spontanée était… parce que je rêve du jour où la plupart des adultes n’auront pas à se remettre de leur enfance.

Imaginez pour un instant, ce que ça serait.
Un monde où nous n’avons besoin de s’imposer ou d’écraser les autres pour se faire valoir. Un monde où nous n’avons pas eu à développer de mécanismes de défense pour nous protéger, et où nous nous sentons suffisamment à l’aise pour nous dévoiler tels que nous sommes.

Un monde où nous nous sentons suffisamment écoutés avec empathie que nous n’avons pas à recourir aux comportements passif-agressif ou à la violence pour se raconter et pour se faire entendre. Un monde où nous ne mettons jamais en doute notre intuition ou la sagesse de notre cœur.

Imaginez…

Peut-être que vous me traitez de rêveuse. N’est-ce pas comme cela que nous changeons le monde? N’est-ce pas ainsi Martin Luther King et Nelson Mandela ont mis fin à l’apartheid?

Le bonheur n’est pas l’absence de douleurs et de peines. Le bonheur, c’est l’art de naviguer à travers les difficultés avec de la résilience et une confiance inébranlable. – Mitsiko Miller

Si nous faisions différemment, nous gouterions plus au bonheur. Si nous étions élevés à croire que nous sommes dignes d’amour tels que nous sommes, nous n’aurions pas besoin de mettre des masques.

Si nous étions élevés à croire que nous sommes compétents, nous verrions nos erreurs comme faisant partie de notre apprentissage de vie.

Si nous avions confiance que nous avons beaucoup de valeur, nous oserions prendre la parole ou être qui nous sentons que nous devons être.

Si telle était la manière que nous élevions les enfants, la société dans laquelle nous vivons serait bien différente.

Très différente.

Alors, pourquoi élever les enfants dans la bienveillance?
Parce que les leaders de demain auxquels j’aspire, ont besoin d’être profondément confiants, convaincus, enracinés dans leurs valeurs, cohérents, intègres, conscients, libres penseurs, créatifs et dotés d’intelligence émotionnelle qui les rend empathiques et capables de collaborer.

Et cela est possible, selon moi, que lorsque nous modelons ces qualités: l’amour inconditionnel, l’imperfection, le courage et la compassion pour soi et les autres. Et surtout, la confiance que nous et nos enfants sommes totalement compétents et pleins de ressources.

La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent. – Albert Einstein

C’est difficile, car il y a tant de croyances bien ancrées dans notre société, autour de l’enfance et de l’éducation. Et elles sont très tenaces. En voici trois:

1) « Un enfant est trop tendre. Pour l’éduquer, il faut lui montrer que la vie est dure. Pour apprendre, il faut que ça fasse mal. »

La plupart de nous avons été élevés à croire qu’il faut s’endurcir pour vivre dans ce monde. Selon moi, cette croyance repose sur une peur. Celle que notre enfant ne pourra pas survivre sans être bien protégé et « vacciné » contre le mal.

Élever dans la bienveillance, c’est reconnaître que toute personne – bébé, enfant, adultes, parents- est digne de respect et d’amour. Nous apprenons naturellement, nous n’avons pas besoin d’être puni pour comprendre. Nous apprenons, lorsque nous avons de la clarté, que nous comprenons le sens des choses.

Car je crois que pour vivre (et surtout pour s’épanouir) dans ce monde, il est plus important d’en comprendre les rouages, de développer l’équanimité, de se poser des questions profondes pour développer notre capacité à réfléchir pour soi, et être dans notre puissance personnelle pour accueillir les vagues. En posant des questions, nous pouvons soutenir nos enfants à prendre conscience de leurs perceptions, de s’affranchir de l’anxiété, le désespoir et de s’ouvrir à de nouvelles possibilités créatrices.

Un grand rôle que nous parents avons est d’accompagner nos enfants à travers leurs émotions et les aider à s’affranchir pour développer la résilience, l’équanimité, accepter ce qu’ils ne peuvent changer et changer ce qui est en leur pouvoir de faire.

Voilà, selon moi, le but ultime de notre rôle de parent : guider avec amour et nourrir le feu sacré qui brûle en chacun de nous.

Ce qui m’amène à parler de la prochaine croyance. Elle est tenace et pollue, selon moi, les milieux éducatifs, en plus préoccuper bien des parents.

2) « Un enfant est un vase vide qu’il faut remplir. » 

Dès un très jeune âge, cette croyance amène bien des enfants à se décourager et à croire qu’ils n’ont pas les compétences nécessaires pour s’épanouir. Cette croyance se base encore sur une autre peur: il faut lui dire quoi faire et comment agir, sinon il sera totalement démuni.

Élever dans la bienveillance, c’est reconnaître que chaque personne a les compétences nécessaires pour évoluer. Il suffit de permettre aux enfants d’avoir confiance en eux et de les guider* avec amour et respect pour qu’ils puissent s’épanouir et prennent leur envol.

Guider ne veut pas dire laisser un enfant faire tout ce qu’il veut. Guider, c’est être un phare qui éclaire, qui est solide, voit au-delà des vagues houleuses du moment, rassure, apporte lumière dans la noirceur, montre les chemins possibles, sans les imposer. – Mitsiko Miller

3) « Si on écoute un enfant, il deviendra un enfant roi. »

Comme disent les Rolling Stones : « Tu ne peux pas toujours obtenir ce que tu veux. Mais si tu essaies parfois tu pourrais réaliser que tu reçois ce dont tu as besoin »

Il y a une différence entre « écouter les besoins » de nos enfants et  répondre à tous leurs « désirs ». Élever dans la bienveillance, c’est apprendre à faire la distinction, et à considérer les besoins de tous, avec soin et équilibre.

C’est toute une tâche qui demande de l’effort et la volonté de s’affranchir de ses peurs, changer de paradigme de conscience, loin de la pensée binaire et au-delà du « bien faire » et du « mal faire ». Et le courage de s’exprimer, sans violence envers soi ou envers les autres, dans les hauts et les bas.
La bienveillance, c’est vivre dans la conscience des besoins de TOUS. Vous ET vos enfants. Sans dualité, sans polarisation ou séparation, sans de « toi OU moi ».

Plutôt « toi ET moi »

NOUS.

Lorsqu’un enseigne, deux apprennent. – Robert Heinlein

Mon fils, Henri a résumé ma philosophie, en quelques phrases.
« Nous, les enfants, nous sommes pleins de sagesse que les adultes n’ont pas. Alors, ils ont besoin de nous. Mais nous n’avons pas vraiment une vue d’ensemble. Les adultes l’ont. Ben, pas tous. C’est pour ça qu’on a besoin d’eux. Nous avons besoin l’un de l’autre. »

La bienveillance, c’est reconnaitre notre interdépendance.

J’ai choisi d’élever mes enfants dans la bienveillance, car c’était ce qui avait le plus de sens pour moi. Parce que j’ai découvert que mes enfants sont mes sensei. Alors qu’ils grandissent corps, cœur et âme, moi également, je grandis.

Je grandis cœur et âme.

J’ai appris à ouvrir mon cœur et à écouter sa sagesse. J’ai réappris à vivre et à voir l’essentiel.

Nous, adultes avons tant à apprendre des enfants, et eux de nous. Leur sagesse naturelle, leur regard sur le monde nous aident, nous adultes, à guérir, à transformer nos croyances, à avoir le courage d’aimer et à vivre sans masque.

Et parce que mes enfants se sentent respectés, appréciés, aimés tels qu’ils sont, ils ont des racines et des ailes.

© Mitsiko Miller, 2014. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen.  Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Communication bienveillante, Parentalité positive et éducation bienveillante

Ce que j’aurais aimé savoir avant de devenir maman

parentalité positive (3)par Mitsiko Miller

Lorsque des « parents enceintes » d’un premier enfant me demandent ce que je leur conseille avant de devenir parent, il m’arrive souvent de rétorquer: « Est-ce un conseil que vous voulez, ou est-ce que vous voulez savoir comment, moi j’ai fait pour être heureuse dans mon rôle de parent? Car la première chose que j’ai apprise, justement, c’est que je fuis les conseils! » Souvent ils me répondent que ce qu’ils veulent, c’est savoir ce qui a marché pour moi. Ce à quoi je réponds: « C’est ce qui a marché pour moi ne marchera peut-être pas pour vous. » Parce qu’il n’y a pas de recettes pour élever des enfants.

Voici, trois points que je trouve, cela dit, extrêmement importants et que j’espère pouvoir partager avec mes enfants lorsqu’ils deviendront « parents enceintes », à leur tour.

1) Suivre mon gros bon sens plutôt que les conseils de tous
Lorsque j’ai eu mon premier enfant, tous les conseils pour prendre soin de mon bébé fusaient dans toutes les directions. « Il faut que… ». « Fais ceci, fais cela». « Ne fais pas ceci, sinon… ». « Laisse ton bébé pleurer, sinon, il deviendra un enfant roi.»  J’ai vite compris que chacun avait sa vision de l’éducation, autant mon voisin sans enfant que les médecins et les experts. Les arguments bien logiques venaient soutenir leurs propos. Parfois, même des recherches scientifiques. Et toutes contradictoires.

J’ai vite appris à jeter tous les livres d’experts et à remercier poliment ces personnes bien pensantes, pour me fier à mon gros bon sens: j’ai observé comment les familles avec des valeurs similaires aux miennes et avec des enfants plus âgés que j’appréciais vraiment, les élevaient. Puis, j’ai demandé à ces personnes de me recommander des livres qui avaient fait leurs preuves.

Pourquoi? Parce que l’Histoire nous a appris que les parangons des époques se remplacent, en fonction des modes et des croyances: au Moyen-âge, on était convaincu que le colostrum de la mère était impur. On chassait l’esprit maléfique du « changelin », petit diablotin, qui, selon l’idéologie de l’époque, possédait les nourrissons gourmands qui tétaient « trop » souvent. À la Renaissance, un « bon parent » de la haute société, confiait son nouveau-né à une nourrice pour poursuivre sa vie mondaine. Dans les années 50, on nous commandait de ne pas toucher les bébés, de peur qu’ils attrapent des virus. En 1928, le père du behaviorisme, John B. Watson (encore lui! Je sais! J’ai une obsession), penseur bien pensant derrière l’entraînement au sommeil et le modèle éducatif basé sur les punitions et récompenses, écrivait dans son livre à succès Psychological Care of Infant and Child : « Jamais au grand jamais, vous ne devez embrasser votre bébé! ».

Cette croyance béhavioriste plus assouplie que dans les années folles, demeure très présente dans les livres d’éducation de l’heure: plusieurs croient qu’un bébé DOIT être conditionné à apprendre l’autonomie, d’une manière très spécifique: Il DOIT faire ses nuits, apprendre à manger, à marcher, à intégrer la garderie à un âge très précis, selon un modèle prédéfini, sinon, ce bébé a un « problème ». Ou plutôt, ce parent est perçu comme ayant un « problème». Il est vu comme « pas assez dévoué». « Pas assez vaillant». « Trop laxiste ». « Sûrement, un parent qui élève un enfant-roi en puissance».

Cette manière d’éduquer les enfants invite les parents à craindre « de râter » leur coup et donc, d’être habités par la peur, dans les « IL FAUT QUE…. ». Et la peur invite le « contrôle » et une éducation régie par des règles rigides qui ne tiennent pas compte ni du gros bon sens des parents, ni de celui des enfants. L’angoisse d’être incompétent encourage également la comparaison et le conformisme en présupposant que les enfants sont « tous pareils », en plus de nourrir la culpabilité et le stress constants de se voir comme un « perdant » si l’enfant ne s’accorde pas à ses mesures spécifiques.

Mais puisque chaque enfant est unique, et donc, forcément « anormal » parce qu’unique, sommes-nous surpris que la presse d’aujourd’hui parle tant de burn-out parental? Qu’est-ce que c’est ce phénomène, sinon, le symptôme d’une personne qui dépasse ses limites, manque d’écoute à ses besoins uniques, aux besoins uniques de ses enfants et à son « gros bon sens »? Combien de parents, et surtout des couples se disputent allègrement, justement à cause de ces « IL FAUT QUE » qui n’épousent pas leurs valeurs personnelles? Dites-moi, qui pourrait se nourrir d’un tel régime pendant toute la durée de sa vie parentale?

Je vous laisse réfléchir à cela.

Suis-je en train de dire qu’il ne faut pas suivre les recommandations prodiguées par des médecins, psychologues et autres experts?  Non. Ce que je dis, c’est qu’il est bon de faire un pas en arrière, questionner notre gros bon sens, avant d’appliquer une formule. Il est bon de trouver des solutions qui marchent pour vous ET pour votre enfant et qui parlent à votre gros bon sens. Il est bon de se parler entre mère et père pour comprendre ensemble, nos valeurs, ce qui nous tient à coeur, comme famille et comment s’accorder, ensemble.

Parce que, heureusement les idées changent… L’Histoire, plus particulièrement, la littérature prouve indéniablement qu’une chose demeure immuable et défit toute idéologie : tous les classiques de la littérature, peu importe l’époque, parlent d’amour et comment suivre son propre cœur.

Même si cela implique d’être anticonformiste et de remettre en question toutes les idées reçues, jusqu’à présent.

2) Prendre soin de soi pour être heureuse (et pour prendre soin de nos enfants dans la joie!)
Si j’avais su que devenir maman était un engagement physique et psychologique durant les premières semaines, je n’aurais pas perdu mon temps à faire du ménage, ou à « recevoir » de la visite. J’aurais accepté de l’aide pour le ménage, la lessive, les courses. Je n’aurais pas hésité à téléphoner une monitrice de la Ligue La Leche pour poser mes milles questions que je jugeais trop ridicules à poser, ou aller à une rencontre mensuelle juste pour partager, avoir de l’encouragement ou pour déposer ma peine. Je n’aurais pas hésité à prendre une accompagnante à la naissance pour me soutenir durant cette transition. Je n’aurais pas hésité à demander de l’aide à mes amies. À ma famille.

Mais avant cela, il a fallu que je comprenne que j’avais une croyance bien ancrée chez moi et chez bien des femmes de ma génération, qui m’empêchait d’accepter du soutien: « une femme forte et compétente n’a pas besoin d’aide. Sinon, elle est faible. »

Ce n’est qu’avec le temps que j’ai compris que c’était complètement faux. J’ai compris qu’il m’était important de chercher du soutien dont j’avais besoin pour être une maman heureuse. Car, ça prend un village pour élever un enfant ET pour soutenir un parent.

Pour être heureuse, j’ai appris à demander du soutien en lâchant prise du contrôle et du perfectionnisme, j’ai lâché prise de mes exigences et de mes attentes irréalistes : j’ai même su avoir de la gratitude du soutien de mon partenaire pour habiller mon fils, même s’il portait du rouge avec du vert ( et avait l’air d’un sapin de Noël en plein été), même si mon partenaire achetait la marque de tofu que j’aimais moins.

Parce que pour être heureuse, j’ai appris à me concentrer sur ce qui était vraiment important. J’ai appris à profiter de la vie, vivre dans la joie en développant une hygiène de vie saine : vivre dans le moment présent, me reposer et me nourrir sainement, corps, coeur et âme. Cela implique, encore aujourd’hui, de remplir mon réservoir émotionnel au quotidien, me faire des petits plaisirs et me recentrer. Parce que c’est lorsque je prends soin de moi que je suis suffisamment zen pour rester un partenaire et un parent aimant, calme et efficace.

Contrairement à certaines personnes pensent, cela n’impliquait pas de me séparer de mon bébé: j’ai appris à considérer mes besoins ET ceux de mon enfant, et trouver notre équilibre, à nous.

3) Me voir comme parent apprenant et non comme « incompétent »
Soyons clair. Le perfectionnisme, ça n’existe pas. Le perfectionnisme, c’est l’idéologie avec les règles « POUR ÊTRE HEUREUX, IL FAUT QUE » qui ne sont pas ajustées à nous et à notre gros bon sens. Le truc, c’est que les IL FAUT QUE ne tiennent pas compte de la réalité, ni de tous les petits pas que nous faisons à chaque jour pour concrétiser, pas à pas, ce à quoi NOUS aspirons, nos valeurs. Lorsque j’étais une maman âgée d’un an, je me suis énormément jugée parce que j’avais des IL FAUT QUE qui m’invitaient à vivre dans la culpabilité de ne pas être à la hauteur de mes aspirations. Je me jugeais comme mauvais parent, incapable et incompétent, si je ne réussissais pas à atteindre mes idéaux, du premier coup. C’est ainsi que je restais coincée dans une spirale de jugements qui m’empêchait de voir que c’est justement par mes erreurs que j’apprenais à incarner mes aspirations.

Voici ce que j’ai appris, au cours de mes 12 années de parentalité:

  • Nous faisons de notre mieux avec les ressources que nous avons, à chaque moment.
  • Nous évoluons en faisant des erreurs. Voyons-les comme le processus par lequel nous grandissons et apprenons à réajuster son tir, une prochaine fois
  • Nous évoluons à chaque jour, si nous apprenons de nos erreurs. Dans la bienveillance pour soi et pour les autres.

C’est pareil pour notre partenaire. Pareil pour nos enfants. Nous cheminons vers la bienveillance, dans le respect de notre rythme et dans la confiance que nous avancerons, petit à petit.

Comme vous voyez, la seule recette que je propose est celle d’apprendre à aligner nos idéaux à nos actions: en somme, sonder notre cœur, remettre en question ce qui est pris pour acquis pour poser les actions qui ont le plus de sens pour nous ET tous les membres de notre famille, dans le respect de tous.

© Mitsiko Miller, 2015. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Partagez cet article sans modération, mais SVP, demandez la permission avant de reproduire (copier/coller) une partie, ou la totalité de cet article.

