Parentalité positive et éducation bienveillante

Angoisses, trop plein et sommeil

Sleep_shutterstock_83997520Par Mitsiko Miller

Un enfant qui a du mal à s’endormir ou qui a le sommeil perturbé en est souvent un qui se couche avec la tête saturée d’inquiétudes et d’émotions qui l’habitent encore. Comment s’endormir paisiblement avec tant d’activités intérieures?

Dans notre société, nous avons l’habitude de laver notre corps extérieur, mais oublions de donner ce même soin pour notre corps intérieur – cœur et esprit. Nous avons tous besoin de savoir ce qui nous habite, d’évacuer, de vider, de nommer, de trier, de faire le point pour se libérer mentalement et pour créer de l’espace intérieur, nous permettant de gérer les aléas de la vie quotidienne avec sérénité.

C’est le premier pas vers le bien-être, la résilience et l’empuissancement (empowerment) qui nous aident à faire face aux situations difficiles et à créer l’environnement propice à notre bonheur.

Certains enfants en ont encore plus besoin car ils captent davantage leur environnement comme des éponges ultra absorbantes: les stimuli, les émotions, les émotions des autres, les couleurs, les sons, les odeurs, les intentions, les images, les concepts… D’autres ne dorment pas pour des raisons tout à fait légitimes. Il est important d’explorer ces options avant de conclure que votre enfant a le sommeil « léger » (voir fin de l’article).

Voici des outils pour soutenir nos enfants à s’affranchir des angoisses et grandir émotionnellement, à petits pas:

Un retour sur la journée
-Qu’est-ce qui a mis du soleil dans ta journée et que peux-tu mettre en place pour que ça arrive plus souvent?
-Qu’est-ce qui a été difficile et que peux-tu faire autrement pour éviter que cela ne se reproduise?
-Qu’est-ce que tu as appris à travers ces expériences?

Tenir un journal
Offrir un cahier et inviter l’enfant à extérioriser ses émotions cumulées dans la journée en dessinant, ou en proposant dès 6-8 ans, de les écrire dans un journal en se posant les questions suggérées dans le « retour sur la journée ».

Écouter avec empathie
L’enfant a-t-il peur des monstres, de la noirceur ou des fantômes? Fait-il/elle des cauchemars? Écoutez ses craintes avec empathie (sans nier, sans donner de conseils ou sauter trop vite au mode « solutions »). Ces sentiments sont bien réels pour l’enfant et ont besoin d’être nommés et entendus.
Il n’y a, selon moi, rien de pire pour un enfant (ou adulte) que de vivre quelque chose dont on nie ou minimise le ressenti (« Ben non, les monstres n’existent pas! », « Non, tu n’as pas peur! », « Ce n’est pas si pire que ça! », « Arrête de faire le bébé! » ).

Rappelons que le fait qu’écouter ne veut pas dire que nous sommes d’accord avec ce que partage l’autre. Écouter, c’est accueillir la réalité de l’autre, ses sentiments et ses besoins, sans aucun autre but dans ce moment-là que de lui permettre de se soulager et de développer du détachement face à ses réactions.

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Source: Pixabay

L’exercice du verre plein de cailloux: faire le vide
Énumérer les soucis accumulés dans la journée (et qui font que la personne se sent débordée ou incapable de lâcher prise). Le verre représente le cœur. Chaque événement suscitant des soucis (une ou plusieurs émotions) dans la journée représente un seul caillou déposé dans le verre. En nommant les soucis et en les déposant un à un dans le verre, l’enfant visualise l’accumulation et prend conscience que son coeur est VRAIMENT plein. Comment s’endormir avec un coeur si préoccupé????

Un verre d’eau plein représente le stress normal d’une journée. Il est versé dans le verre plein de cailloux pour visualiser le manque d’espace intérieur pour accueillir le stress normal: la raison du débordement actuel. N’est-ce pas soulageant de se comprendre? Après, il reste à trouver des solutions pour faire le vide régulièrement.

Réduire les stimuli
Une soirée sans écran et sans stimulation (au moins une heure avant le sommeil) invite la relaxation, le calme et le relâchement. De la musique douce, des livres, des chansons, un temps de tendresse en famille et un rituel du dodo relaxant, peu importe notre âge, sont bénéfiques pour tout le monde.

Revenir au corps
Il n’y a rien de plus efficace pour calmer son hamster intérieur, que de revenir au corps, car il permet d’être dans le moment présent et calmer la tempête interne. Chanter, danser, respirer, pratiquer la pleine conscience, faire du chi gong ou du yoga, se faire des pressions profondes (massages, acupression, Brain Gym) ou recevoir des massages aident un enfant à retrouver sa paix intérieure.