Parentalité positive et éducation bienveillante

Le mythe du sommeil solitaire: une vision occidentale du sommeil des bébés

parentalité positive (2)Par Mitsiko Miller

« Faire ses nuits » est devenu un incontournable must dans la parentalité occidentale, qui frôle l’obsession. Dans la société postmoderne dans laquelle nous vivons, le « travail à temps plein » est souvent la seule option proposée par les employeurs pour les parents, l’économie actuelle étant basée sur l’entrée de deux revenus pour couvrir les frais de base (maison, voiture, nourriture).

La réalité financière, sociale et économique impose un rythme soutenu aux parents qui se disent « essoufflés » : après une journée de travail occupée et stressante, la plupart des familles ne peuvent compter sur une grand-mère ou un autre membre de la famille (à part s’ils ont les moyens de se payer de l’aide) pour les appuyer : ils commencent donc un autre emploi à temps plein, après le travail rémunéré, celui de préparer les repas, de gérer la maison et de s’occuper des enfants.

Joindre les deux bouts : la réalité économique
La plupart de ces parents vivent une situation des plus stressantes et n’arrivent pas à maintenir le cap : il n’est pas surprenant qu’ils réclament un lieu calme et sans stimuli, et surtout, un sommeil réparateur! Ceci explique sans doute la popularité de l’entraînement au sommeil (avant le retour au travail, suite à un congé parental), de même que l’usage courant d’approches de discipline plus autocratiques (limites rigides et punitions), pour permettre aux parents de vivre un peu de répit dans leur quotidien turbulent.
La réalité économique et financière est partagée par bien des parents dans le reste du monde, même au tiers monde, qui se courbent également l’échine pour joindre les deux bouts. L’approche autocratique n’est également pas limitée à l’Occident : les violences ordinaires faites aux enfants, existent dans tous les pays, sous différentes formes. Pourtant, comment expliquer que ce n’est qu’en Occident que dormir seul, dès un très jeune âge, a pris une importance capitale, alors que dans la plupart du globe, il est totalement impensable de laisser un petit enfant seul, la nuit ?

L’Occident, et plus particulièrement les États-Unis est obsédé par l’autonomie précoce.

Sommeil solitaire : une croyance culturelle ?
Christine Gross-Loh, auteur américaine ayant vécu au Japon, avance une opinion : et si l’obsession du sommeil solitaire était culturelle ? Selon Gross-Loh, l’Occident, et plus particulièrement les États-Unis est obsédé par l’autonomie précoce. Elle raconte que le sommeil partagé était commun jusqu’au tournant du 19e siècle (note de Mitsiko : est-ce un hasard que ça coïncide avec l’industrialisation, l’exode et l’éclatement de la famille multi-générationnelle et… la venue de longues heures de travail ?) et tout a changé lorsque l’on s’est mis à associer « sommeil seul » avec progrès : la montée de l’influence scientifique a permis aux médecins de gagner en expertise et en crédibilité.

Alors qu’avant le 19e siècle, peu de personnes se préoccupaient de la cause des enfants, tout d’un coup, le monde scientifique publie des recherches et des livres proposant des méthodes pour améliorer l’hygiène des enfants (c’est compréhensible si nous nous rappelons le taux de mortalité infantile, qui existait dû à un manque d’éducation à l’hygiène, à l’époque).

Une nouvelle religion: la science ?
Bien qu’elle y fait référence, l’auteure de Parenting Beyond Borders ne mentionne pas l’immense influence du médecin behavioriste de John B. Watson sur l’éducation des enfants, aux États-Unis et ailleurs. Je souhaite prendre un moment pour le souligner, car il explique également la forte propension en Occident à favoriser l’entraînement au sommeil, puis à la propreté et enfin, à l’apprentissage, qui est si commune et encore prise pour acquis, aujourd’hui.

Watson affirmait que les enfants doivent être entraînés à devenir autonomes pour ne pas prendre de mauvais plis. Il voyait l’urgence de ne pas manifester d’amour et de chaleur aux enfants (selon moi, ce postulat est basé sur le principe que l’amour rend « faible » : ce serait donc un grand risque que de leur offrir réconfort et empathie !), pour éviter qu’ils deviennent mésadaptés et inaptes à fonctionner en société. De là est venue l’idée d’éviter de gâter les enfants, de peur qu’ils prennent de mauvaises habitudes – une croyance si ancrée aujourd’hui qu’il est encore populaire d’entendre des conseils basées sur cette peur.

En visite aux États-Unis, une famille japonaise était choquée de voir que les enfants avaient leur propre chambre et dormaient en solitaire. Ils croyaient également que le moniteur bébé, si commun dans les maisonnées occidentales, servait à créer des bruits de fond pour que le bébé puisse entendre ses parents et ne ressentir la séparation.

Bien qu’il serait absurde pour les parents d’aujourd’hui, de refuser d’exprimer de l’amour à un enfant, demeure le fait que la science est une devenue une référence importante pour les Occidentaux. Parfois, les discours alarmistes engendrent un stress énorme sur les parents, qui ne souhaitent que donner le meilleur à leurs enfants (pensons à la panique générale générée durant la crise de l’H1N1, au Québec). Combien de parents vivent de l’angoisse pour les siestes, les heures de sommeil, une saine alimentation, de peur que leurs enfants ne soient en « santé physique » ?

Suis-je en train de dire que la science est inutile? Non. Cela dit, j’ai à cœur que toutes personnes fassent des choix éclairés et approfondissent leurs recherches avant de prendre pour acquis que la science a réponse à tout: derrière une théorie (surtout en sciences humaines), il y a un postulat basé sur une croyance qui… cherche à être prouvée selon une démarche scientifique.

Le cododo au Japon
Revenons au livre de Gross-Loh : cette journaliste, qui a vécu plusieurs années au Japon où le cododo est la norme, a constaté que les Japonais étaient horrifiés d’apprendre les coutumes occidentales reliés au sommeil. Ils prennent pour acquis que tous les parents dorment avec leur bébé à travers le globe, au même titre que les Occidentaux prennent pour acquis que tous les parents du monde « aident » leur bébé à dormir seul, la nuit. Elle fait remarquer que les Japonais ne stressent pas avec le temps des siestes, ni la nuit, et ont du mal à comprendre l’obsession qu’ont les occidentaux avec la santé et la sécurité extrêmes des enfants. L’auteur rapporte une histoire vécue: en visite aux États-Unis, une famille japonaise était choquée de voir que les enfants avaient leur propre chambre et dormaient en solitaire. Ils croyaient également que le moniteur bébé, si commun dans les maisonnées occidentales, servait à créer des bruits de fond pour que le bébé puisse entendre ses parents et ne ressentir la séparation. :)

La santé et la sécurité physiques, une obsession ?
Elle spécule que cet écart s’explique par les divergences de croyances culturelles : l’Occident adopte un mode de vie individualiste qui se traduit par une éducation qui mise sur l’autonomie et l’indépendance, et la valorisation par l’épanouissement individuel du soi, alors que le reste du globe encouragent davantage des valeurs enracinées dans l’interdépendance.

Les propos de Gross-Loh me touchent particulièrement parce qu’ils mettent en perspective ce que nous prenons pour acquis : nos croyances culturelles. J’ai eu le bonheur d’être élevée dans une famille multiculturelle, par une mère d’origine japonaise. J’ai eu la joie d’être portée dans un onbuhimo (porte-bébé), de dormir à côté de mes parents et d’être valorisée pour ma sensibilité, qui était perçue comme une force et un don.

Lorsque mes enfants tardaient à faire « leur nuit », les propos de ma mère étaient rassurants : « Mitsiko, ton frère a fait ses nuits très tard. Et toi, tu vivais beaucoup d’anxiété, toute petite. C’était dur pour toi de t’endormir. Tu avais une imagination très fertile et tu avais souvent peur. Nous avons respecté cela. Et vint un temps où tu as été capable. » Vint un temps où j’en fus capable. Vint un temps où mon développement physiologique me permettait de dormir toute une nuit.

Cette discussion riche m’a amené à me poser des questions: sommes-nous conscients des influences culturelles sur notre parentalité ? Il y a-t-il, effectivement, comme le note Gross-Loh, une obsession en Occident de la santé et la sécurité physiques des enfants ? Les recherches alarmistes sur le cododo et le sommeil sont-elles justifiées ? Qu’en est-il de la santé émotionnelle ? Est-elle incluse dans les recherches sur le sommeil ?
Comment retrouver un équilibre ? Comment encourager les parents à réfléchir par eux-mêmes?

Dans mon cas, j’ai décidé d’accepter que mes enfants dormiront toute une nuit lorsqu’ils en seront physiologiquement capables. Parce que ce qui était le plus important pour moi dans cette expérience, c’était de pouvoir dormir ! J’ai choisi de lâcher prise de ce que je ne pouvais changer: quand ça arriverait. Et j’ai focalisé mon attention sur ce qui était en mon pouvoir de faire : trouver un moyen de, moi, dormir ET de m’assurer que mes enfants soient en santé ainsi qu’en sécurité physique ET émotionnelle. En pensant de manière créative, notre famille a trouvé une solution respectueuse de tous et qui marchait pour NOUS : pour mon partenaire, moi ET pour nos enfants.

Et vous ?

papLe sommeil de vos enfants vous préoccupe?
Procurez-vous le hors-série sur le sommeil de Parents à parents, où figure mon article et 99 pages de bonheur.

© Mitsiko Miller, 2014. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Références
• Drina Candilis-Huisman, Naître et après? Du bébé à l’enfant, Gallimard, 1997
• Christine Gross-Loh, Parenting Without Borders, Penguin Books, 2013
• Robin Grille, Parenting for a Peaceful World, Longueville Media, 2005
• Carl Honoré, Éloge de la lenteur, Marabout, 2005
• Gilles Lipovetsky, L’ère du vide, Gallimard, 1983
• Didier Lette et Marie-France Morel, Une histoire de l’allaitement, La Martinière
• John B. Watson: article sur Wikipedia.org

Parentalité positive et éducation bienveillante

Un remède à la survie et au stress: vivre dans le slow

brownVivre à cent mille à l’heure, c’est essoufflant…

Combien sommes-nous à trouver que la vie va trop vite aujourd’hui? Combien sommes-nous à souhaiter ralentir ce rythme de vie qui semble de plus en plus rapide, où tout semble aller de plus en plus vite, et encore plus vite? Avec une famille, ne nous le cachons pas, le tempo peut vite tourner à la frénésie et générer un niveau de stress intolérable qui ferait vaciller les personnes les plus endurcies.

En voulant bien faire, nous multiplions les activités à en perdre le cap et à crouler sous des responsabilités multiples.

Entre la garderie, le travail, les projets, l’école, les cours de natation, les scouts et les devoirs, il n’est pas rare que nous ayons l’impression de participer au décathlon où nous avons à maîtriser plusieurs arts dont la psychologie, les déplacements multiples, la gestion des horaires, des repas, des devoirs et… du moral de tous. À travers ce dédale de tâches, on nous dit également qu’il est important de prendre soin de soi et de nourrir notre couple… finalement, en voulant bien faire, nous multiplions les activités à en perdre le cap et à crouler sous des responsabilités multiples.

Ce fut mon cas. Malgré mon engagement à vivre dans la lenteur depuis des décennies, je me suis vue happée par le temps, prise dans un tourbillon infernal de rendez-vous lorsque notre famille a vécu un moment à défi : j’ai vu mon horaire se charger comme celui d’un PDG de grande entreprise, courant d’un rendez-vous à l’autre. Mon niveau de stress a grimpé en flèche. Je suis passée d’essoufflée à déstabilisée, au point de me réveiller le matin en sursaut, le cœur battant la chamade. Cette situation n’a duré que quelques semaines. Pourtant, il m’arrive de reconnaître ces symptômes chez bien des personnes que je croise dans la rue.

Comment est-ce possible de vivre autant de stress ? Le fondateur de la théorie du stress, Hans Selye, explique que cet état est une réponse corporelle à un stimulus extérieur qui mobilise tout notre corps selon une réaction en chaîne pour s’adapter au changement, face à chaque situation rencontrée : « le phénomène de stress est un dispositif de vigilance salvatrice et la sur-vigilance est dommageable lorsque la quantité de demandes dépasse la capacité de réponses du sujet. » (information tirée de Wikipedia)

En effet, Selye distingue le stress négatif (détresse) du stress positif (eustress). Autant l’eustress facilite notre adaptation aux besoins de la situation tout en assurant notre survie, autant la détresse crée un déséquilibre à long terme et un impact sur notre santé psychologique et physique.
Comment éviter de tomber dans la détresse ? C’est le cri d’alarme que lance Carl Honoré depuis la sortie de son livre, Éloge de la lenteur, qui remonte à plus de 10 ans déjà (2004), avec lequel il nous invite à ralentir.

Drogués des activités ?
Dans une entrevue avec L’Express, Honoré parle du virus de la vitesse et du ralentissement pour y remédier :
« En Occident, personne, ou presque, n’échappe au virus. Sans doute parce que nous vivons dans une culture de consommation et que nous brûlons d’accumuler autant de biens et d’expériences que possible. Nous voulons faire une carrière honorable, nous occuper de nos enfants, sortir avec nos amis, pratiquer un sport, aller au cinéma, jouir d’une vie sexuelle harmonieuse… Il en résulte un constant décalage entre ce que nous attendons de la vie et ce que nous en obtenons, lequel nourrit le sentiment que nous n’avons jamais assez de temps. Du coup, la tentation d’aller plus vite, de courir contre la montre devient irrésistible. Nous sommes devenus des drogués de l’activité. Selon une étude menée en 2003 auprès de 5 000 travailleurs britanniques, 60 % des personnes interrogées déclaraient ne pas envisager de prendre toutes leurs vacances. Et savez-vous qu’en moyenne les Américains délaissent chaque année un cinquième de leurs congés ? »
Inquiétant de voir qu’en voulant être plus heureux, nous en faisons plus, plus, plus, au point de perdre l’équilibre et d’oublier notre objectif initial : être plus heureux !

Course contre la montre ? La performance
Dans un article paru récemment dans Coup de pouce, Guylaine Deschênes, auteure de L’Art de concilier le travail et la vie personnelle, partage son point de vue : « La conciliation est devenue plus difficile à cause de la course à la performance et à la perfection, qui est encore plus intense qu’avant. On veut tout faire, tout réussir, tout ça en ayant l’air zen. Nos enfants sont bilingues, on a un demi-marathon derrière la cravate, on siège au comité de parents, on sait cuisiner le quinoa de 15 façons différentes, on vient d’accepter une promotion, on s’occupe régulièrement de notre mère sur le déclin et, bien entendu, on se garde un peu de temps pour notre couple « parce que c’est essentiel » ! »

Essoufflant, hein ? Ces constats exposés par Deschênes et Honoré nous invitent à questionner le rôle que prend la performance dans nos vies et à réfléchir à la manière dont nous consommons.

Ralentir
En réaction à la société de consommation de choses, de temps et d’activités, est né le courant Slow qui vante les vertus d’un ralentissement du rythme pour trouver le meilleur tempo nous permettant de vraiment apprécier la vie.
Initié en 1986 par le critique gastronomique italien Carlo Petrini en guise de protestation contre l’ouverture d’un McDonald sur la Piazza di Spagna de Rome, le Slow commence par inviter la lenteur dans notre consommation gastronomique, le Slow Food (nourriture lente), puis gagne du terrain : on intègre le Slow Living (vie lente) et aussi le Slow Parenting (parentalité lente).

Le slow, quoi ?
Qu’est-ce que c’est, au juste, le Slow Parenting ? C’est une invitation à ralentir avec nos enfants. Les recherches démontrent effectivement les bénéfices de ralentir et d’intégrer du jeu libre et du temps non structuré sur le développement de la créativité, des compétences sociales, de l’autonomie et de l’estime de soi. Comment un enfant peut-il s’épanouir s’il ne peut bénéficier de temps libres, de moments pour décompresser, se déposer, rêver et relaxer ? C’est ce que le Slow Parenting préconise. Prioriser le temps libre, les jeux libres et le temps passé ensemble.
Est-ce vraiment nécessaire de surcharger les horaires de nos enfants et de structurer chaque minute de leur temps ? Est-ce si important que notre enfant apprenne le mandarin à 4 ans ? À quand remonte le dernier fou rire partagé en famille ? Et la dernière partie de Monopoly, un dimanche paresseux ? Et la randonnée dans les bois ? Comment peut-on apprécier la vie si nous sommes trop stressés, chargés, speedés, sans temps libre ni moment pour décompresser, relaxer, rêver et rire ?

Tempo giusto !
Tout est une question d’équilibre, rappelle Honoré : « Chercher à vivre ce que les musiciens appellent le tempo giusto, la bonne cadence, en allant vite lorsque notre activité l’exige et en se ménageant des pauses dès qu’on le peut. »
Le tempo giusto pour vivre, et non survivre.
Qui plus est,
vivre heureux.

© Mitsiko Miller, 2014. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants pour vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Références citées dans ce texte:
• Retrouver sa tortue intérieure, entrevue avec Carl Honoré par Lydia Bacrie dans L’Express
• Conciliation travail-famille, entrevue avec Guylaine Deschênes par Isabelle Bergeron dans Coup de Pouce
• L’importance du temps libre, article de Silvia Galipeau
• Hans Selye et le stress

Baume pour le coeur, Parentalité positive et éducation bienveillante

Enlever son masque, au retour

par Mitsiko Miller, cpc

retourAu retour,
enlever notre masque.
Nous laver de ce qui pollue notre esprit, avant d’y pénétrer.

C’est comme ça que mes enfants se sentent lorsqu’ils rentrent à la maison.
Et moi aussi.
Notre havre de paix.
Le lieu où nous sommes acceptés et aimés tels que nous sommes.
Le lieu où nous pouvons nous reposer, corps coeur et âme.
Retrouver nos repères.

J’espère que ma maison demeurera ce lieu de paix, lorsque je serai une vieille dame.

La maison.
Un lieu où enlever son masque.
Enlever son armure de « grand ».
Un lieu où redevenir vulnérable et être soi
Peu importe son âge.