Les poupées-tracas

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Tiré du livre Billy se bile d’Anthony Browne

Les poupées-tracas issues du Guatemala donnent l’occasion aux enfants de nommer et d’identifier leurs soucis et de les raconter aux poupées déposées sous l’oreiller. Selon la légende, les tracas disparaissent dans la nuit.cLes poupées protègent aussi les enfants des cauchemars. Ce processus invite l’enfant à évacuer peines, tristesses et colères accumulées qui demeurent intériorisées, l’empêchant de se reposer mentalement et de lâcher prise.

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L’animal de pouvoir d’Harry Potter

Rituels pour rassurer
Selon ses intérêts et l’univers imaginaire de chaque enfant unique, il est possible mettre en place un rituel rassurant qui rend la nuit moins angoissante: qu’est-ce que ses héros(ïnes) et personnages qu’il/elle admire feraient? Voici des idées: activer son super pouvoir de super héros, dire aux monstres de quitter la chambre avec une baguette magique, invoquer un animal de pouvoir qui donne des forces comme dans Harry Potter (sortilège Spero Patronum), mettre des « pierres magiques » sous son oreiller, faire une formule de mage pour se protéger « spécial monstre » ou pour se donner des dons de courage, mettre sa cape de super héros près de son lit, créer une bulle de protection – tout ce qui provient de son imaginaire et qui lui parle sincèrement et le rassure.

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Source: Pixabay

Ponts de séparation pour la nuit
Les enfants ont besoin de sentir que nous sommes leur guide et que nous sommes toujours là pour eux, dans les hauts et les bas. Surtout lorsqu’ils vivent des périodes de stress ou sont en phase d’individuation. C’est malheureusement souvent dans ces moments qu’ils sont les plus « difficiles » à aimer inconditionnellement et à comprendre.
Pourtant, un enfant exprime ses peurs à travers ses comportements, aussi désagréables soient-ils.
En créant un pont de séparation avec notre enfant, nous consolidons le lien qui nous unit et réassurons que nous sommes toujours présents:
-« Je te souhaite une douce nuit. Je suis dans ma chambre ET mon cœur est toujours avec toi. J’ai hâte de manger des crêpes avec toi, demain matin. »
-Dessiner un cœur sur sa main: « Tu es toujours dans mon cœur, peu importe où tu es.»
-Tu vois ces ficelles? Elles nous rappellent que nous sommes toujours ensemble, même lorsque je ne suis pas à côté de toi (mettre de la ficelle reliant votre chambre à la sienne).
-Mettre un chandail imprégné de votre odeur sur sa taie d’oreiller.
-Donner un habit ou objet imprégnés de votre odeur qu’il peut garder sur lui.

Ça vous intéresse?
Veuillez noter que je donne des ateliers ce printemps, à Montréal, sur l’accompagnement d’enfants anxieux et sur les enfants PLUS.

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EXPLORER LES RAISONS DES DÉFIS RELIÉS AU SOMMEIL

Plusieurs raisons poussent un enfant à combattre le sommeil. Il est important d’explorer ces options avant de conclure que votre enfant a le sommeil « léger », ou qu’il a un « problème ».

CORPS: phase de développement / période d’individuation (acquisition de nouvelles compétences comme marcher, parler, lire, écrire, etc.), douleurs physiques (dents, otites, etc), hyper vigilance, hypersensibilité (explorez les réflexes archaïques), sensibilité sensorielle (explorez l’ergothérapie), horaire qui ne suit tout simplement pas son cycle naturel de sommeil, trop de stimuli physique et émotionnel, pas assez de mouvement avant le repos, etc.

COEUR: besoin de proximité avec sa figure d’attachement, réassurance, manque de sécurité émotionnelle (manque de repères), trop de tensions, stress accumulé, traumatisme (in utero, accouchement, à la naissance, séparation abrupte avec sa figure d’attachement, hospitalisation, sevrage abrupt, entraînement au sommeil, parent détaché, etc.), anxiété de séparation, manque de ponts de séparation (attachement) avec les parents, etc.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen.  Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

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Élever les enfants dans la bienveillance

racinespar Mitsiko Miller

Pourquoi élever nos enfants dans la bienveillance?
Voilà une question que je me suis posée toute ma vie de jeune adulte.