(et apprendre à trouver ce havre de paix à l’intérieur de soi, un jour à la fois)

Le retour par Natalia Chernysheva

© Mitsiko Miller, 2015. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants pour les aider à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Baume pour le coeur, Citations inspirantes, Communication bienveillante, Non-violence, Parentalité positive et éducation bienveillante

Supplique d’un enfant aux adultes

salomé2Voici un texte de Salomé, emprunt d’une simplicité, d’une vérité désarmante exprime l’urgence que nous avons d’accompagner nos enfants, corps, coeur et âme. Ils sont les leaders de demain: modelons, à petits pas et selon notre rythme, le respect, l’amour et la compassion pour soi et les autres pour un mieux-être individuel et collectif.  – Mitsiko Miller

Supplique d’un enfant aux adultes

Apprenez-nous l’enthousiasme.
Enseignez-nous l’étonnement de découvrir.
N’apportez pas seulement vos réponses.
Réveillez nos questions.
Accueillez surtout nos interrogations.
Appelez-nous à respecter la vie.

Apprenez-nous à échanger, à partager, à dialoguer.
Enseignez-nous les possibles de la mise en commun.
N’apportez pas seulement votre savoir.
Réveillez notre faim d’être.
Accueillez nos contradictions et nos tâtonnements.
Appelez-nous à agrandir la Vie.

Apprenez-nous le meilleur de nous-mêmes.
Enseignez-nous à regarder, à explorer, à toucher l’indicible.
N’apportez pas seulement votre savoir-faire.
Réveillez en nous le goût de l’engagement, des responsabilités.
Accueillez notre créativité pour baliser notre devenir.
Appelez-nous à enrichir la Vie.

Apprenez-nous la rencontre avec le monde.
Enseignez-nous à entendre au-delà des apparences.
N’apportez pas seulement de la cohérence et des bribes de vérités.
Éveillez en nous la quête du sens.
Accueillez nos errances et nos maladresses.
Appelez-nous à entrer dans une Vie plus ardente.

Devenez plus fiables.
En prenant au sérieux nos rêves.
Ne posez pas d’obstacles
Aidez-nous à les dépasser.
C’est une urgence vitale…

Texte de Jacques Salomé

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Communication bienveillante, Non-violence, Parentalité positive et éducation bienveillante

Vers une culture de paix: le manifeste 2000

Mere_Teresapar Mitsiko Miller, cpc

Voilà déjà 14 ans que de grandes âmes et prix Nobel de la paix, comme le Dalaï Lama, Desmond Tutu et Elie Wiesel, se sont rassemblés pour rédiger le Manifeste pour une culture de paix.

Comme eux, je crois fermement qu’offrir un environnement favorisant la coopération, le partage et le respect, se fait lorsqu’il y a engagement et prise de responsabilité de la part de tous – parents, enfants, enseignants, professionnels, voisins, grands-parents, communauté, industries, organismes, collectifs, pays – pour y parvenir.  Comment créer un environnement favorable à la coopération et au respect? Voilà une question fondamentale que je me pose à chaque seconde de ma vie!

Le Manifeste 2000 pour une culture de la paix et de la non-violence de l’Unesco

Parce que l’an 2000 doit être un nouveau départ, l’occasion de transformer – ensemble – la culture de la guerre et de la violence en une culture de la paix et de la non-violence.

Parce que pareille transformation exige la participation de chacune et de chacun, et doit offrir aux jeunes et aux générations futures des valeurs qui les aident à façonner un monde plus juste, plus solidaire, plus libre, digne et harmonieux et plus prospère pour tous.

Parce que la culture de la paix rend possible le développement durable, la protection de l’environnement et l’épanouissement de chacun.

Parce que je suis conscient de ma part de responsabilité face à l’avenir de l’humanité, et en particulier des enfants d’aujourd’hui et de demain.

Je prends l’engagement dans ma vie quotidienne, ma famille, mon travail, ma communauté, mon pays et ma région de:

Respecter
respecter la vie et la dignité de chaque être humain sans discrimination ni préjugé;

Rejeter
pratiquer la non-violence active, en rejetant la violence sous toutes ses formes: physique, sexuelle, psychologique, économique et sociale, en particulier envers les plus démunis et les plus vulnérables tels les enfants et les adolescents;

Libérer
partager mon temps et mes ressources matérielles en cultivant la générosité, afin de mettre fin à l’exclusion, à l’injustice et à l’oppression politique et économique ;

Écouter
défendre la liberté d’expression et la diversité culturelle en privilégiant toujours l’écoute et le dialogue sans céder au fanatisme, à la médisance et au rejet d’autrui;

Préserver
promouvoir une consommation responsable et un mode de développement qui tiennent compte de l’importance de toutes les formes de vie et préservent l’équilibre des ressources naturelles de la planète;

Réinventer
contribuer au développement de ma communauté, avec la pleine participation des femmes et dans le respect des principes démocratiques, afin de créer, ensemble, de nouvelles formes de solidarité.

Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants pour les aider à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

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Parentalité positive et éducation bienveillante

Des films qui font réfléchir

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Crédit photo: Totoro de Studio Ghibli

Par Mitsiko Miller

Je suis le genre de personne qui adore se creuser la tête. Alors que certains n’y voient qu’une perte de temps ou un casse-tête inutile, moi, je vois de nouvelles possibilités s’ouvrir à moi, et l’occasion de vivre plus de cohérence interne en intégrant de nouvelles idées, à ma manière.
J’adore poser des questions, réfléchir sur une myriade de sujets (qui ne font pas toujours fureur autour d’une bière, eh boy…) parce que ça m’aide à me sentir libre et faire conséquemment, des choix de vie éclairés. Êtes-vous étonné si je vous dis que j’ai d’étudié en philosophie? C’est ce que je me disais…. Êtes-vous étonné si je vous apprends que mon nom en japonais veut dire « fille qui aime la connaissance. »?
;)
Cultiver le sens critique est une valeur essentielle pour moi et mon partenaire. Et nous souhaitons transmettre cet amour de la connaissance et ce libre-arbitre à nos enfants. Parce que la pomme ne tombe jamais trop loin de l’arbre, mes enfants… aiment aussi poser des questions. Alors, nous avons pris l’habitude de philosopher ensemble.

Petits, nous laissions le moment présent et les situations nous guider dans nos réflexions. Observer les fourmis de près nous a amené à se poser la question : pourquoi les fourmis ont des poils sur leur corps? Pourquoi on tue des arbres et des animaux? Puis, en vieillissant, comment les « sans domicile fixe » font pour vivre dans la rue? Pourquoi l’argent existe? Pourquoi il y a des gens qui volent de l’argent? Pourquoi les personnes jettent de la nourriture aux poubelles? Pourquoi on meurt? Pourquoi il faut travailler? Pourquoi c’est si difficile de s’entendre ensemble? Pourquoi les politiciens se querellent entre eux? Pourquoi on fait des devoirs à l’école? Pourquoi les camarades se copient entre eux? Pourquoi la guerre existe?

Mes enfants sont des apprentis insatiables et j’en suis reconnaissante. Je suis ravie de les voir aussi curieux et avides de découvrir le monde sous toutes ses coutures, aussi bien dans son côté obscur que lumineux.
Petits, nous choisissions des albums et des livres à la bibliothèque, qui abordaient les thèmes du moment, pour nous permettre d’approfondir nos réflexions. Et, plus les thématiques devenaient complexes, plus nous options pour des films pour mieux s’imprégner d’un thème. Ou parfois, pour initier des conversations philosophiques.

Je vous propose donc une liste de films qui font réfléchir et qui ont apportés beaucoup de discussions riches et significatives chez nous.
Avant de vous lancer sur Netflix pour regarder ces films, veuillez noter que j’estime qu’il est essentiel de connaître les sensibilités de vos enfants et ce qui éveillent des peurs chez eux. Les films que je propose peuvent heurter les valeurs de certaines personnes. Vous savez ce qui vous parle: fiez-vous à vos tripes de parents. Vous connaissez vos enfants.

Choisir un film selon l’âge
Ce qui me frappe lorsque je loue des films au centre vidéo, ou lorsque je vais au cinéma avec mes enfants, c’est de voir des parents choisir des films pour leurs jeunes enfants qui sont bien au-delà de leurs capacités développementales. J’estime qu’il est important d’être sensible à leur imaginaire, à ce qui les touche, à ce qu’ils sont capables de comprendre et surtout, à l’impact que ces films ont sur leur esprit et leur comportement. Croyez-moi, je parle d’expérience, pour avoir appris par essais et erreurs!
J’ai appris à visiter des sites comme Filmage, Films pour enfants ou Common Sense (anglais) pour vérifier l’âge suggéré de films, en fonction du niveau de maturité et du développement de mes enfants, avant d’en visionner un.

Vous connaissez votre enfant plus que tous
Chaque enfant a ses propres sensibilités ou son degré de maturité. Soyez attentif. Qu’est-ce qui stimulent ses peurs ou angoisses? Sera-t-il en mesure d’apprécier le contenu du film et de comprendre l’histoire? Je me rappelle d’un enfant de 9 ans qui a été incapable de dormir après avoir visionné Charlie et la chocolaterie, après avoir vu dans ce film, un enfant aspiré par une machine. Qui aurait cru qu’une scène aussi « anodine » puisse le terroriser?

Chaque enfant est unique. Par exemple, nous avons choisi de voir La princesse Mononoké lorsque mon plus petit avait huit ans. Les scènes impressionnantes ne l’ont pas dérangé. Il était transporté par l’histoire des esprits des bois et a su apprécié le message d’espoir. Je connais mes enfants. Et vous connaissez les vôtres plus que tous. Soyez à l’écoute.

Parlez avec vos enfants
J’ai pris aussi l’habitude de regarder la bande-annonce avec mes enfants avant de le visionner pour avoir une idée du film et aborder le thème en long et en large.
S’il y a des sujets ou des scènes un peu délicates dans le film (genre, les singes ailés effrayants dans le Magicien d’Oz! J’en ai fait des cauchemars, dans mon enfance!), nous prenions un moment pour en parler et voir ce que nous choisirions de faire (sauter la scène, arrêter le film) pour se préparer.

Vous pouvez toujours arrêter le film!
Le film s’avère trop mature pour leur âge? Ça ne vous convient pas? Inapproprié? Difficile pour leur sensibilité unique? Combien de fois est-ce arrivé, chez nous! N’hésitez pas à fermer la télévision, à changer de film ou à sauter des scènes « épicées », en leur expliquant pourquoi vous le faites.
Chaque parent a également ses sensibilités. J’estime qu’il est important de se respecter dans ses valeurs et dans ses préférences. Certains films que je suggère abordent la question de la spiritualité sans dogme particulier. Vous n’aimez pas le film? Il vous interpelle trop? Parlez-en avec vos enfants. Les discussions philosophiques qui en découleront seront riches en apprentissage pour tous! Ce fut mon cas, lorsque nous avons vu Maman, j’ai raté l’avion.

Cette liste propose des films pour les enfants plus âgés. Pourquoi? Mon expérience, c’est qu’avant un certain âge, je n’ai pas trouvé de plaisir à regarder la télévision pour plus de 20 minutes avec mes enfants. Chez nous, Wallace et Gromit et des émissions de télévision ont été populaires durant cette période.
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Pour les 4-5 ans
Mon voisin Totoro
Ce film, je l’ai vu au moins 50 fois parce qu’il incite les petits enfants et les grands à croire en eux, en leurs rêves, et nous rappelle que dans les temps difficiles, nous pouvons toujours invoquer notre propre « Totoro » pour nous aider à garder le cap et à nourrir l’espoir.
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Pour les 6-9 ans
Pompoko
Conte écologique qui montre comment chacun gère le changement et les transitions, de manière constructive ou destructive. De ce film, naît une très belle réflexion sur la résilience: accepter ce que l’on ne peut changer et changer ce qui est en notre pouvoir de faire. Attention, aux sensibilités occidentales! Les petites bêtes Tanukis utilisent leurs « bijoux de famille » pour voler et pour couvrir le sol! Certains occidentaux pourraient être choqués. Aussi, il y a un cortège de monstres qui pourraient effrayer certains enfants.

Le merveilleux magasin de Monsieur Magorium
Un film qui m’a fait pleurer et qui m’a permis d’aborder le sujet de la mort et de la confiance en soi, de manière constructive.

Kirikou et la sorcière
J’adore ce film qui nous permet de voir la « méchanceté » des autres avec un regard constructif. Une personne qui agit de manière tragique est souvent une personne qui souffre. C’est ce que nous découvrons au sujet de la sorcière, Karaba. Certaines images dans ce film peuvent faire peur. N’hésitez pas à prévenir votre enfant pour qu’il puisse se cacher les yeux ou sauter des scènes, à l’occasion!

Le roi et l’oiseau
Le roi et l’oiseau a longtemps été un des films préférés de mon aîné. Ce film drôle est une critique des régimes totalitaires, du pouvoir abusif que certains utilisent pour obtenir ce qu’ils veulent. Ce film célèbre la liberté et le courage de penser pour soi. Un chef-d’œuvre.

Les temps modernes
On oublie les films de Charlie Chaplin parce qu’ils sont muets. Pourtant Chaplin est un maître dans l’art de la critique sociale et touche des sujets très profonds et très délicats, avec humour et doigté. Ce film a donné lieu à beaucoup de discussions très riches pour tous, sur le sens de la vie, de la surconsommation et les abus de pouvoir. Je recommande également le Dictateur qui aborde le thème du racisme et de la Shoah avec délicatesse.

Autres films à découvrir
o Le jardin secret (Voir les autres comme compétents)
o Wall-E
o Turbo (Croire en ses rêves)
o Les quatre filles du docteur March (La coopération et le soutien)
o Hatchi (La fidélité et la loyauté)
o Le Lorax (merci aux lecteurs de me demander de l’inclure)
o Le géant de fer (merci aux lecteurs de me demander de l’inclure)
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Pour les 10 à 13 ans
La belle verte
Film culte dans les milieux écologiques, cette comédie de Coline Serreau est une ode à l’anticonformisme et à la vie autrement. Pour mon fils qui se sent très « différent » de ses camarades, cette histoire est du baume pour son cœur et lui permet de rire d’une situation qui, autrement, génère bien de la tristesse en lui. Ce film permet d’aborder plusieurs questions: la manière dont nous nous traitons entre êtres humains, la médecine, l’école, le respect de la nature, le but dans la vie, la surconsommation, la coopération et bien d’autres thèmes très importants chez nous.

Millions
Personnellement, j’ai trouvé ce film du réalisateur de Trainspotting plutôt léger. C’est pourquoi, j’ai été étonnée de voir quelles discussions il a entraînées sur la générosité, croire en ses rêves, la valeur de l’argent et l’importance de suivre son compas intérieur ou moral. Qui aurait cru?

La princesse Mononoké (12 ans et plus)
Ode au combat intérieur que nous livrons tous, entre notre côté obscur (vengeance) et notre compassion naturelle, nous y découvrons que personne n’est tout à fait bon ou mauvais. Veuillez noter que même si ce film est un anime, il y contient beaucoup de scènes sanglantes.

Harry Potter
Mes enfants adorent Harry Potter. Cet enfant différent avec une curiosité insatiable, du courage et de la confiance à toute épreuve malgré tous les malheurs qui lui arrivent. Attention, selon mois, les films, à partir du Harry Potter 3, ne sont absolument pas appropriés pour les jeunes enfants!

Oscar et la dame rose
J’ai été charmé par ce livre de Schmitt qui raconte les derniers jours d’un enfant de dix ans atteint du cancer. Bien que le langage soit plutôt salé, j’adore le message de l’auteur: les adultes ont tant à offrir aux enfants lorsqu’ils cultivent des relations authentiques, profondes et complices. Et les enfants aussi. Ce film a suscité beaucoup de conversations sur l’authenticité et l’intégrité chez nous.

Croc-blanc
Dans cette histoire mise en images, l’auteur Jack London fait l’éloge de la liberté, le pouvoir de l’amour et de la confiance. Similaire à Kirikou, l’histoire raconte l’amitié improbable qui se crée entre le loup Croc-Blanc et son maître apprivoisé, qui lui offre, pour une fois dans sa vie, respect, amour inconditionnel et tendresse. Larmes assurées!

Autres films à découvrir
• Le voyage de Chihiro (La surconsommation)
• Le ciel d’octobre (Croire en ses rêves, malgré tout)
• La gloire de mon père
• Le conte de Monte Cristo (L’amour vs la vengeance)
• Avatar, le dernier maître de l’air (la série est meilleure que le film)
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Pour les 14 ans et plus
Du silence et des ombres
Un de mes films préférés que j’ai vu avec mon père durant l’adolescence. Un avocat dans le Sud des États-Unis défend un homme noir accusé de viol dans les années 30. Un récit formidable pour aborder les inégalités sociales, le racisme, les croyances limitantes et le conformisme.

L’Odyssée de Pi
L’histoire de Piscine Molitor a été une façon très simple d’aborder l’importance de cultiver une vie spirituelle et de se départir de ce que nous avons pris pour acquis, pour choisir de vivre une vie pleine, consciente et épanouie.

Le tombeau des lucioles
Un des films les plus émouvants que j’ai vu de ma vie. Cet ode à la paix raconte l’histoire de deux enfants qui survivent après le bombardement de Kobé en 1945. Une réflexion sur la guerre, son impact sur les structures sociales, la famille, l’entraide (ou son manque) et l’avenir des jeunes.

Danse avec les loups
Un film fascinant sur la relation qu’entretenaient les colons américains avec les Premières Nations et la nature, durant la conquête de l’Ouest américain. Le film propose une réflexion sur l’impact d’un rapport de domination colonisateur versus celui d’une collaboration et du partage des connaissances.

Mission
Dans le même esprit que Danse avec les loups, Mission nous fait découvrir l’Amérique Latine au temps des Conquistadors et le rapport autocratique instauré auprès de natifs. Un film qui a eu un impact immense sur mon fils.

Autres films à découvrir
• Le seigneur des anneaux
• Le fabuleux destin d’Amélie Poulain
• Persépolis
• Le dernier des Mohicans
• The Way (sur le chemin de Compostelle)
• Les évadés
• Into the Wild (15 ans et plus)
• 127 heures (15 ans et plus)
• I AM
• The Corporation

© Mitsiko Miller, 2014. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants pour les aider à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Communication bienveillante, Non-violence, Parentalité positive et éducation bienveillante

Lâcher prise Vs laisser aller

par Mitsiko Miller, cpc

Pouvoir avecJe parle souvent de «lâcher prise» durant mes ateliers. Et souvent, les participants n’ont pas la même définition que moi: il est effectivement commun de confondre « lâcher prise » avec « laisser aller ». Ce sont pourtant deux gestes totalement différents.
Laisser aller suppose, selon moi, que nous tenons les besoins de nos enfants AU DÉTRIMENT des nôtres, en baissant les bras, dans l’impuissance et le déséquilibre. C’est le pouvoir SOUS. C’est dire avec une teinte de ressentiment : « C’est comme ça », « C’est une phase », « Je n’ai pas le choix… », ou « Je n’y peux rien… »

Lâcher prise est un acte de bravoure, de confiance et de force intérieure : celui de reconnaître que nous sommes importants ET que nous ne pouvons pas avoir le contrôle sur toutes les situations. C’est selon moi, le geste d’accepter ce que l’on ne peut changer. Et de changer ce qui est en notre pouvoir de faire.

Ainsi, nous restons dans le pouvoir AVEC où nos besoins AINSI que ceux de nos enfants sont considérés, sans attentes irréalistes, selon des stratégies qui tiennent compte de nos besoins ET ceux de nos enfants, dans la flexibilité et le choix.

Car même dans les situations les plus ardues, nous avons le choix. Nous avons le choix de changer de perspective, d’accepter ce qui est, sans s’écraser ET sans écraser l’autre.

Lâcher prise
Lâcher prise, ce n’est pas se montrer indifférent, mais simplement admettre que l’on ne peut agir à la place de quelqu’un d’autre.
Lâcher prise, ce n’est pas couper les liens, mais prendre conscience que l’on ne peut contrôler autrui.
Lâcher prise, ce n’est pas être passif, mais au contraire chercher principalement à tirer une leçon des conséquences inhérentes à un événement.
Lâcher prise, c’est reconnaître son impuissance, au sens où l’on admet que le résultat final n’est pas toujours entre nos mains.
Lâcher prise, c’est ne plus blâmer ou vouloir changer autrui et, au lieu de cela, choisir de consacrer son temps à donner le meilleur de soi-même.
Lâcher prise, ce n’est pas prendre soin des autres en faisant preuve d’une totale abnégation, mais se sentir concerné par eux.
Lâcher prise, c’est ne pas « assister », mais encourager.
Lâcher prise, c’est ne pas juger, et accorder à autrui le droit d’être humain, c’est à dire lui accorder le droit à l’erreur.
Lâcher prise, c’est ne pas s’occuper de tout ce qui arrive, et laisser les autres gérer leur propre destin.
Lâcher prise, c’est ne pas materner les autres, et leur permettre d’affronter la réalité.
Lâcher prise, ce n’est pas rejeter, c’est au contraire accepter.
Lâcher prise, c’est ne pas harceler, reprocher, sermonner ou gronder, et tenter de déceler ses propres faiblesses et de s’en défaire.
Lâcher prise, c’est ne pas adapter les choses à ses propres désirs, et prendre chaque jour comme il vient et l’apprécier.
Lâcher prise, c’est ne pas critiquer ou corriger autrui, mais s’efforcer de devenir ce que l’on rêve de devenir.
Lâcher prise, c’est ne pas regretter le passé, et vivre et grandir dans le présent pour l’avenir.
Lâcher prise, c’est craindre moins et aimer davantage.
Auteur inconnu

© Mitsiko Miller, 2014. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

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Arrête tes caprices!

par Mitsiko Miller

affiche BlogJe rencontre tant de parents qui, ne sachant que faire durant les crises de leur enfant, deviennent rigides et punitifs en espérant modifier le comportement de leur enfant.

C’est sans doute parce qu’ils ont peur de se faire juger dans leurs compétences de parent, face aux autres, ou encore, parce qu’ils ont « tout essayé » et rien ne semble fonctionner. Ils en viennent à avoir peur d’élever un enfant « capricieux » qui ne mûrit pas, qui sera violent, malgré tous leurs efforts.

Malheureusement, ce sont justement ces peurs qui les empêchent d’intervenir de manière efficace!

Un enfant qui fait une crise est un enfant en détresse.
Je répète:
un enfant
en crise
est un enfant
en détresse.

Allons plus loin: un parent en crise (qui tape, qui hurle, qui insulte ou qui punit) est un parent en détresse.
C’est un parent qui fait de son mieux, mais ne trouve pas d’issues bienveillantes pour se faire entendre.
Si nous disons à un parent en crise: « Arrête de faire tes caprices! »
il y a des chances qu’il vous envoie paître, sur le champ.
Pourquoi? Parce qu’une crise, c’est un débordement émotionnel qui dit: « Je n’en peux plus!!!! ».
Ce n’est pas un caprice.
C’est un langage un peu maladroit (quand même!!!) pour exprimer un trop-plein.

Et c’est pareil pour les enfants.

Surtout, les petits enfants qui ont besoin de beaucoup de soutien des adultes pour s’autoréguler.

Lorsqu’on dit à un enfant: « arrête tes caprices!!!! », il y a des chances qu’il réagisse de deux façons:

  • Il aura peur qu’on lui retire de l’amour et choisira d’enfouir ses émotions, au fond de lui. Le résultat étant que cette émotivité s’accumulera et explosera (« Je te déteste! », agressivité, coupure des sentiments) et/ou implosera (« Je suis nul », impuissance, insomnies, symptômes et maladies psychosomatiques) à un moment inattendu.
  • Il hurlera plus fort en insultant, en frappant, ou en cassant tout sur son passage, jusqu’à en pleurer de rage pour s’assurer d’être entendu.

Guider pour s’épanouir est essentiel
En tant qu’adultes et parents, c’est notre rôle d’accompagner les enfants et les aider à exprimer leurs besoins avec plus de respect et de considération, au fur et à mesure qu’ils grandissent.

Mais peu en sont capables: lorsque les adultes voient des enfants donner des coups, faire des crises ou insulter, plusieurs se sentent choqués, impuissants, stressés, inquiets, jugeant inacceptables ces comportements. Résultat: ils se fâchent, désespèrent, crient, insultent à leur tour, punissent, se refermant dans un cycle de reproches, de jugements, d’indignation et de désespoir – sans jamais trouver de véritables solutions (à long terme) aux défis rencontrés.

Agir ainsi nous empêche d’avoir la présence empathique, qui permettrait justement aux enfants de s’affranchir de leur émotivité, de trouver des solutions et de grandir émotionnellement.

Nos enfants ont besoin de nous pour s’autoréguler petit à petit, pour se découvrir, s’ancrer, se sentir en sécurité, s’épanouir, être informés de l’impact de leurs gestes sur les autres, parfois être redirigés, nous voir intervenir en cas de danger, réfléchir, apprendre à mieux gérer leurs émotions à leur rythme, trouver des solutions réalistes et durables et se voir compétents et capables.

Êtes-vous détective en besoins?
Essayez-vous de comprendre quel besoin motive les crises, les pleurs et comportements de votre enfant?
Au même titre que les pleurs d’un bébé, un comportement est un mode de communication qui exprime (souvent maladroitement) un besoin. Les comportements nous renseignent sur ce qui touche profondément cette personne et ce qu’elle n’arrive pas à exprimer clairement (et avec respect).

Apprendre à communiquer est tout un art qui prend de la pratique, de l’observation, et surtout des outils pour apprendre à décoder, comprendre, désamorcer des crises, parler authentiquement et trouver des solutions bienveillantes qui marchent pour tous.

Apprenons à être détective en besoins: cherchons à comprendre pourquoi nos enfants ont des comportements désagréables et quels besoins ils tentent maladroitement d’exprimer, pour pouvoir les aider à ajuster le tir, une prochaine fois.

LES CLASSIQUES
Bouder, attitude négative, lassitude
Comportements traduits en phrases:
« De toute façon, tu t’en fous de ce que je pense. Pfff! »
« Tu ne m’écoutes pas, alors je décroche »
« Je suis triste et je ne veux pas me montrer vulnérable devant toi »
« Je n’ai pas confiance qu’on me considère vraiment »
Besoins possibles derrière les comportements: Confiance en l’autre, espoir, écoute (être entendu), empathie (être vu et compris), compétence (se sentir capable), contribution (vouloir mettre ses compétences à profit), sens de sa valeur.

Taper, frapper, pousser
Comportements traduits en phrases:
« J’ai besoin d’espace! Tasse-toi VITE!!!!!! »
« Arrête! Je ne sais plus comment te le dire!»
« J’ai de la peine!!!!! J’ai peur!!!!! »
« Oh, il réagit lorsque je tape. Hmmm… intéressant… »
« Je veux jouer avec eux et je suis trop gêné pour leur parler parce qu’ils m’impressionnent. »
Besoins possibles derrière les comportements: Espace, repos, calme, écoute, respect, considération, empathie, espoir, confiance, exploration du pouvoir et des réactions.

Opposition et lutte de pouvoir
Comportements traduits en phrases:
« Écoute-moi!!!! Je veux parler!!! Écoute-moi!!!!!! »
« As-tu pensé à moi? Suis-je important à tes yeux? »
« Je me sens attaqué et critiqué! Est-ce que tu m’aimes vraiment? »
« Je ne me sens pas compétent! »
« Ce n’est pas juste! »
« Je ne comprends pas la pertinence de ta demande. Aide-moi à comprendre les raisons de ta requête!»
Besoins possibles derrière les comportements: Écoute, considération, compréhension, sens, respect, amour, choix, autonomie, confiance.

Crises:
Comportements traduits en phrases
« Je suis fatigué et/ou j’ai l’estomac vide et/ou je suis trop stimulé: je me désorganise! »
« Lorsque j’entends NON, j’entends « tu ne m’aimes pas » »
« Trop de choix! Trop de responsabilités!!! Trop!!!! »
« Je vis trop d’émotions et je me sens submergé! »
Besoins possibles derrière les comportements: nourriture (faim), repos physique, écoute, empathie, sécurité (manque de repères), repos mental (sur-stimulation), connaissance (comprendre ce qui se passe), but (donner du sens), auto-empathie (se comprendre).

Maman, tu es méchante! Je te déteste!
Comportements traduits en phrases:
« Je suis triste et je veux de la tendresse! »
« M’aimes-tu? »
« Je t’aime, alors pourquoi on se fait de la peine? »
« Ne vois-tu pas que je fais de mon mieux? »
Besoins possibles derrière les comportements: Écoute, appartenance, compétence, empathie (être vu pour ses efforts et ses intentions), tendresse, douceur, chaleur, amour, confiance.

Cet enfant est un cas désespéré!
Comportements traduits en phrases
« Oh non!!!! C’est un futur criminel! Je suis terrifiée! »
« J‘ai tout essayé et ça ne marche pas! »
« Est-ce que ça sera toujours aussi difficile? »
« Qu’ai-je fait de travers pour que mon enfant soit si désadapté? »
« Je suis crevée et à bout de souffle!!! »
Besoins possibles derrière les comportements: Compétence, acceptation (résilience), écoute, soutien, repos, respect, considération, évolution (aller de l’avant), douceur, confiance (que mon enfant va s’épanouir dans le respect et la responsabilité), espoir.

Les besoins, une liste partielle

Bébé et bambin:
Amour, proximité, chaleur, eau, nourriture saine, évacuation, repos, sécurité, prévisibilité, tendresse, compétence, exploration, choix, repos, autonomie, respect du rythme unique de chacun, etc.

Enfant:
Amour, appréciation, prévisibilité, écoute, clarté, appartenance, choix, compétence, expression de soi, réassurance, acceptation (résilience), confiance, tendresse, repos mental, sécurité, contribution, etc.

Adolescent:
Amour, appartenance, choix, autonomie, liberté, expression de soi, confiance en soi, compétence, contribution, exploration, écoute, réassurance, valorisation, confiance, etc.

Parent:
Repos, douceur, amour, soutien, écoute, partenariat, partage, tendresse, considération, appréciation, reconnaissance, compétence, contribution, confiance, sens de sa valeur, partage d’une vision commune, appartenance, etc.

© Mitsiko Miller, 2014. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article

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Prendre soin de soi

Soindesoi_2par Mitsiko Miller, cpc

Lorsque nous prenons soin de nos enfants au détriment de nos propres besoins, nous devenons impatient, irritable et réactif.

Pour rester bienveillant, il est essentiel pour un parent de recharger ses batteries et remplir son réservoir émotionnel. Dans cet espace de zenitude et de compassion radicale pour soi, il est possible de trouver des solutions qui tiennent compte de ses propres besoins ET de ceux de ses enfants!

Tout le monde gagne lorsque nous prenons soin de nous ET de nos enfants
Nos habitudes et la société nous portent à croire qu’il est nécessaire de nous séparer de nos enfants pour combler nos besoins d’adultes… En réalité, il existe 4 milliards de stratégies pour le faire, dont la plupart tiennent également compte des besoins de proximité de nos petits chéris:

  • Faire la sieste en même temps qu’eux
  • Se servir d’un porte-bébé confortable (mes fils ont vécu dans le porte-bébé, les premières années de vie)
  • Lâcher prise du ménage parfait
  • Prioriser ce qui vous est vraiment essentiel et important
  • Lire un livre pendant que les enfants jouent
  • Écouter des livres audio ou de la musique ensemble
  • Chanter à en perdre la voix!!!!!
  • Faire du bénévolat et des actes de bienveillance avec eux
  • Marcher dans les bois
  • Écouter les oiseaux gazouiller
  • Danser, danser! Danser!
  • Grimper dans les arbres
  • S’émerveiller devant les petits « riens » de la vie
  • Faire de l’art et des tableaux de visionnements ensemble
  • Se chahuter et faire des batailles d’oreillers
  • Donner des câlins et s’échanger des bisous
  • Écouter les feuilles danser dans le vent pendant qu’ils jouent au parc
  • Faire un journal de gratitude pour soi et les autres
  • Faire les clowns et vivre un peu de légèreté
  • Cuisiner ensemble
  • Rire aux éclats
  • Faire du yoga ensemble
  • Méditer pendant qu’ils s’endorment dans vos bras
  • Aimer, aimer, aimer et aimer encore
  • Et aimer un peu plus, encore :)

© Mitsiko Miller, 2014. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants pour les aider à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

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Vivre avec la sensibilité

Maman, il y a des moments où je ne suis plus capable de gérer mes émotions. Il y a trop plein de choses à l’intérieur de moi. Ça explose comme un volcan et il faut que ça sorte! – Henri

Dalai Lamapar Mitsiko Miller, cpc

J’avoue, je suis hypersensible. J’ai longtemps refusé qu’on me qualifie ainsi parce que je n’aime pas porter des étiquettes: j’aime être vue pour mon caractère unique et surtout, que l’on reconnaisse que je ne suis pas un être X avec des caractéristiques x,y,z , mais un être qui évolue à chaque moment. Et chaque moment est différent.

En même temps….
Ceci semble être une constante dans ma vie et puis, comment puis-je décrire mon quotidien et communiquer mon ressenti intense à quelqu’un qui ne comprend pas ce que je vis intérieurement?

J’ai décidé d’adopter cette étiquette, il y a plus d’une décennie, lorsque j’ai lu le livre d’Elaine E. Aron, Ces gens qui ont peur d’avoir peur, décrivant presque mot pour mot, mon vécu (oui, je parle ENCORE d’elle!)

Une chose que j’ai apprise avec l’expérience, c’est que les enfants et les personnes sensibles ont des antennes bien aiguisées, captent davantage leur environnement et absorbent tout, comme des éponges ultra efficaces.

Rien ne semblent leur échapper: les stimuli, les détails hyper spécifiques que personne ne remarque, le trou dans le chandail de la personne à côté d’eux, la tristesse du petit garçon dans le métro, le cycle de vengeance entre deux élèves, l’odeur des noix rôties qui leur rappelle un souvenir vif, le bruit des néons, la grive des bois qui chante à un kilomètre de là, les émotions des autres, les couleurs, les sons, les odeurs, les intentions, les images, les concepts… Ouf.

Et parce qu’ils ressentent beaucoup de choses, vivre au quotidien peut être un défi extrême. Comment gérer le flot incessant d’informations? Comment garder son équilibre? Comment rester zen? J’ai remarqué que lorsque sensible, il est davantage important d’évacuer, de trier, de faire le point pour se libérer mentalement et pour créer de l’espace intérieur, en vue de gérer le quotidien avec la paix intérieure.

Parce que ce blogue se consacre à la vie familiale, je vous fais part de trucs que j’ai développés pour vivre avec des enfants sensibles.

Le défi d’être un garçon hypersensible
Avant de commencer, je veux parler des garçons hypersensibles. Dans son livre The Mama’s Boy Myth, Kate Stone Lombardi fait remarquer que la recherche scientifique considère que les bébés garçons sont plus sensibles et vivent plus d’anxiété de séparation (et plus longtemps) que les filles. Elle urge donc les parents de garçons à cultiver leur vie émotionnelle et à honorer leur besoin de proximité (peu importe ce que la psychanalyse préconise et tous les « experts »), pour qu’ils puissent s’épanouir dans notre monde hyper stimulant et hyper rapide.

Tout comme moi, Lombardi en vient à un triste constat: avoir garçon sensible et à l’écoute de ses émotions le confronte à des situations déstabilisantes: il se fait souvent étiqueter de «fils à maman» ou d’enfant trop sensible, qu’il faut endurcir à tout prix.