En premier lieu, ma réponse la plus spontanée était… parce que je rêve du jour où la plupart des adultes n’auront pas à se remettre de leur enfance.

Imaginez pour un instant, ce que ça serait.
Un monde où nous n’avons besoin de s’imposer ou d’écraser les autres pour se faire valoir. Un monde où nous n’avons pas eu à développer de mécanismes de défense pour nous protéger, et où nous nous sentons suffisamment à l’aise pour nous dévoiler tels que nous sommes.

Un monde où nous nous sentons suffisamment écoutés avec empathie que nous n’avons pas à recourir aux comportements passif-agressif ou à la violence pour se raconter et pour se faire entendre. Un monde où nous ne mettons jamais en doute notre intuition ou la sagesse de notre cœur.

Imaginez…

Peut-être que vous me traitez de rêveuse. N’est-ce pas comme cela que nous changeons le monde? N’est-ce pas ainsi Martin Luther King et Nelson Mandela ont mis fin à l’apartheid?

Le bonheur n’est pas l’absence de douleurs et de peines. Le bonheur, c’est l’art de naviguer à travers les difficultés avec de la résilience et une confiance inébranlable. – Mitsiko Miller

Si nous faisions différemment, nous gouterions plus au bonheur. Si nous étions élevés à croire que nous sommes dignes d’amour tels que nous sommes, nous n’aurions pas besoin de mettre des masques.

Si nous étions élevés à croire que nous sommes compétents, nous verrions nos erreurs comme faisant partie de notre apprentissage de vie.

Si nous avions confiance que nous avons beaucoup de valeur, nous oserions prendre la parole ou être qui nous sentons que nous devons être.

Si telle était la manière que nous élevions les enfants, la société dans laquelle nous vivons serait bien différente.

Très différente.

Alors, pourquoi élever les enfants dans la bienveillance?
Parce que les leaders de demain auxquels j’aspire, ont besoin d’être profondément confiants, convaincus, enracinés dans leurs valeurs, cohérents, intègres, conscients, libres penseurs, créatifs et dotés d’intelligence émotionnelle qui les rend empathiques et capables de collaborer.

Et cela est possible, selon moi, que lorsque nous modelons ces qualités: l’amour inconditionnel, l’imperfection, le courage et la compassion pour soi et les autres. Et surtout, la confiance que nous et nos enfants sommes totalement compétents et pleins de ressources.

La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent. – Albert Einstein

C’est difficile, car il y a tant de croyances bien ancrées dans notre société, autour de l’enfance et de l’éducation. Et elles sont très tenaces. En voici trois:

1) « Un enfant est trop tendre. Pour l’éduquer, il faut lui montrer que la vie est dure. Pour apprendre, il faut que ça fasse mal. »

La plupart de nous avons été élevés à croire qu’il faut s’endurcir pour vivre dans ce monde. Selon moi, cette croyance repose sur une peur. Celle que notre enfant ne pourra pas survivre sans être bien protégé et « vacciné » contre le mal.

Élever dans la bienveillance, c’est reconnaître que toute personne – bébé, enfant, adultes, parents- est digne de respect et d’amour. Nous apprenons naturellement, nous n’avons pas besoin d’être puni pour comprendre. Nous apprenons, lorsque nous avons de la clarté, que nous comprenons le sens des choses.

Car je crois que pour vivre (et surtout pour s’épanouir) dans ce monde, il est plus important d’en comprendre les rouages, de développer l’équanimité, de se poser des questions profondes pour développer notre capacité à réfléchir pour soi, et être dans notre puissance personnelle pour accueillir les vagues. En posant des questions, nous pouvons soutenir nos enfants à prendre conscience de leurs perceptions, de s’affranchir de l’anxiété, le désespoir et de s’ouvrir à de nouvelles possibilités créatrices.

Un grand rôle que nous parents avons est d’accompagner nos enfants à travers leurs émotions et les aider à s’affranchir pour développer la résilience, l’équanimité, accepter ce qu’ils ne peuvent changer et changer ce qui est en leur pouvoir de faire.

Voilà, selon moi, le but ultime de notre rôle de parent : guider avec amour et nourrir le feu sacré qui brûle en chacun de nous.

Ce qui m’amène à parler de la prochaine croyance. Elle est tenace et pollue, selon moi, les milieux éducatifs, en plus préoccuper bien des parents.