Dans un monde où on encourage l’expression d’un type de leadership quasi monolitique (être dans l’action, guerrier, sociable, winner, flamboyant, souriant par défaut et malgré tout, stoïque et extraverti), être « sensible », « réservé » et/ou « introverti » peut être perçu un défaut de fabrication: montrer des émotions autres que la « joie » (et attention, une joie « retenue » et exprimée selon les règles acceptables dictées par la société), est souvent interprété comme de la faiblesse de caractère…

Même en 2014, nous sommes confrontés à des croyances populaires profondément ancrées chez les adultes, les professionnels de l’enfance, les éducateurs, les parents et même les enfants, qui pensent que la solution est de forcer une autonomie précoce au nom de la « socialisation »- favorisant ainsi le déni de la vie émotionnelle des enfants et de leurs besoins (proximité, confiance et sécurité émotionnelle) pour qu’ils deviennent des « hommes forts, », « des vrais de vrais » (ça veut dire quoi, au juste?).

On encourage la coupure des émotions, le manque d’écoute à ses besoins, et donc le manque d’empathie et le stoïcisme… Bref, des habitudes relationnelles qui entretiennent le manque de communication déjà fort présente dans ce monde où adultes et enfants ne possèdent pas les outils nécessaires pour s’entendre, se comprendre, dialoguer, se respecter et vivre en harmonie (et, la plupart se retrouvent dans mon bureau pour réapprendre à s’écouter).

Ne voit-on pas l’importance de cultiver la vie émotionnelle, en constatant le nombre croissant de fusillades initiées par des enfants? Que dire de la violence entre enfants? Ce sont des cris du cœur qui articulent un mal-être profond qui hurle: «J’ai mal! Aidez-moi! Je ne sais pas quoi faire!»

Aidons-les à s’épanouir… Aidons-les à articuler leur malaise et à s’ouvrir à d’autres stratégies plus constructives.

Je vous invite à regarder cette vidéo sur l’impact des croyances culturelles sur la vie émotionnelle des garçons, Le masque que nous portons:

La socialisation à tout prix… et à quel prix???? 
Au sujet de la « socialisation »…. Gordon Neufeld dans son livre Retrouver son rôle de parent démontre les conséquences néfastes d’une socialisation précoce et forcée sur les enfants, sans considérer leurs besoins essentiels de sécurité émotionnelle, d’attachement et d’appartenance.

Pourquoi regrouper des enfants qui, pour la plupart, ne savent pas encore communiquer avec soin et respect, et qui ont, surtout, un grand besoin d’attachement (sécure) qui ne sera pas comblé dans un grand groupe? Moi, je préfère cultiver la relation avec bienveillance et favoriser le dialogue collaboratif plutôt que d’être très entourée de personnes, au nom de la « socialisation », sans savoir comment rentrer véritablement en lien avec les autres, dans le respect et la coopération. Je vous laisse réfléchir à cette question…

Quel étonnement je vis en pensant qu’il y a quelques années, mon fils se faisait traiter de «mauviette» par les autres enfants de l’école et de « vraiment trooooop sensible » par les adultes de l’établissement parce qu’il osait exprimer librement ses émotions? Il a vite compris que dans ce milieu, se montrer vulnérable était synonyme de faiblesse. Parce qu’il cultive son intelligence émotionnelle, il a su trouver ses propres solutions réalistes pour changer ce qui était en son pouvoir de faire: il s’est adapté à la réalité qu’il vivait et a choisi de ne se révéler qu’aux personnes ouvertes à l’entendre. Et elles sont rares…

Accompagner notre enfant à travers ses émotions
Les enfants sensibles ont une vie intérieure extrêmement riche et fertile (comme tous les enfants, vous me direz…) et ont davantage besoin de comprendre leur ressenti pour apprendre à transformer leurs émotions et à cheminer vers l’autorégulation, à petits pas.

Mais bien des parents ont peur d’accueillir les émotions intenses de leurs enfants parce que c’est très confrontant et ça demande un immense travail de croissance personnelle et d’autorégulation pour les parents.

Pourquoi certains croient que vivre de la colère ou de la tristesse est mauvais? Parce que c’est une croyance bien ancrée dans notre société.
Très ancrée…

:S

Il nous est difficile d’accompagner l’enfant à travers leurs peines et frustrations sans incommuniquer (nier, prendre l’émotion de l’autre sur nous, sympathiser, ignorer, vouloir faire à leur place, vouloir épargner des malaises, minimiser, donner des conseils ou donner des solutions « toutes les tailles ») car nous ne savons pas quoi faire. La plupart de nous fuyons la colère ou la peine comme la peste, car nous pensons que c’est mauvais de faire endurer sa colère et sa peine aux autres… Alors, la plupart de nous refoulons… Nous nous coupons de notre ressenti et bloquons nos propres émotions, autres que la joie et l’enthousiasme (qui DOIT, en plus, s’exprimer d’une CERTAINE manière, sans intensité, et sans trop d’éclat pour ne pas indisposer). Bref, nous ne savons donc pas comment transformer notre propre colère et notre propre tristesse… Alors comment pouvons-nous accompagner nos enfants, hein?

Pourtant, le ressenti de nos enfants et le nôtre, dans toute sa richesse, est bien réel et a besoin d’être entendu.

Nous gagnons tous à développer notre intelligence émotionnelle…

Pourquoi? Pour se soulager, pour mieux se connaître, pour développer la résilience, le détachement et pour trouver des solutions réalistes à nos défis, un problème à la fois.

La Communication NonViolente est merveilleuse pour aider un enfant (et un adulte!!!) à mieux comprendre ce qu’il/elle ressent, s’affranchir de sa réactivité et trouver des solutions respectueuses de tous. J’utilise les cartes de sentiments et de besoins (je vais en produire prochainement!)  que j’ai fabriquées moi-même, pour faciliter l’intégration de ce processus, avec mes enfants.

Remplir le réservoir émotionnel
Les enfants ont besoin de sentir qu’ils appartiennent à leur clan et qu’ils sont aimés tels qu’ils sont – et non pour ce qu’ils font. Multiplier les moments de tendresse et de partages chaleureux remplit leur réservoir affectif et fortifie la relation d’attachement, l’estime de soi et la capacité à la résilience – aussi bien pour le parent que pour l’enfant. C’est ainsi que la complicité et la coopération sont entretenues, selon moi.

Du temps de relaxation pour récupérer
Un enfant sensible a besoin de repos mental pour récupérer. Un moment calme en revenant de l’école et/ou d’une activité stimulante, aide à se vider et à retrouver l’équilibre. Exemple d’activités: méditation, acupression, brain gym, yoga, se faire un fort avec les coussins du canapé, se couper des stimuli dans une tente, se mettre des coquilles anti-bruit en lisant, jouer dehors, aller dans la nature, colorier des mandalas ou en faire dans la nature, dessiner, jouer avec de la pâte à modeler et avoir des moments sans écran.

Vider le trop-plein: faire des retours sur la journée
Poser des questions qui permettent de faire le point sur la journée de votre enfant, puis l’inviter à écrire (ou dessiner) un journal, dès 7 ou 8 ans
-Qu’est-ce qui a mis du soleil dans ta journée?
-Qu’est-ce qui a été dur et que peux-tu faire autrement pour éviter que cela ne se reproduise?
-Qu’est-ce que tu as appris à travers ses expériences?

Faire des rituels rassurants
La science affirme que les sensibles usent davantage de leur cerveau droit: on dit que c’est un mode de fonctionnement plus intuitif et créatif. Je me sers donc de cette imagination débordante pour mettre en place, selon les intérêts et l’univers uniques de l’enfant, un rituel rassurant qui l’aide à faire face aux craintes et aux angoisses.

Qu’est-ce que ses héros(ïnes) et personnages qu’il/elle admire feraient dans cette situation? Voici des idées: activer son pouvoir de super héros, utiliser une baguette magique, faire une potion de druide pour donner du courage, mettre des « pierres magiques » dans sa poche, faire une formule de sorcier pour contrer l’angoisse, créer une bulle de protection pour se sentir en sécurité – tout ce qui provient de son imaginaire, qui lui parle sincèrement et qui le/la rassure.

Fait vécu: à trois ans, mon fils a enfilé sa cape et son masque de Batman tous les jours: s’habiller en super héros l’aidait à faire face aux défis du quotidien. Oui, j’allais au parc, à l’épicerie et dans le métro avec mini Batman, tous les jours! :)

Faire des rituels de séparation: tisser le fil d’amour
Les enfants sensibles ont encore plus besoin de sentir notre présence et de notre soutien, peu importe où ils/elles se trouvent. En créant un pont avec notre enfant durant les séparations (travail, nuit, école, garderie), nous consolidons le lien (ce que j’appelle le « fil d’amour ») qui nous unit et leur rappelons que nous sommes leur port « d’attachement »:
-« Je te souhaite une bonne journée. Je viens te chercher à 3 heures. Mon cœur est toujours avec toi. J’ai hâte de construire la maison de Lego avec toi, après la collation. »
-Dessiner un cœur sur sa main: « Tu es toujours dans mon cœur, peu importe où tu es.»
-Lui donner un bracelet ou un foulard imprégné de notre odeur qu’il/elle porte (les enfants vivent davantage à travers leurs sens), s’il/elle est encore petit(e) lorsque vous vous séparez.

Rappeler les responsabilités de chacun

Je t’aime même quand tu ressens de la colère. Je t’aime même lorsque je ressens de la colère ou de la tristesse. Tu es toujours aimé. Je n’aime pas toujours tes comportements, mais toi, je t’aime toujours. Tu es toujours digne d’amour.

Je remarque que les sensibles ont plus tendance à se croire responsables des sentiments des autres et à s’inquiéter pour tous les êtres de l’univers à qui ils souhaitent le bien-être.

Une manière d’aider ces enfants à mieux vivre, est de leur rappeler qu’il y a des problèmes qu’ils n’ont pas à résoudre et dont ils ne sont pas responsables. Ils n’ont pas à nous sauver, ou à sauver toute la planète. Ils n’ont pas à régler tous les problèmes de l’univers.

Ce qu’ils peuvent faire, c’est soutenir le changement, à la hauteur de leurs capacités. Ils peuvent nous soutenir aussi, lorsque nous avons des défis, en nous faisant confiance que nous sommes suffisamment « grands » et capables pour trouver nos propres solutions.

Et que, oui, ce nuage va passer. Oui, nous y arriverons.

Ainsi, ils peuvent se reposer en notre présence, être des enfants, s’épanouir et être les merveilleux êtres uniques qu’ils sont.

© Mitsiko Miller, 2014. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

 Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Parentalité positive et éducation bienveillante

L’art de l’essentiel en famille

par Mitsiko Miller

Loreau_FR

Imaginez vivre avec l’essentiel. Aucun toutou, casse-tête ou pièce Lego (la pire torture est de marcher pied nu, sur un bloc :S) tapissant le plancher à ramasser. Aucun sermon à faire pour le rangement de jouets. Moins de petites culottes à plier, de repas complexes à préparer, moins de ménage, moins d’heures dans des files d’attente. Ah…. Imaginez des moments de véritable détente. Un pur délice. Le temps de s’étirer le matin en se levant (D’accord!! Oui, je rêve en couleur. C’est pratiquement mission impossible avec des petits enfants). Ne serait-ce pas magique et merveilleux?

C’est pourtant quelque chose que nous pouvons aisément faire en choisissant de vivre simplement. Moins de bébelles. Moins de vêtements. Moins de jouets. Moins de vaisselle. Moins d’activités. Plus de paix et de temps pour souffler au quotidien!
Selon Dominique Loreau, grande dame de la simplicité et auteure de L’art de l’essentiel, le minimalisme nous permet, entre autres, de ralentir notre rythme de vie, de rester centré et de vivre plus de bonheur. En somme, goûter à la douceur, la légèreté et la tranquillité d’avoir l’esprit libre de tracas, de stress et de choses à faire.

L’art du mujo
L’art de la simplicité selon l’auteure, c’est choisir de vivre avec peu et réviser notre rapport avec soi et les choses, selon le précepte zen du mujo:
• Vivre de façon naturelle, libre de tout poids excessif
• Dépenser notre argent avec style et raffinement
• Ne pas laisser la banalité du quotidien nous démunir du sens de la vie
• Développer nos propres goûts et redécouvrir notre propre créativité
• Supprimer tous les détails encombrants de la vie, vivre avec authenticité en refusant l’artificiel, les tensions et tout ce qui dilue notre énergie et éparpille notre pensée

Vivre plus avec moins : épurer
Si je vous ai donné le goût de vous lancer dans la lecture des livres de Loreau, je vous préviens tout de suite : vous aurez sans doute une folle et incontrôlable envie de vous débarrasser radicalement de tout le superflu que vous possédez dans votre maison et votre vie.

Se débarrasser du superflu : faire le tri
14539997_4213475Avez-vous vraiment besoin de 4 sets de vaisselle? Vingt-sept vestes? Trois paires de bottes? Dix bibelots qui accumulent la poussière? Vos enfants ont-ils vraiment besoin d’accumuler tous les Trashpack ou tous les livres de la collection de livres du Chat assassin? N’est-ce pas plus de choses à ranger, nettoyer et gérer?

Voici les conseils de Loreau :
• Conservez que ce qui est exactement ce que vous voulez et que vous aimez pleinement
• Soyez conscient de ce qui vous est vraiment nécessaire
• Faites l’inventaire des choses inutiles dont vous ne vous servez pas
• Ne gardez que l’essentiel, le pratique et le beau
• Dressez des listes de ce qui sera donné, vendu, jeté ou offert à ses amis

La lecture de son livre L’art de l’essentiel nous invite à plonger à l’intérieur de soi pour se poser des questions profondes au sujet de notre relation avec soi et le monde dans lequel nous vivons. Au même titre que la Simplicité volontaire de Serge Mongeau a été une lecture qui a radicalement influencé mes choix de vie, L’art de l’essentiel fait le point sur la façon de consommer. Dans mon cas, la lecture a permis d’approfondir ma réflexion sur ce que nous souhaitions véhiculer comme valeurs à nos enfants et comment les sensibiliser davantage aux méfaits de la surconsommation.

Mes suggestions pour sensibiliser nos enfants à la consommation
• Faites de listes de souhaits plutôt que d’acheter sous l’impulsion du moment.
• Ne gaspillez pas. Congelez les restants d’un repas, donnez vêtements et objets superflus à des amis qui sauront les apprécier.
• Invitez la réflexion: pourquoi ai-je envie d’acheter cette chose? Que m’apportera-t-elle de plus? En ai-je réellement besoin?
• Utilisez le principe « un objet rentre, un objet sort » et invitez vos enfants à bien y réfléchir avant d’acheter quelque chose de nouveau.
• Parlez de publicité avec vos enfants : son but est ultimement de vendre des produits – souvent, en créant de faux besoins.
• Parlez des effets de la surconsommation dans le monde et de son impact sur notre planète. Je recommande de visionner L’histoire des choses sur YouTube avec eux.

• Faites des rotations de jouets à toutes les saisons en rangeant une partie dans un placard.
• Organisez des ventes de garage avec vos enfants pour qu’ils trouvent joie et plaisir à vivre avec moins: se débarrasser d’anciens livres et de jouets qui ne leur plaisent pas pour acheter avec leur gain, un seul objet qu’ils veulent mais, vraiment.

© Mitsiko Miller, 2014. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Communication bienveillante, Parentalité positive et éducation bienveillante

Suivre son coeur

par Mitsiko Miller, cpc

rooseveltUn jour, alors que je faisais des courses avec mes enfants, nous avons entendu un bébé de 8 ou 9 mois hurler à s’époumoner dans la section fruits et légumes. Mes enfants ont accouru vers le petit pour répondre à ses pleurs.

Décoder les pleurs et les comportements
Parce que, oui, dans notre famille, nous avons la ferme conviction qu’un bébé communique avec les outils qu’il possède: par ses pleurs et, plus tard, par ses comportements. Les pleurs peuvent dire tant de choses, lorsque nous prenons le temps de les décoder : «J’ai besoin de tendresse», «J’ai froid», «J’ai faim», «J’ai peur», «J’ai mal». Lorsque nous écoutons attentivement et prenons le temps d’observer, nous remarquons alors qu’un bébé exprime très clairement ses besoins. Mais parfois, nous ne comprenons pas ni ne pouvons empêcher les pleurs : entre autres, lorsqu’ils sont fatigués ou qu’ils ont des «coliques». Dans ce cas, notre présence empathique, notre voix douce et la chaleur de nos bras les soulagent et les rassurent.

C’est ainsi que mes enfants ont été élevés et c’est la raison pour laquelle ils ont bien du mal à saisir pourquoi un parent ne répondrait pas aux pleurs de son bébé.

Bien sûr, il y a une myriade de raisons pour lesquelles les parents y deviennent moins réceptifs. Certains se sentent dépassés, épuisés ou stressés parce que leur enfant pleure beaucoup, ou parce qu’ils n’ont pas beaucoup de soutien autour d’eux. Par survie, ils font le choix de se donner un peu de répit.

En revanche, d’autres croient que c’est ainsi «qu’il faut faire», parce que cette pratique commune est encouragée pour éviter de « gâter » le bébé. Ma compréhension de l’idéologie derrière cette croyance repose, entre autres, sur le postulat behavioriste de John B. Watson supposant qu’un être humain doit être conditionné par son environnement (comme en témoigne la célèbre expérience menée par ce psychologue sur le (pauvre!) petit Albert B. en 1920).