2) « Un enfant est un vase vide qu’il faut remplir. » 

Dès un très jeune âge, cette croyance amène bien des enfants à se décourager et à croire qu’ils n’ont pas les compétences nécessaires pour s’épanouir. Cette croyance se base encore sur une autre peur: il faut lui dire quoi faire et comment agir, sinon il sera totalement démuni.

Élever dans la bienveillance, c’est reconnaître que chaque personne a les compétences nécessaires pour évoluer. Il suffit de permettre aux enfants d’avoir confiance en eux et de les guider* avec amour et respect pour qu’ils puissent s’épanouir et prennent leur envol.

Guider ne veut pas dire laisser un enfant faire tout ce qu’il veut. Guider, c’est être un phare qui éclaire, qui est solide, voit au-delà des vagues houleuses du moment, rassure, apporte lumière dans la noirceur, montre les chemins possibles, sans les imposer. – Mitsiko Miller

3) « Si on écoute un enfant, il deviendra un enfant roi. »

Comme disent les Rolling Stones : « Tu ne peux pas toujours obtenir ce que tu veux. Mais si tu essaies parfois tu pourrais réaliser que tu reçois ce dont tu as besoin »

Il y a une différence entre « écouter les besoins » de nos enfants et  répondre à tous leurs « désirs ». Élever dans la bienveillance, c’est apprendre à faire la distinction, et à considérer les besoins de tous, avec soin et équilibre.

C’est toute une tâche qui demande de l’effort et la volonté de s’affranchir de ses peurs, changer de paradigme de conscience, loin de la pensée binaire et au-delà du « bien faire » et du « mal faire ». Et le courage de s’exprimer, sans violence envers soi ou envers les autres, dans les hauts et les bas.
La bienveillance, c’est vivre dans la conscience des besoins de TOUS. Vous ET vos enfants. Sans dualité, sans polarisation ou séparation, sans de « toi OU moi ».

Plutôt « toi ET moi »

NOUS.

Lorsqu’un enseigne, deux apprennent. – Robert Heinlein

Mon fils, Henri a résumé ma philosophie, en quelques phrases.
« Nous, les enfants, nous sommes pleins de sagesse que les adultes n’ont pas. Alors, ils ont besoin de nous. Mais nous n’avons pas vraiment une vue d’ensemble. Les adultes l’ont. Ben, pas tous. C’est pour ça qu’on a besoin d’eux. Nous avons besoin l’un de l’autre. »

La bienveillance, c’est reconnaitre notre interdépendance.

J’ai choisi d’élever mes enfants dans la bienveillance, car c’était ce qui avait le plus de sens pour moi. Parce que j’ai découvert que mes enfants sont mes sensei. Alors qu’ils grandissent corps, cœur et âme, moi également, je grandis.

Je grandis cœur et âme.

J’ai appris à ouvrir mon cœur et à écouter sa sagesse. J’ai réappris à vivre et à voir l’essentiel.

Nous, adultes avons tant à apprendre des enfants, et eux de nous. Leur sagesse naturelle, leur regard sur le monde nous aident, nous adultes, à guérir, à transformer nos croyances, à avoir le courage d’aimer et à vivre sans masque.

Et parce que mes enfants se sentent respectés, appréciés, aimés tels qu’ils sont, ils ont des racines et des ailes.

© Mitsiko Miller, 2014. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen.  Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Baume pour le coeur, Citations inspirantes, Communication bienveillante, Non-violence, Parentalité positive et éducation bienveillante

Supplique d’un enfant aux adultes

salomé2Voici un texte de Salomé, emprunt d’une simplicité, d’une vérité désarmante exprime l’urgence que nous avons d’accompagner nos enfants, corps, coeur et âme. Ils sont les leaders de demain: modelons, à petits pas et selon notre rythme, le respect, l’amour et la compassion pour soi et les autres pour un mieux-être individuel et collectif.  – Mitsiko Miller

Supplique d’un enfant aux adultes

Apprenez-nous l’enthousiasme.
Enseignez-nous l’étonnement de découvrir.
N’apportez pas seulement vos réponses.
Réveillez nos questions.
Accueillez surtout nos interrogations.
Appelez-nous à respecter la vie.

Apprenez-nous à échanger, à partager, à dialoguer.
Enseignez-nous les possibles de la mise en commun.
N’apportez pas seulement votre savoir.
Réveillez notre faim d’être.
Accueillez nos contradictions et nos tâtonnements.
Appelez-nous à agrandir la Vie.

Apprenez-nous le meilleur de nous-mêmes.
Enseignez-nous à regarder, à explorer, à toucher l’indicible.
N’apportez pas seulement votre savoir-faire.
Réveillez en nous le goût de l’engagement, des responsabilités.
Accueillez notre créativité pour baliser notre devenir.
Appelez-nous à enrichir la Vie.