La recherche actuelle prouve très souvent le contraire (car les recherches sont souvent faites en fonction des croyances des scientifiques émettant ces hypothèses). En somme, la tendance actuelle des recherches est vers la reconnaissance de la vie émotionnelle du bébé, que nous découvrons petit à petit depuis vingt ans, à travers l’intelligence émotionnelle et la neuroscience. Dans cet esprit, le neuropsychiatre Daniel J. Siegel démontre dans ses livres que d’être à l’écoute des besoins de son bébé et de soi encourage la relation d’attachement, aidant l’enfant à développer son autonomie et à son intelligence émotionnelle .

Un enfant émotionnellement intelligent
Selon John M. Gottman, ambassadeur de l’intelligence émotionnelle, le début de l’apprentissage de l’intelligence émotionnelle des enfants commence à la naissance : «Même lorsque les bébés sont encore dépendants, les parents peuvent inculquer l’importance de l’intelligence émotionnelle. Par notre réponse à leurs pleurs, le nourrisson comprend que toute émotion possède un dénouement, qu’il est possible de passer d’une émotion de détresse, de colère et de peur à un sentiment de confort et de rétablissement. Les bébés dont les besoins ne sont pas satisfaits, ont, dans leur cas, peu de chance d’apprendre. (…) Ils rentrent souvent dans un état passif et non-expressif la plupart du temps. Mais lorsqu’ils se fâchent, ils manquent de contrôle de soi, car personne ne les aide à cheminer d’un état de détresse vers un état de confort. Personne ne leur a appris comment se réconforter par eux-mêmes.»

Guider avec amour
J’estime, en effet, que notre rôle de parent n’est pas d’ignorer les communications de nos enfants, mais de les guider avec amour : les soutenir et les aider à se découvrir pour mieux se comprendre, s’épanouir et choisir des moyens de communiquer plus adaptés à la vie en groupe et à la société – en fonction de leur âge et de leur unicité .
Nous, les parents, sommes des phares qui accompagnons notre enfant vers l’autonomie et la responsabilisation en fonction de leurs capacités personnelles, leur tempérament et leur niveau de maturité développementale. Selon moi, la nature joue en notre faveur : elle nous a dotés d’une intuition parentale qui nous aide à rester à l’écoute, dans la flexibilité et l’ouverture. Nous pouvons ainsi accompagner nos enfants pour que la famille (parents et enfants) développe sa résilience face à ce qu’elle ne peut pas changer et apprenne à s’ajuster ce qu’elle peut « changer », dans le respect et l’équilibre de tous.
Je crois qu’un enfant qui a été entendu et dont les besoins sont pris en considération possède une confiance en soi et en son parent qui lui permettent de grandir à son plein potentiel: explorer le monde et bâtir la charpente de son être unique. Du moins, c’est mon expérience et celle de bien des familles autour de moi.

Attachement et bienveillance, les mal compris de la parentalité
L’ennui, c’est que cette vision de la parentalité est souvent mal comprise. Il y a tant de parents, qui, au nom de la parentalité proximale, répondent aux besoins de leur bébé au détriment des leurs, et finissent par s’épuiser. L’attachement proximal est difficile à appliquer parce qu’il demande de penser autrement. Mais vraiment. Il demande de la réflexion, du recul, de la créativité (focaliser sur l’apprentissage et non sur les erreurs que nous faisons), de l’investissement en temps pour trouver des solutions qui tiennent compte des besoins des parents ET des enfants. Il demande souvent que nous pensions hors du cadre : essayer, ajuster, réessayer, écouter, observer, être plein de compassion pour soi, se pardonner, questionner, faire le bilan de ses valeurs senties, apprendre à demander du soutien autour de soi et à communiquer pour trouver des solutions réalistes et concrètes pour créer l’environnement favorable pour SA famille unique.

Il en est de même avec la bienveillance et la parentalité positive. Elles sont souvent confondues avec le laxisme parce que plusieurs parents trouvent difficile d’accompagner leurs enfants émotionnellement et certains ne font pas la distinction entre «besoin» et «désir».

Comment gérer la colère? Quand dire «non»? Comment? Quand est-ce que mon enfant pleure de détresse? Quand est-ce tout simplement une déception de n’avoir pas pu combler ses désirs du moment? Un parent qui sonde son cœur, se fait confiance, connaît les préférences de son enfant ainsi que les siennes et connaît bien ses limites authentiques, sera en mesure de faire la distinction.

La voie du cœur, le chemin d’une vie
Ouf, vous me direz… Quel contrat!
Oui, c’est un investissement de longue haleine. C’est le chemin du cœur : une manière de vivre qui nous mène souvent hors des sentiers battus (et hors de notre zone de confort) en poussant la réflexion et notre cohérence intérieure toujours un peu plus loin.
Réflexion, comme…
Qu’est-ce qu’un désir? Une manière spécifique de combler un besoin. Comme, manger un biscuit. Quel est le besoin rattaché à cette stratégie? Manger.
Est-ce notre rôle de combler les désirs de nos enfants? Non.
Mais un bébé peut-il avoir des désirs? Je crois qu’un bébé est dépendant de nous, point final. Un bébé a besoin de nous pour satisfaire ses besoins et possède des capacités plus limitées qu’un enfant de quatre ans… Guidons nos enfants vers l’autonomie en fonction de leur capacité!
En grandissant, un enfant sera physiologiquement apte à attendre davantage et se sentira suffisamment entendu pour accepter de coopérer avec joie et même d’entendre un «non», même s’il proteste. Il sera capable d’être accompagné à travers sa colère et sa déception pour trouver une stratégie acceptable pour tous pour considérer les besoins derrière ses désirs. Tout cela dans le respect, la présence et la dignité pour tous.

Dilemme: appréciation ou intuition?
Mais revenons à cette maman. La mère continuait à faire ses courses en laissant son enfant pleurer dans la poussette, l’air nerveux. Elle fut extrêmement surprise de voir mes enfants faire des bouffonneries pour lui changer les idées.
J’imagine qu’elle luttait intérieurement entre son besoin d’approbation auprès des autres pour montrer ses compétences de mère et son envie de prendre son fils dans ses bras. Je voyais à quel point elle souffrait intérieurement face à ce dilemme, et son inconfort était palpable dans l’air. C’est pourquoi, lorsqu’elle a croisé mon regard, je lui ai fait un sourire signifiant « C’est difficile ce que tu vis! Tu te cherches et tu trouveras ta propre voie en temps et lieux. Fais-toi confiance, ma chère. »

Parent naissant, explorez votre voie unique!
Lorsque nous sommes parent naissant, nous expérimentons, nous tâtonnons parfois dans toutes les directions. Je me souviens de cette période où, encore jeune maman, je me cherchais. Qui suis-je? Qu’est-ce que je souhaite pour mes enfants? Quel est mon rôle de maman? Dois-je répondre aux pleurs de mon bébé? Il m’est arrivé d’essayer des techniques absurdes de contrôle de comportements apprises dans des livres, lorsque mon fils faisait des crises et que je ne savais pas trop quoi faire. J’ai très vite compris que ces techniques «toutes les tailles» allaient à l’encontre de mon intuition et nourrissaient mon sentiment d’impuissance face à ce que je vivais. Et je ne me sentais vraiment pas bien à appliquer une méthode qui ne me ressemblait pas.

Faites-vous confiance, écoutez votre cœur
La psychologue et représentante de la parentalité positive en France résume cette approche en une phrase : «Faites-vous confiance, écoutez votre cœur! »
J’ai mis du temps à me faire confiance : c’est en me questionnant et en observant ce qui ne marchait pas dans ma vie de parent et en ajustant mon tir que j’y suis parvenue. Je me souviens même d’avoir menti pour qu’on me laisse tranquille, car la pression était trop forte !
Je me souviens de tous les conseils confondants que tout passant se permettait de me lancer, des regards désapprobateurs, des jugements qui fusaient dans toutes les directions, peu importe ce que je faisais. Des conseils à en plus finir sur le sommeil, la discipline, le type de chaussures à acheter, les vitamines à prendre, les couches à acheter, les livres à lire.
Ces moments d’embarras et d’inconfort ont été très constructifs pour moi, car ils m’ont aidée à me poser des questions fondamentales: Qu’est-ce que je veux véhiculer à mon enfant? Comment puis-je l’aider à devenir un jour un adulte équilibré, épanoui et responsable?
Ils m’ont aidée à mieux me connaître et à devenir plus confiante dans mes compétences; bref, écouter mon cœur et poser des gestes en alignement avec mes valeurs à moi.
Et lorsque je vois mes grands enfants si empathiques et éveillés, je me dis: ça en valait vraiment le coup!

© Mitsiko Miller, 2014. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

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Références :
• Isabelle Filliozat, Au cœur des émotions des enfants
• John M. Gottman, Raising an Emotionally Intelligent Child
• Daniel J. Siegel, Parenting from The Inside Out
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Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Communication bienveillante, Parentalité positive et éducation bienveillante

Permissif? Non! Férocement non-violent!

MBRpar Mitsiko Miller

Hier soir, j’ai participé à une discussion ouverte sur l’action sociale et la parentalité offerte par une université montréalaise.
Une femme a fortement réagi à mes propos lorsque je parlais de l’importance de créer un milieu où la paix est intégrée au quotidien: «Mais on doit défendre des droits et, non parler de paix! Et mon enfant, à moi, je la confronte!!»


Ce à quoi j’ai rétorqué: «Pensez-vous que la non-violence est mielleuse? Il n’y a rien de plus FÉROCE que la non-violence (et également respectueuse…).»

Elle m’a regardé avec étonnement.

Tant de gens ont la croyance que la NV est douce et passive. Tant de gens la confondent avec « sacrifice de soi ». Tant de gens pensent que la NV, c’est éviter d’intervenir et de confronter.
:S

Tant de gens imaginent que la NV, c’est écouter les désirs de nos enfants, les laisser faire tout ce qu’ils veulent, accepter de sacrifier nos besoins de paix, de respect et de joie pour que nos enfants se sentent libres et heureux (et pas nous…).

Ben non.

Ça, ce n’est pas, selon moi, de la non-violence.

J’appelle cela de la permissivité.

Tout le monde est perdant, dans ce cas.
Car nous accumulons de la colère, de la frustration et du ressentiment à s’oublier, soi. Et nos enfants vont payer pour, car en s’oubliant, nous ne faisons que garder la frustration et le ressentiment à l’intérieur…. Et elle sortira tôt ou tard, lorsque nous ouvrirons enfin les valves après nous être « retenus » pendant trop longtemps: en colère, en crise, en bouderie, en ressentiment, en désespoir, en hurlements ET avec une intensité qui nous paraitra si étrange et si déplacée – dans des moments anodins. Souvent, avec une violence que nous regrettons profondément…

La non-violence, c’est l’habitude de voir l’humanité chez tous et apprendre à parler ouvertement de ce qui marche et de ce qui ne marche pas, en considérant les besoins de tous – incluant les nôtres: ce que nous appelons, le POUVOIR AVEC. C’est informer nos enfants de l’impact de leur comportement dans le but de s’épanouir et trouver, ensemble, des solutions plus bienveillantes, et non de punir et de faire la morale.
Tout le monde y gagne.
Lorsque nous tenons compte des besoins respectifs (et non des désirs…) de tous, nous cherchons des solutions qui marchent pour nous ET pour l’autre.
Sans compromis.

Il n’y a rien de mielleux à apposer l’opinion de quelqu’un et à tenir compte de ses besoins – dans l’amour de soi ET de l’autre.
Il n’y a rien de mielleux à dire NON  pour dire OUI à autres choses- avec amour et respect pour soi ET pour l’autre.

Exemple avec un jeune adolescent

-Je te déteste, t’es la pire mère du monde!!!!!!!
-Tu te sens en colère parce que nous ne te permettons pas d’aller au centre d’achat, tout de suite ?
-Tous mes amis ont le droit sauf moi!!! Mais avec toi, c’est toujours NON, madame Hitler!!!
-Oui, tu aimerais avoir plus de liberté? (besoin : liberté)
-C’est le goulag ici!
-Tu as l’impression que tu n’as pas assez de choix? (besoin : choix)
(relâchement)
-Ouais.
-Ceci me tient à cœur. Tu veux bien qu’on explore d’autres possibilités ensemble? Je voudrais aussi que nous parlions de manières pour toi d’exprimer ta colère avec respect.
-Gmpffffff. Ok. Désolé.

P.S. 1 On m’a demandé: « N’est-ce pas utopique, comme dialogue? Voire, impossible? » Effectivement, c’est fort peu probable que votre enfant soit aussi coopératif s’il n’a pas beaucoup vécu l’expérience d’être entendu et considéré. Surtout s’il n’a pas confiance que vous considérerez VRAIMENT ses besoins. Lorsque le lien et la confiance sont forts, ce dialogue n’a rien d’utopique. :)

P.S. 2 Pour répondre à une question concernant la CNV… Selon moi, ce n’est pas un langage, mais une qualité de présence. Vous pourrez utiliser tout le langage CNV que vous voudrez… Tant que la présence et la bienveillance ne seront pas au RDV, ça sonnera faux. Surtout pour des enfants qui sentent le « clinquant » à des km à la ronde ;)

Au sujet de la réactivité des enfants et du respect
Je rajoute un point essentiel ici, suite à la lecture d’un commentaire de lecteur.

Les neurosciences nous éclairent de plus en plus sur le développement du cerveau: les enfants expriment des émotions intenses par biologie, et non par volonté. Leur cerveau est en croissance jusqu’à 25 ans. Les moments les plus intenses sont entre 0 à 5 ans ET à l’adolescence. Nos enfants ont besoin d’un accompagnement pour intégrer l’autogestion qui, selon moi, se fait à petits pas, au rythme de leur développement physiologique. Cette autogestion commence par l’exemple que NOUS donnons. :)

Oui, certains enfants s’expriment plus calmement, très jeunes. La plupart ont besoin de bien plus de soutien lorsqu’ils sont petits, pour y arriver. Et plus ils grandissent, plus ils sont en mesure de s’autoréguler – lorsqu’ils ont des parents pour les guider.

C’est pour cela que je prône l’accompagnement émotionnel, qui, au lieu de juger les comportements des enfants, leur offrent de la perspective et de l’aide pour devenir de plus en plus conscients de l’impact de leurs gestes sur les autres, sur leur environnement et pour s’épanouir dans le respect de tous.

Cela se fait en utilisant de la prévention, des retours sur situation, de l’introspection, des exercices d’intelligence émotionnelle, des ententes familiales, de la résolution de problèmes et des conseils de coopération.

© Mitsiko Miller, 2014. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

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Baume pour le coeur, Parentalité positive et éducation bienveillante

L’homme qui plantait des arbres

gionopar Mitsiko Miller, cpc

« Quand je réfléchis qu’un homme seul, réduit à ses simples ressources physiques et morales, a suffi pour faire surgir du désert ce pays de Canaan, je trouve que, malgré tout, la condition humaine est admirable. Mais, quand je fais le compte de tout ce qu’il a fallu de constance dans la grandeur d’âme et d’acharnement dans la générosité pour obtenir ce résultat, je suis pris d’un immense respect pour ce vieux paysan sans culture qui a su mener à bien cette œuvre digne de Dieu. »

C’est le dernier paragraphe de la nouvelle de Jean Giono, L’homme qui plantait des arbres. On dit d’elle qu’elle est une parabole écologique. Pour moi, cette histoire évoque surtout l’importance de l’action positive, des petits gestes au quotidien – empreints de convictions – qui, à la longue, transforment le milieu dans lequel nous vivons.

Elle rappelle que dans mes moments de découragement, lorsque je me sens paralysée de tristesse en constatant comment bien des adultes (bien intentionnés) traitent les enfants, il est en mon pouvoir de faire quelque chose. Je peux mettre mes convictions en action: celles de voir et d’apprécier la sagesse des enfants – petits et grands, de collaborer avec eux en reconnaissant leurs compétences, et en leur laissant ressentir que je crois qu’ils sont dignes d’amour et de respect tels qu’ils sont.

Cette allégorie m’aide à me rappeler qu’à travers mes petits gestes, je ne suis pas impuissante du tout. Je peux créer du positif, un cœur à la fois.
Car j’ai le pouvoir d’élever des enfants qui n’auront pas à se remettre de leur enfance. J’ai le pouvoir de donner l’exemple d’une autre manière de voir les enfants et de communiquer. J’ai le pouvoir de questionner les médecins, enseignants, psychologues et de possiblement faire pousser en eux, le doute de ce qu’ils prennent pour acquis.

:)

Maintenant, imaginez. Si nous sommes des milliers à semer ces graines*, comme Elzéard Bouffier, chacun dans notre coin de pays, qu’est-ce qui serait possible? Imaginez!

Bon visionnement :)

Mitsiko Miller, cpc

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*C’est ce que le livre Blessed Unrest de Paul Hawken illustre. Nous sommes des milliers à créer le changement sur cette planète. :)

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Citations inspirantes, Communication bienveillante, Parentalité positive et éducation bienveillante

Il FAUT que ça fasse mal… Vraiment?

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http://wp.me/P1UuGN-1NJ

par Mitsiko Miller, cpc

Il y a un script profondément ancré dans notre société que nous entendons partout: pour apprendre, IL FAUT que ça fasse mal. Autres déclinaisons sur le même thème: no pain, no gain. La vie est douloureuse. La vie est souffrance. Si tu vis du bonheur, forcément il faut s’attendre, tôt ou tard, à recevoir une belle tarte de me_de. Le bonheur ne dure pas. Mieux vaut s’habituer à souffrir le plus rapidement possible, sinon on ne survivra jamais….

Est-ce vraiment vrai?

Ce sont des croyances.

Une autre croyance incroyablement coriace: IL FAUT utiliser la force punitive, pousser, imposer, forcer et IL FAUT contrôler les enfants (et… les employés, les citoyens, nos partenaires, les animaux, etc..) pour qu’ils collaborent car les êtres vivants ne sont qu’une bande d’égoïstes sans cœur.

Vraiment?

Ces croyances sont les plus grandes embûches à l’éducation bienveillante qui nous empêchent d’avoir une approche restauratrice et collaborative.