Apprenez-nous la rencontre avec le monde.
Enseignez-nous à entendre au-delà des apparences.
N’apportez pas seulement de la cohérence et des bribes de vérités.
Éveillez en nous la quête du sens.
Accueillez nos errances et nos maladresses.
Appelez-nous à entrer dans une Vie plus ardente.

Devenez plus fiables.
En prenant au sérieux nos rêves.
Ne posez pas d’obstacles
Aidez-nous à les dépasser.
C’est une urgence vitale…

Texte de Jacques Salomé

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

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Permissif? Non! Férocement non-violent!

MBRpar Mitsiko Miller

Hier soir, j’ai participé à une discussion ouverte sur l’action sociale et la parentalité offerte par une université montréalaise.
Une femme a fortement réagi à mes propos lorsque je parlais de l’importance de créer un milieu où la paix est intégrée au quotidien: «Mais on doit défendre des droits et, non parler de paix! Et mon enfant, à moi, je la confronte!!»


Ce à quoi j’ai rétorqué: «Pensez-vous que la non-violence est mielleuse? Il n’y a rien de plus FÉROCE que la non-violence (et également respectueuse…).»

Elle m’a regardé avec étonnement.

Tant de gens ont la croyance que la NV est douce et passive. Tant de gens la confondent avec « sacrifice de soi ». Tant de gens pensent que la NV, c’est éviter d’intervenir et de confronter.
:S

Tant de gens imaginent que la NV, c’est écouter les désirs de nos enfants, les laisser faire tout ce qu’ils veulent, accepter de sacrifier nos besoins de paix, de respect et de joie pour que nos enfants se sentent libres et heureux (et pas nous…).

Ben non.

Ça, ce n’est pas, selon moi, de la non-violence.

J’appelle cela de la permissivité.

Tout le monde est perdant, dans ce cas.
Car nous accumulons de la colère, de la frustration et du ressentiment à s’oublier, soi. Et nos enfants vont payer pour, car en s’oubliant, nous ne faisons que garder la frustration et le ressentiment à l’intérieur…. Et elle sortira tôt ou tard, lorsque nous ouvrirons enfin les valves après nous être « retenus » pendant trop longtemps: en colère, en crise, en bouderie, en ressentiment, en désespoir, en hurlements ET avec une intensité qui nous paraitra si étrange et si déplacée – dans des moments anodins. Souvent, avec une violence que nous regrettons profondément…

La non-violence, c’est l’habitude de voir l’humanité chez tous et apprendre à parler ouvertement de ce qui marche et de ce qui ne marche pas, en considérant les besoins de tous – incluant les nôtres: ce que nous appelons, le POUVOIR AVEC. C’est informer nos enfants de l’impact de leur comportement dans le but de s’épanouir et trouver, ensemble, des solutions plus bienveillantes, et non de punir et de faire la morale.
Tout le monde y gagne.
Lorsque nous tenons compte des besoins respectifs (et non des désirs…) de tous, nous cherchons des solutions qui marchent pour nous ET pour l’autre.
Sans compromis.

Il n’y a rien de mielleux à apposer l’opinion de quelqu’un et à tenir compte de ses besoins – dans l’amour de soi ET de l’autre.
Il n’y a rien de mielleux à dire NON  pour dire OUI à autres choses- avec amour et respect pour soi ET pour l’autre.

Exemple avec un jeune adolescent

-Je te déteste, t’es la pire mère du monde!!!!!!!
-Tu te sens en colère parce que nous ne te permettons pas d’aller au centre d’achat, tout de suite ?
-Tous mes amis ont le droit sauf moi!!! Mais avec toi, c’est toujours NON, madame Hitler!!!
-Oui, tu aimerais avoir plus de liberté? (besoin : liberté)
-C’est le goulag ici!
-Tu as l’impression que tu n’as pas assez de choix? (besoin : choix)
(relâchement)
-Ouais.
-Ceci me tient à cœur. Tu veux bien qu’on explore d’autres possibilités ensemble? Je voudrais aussi que nous parlions de manières pour toi d’exprimer ta colère avec respect.
-Gmpffffff. Ok. Désolé.

P.S. 1 On m’a demandé: « N’est-ce pas utopique, comme dialogue? Voire, impossible? » Effectivement, c’est fort peu probable que votre enfant soit aussi coopératif s’il n’a pas beaucoup vécu l’expérience d’être entendu et considéré. Surtout s’il n’a pas confiance que vous considérerez VRAIMENT ses besoins. Lorsque le lien et la confiance sont forts, ce dialogue n’a rien d’utopique. :)

P.S. 2 Pour répondre à une question concernant la CNV… Selon moi, ce n’est pas un langage, mais une qualité de présence. Vous pourrez utiliser tout le langage CNV que vous voudrez… Tant que la présence et la bienveillance ne seront pas au RDV, ça sonnera faux. Surtout pour des enfants qui sentent le « clinquant » à des km à la ronde ;)

Au sujet de la réactivité des enfants et du respect
Je rajoute un point essentiel ici, suite à la lecture d’un commentaire de lecteur.

Les neurosciences nous éclairent de plus en plus sur le développement du cerveau: les enfants expriment des émotions intenses par biologie, et non par volonté. Leur cerveau est en croissance jusqu’à 25 ans. Les moments les plus intenses sont entre 0 à 5 ans ET à l’adolescence. Nos enfants ont besoin d’un accompagnement pour intégrer l’autogestion qui, selon moi, se fait à petits pas, au rythme de leur développement physiologique. Cette autogestion commence par l’exemple que NOUS donnons. :)

Oui, certains enfants s’expriment plus calmement, très jeunes. La plupart ont besoin de bien plus de soutien lorsqu’ils sont petits, pour y arriver. Et plus ils grandissent, plus ils sont en mesure de s’autoréguler – lorsqu’ils ont des parents pour les guider.

C’est pour cela que je prône l’accompagnement émotionnel, qui, au lieu de juger les comportements des enfants, leur offrent de la perspective et de l’aide pour devenir de plus en plus conscients de l’impact de leurs gestes sur les autres, sur leur environnement et pour s’épanouir dans le respect de tous.

Cela se fait en utilisant de la prévention, des retours sur situation, de l’introspection, des exercices d’intelligence émotionnelle, des ententes familiales, de la résolution de problèmes et des conseils de coopération.

© Mitsiko Miller, 2014. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants pour vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Baume pour le coeur, Parentalité positive et éducation bienveillante

Lettre de gratitude à un enfant «difficile»

par Mitsiko Miller

Mon très cher enfant,
Je te suis infiniment reconnaissante pour toute la richesse que tu apportes à notre vie et les milliards d’apprentissages que tu me donnes l’occasion d’intégrer grâce aux défis que nous rencontrons et que nous surmontons ensemble, au quotidien.

cher henriJe veux t’exprimer ma gratitude la plus profonde. Tu m’apprends à lâcher prise, sans laisser aller. À aimer dans la considération de tous. À faire confiance. Tu m’apprends à écouter la sagesse du cœur.

Tu es un trésor.

Parfois, j’avoue. Je rêve de t’envoyer sur un cargo vers une destination inconnue parce que je trouve ça difficile, d’être un parent. Je souhaiterais plus de douceur et de répit. Je souhaite souvent plus de calme.

Surtout lorsque tu veux avoir le dernier mot. Lorsque tu t’obstines avec moi. Lorsque je sens le désespoir monter en moi parce que je suis fatiguée ou stressée.

Je te vois comme mon plus grand défi lorsque tu ne respectes pas notre entente pour le temps d’écran.

Lorsque tu te réveilles à 5 heures du matin en ouvrant toutes les lumières.

Lorsque tu poses des questions qui me confrontent énormément :

  • Dis-donc maman, tu as un petit ventre, maintenant. Tu es un tout petit peu grosse, mais tu es jolie comme ça. Vraiment. (Ce n’est pas une question, mais c’est tout de même confrontant ;))
  • Pourquoi les gens se tuent à la guerre? Pourquoi Staline a tué des gens de son propre peuple?
  • Pourquoi il y a tant d’adultes qui ne respectent pas les enfants?
  • Est-ce qu’on va devenir des esprits d’un autre monde, à notre mort, comme dans La guerre des étoiles?
  • Est-ce que tu m’aimerais, même si je devenais militaire?
  • Pourquoi Hitler a-t-il tué 6 millions de personnes et personne ne s’est opposée à lui?
  • Pourquoi ça existe le racisme, maman?
  • Pourquoi cette maman laisse pleurer son bébé?
  • Pourquoi je déteste souvent mon frère, mais pas vraiment, maman?
  • Pourquoi j’ai peur de mourir?
  • Pourquoi ça t’arrive de t’énerver, toi aussi, maman?