En vérité, la force, les menaces ou les ordres jappés sur nos enfants ou nos partenaires n’apporteront que du changement passager, issu de la culpabilité, de la peur de la punition ou de la peur de ne pas être aimé.

Ce qui motive vraiment les individus à collaborer, c’est d’avoir confiance qu’ils sont importants, que leurs besoins seront considérés : alors, ils sortent de leur coquille protectrice, ont l’espace pour sonder leur cœur, les valeurs qui motivent leurs actions pour réfléchir à comment ces gestes contribuent de manière significative au bien-être de tous.

Cette coopération se développe dans la relation avec la confiance, le respect, l’espace pour accueillir et en entretenant une intention de POUVOIR AVEC, dont parle la CNV: l’empathie, le non-jugement, la recherche du sens et des besoins communs pour trouver des stratégies qui marchent pour tous.

Aujourd’hui, je vous invite à vous poser la question suivante : ai-je des croyances qui m’empêchent d’ouvrir mon cœur et de faire confiance?

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen de 9 et 11 ans. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants pour les aider à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Citations inspirantes, Communication bienveillante, Parentalité positive et éducation bienveillante

Pourquoi parler de manière positive?

Miller_FRpar Mitsiko Miller, cpc

Pourquoi est-ce si important de parler de manière positive? Pourquoi est-ce si important de véhiculer un message d’amour à nos enfants surtout lorsqu’ils agissent de manière tragique?

Ce n’est pas pour faire joli, ni pour être à la mode. C’est parce qu’un enfant qui ne doute pas un instant de sa valeur, sait également qu’il peut compter sur nous et les membres de sa communauté pour lui rappeler comment il peut mieux contribuer au bien-être de tous.

Un enfant qui reçoit des messages négatifs à répétition, en vient à douter de ses compétences et de sa valeur. Il en vient à agir pour éviter la punition, mais ne comprend pas nécessairement POURQUOI agir autrement: on ne l’informe pas de l’impact de ses gestes, on ne lui donne pas l’occasion de réfléchir pour y donner du sens, ni d’explorer comment faire autrement. Cet enfant pourrait se sentir impuissant, découragé et inutile et… pourrait reproduire le geste lorsque que son parent n’est pas présent.

Exemple :
-Arrête de sauter sur le plancher!!! C’est fatiguant!!! C’est pas possible!!!
Le message qu’il pourrait entendre: Tu ne sais rien faire d’agréable. Tu ES la source de ma colère. Tu ES fatigant, tu ES dérangeant et tu ES inadéquat.

Nous, êtres humains avons des besoins fondamentaux qui, lorsque comblés, nous aident à vivre en harmonie avec soi et les autres: un être humain qui se sent aimé, valorisé, écouté, sait qu’il appartient, et qui sait que ses actes sont mus par un sens profond qui contribuent de manière significative au bien-être du collectif, peut s’épanouir.

Exemple :
-Tu t’amuses?
-Oui, je suis un éléphant!!!
-Mon chéri, un éléphant qui marche dans la maison, ça peut réveiller les voisins qui dorment en dessous…
-Ah…
-Où pourrais-tu faire l’éléphant sans réveiller les voisins?
-Dans la jungle!!! (en mettant son manteau pour aller dehors)
-Je vois que tu as trouvé une solution pour considérer le bien-être des voisins ET poursuivre ton jeu!

Un enfant à qui on parle de manière positive (et avec empathie) reçoit les messages suivants:
1) Je vois que tu fais vraiment de ton mieux avec les outils que tu possèdes dans le moment
2) Je t’aime tel que tu es, peu importe ce que tu fais
3) Voici comment ton comportement actuel impacte les autres
4) Explorons ensemble comment tu peux considérer ton bien-être ET celui des autres
5) J’ai confiance que tu y arriveras, dans le respect de ton rythme et avec le temps (et… avec beaucoup de patience et de confiance de la part des parents ;))

© Mitsiko Miller, 2013. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants pour les aider à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

activités

Communication bienveillante, Parentalité positive et éducation bienveillante

Aider nos enfants à réfléchir

par Mitsiko Miller, cpc

Voulez-vous VRAIMENT des enfants obéissants?
Vraiment?
Pensez-y.

MeadVous voulez vraiment des enfants qui écoutent sans poser de questions? Des enfants qui suivront la mode sans réfléchir, pour ne pas déplaire? Pour appartenir?

Vraiment?
Des enfants qui suivront pour faire « comme il faut », pour se fondre dans la masse?
Pour ne pas décevoir, pour soulager leur culpabilité?
Pour faire plaisir aux autres, sans réfléchir?

Vraiment?
Pas moi. Je veux aider mes enfants à PENSER pour que la vie ait un sens profond pour eux. Pour qu’ils aient envie d’agir en alignement avec leurs valeurs profondes et senties.
Écouter leur cœur et ce qui résonne intérieurement, dans leur conscience.

Pour qu’un jour, ils disent NON à la drogue parce que ça n’a pas de sens pour eux de suivre leurs copains, pour rentrer dans le moule, pour faire comme tout le monde.
NON à la petite copine qui veut aller trop loin, malgré leur inconfort.
NON aux insultes et à la violence proférées par une personne qui leur manque de respect et de considération.
NON à rester muet et inerte devant la violence dont ils sont témoins.
NON au diktat de la mode.
NON à la pensée monolithique de la masse.
NON au patron qui veut que l’employé fasse du surtemps, au détriment de sa famille et de sa santé mentale et physique.
NON à la surconsommation qui est en train de détruire notre planète et notre tricot humain.

NON pour dire OUI à autres choses.
OUI à l’empathie.
OUI au respect mutuel.
OUI à donner du sens à la vie.
OUI à la joie. OUI à l’enthousiasme.
OUI à la connexion. OUI à la compassion.
OUI à l’inclusion. OUI à la diversité.
OUI à l’entente. OUI au dialogue collaboratif.
OUI à la vie.

La question serait plutôt: « À quoi voulez-vous que votre enfant obéisse? »
Moi, je veux que mon enfant obéisse à son compas intérieur qui lui dit intérieurement:
OUI, je suis digne d’amour tel que je suis, peu importe ce que les autres pensent.
OUI, j’ai de la valeur, peu importe ce que les autres font.
OUI, je peux penser par moi-même et être respecté.
OUI, je suis capable d’empathie et j’ai à cœur de contribuer au bonheur des autres. Parce que leur bonheur est aussi mon bonheur.
OUI, je suis capable de trouver des solutions qui tiennent compte de MOI et des AUTRES.

Cela est possible en accompagnant nos enfants avec patience, amour et respect. Cela est possible en réfléchissant avec nos enfants. Cela est possible en s’engageant dans la relation et en parlant de cœur à cœur, tout au long de leur enfance.

Dites-moi. Que souhaitez-vous pour vos enfants?
Pour vous? Pour votre famille?

En posant des questions de curiosité, nous préparons nos enfants à devenir des libres penseurs et les leaders de demain – ceux dont nous avons réellement besoin.

Nous pouvons soutenir les enfants à prendre conscience de leur carte du monde et à s’ouvrir aux possibilités. Voilà, selon moi, le but ultime de notre rôle de parent qui « guide avec amour »: être maître en questiologie

© Mitsiko Miller, 2013. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Communication bienveillante, Parentalité positive et éducation bienveillante

Sage comme une image

Chacun son chemin. Chacun ses valeurs de parents du coeur. Voici un partage personnel qui affirme mes valeurs à moi. Ce n’est certainement pas un mode d’emploi pour devenir un « bon » parent. ;) Mitsiko

par Mitsiko Miller, cpc
Jackson_FR_2J’avoue, il y a une grande partie de moi qui n’est pas en paix avec le père Noël. :)

Oui, j’aime la magie de Noël et la joie que l’idée du père Noël éveille chez les enfants. Il évoque le rituel magique et extraordinaire de Noël: décoration du sapin, assemblage du village en céramique, les chants, les biscuits au beurre, la maison en pain d’épices… Il évoque aussi le moment où toute la grande famille se rencontre pour partager la joie (et pour certains adultes, de la crainte et de la frustration) d’être réunie.

La lueur d’espoir dans les yeux de mes enfants lorsqu’ils pensent à ce rituel joyeux me fait chaud au cœur.

Et… une partie de moi se contracte à l’intérieur: pour moi, le père Noël symbolise la surconsommation, Coca Cola (Note: merci à des lecteurs, notamment Sista Mandyne qui a partagé, cet article éclairant. Ça ne change pas le fait que le père Noël symbolise Coca Cola POUR MOI ;) et la célébration des relations de domination et de pouvoir coercitif, qui expriment, inconsciemment ou non, un message que je vis comme troublant: «Si tu es gentil ou sage avec moi, je te donnerais un cadeau. Sinon, tu vas payer pour, mon enfant!»

Lorsque je me pose la question «quel est le monde que je souhaite pour mes enfants?», il est clair que je souhaite un monde riche en relations profondes. Une vie où l’ÊTRE est au cœur de la vie. Cela implique pour ma part les choix conscients d’une vie dépouillée de superflu et de relations basées sur le respect et l’amour inconditionnel.

Quel est le monde dont je rêve pour mes enfants?

  • Un monde de paix où la bienveillance est au cœur de la vie. Un monde où on se pose des questions pour vivre avec intégrité, avec une liberté intérieure et une pleine conscience de ce qui fait franchement vibrer notre cœur: nos valeurs propres à nous. Valeurs cohérentes que l’on saisit entièrement et qui motivent nos actes.
    • Un monde où la société est durable et tient compte de nos ressources terrestres et humaines. Pour en savoir plus sur la surconsommation et le gaspillage, je vous invite à visionner The Story of Stuff.
  • Un monde où on donne par choix et par plaisir de contribuer au bien-être des autres plutôt que par obligation. Combien de fois avons-nous donné un cadeau parce que c’est « ce qu’il faut faire » ou par culpabilité? Je veux comprendre qu’est-ce qui me pousse à donner et pourquoi je le fais. Je veux donner dans la joie! Et puis, c’est quoi un cadeau? Ne peut-il pas se manifester sous diverses formes? Oui! Notre écoute, une marque d’affection, notre attention entière, notre joie, notre sourire, le don de notre temps et de nos talents, le partage et l’entraide… et parfois, des cadeaux achetés. À propos du choix.

Je pourrais vous énumérer toutes les valeurs qui motivent mes choix à vivre simplement, à m’ancrer dans mon humanité et dans celle des autres. Ce sera pour une autre fois!

Mais de là, découle mon souhait d’honorer la saveur unique de chacun de mes enfants et de nourrir la relation riche que je tisse avec chacun d’entre eux.

Parler du Père Noël avec mes enfants

Oui, il fut un temps où ils croyaient au père Noël. Je ne leur ai pas nié le plaisir d’y croire et de nourrir leurs rêves. J’ai concentré mon attention sur ce que le rituel de Noël représentait pour moi : un moment de célébration, de partage, un moment pour exprimer sa reconnaissance et pour se rapprocher.

Les quelques fois où mes enfants m’ont interrogé, je leur reflétais la question: «Et toi, crois-tu qu’il existe?»

Souvent ils hésitaient : «Je ne sais pas trop. Je pense que oui. »

«Cher Père Noël, veuillez SVP laisser les cadeaux à l’extérieur de la maison. Ne rentrez pas. Merci. Thomas ».

Il faut dire que mes enfants ont un imaginaire colossal. Ces légendes ont généré bien des terreurs nocturnes chez nous. Même chose pour la bienveillante fée des dents! Ils angoissaient à l’idée qu’un inconnu rentre chez nous alors qu’ils dormaient… Ils ne se sentaient plus en sécurité, ni dans un monde qu’ils saisissaient entièrement. Maintes fois, j’ai écrit des mots aux être magiques pour les inviter à déposer argent et cadeaux à l’extérieur de notre maison.

Croit-il donc que je ne vaux pas son amour si je ne suis pas sage?

Mais lorsque mon fils a demandé : «Pourquoi le père Noël ne donne des cadeaux qu’aux enfants sages? Croit-il donc que je ne vaux pas son amour si je ne suis pas sage?», je voyais venir la fin de ce rêve enfantin.

Il s’est mis à réfléchir aux conditions que ce barbu joyeux lui imposait. Il s’est aussi mis à penser au père Fouettard menaçant de punir les enfants « ingrats ». Cette idée lui était si absurde qu’un jour, il a déclaré que ce n’était que des balivernes d’adultes pour obliger les enfants à les écouter.

« Un peu comme le bonhomme 7 heures, maman. C’était une façon d’obliger les enfants à se coucher à 7 heures pour que les adultes soient tranquilles. Le père Fouettard, c’est une histoire inventée par les adultes pour obliger les enfants à faire ce que les adultes veulent qu’ils fassent. ».

«Ah? Alors, qui te donne tes cadeaux?», ai-je enquêté.

«Ben, toi! Parce que toi, maman, tu n’es pas comme le père Noël. Et papa non plus. Vous, vous m’aimez comme je suis. Que je sois sage ou non. Et c’est ce que je préfère.»

À l’écouter, j’ai envie de redéfinir le mot «sage».

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants pour les aider à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Baume pour le coeur, Parentalité positive et éducation bienveillante

Vos enfant ne sont pas vos enfants

Gibran_FRIl y a quelques années, j’ai relu le Prophète avec un nouveau regard: celui d’un parent. Les poèmes de Gibran peuvent être confondants pour certains qui se rebutent aux termes utilisés et questionnent le type « d’appartenance » auquel Gibran fait allusion. Je retiens de ces magnifiques vers, que nos enfants ne sont pas nos « possessions », des « choses », des vases vides à remplir ou des « objets » à former. Il sont des êtres à part entière et qui ont droit à notre respect et à notre amour. Marshall B. Rosenberg suggère de voir chaque enfant comme Gandhi, un être à traiter avec respect, tendresse et honneur. – Mitsiko Miller, cpc

Et une femme qui portait un enfant dans les bras dit,
Parlez-nous des Enfants.
Et il dit : Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même,
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.

Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées,
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes,
Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter,
pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d’être comme eux,
mais ne tentez pas de les faire comme vous.
Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s’attarde avec hier.

Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés.
L’Archer voit le but sur le chemin de l’infini, et Il vous tend de Sa puissance
pour que Ses flèches puissent voler vite et loin.
Que votre tension par la main de l’Archer soit pour la joie;
Car de même qu’Il aime la flèche qui vole, Il aime l’arc qui est stable.

Tiré du Prophète de Khalil Gibran

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Elle accompagne adultes et enfants pour les aider à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Baume pour le coeur, Parentalité positive et éducation bienveillante

On ne voit bien qu’avec le coeur

HenrietlerenardPourquoi tisser des liens avec nos enfants? Pourquoi s’apprivoiser et nourrir la relation? C’est ainsi, selon moi, que nous cultivons l’estime de soi, la résilience et la coopération: en entretenant une relation de confiance et en véhiculant la certitude qu’ils sont importants, valorisés, aimés, écoutés et uniques au monde. Voici un classique de St-Exupéry que je lis souvent au cours de mes ateliers pour illustrer l’importance CAPITALE du lien d’attachement avec notre partenaire et nos enfants. – par Mitsiko Miller, cpc

– Viens jouer avec moi, lui proposa le petit prince. Je suis tellement triste…

– Je ne puis pas jouer avec toi, dit le renard. Je ne suis pas apprivoisé.

– Ah! pardon, fit le petit prince.

Mais, après réflexion, il ajouta:

– Qu’est-ce que signifie « apprivoiser » ?

– Tu n’es pas d’ici, dit le renard, que cherches-tu ?

– Je cherche les hommes, dit le petit prince. Qu’est-ce que signifie « apprivoiser » ?

– Les hommes, dit le renard, ils ont des fusils et ils chassent. C’est bien gênant ! Ils élèvent aussi des poules. C’est leur seul intérêt. Tu cherches des poules ?

– Non, dit le petit prince. Je cherche des amis. Qu’est-ce que signifie « apprivoiser » ?

– C’est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie « créer des liens… »

– Créer des liens ?

– Bien sûr, dit le renard. Tu n’es encore pour moi qu’un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n’ai pas besoin de toi. Et tu n’as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu’un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde…

– Je commence à comprendre, dit le petit prince. Il y a une fleur… je crois qu’elle m’a apprivoisé…

– C’est possible, dit le renard. On voit sur la Terre toutes sortes de choses…

– Oh! ce n’est pas sur la Terre, dit le petit prince.

Le renard parut très intrigué :

– Sur une autre planète ?

– Oui.

– Il y a des chasseurs, sur cette planète-là ?

– Non.

– Ça, c’est intéressant ! Et des poules ?

– Non.

– Rien n’est parfait, soupira le renard.

Mais le renard revint à son idée:

– Ma vie est monotone. Je chasse les poules, les hommes me chassent. Toutes les poules se ressemblent, et tous les hommes se ressemblent. Je m’ennuie donc un peu. Mais, si tu m’apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres. Les autres pas me font rentrer sous terre. Le tien m’appellera hors du terrier, comme une musique. Et puis regarde ! Tu vois, là-bas, les champs de blé ? Je ne mange pas de pain. Le blé pour moi est inutile. Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c’est triste ! Mais tu as des cheveux couleur d’or. Alors ce sera merveilleux quand tu m’auras apprivoisé ! Le blé, qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j’aimerai le bruit du vent dans le blé…

Le renard se tut et regarda longtemps le petit prince:

– S’il te plaît… apprivoise-moi ! dit-il.

– Je veux bien, répondit le petit prince, mais je n’ai pas beaucoup de temps. J’ai des amis à découvrir et beaucoup de choses à connaître.

– On ne connaît que les choses que l’on apprivoise, dit le renard. Les hommes n’ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n’existe point de marchands d’amis, les hommes n’ont plus d’amis. Si tu veux un ami, apprivoise-moi !

– Que faut-il faire? dit le petit prince.

– Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t’assoiras d’abord un peu loin de moi, comme ça, dans l’herbe. Je te regarderai du coin de l’œil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t’asseoir un peu plus près…

Le lendemain revint le petit prince.

– Il eût mieux valu revenir à la même heure, dit le renard. Si tu viens, par exemple, à quatre heures de l’après-midi, dès trois heures je commencerai d’être heureux. Plus l’heure avancera, plus je me sentirai heureux. A quatre heures, déjà, je m’agiterai et m’inquiéterai; je découvrirai le prix du bonheur ! Mais si tu viens n’importe quand, je ne saurai jamais à quelle heure m’habiller le cœur… Il faut des rites.

– Qu’est-ce qu’un rite ? dit le petit prince.

– C’est aussi quelque chose de trop oublié, dit le renard. C’est ce qui fait qu’un jour est différent des autres jours, une heure, des autres heures. Il y a un rite, par exemple, chez mes chasseurs. Ils dansent le jeudi avec les filles du village. Alors le jeudi est jour merveilleux ! Je vais me promener jusqu’à la vigne. Si les chasseurs dansaient n’importe quand, les jours se ressembleraient tous, et je n’aurais point de vacances.

Ainsi le petit prince apprivoisa le renard. Et quand l’heure du départ fut proche:

– Ah! dit le renard… Je pleurerai.

– C’est ta faute, dit le petit prince, je ne te souhaitais point de mal, mais tu as voulu que je t’apprivoise…

– Bien sûr, dit le renard.

– Mais tu vas pleurer ! dit le petit prince.

– Bien sûr, dit le renard.

– Alors tu n’y gagnes rien !

– J’y gagne, dit le renard, à cause de la couleur du blé.

Puis il ajouta:

– Va revoir les roses. Tu comprendras que la tienne est unique au monde. Tu reviendras me dire adieu, et je te ferai cadeau d’un secret.

Le petit prince s’en fut revoir les roses:

aveclecoeur– Vous n’êtes pas du tout semblables à ma rose, vous n’êtes rien encore, leur dit-il. Personne ne vous a apprivoisé et vous n’avez apprivoisé personne. Vous êtes comme était mon renard. Ce n’était qu’un renard semblable à cent mille autres. Mais j’en ai fait mon ami, et il est maintenant unique au monde.

Et les roses étaient bien gênées.

– Vous êtes belles, mais vous êtes vides, leur dit-il encore. On ne peut pas mourir pour vous. Bien sûr, ma rose à moi, un passant ordinaire croirait qu’elle vous ressemble. Mais à elle seule elle est plus importante que vous toutes, puisque c’est elle que j’ai arrosée. Puisque c’est elle que j’ai mise sous globe. Puisque c’est elle que j’ai abritée par le paravent. Puisque c’est elle dont j’ai tué les chenilles (sauf les deux ou trois pour les papillons). Puisque c’est elle que j’ai écoutée se plaindre, ou se vanter, ou même quelquefois se taire. Puisque c’est ma rose.

Et il revint vers le renard:

– Adieu, dit-il…

– Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple: on ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux.

– L’essentiel est invisible pour les yeux, répéta le petit prince, afin de se souvenir.

– C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.

– C’est le temps que j’ai perdu pour ma rose… fit le petit prince, afin de se souvenir.

– Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l’oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable de ta rose…

– Je suis responsable de ma rose… répéta le petit prince, afin de se souvenir.

Extrait du Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry.
Merci au lecteur Yannick Levasseur d’avoir suggéré la publication de ce passage :)

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants pour les aider à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Baume pour le coeur, Parentalité positive et éducation bienveillante

Lettre de gratitude à un enfant «difficile»

par Mitsiko Miller

Mon très cher enfant,
Je te suis infiniment reconnaissante pour toute la richesse que tu apportes à notre vie et les milliards d’apprentissages que tu me donnes l’occasion d’intégrer grâce aux défis que nous rencontrons et que nous surmontons ensemble, au quotidien.

cher henriJe veux t’exprimer ma gratitude la plus profonde. Tu m’apprends à lâcher prise, sans laisser aller. À aimer dans la considération de tous. À faire confiance. Tu m’apprends à écouter la sagesse du cœur.

Tu es un trésor.

Parfois, j’avoue. Je rêve de t’envoyer sur un cargo vers une destination inconnue parce que je trouve ça difficile, d’être un parent. Je souhaiterais plus de douceur et de répit. Je souhaite souvent plus de calme.

Surtout lorsque tu veux avoir le dernier mot. Lorsque tu t’obstines avec moi. Lorsque je sens le désespoir monter en moi parce que je suis fatiguée ou stressée.

Je te vois comme mon plus grand défi lorsque tu ne respectes pas notre entente pour le temps d’écran.

Lorsque tu te réveilles à 5 heures du matin en ouvrant toutes les lumières.

Lorsque tu poses des questions qui me confrontent énormément :

  • Dis-donc maman, tu as un petit ventre, maintenant. Tu es un tout petit peu grosse, mais tu es jolie comme ça. Vraiment. (Ce n’est pas une question, mais c’est tout de même confrontant ;))
  • Pourquoi les gens se tuent à la guerre? Pourquoi Staline a tué des gens de son propre peuple?
  • Pourquoi il y a tant d’adultes qui ne respectent pas les enfants?
  • Est-ce qu’on va devenir des esprits d’un autre monde, à notre mort, comme dans La guerre des étoiles?
  • Est-ce que tu m’aimerais, même si je devenais militaire?
  • Pourquoi Hitler a-t-il tué 6 millions de personnes et personne ne s’est opposée à lui?
  • Pourquoi ça existe le racisme, maman?
  • Pourquoi cette maman laisse pleurer son bébé?
  • Pourquoi je déteste souvent mon frère, mais pas vraiment, maman?
  • Pourquoi j’ai peur de mourir?
  • Pourquoi ça t’arrive de t’énerver, toi aussi, maman?

Ouf…

J’ai la tête qui tourne juste à penser à la quantité de mots qui se déversent de ta bouche en quelques minutes.

Je te rappelle souvent de prendre une respiration entre chaque phrase parce que, ce que tu partages m’intéresse, et je veux être capable de suivre la conversation.

Et je te suis tellement reconnaissante d’être infiniment curieux et vivant. D’avoir cette soif de comprendre et de pousser ta réflexion toujours un peu plus loin… pour cultiver ta liberté intérieure.

Et…

Je te suis tellement reconnaissante de m’obliger à grandir (non: de vouloir grandir!!!). À prendre responsabilité de mes émotions. À me respecter. À te laisser prendre tes propres responsabilités. À mieux me connaître pour offrir le meilleur de moi-même. À connaître mes limites, mes défis et mes dons. À savoir dire non avec douceur et amour. Souvent avec douce fermeté, dans une intention d’amour et de respect pour tous.

Je te suis infiniment reconnaissante de m’aider à penser à prendre soin de moi. À nourrir mon âme pour gérer les hauts et le bas de la vie de maman, de femme et d’adulte.

Lorsque tu es venu au monde et que tu prenais 30 tétées par jour, j’ai appris à me fier à mon instinct, à écouter nos besoins et à prendre soin de moi. J’ai surtout fait le deuil de vouloir posséder un bébé, pour t’accueillir, toi, individu à part entière. Le merveilleux toi unique.

Lorsque tu pleurais ‘sans cesse‘, j’ai appris à lâcher prise de ce que je ne pouvais changer, à accueillir le moment présent, à être résiliente, flexible, à demander de l’aide de mon entourage, à me reposer l’esprit et à veiller à vivre des petits moments de plaisir, tout en te gardant à mes côtés.

J’ai lu des milliards de romans et écouté mes standards préférés de jazz avec un plaisir fou, pendant que je te berçais dans mes bras. J’ai chanté et dansé, avec toi, collé sur mon cœur.

J’ai fait du yoga pendant que tu roulais entre mes jambes. J’ai appris à méditer dans le vacarme absolu, pendant que tu faisais un concert de casseroles, à mes côtés.

J’ai appris à écrire avec mes pieds et ma main droite pendant que tu dormais dans mes bras.

Lorsque tu as eu deux ans et que tu poussais les enfants au parc, j’ai appris à intervenir avec amour, pour le bien-être de tous. J’ai appris à me détacher du jugement des autres et à te guider pour t’apprendre à exprimer ton besoin d’espace avec plus de respect et de considération. J’ai appris à dire non avec amour. J’ai appris à me pardonner d’être plus qu’imparfaite, de faire des erreur et d’exprimer mon regret, sans culpabiliser.

Lorsque tu as fait des crises, j’ai appris à me détacher de ma propre réactivité, à ne pas paniquer, à me fier à mon instinct, à m’éduquer en allant à la source, plutôt que d’écouter l’avis d’autres parents, de médecins et de psychologues. J’ai lu sur le développement des enfants et la neuroscience pour mieux te comprendre. J’ai appris à jeter aux poubelles, les livres de « discipline » qui ne me convenaient pas et à écouter mon cœur. J’ai appris à me détacher avec amour. À nous protéger de tes coups en te prenant avec tendresse dans mes bras jusqu’à ce que tu te calmes. J’ai aussi appris à détecter les moments où toi ou moi étions susceptibles de péter un plomb – pour vivre plus de joie dans nos journées.

J’ai appris à décoder tes comportements en devenant détective en besoins. J’ai appris que la bienveillance peut être féroce, aimante et pas toujours facile… mais épanouissante. J’ai appris à être présente à mes pleurs, aux tiens et à ta frustration de ne pouvoir attraper la lune ou le soleil. À ma frustration de ne pouvoir être une mère parfaite.

J’ai appris que mes idéaux n’étaient pas toujours compatibles avec tes besoins. Comme lorsque je rêvais d’écoles alternatives et que tu y étais vraiment malheureux. J’ai lâché prise de mes attentes personnelles et je t’ai écouté, toi. J’ai appris à te voir totalement compétent et à te faire confiance.

J’ai appris à voir le positif dans les situations les plus catastrophiques. J’ai appris à avoir foi en moi et en toi. En la vie. J’ai appris à écouter mon cœur, peu importe ce que les gens pensaient de nous.

Parce que tu es magnifique.

Celui qu’on croyait un futur agresseur ou enfant roi est devenu celui qui aide les autres, protège les arbres et les oiseaux blessés, caresse les petits enfants qui pleurent, prend la parole face aux intimidateurs. Tu es celui qui parle au nom de tous les tiens pendant les conseils de coopération. Tu es celui qui envoie une pensée à toutes les personnes qui souffrent autour de toi. Tu es celui qui exprime ton amour et ton désaccord avec intensité.

Avec un peu plus de bienveillance, chaque jour.

Et parfois, pas du tout.

Parfois, on régresse pour mieux évoluer. :)

Et pourtant, nous trouvons toujours des solutions et des ententes communes.

Toute cette « vie » m’invite à réfléchir, à me dépasser et à grandir dans la clarté de ce que c’est vraiment aimer. M’aimer ET t’aimer. Me respecter ET te respecter. Prendre soin de moi ET prendre soin de toi. Prendre soin de nous ET de notre famille.

Merci du fond du cœur,

Maman

© Mitsiko Miller, 2013. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

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Chère maman qui se sent critiquée

par Mitsiko Miller, cpc

intuitionChère maman qui se sent critiquée (et cher papa aussi :),

Viens te reposer un peu. Viens près de moi. Laisse-moi te tenir la main en silence. Je te tiens pendant que tu pleures ta rage et déverse ton désespoir. Je suis là avec toi. Et je t’écoute. Vas-y. Tu peux pleurer sur mes épaules (très confortables, selon mes enfants et mes clientes).

Pleure sur mes épaules et sur celles des milliards de mères qui se sont senties comme toi, jugées et isolées. Nous t’enveloppons de notre amour pendant que tu accueilles ces vagues de douleurs passagères, en toute sécurité. Nous sommes toutes là. Témoins de tes rêves, de ton amour. De ton expression unique, à toi. De tous tes efforts. De tout ton cœur.

Nous sommes présentes. Vas-y. Il y a des pleurs qui nous nettoient, nous libèrent et nous aident à accepter ce que nous ne pouvons pas changer. Accepter que nous ne pouvons plaire à tous. Que certains ne voient pas ou ne peuvent apprécier notre beauté et notre valeur. C’est douloureux.

Nous, et le cercle de mères, les avons pleurés ces larmes sacrées, et continuons à les pleurer, par moment.

Es-tu prête à m’écouter? Oui?

Avant de commencer, je veux que tu saches que, peu importe le choix que tu as fait, je te vois. Je vois tout l’amour que tu as pour tes enfants. Je ne suis pas là pour te juger. Je ne suis pas là pour te donner des conseils ou pour te dire quoi faire. J’ai trop confiance en toi et en tes capacités.

Oui, tu es vidée, en ce moment. Et, c’est pour ça que je suis là. Nous avons tous besoin l’une de l’autre dans nos moments sombres pour que l’autre nous montre que le soleil ne disparaît pas, lorsque notre nuage gris passe et nous aveugle. Après tout, l’être humain est un être social et a besoin de ses semblables: là, je devine que tu as besoin de quelqu’un pour t’accueillir avec présence. Je suis là. Je te vois, ma maman merveilleuse. Là, tout de suite, je devine que tu as aussi besoin de savoir que tu n’es pas seule. Que tu es aimée. Que tu peux te relâcher, en toute sécurité.

Lorsque ce nuage passera, tu pourras à nouveau voir la merveille qui existe en toi : cette vie, cet amour si puissant, ces rêves, ces valeurs si belles, cette joie, cette conviction qui te motivent à être la maman unique que tu es. Je te vois. Toute ta beauté. Toutes tes intentions. Je te vois. Toujours. Même lorsque tu pètes un plomb. Même lorsque tu n’es pas fière de toi. Même lorsque tu te juges. Que tu juges. Je te vois. Le cœur si vibrant de vie et débordant d’amour.

Je te serre dans mes bras de maman plus « vieille » qui a longtemps vécue cette tristesse face aux jugements, aux critiques et à sa détresse de se sentir seule au monde. Je suis là pour te rappeler que tu n’es pas seule. Qu’il y a de l’espoir.

Tu veux être entendue et respectée? Tu aimerais qu’on accepte que tu as choisi ta voie unique et que c’est un choix éclairé?

Tu veux avoir le droit de juste dire que « c’est difficile » sans qu’on ne t’offre un conseil? Vas-y, parle, je t’écoute. Tu veux de la paix d’esprit?

Tu veux cesser de devoir tout expliquer et de convaincre les autres des multiples raisons de tes choix? Tu en as assez des arguments de « bon parent Vs mauvais parent »? Oui, je vois à quel point tu es fatiguée de te battre, de donner de l’information sans être entendue, parfois même, de te sentir obligée de te justifier ou de sentir que tu n’es pas respectée ou que tu n’as pas le droit d’être qui tu es.

Tu veux te reposer un peu, hein? Tu veux un peu de douceur? :) Viens ici. Donne-toi la permission de vivre tes pleurs de résilience qui te lavent, te soulagent et t’aident à lâcher prise.

Reste avec ta peine sans te juger. Accueille cette vague. Accueille ces pleurs qui disent : « C’est dur d’être qui je suis et je me sens souvent seule. Mais malgré tout, je ne peux m’empêcher de suivre mon cœur et d’incarner les valeurs qui résonnent en moi. »

Si tu me permets, je voudrais bien partager avec toi ce que j’apprends à intégrer, petit à petit. Tu veux bien?

Le jugement des autres est l’expression tragique de leurs propres besoins.

De leur besoin d’être rassurés qu’ils sont eux-mêmes de bons parents.

De leur besoin d’être rassurés qu’on peut être heureux et épanoui en suivant sa propre voie.

De leur besoin d’être rassurés que ton enfant sera épanoui et responsable.

De leur besoin d’avoir des repères (et si tu choisis la parentalité de proximité, ouf!!! Les repères des autres sont bousculés de manière exponentielle!).

De leur besoin de comprendre et d’accueillir la diversité.

Ce n’est pas une critique de toi ou de ta personne.

Ce sont leurs propres inquiétudes qu’ils communiquent très maladroitement.

Parce que la plupart de nous manquons cruellement de capacités à communiquer sainement et pensons souvent avec nos croyances limitantes. Celles qui disent qu’il n’existe qu’une seule manière d’être heureux, une « voie absolue », un modèle, une bonne manière d’être un bon parent. Lorsque confrontés à la diversité qui nous ébranle, nous cherchons souvent un coupable, un bon et un méchant… Puis, nous donnons des conseils, polarisons et critiquons, dans notre incommunication.

Ne le prends pas personnel.

La voie absolue n’existe pas.

Ce qui marche pour toi, ne marche pas pour une autre.

Parce que tu es unique.

Unique et merveilleuse.

Ce qui marche pour elle ne marchera pas pour toi car elle est unique.

Et merveilleuse.

Mais maintenant, ma très chère maman. Tu as le choix.

Tu peux choisir de ne pas le prendre « personnel ».

Tu as le choix de célébrer la diversité des multiples voies uniques.

Tu as le choix de prévoir ces moments et les gérer plus efficacement.

Tu as le choix de voir que ces gens t’aiment et sont maladroits. Mais vraiment.

Tu peux choisir de boucher tes oreilles.

Tu peux choisir de ne pas fréquenter ces personnes.

Tu peux choisir de venir me lire ou d’appeler une amie pour qu’elle t’offre son épaule lorsque tu n’en peux plus.

Tu peux choisir de prendre ton courage à deux mains et parler de cœur à cœur – sans blâmer et sans accuser.

Tu as le choix de voir que ces moments ne sont que des nuages qui cachent le soleil pour un tout petit instant (certes, super giga méga intense…). Le soleil est toujours là.

Tu as le choix.

Toi, seule, sait quoi faire.

Le nuage est passé? Tu as repris confiance en toi? Ahhhh!!!! Reviens me relire, au besoin. :)

© Mitsiko Miller, 2013. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants pour les aider à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.