Ouf…

J’ai la tête qui tourne juste à penser à la quantité de mots qui se déversent de ta bouche en quelques minutes.

Je te rappelle souvent de prendre une respiration entre chaque phrase parce que, ce que tu partages m’intéresse, et je veux être capable de suivre la conversation.

Et je te suis tellement reconnaissante d’être infiniment curieux et vivant. D’avoir cette soif de comprendre et de pousser ta réflexion toujours un peu plus loin… pour cultiver ta liberté intérieure.

Et…

Je te suis tellement reconnaissante de m’obliger à grandir (non: de vouloir grandir!!!). À prendre responsabilité de mes émotions. À me respecter. À te laisser prendre tes propres responsabilités. À mieux me connaître pour offrir le meilleur de moi-même. À connaître mes limites, mes défis et mes dons. À savoir dire non avec douceur et amour. Souvent avec douce fermeté, dans une intention d’amour et de respect pour tous.

Je te suis infiniment reconnaissante de m’aider à penser à prendre soin de moi. À nourrir mon âme pour gérer les hauts et le bas de la vie de maman, de femme et d’adulte.

Lorsque tu es venu au monde et que tu prenais 30 tétées par jour, j’ai appris à me fier à mon instinct, à écouter nos besoins et à prendre soin de moi. J’ai surtout fait le deuil de vouloir posséder un bébé, pour t’accueillir, toi, individu à part entière. Le merveilleux toi unique.

Lorsque tu pleurais ‘sans cesse‘, j’ai appris à lâcher prise de ce que je ne pouvais changer, à accueillir le moment présent, à être résiliente, flexible, à demander de l’aide de mon entourage, à me reposer l’esprit et à veiller à vivre des petits moments de plaisir, tout en te gardant à mes côtés.

J’ai lu des milliards de romans et écouté mes standards préférés de jazz avec un plaisir fou, pendant que je te berçais dans mes bras. J’ai chanté et dansé, avec toi, collé sur mon cœur.

J’ai fait du yoga pendant que tu roulais entre mes jambes. J’ai appris à méditer dans le vacarme absolu, pendant que tu faisais un concert de casseroles, à mes côtés.

J’ai appris à écrire avec mes pieds et ma main droite pendant que tu dormais dans mes bras.

Lorsque tu as eu deux ans et que tu poussais les enfants au parc, j’ai appris à intervenir avec amour, pour le bien-être de tous. J’ai appris à me détacher du jugement des autres et à te guider pour t’apprendre à exprimer ton besoin d’espace avec plus de respect et de considération. J’ai appris à dire non avec amour. J’ai appris à me pardonner d’être plus qu’imparfaite, de faire des erreur et d’exprimer mon regret, sans culpabiliser.

Lorsque tu as fait des crises, j’ai appris à me détacher de ma propre réactivité, à ne pas paniquer, à me fier à mon instinct, à m’éduquer en allant à la source, plutôt que d’écouter l’avis d’autres parents, de médecins et de psychologues. J’ai lu sur le développement des enfants et la neuroscience pour mieux te comprendre. J’ai appris à jeter aux poubelles, les livres de « discipline » qui ne me convenaient pas et à écouter mon cœur. J’ai appris à me détacher avec amour. À nous protéger de tes coups en te prenant avec tendresse dans mes bras jusqu’à ce que tu te calmes. J’ai aussi appris à détecter les moments où toi ou moi étions susceptibles de péter un plomb – pour vivre plus de joie dans nos journées.

J’ai appris à décoder tes comportements en devenant détective en besoins. J’ai appris que la bienveillance peut être féroce, aimante et pas toujours facile… mais épanouissante. J’ai appris à être présente à mes pleurs, aux tiens et à ta frustration de ne pouvoir attraper la lune ou le soleil. À ma frustration de ne pouvoir être une mère parfaite.

J’ai appris que mes idéaux n’étaient pas toujours compatibles avec tes besoins. Comme lorsque je rêvais d’écoles alternatives et que tu y étais vraiment malheureux. J’ai lâché prise de mes attentes personnelles et je t’ai écouté, toi. J’ai appris à te voir totalement compétent et à te faire confiance.

J’ai appris à voir le positif dans les situations les plus catastrophiques. J’ai appris à avoir foi en moi et en toi. En la vie. J’ai appris à écouter mon cœur, peu importe ce que les gens pensaient de nous.

Parce que tu es magnifique.

Celui qu’on croyait un futur agresseur ou enfant roi est devenu celui qui aide les autres, protège les arbres et les oiseaux blessés, caresse les petits enfants qui pleurent, prend la parole face aux intimidateurs. Tu es celui qui parle au nom de tous les tiens pendant les conseils de coopération. Tu es celui qui envoie une pensée à toutes les personnes qui souffrent autour de toi. Tu es celui qui exprime ton amour et ton désaccord avec intensité.

Avec un peu plus de bienveillance, chaque jour.

Et parfois, pas du tout.

Parfois, on régresse pour mieux évoluer. :)

Et pourtant, nous trouvons toujours des solutions et des ententes communes.

Toute cette « vie » m’invite à réfléchir, à me dépasser et à grandir dans la clarté de ce que c’est vraiment aimer. M’aimer ET t’aimer. Me respecter ET te respecter. Prendre soin de moi ET prendre soin de toi. Prendre soin de nous ET de notre famille.

Merci du fond du cœur,

Maman

© Mitsiko Miller, 2013. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Communication bienveillante, Parentalité positive et éducation bienveillante

Accueillir le changement

par Mitsiko Miller, cpc

Dans très exactement une semaine, la valse lente et douce d’un été sans surprises et retiré du monde, cèdera la place au rythme effréné d’une batacuda tonitruante.

fil_d'amourAh, la rentrée scolaire…

  • Les enfants rentrent en classe, les soirées Scouts recommencent, l’aïkido redémarre
  • Comment trouver du temps pour prendre le temps? Prendre le temps d’écouter les feuilles de peupliers danser dans le vent? Prendre le temps de ralentir?
  • Est-ce que mes fils vivront des décharges de tensions en rentrant de l’école? Est-ce que mon fils vivra encore des périodes d’insécurité face aux changements? Aurais-je droit à des crises d’angoisse? Vais-je en faire, moi-même?
  • Est-ce que mes fils vivront encore des interactions difficiles avec les élèves (pour ne pas dire, le mot galvaudé « intimidation »?)? Est-ce que le professeur saura apprécier le style unique d’apprentissage de mes fils? Est-ce que le professeur sera en mesure de tisser des liens avec ses élèves pour les sécuriser et les laisser savoir qu’ils sont appréciés?

Oh, le stress monte!!! Et au fur et à mesure que mes pensées se bousculent, je sens mon cœur battre la chamade en suivant le tempo.

Le bouton pause, outil essentiel
Et dans ces moments de panique, je pèse sur le bouton pause. Je m’arrête pour me poser la question essentielle: qu’est-ce qui est en mon pouvoir de faire pour me rendre la vie heureuse?

Respiration. Les activités reprennent. Je sens la peur monter en moi. J’ai peur de me sentir happée par le temps, le stress et de perdre ma joie. Que puis-je faire pour garder l’équilibre et m’ancrer dans la joie? Créer des fiches de routines avec les enfants pour offrir de la prévisibilité et garder les activités au minimum.
Ahhhhh. Les possibilités s’ouvrent à moi.
Comment trouver du temps pour prendre le temps? Respiration. Prendre le temps est une stratégie qui me permet de rester enracinée.  Comment puis-je rester centrée? Inclure plusieurs temps libre dans notre routine.
Est-ce que mon fils vivra des périodes d’insécurité face aux changements?  Respiration. Je vis mal les angoisses de mon fils que j’appréhende. Comment puis-je rester confiante que nous y arriverons? Ah, oui… Remarquer les petits pas vers l’autorégulation et faire un plan d’action avec lui pour l’aider à gérer ses angoisses efficacement.
Ouf…

Créer l’effet Pygmalion
Le professeur saura-t-il apprécier le style d’apprentissage unique de chacun de mes fils? Il est en mon pouvoir de m’asseoir avec chaque professeur pour « vendre » les qualités de mon enfant et l’aider à voir qu’en éveillant son feu sacré et son profond désir de contribuer au bien-être des autres, il aura un élève motivé qui enrichira l’atmospĥère de la classe.
Ahhhhhh, je me sens légère.

Rappelons à l’enfant que peu importe où il est, il est toujours avec nous. Et qu’il est aimé tel qu’il est par au moins une personne dans ce monde :)

Gérer l’intimidation
Comment gérer l’intimidation? J’ai accueilli pendant plusieurs mois, mon enfant qui voulait mourir à chaque jour, tant sa douleur lui semblait insurmontable. Respiration. J’aspire à un monde où garçon+ tendre+ sensible+ empathique soit perçu comme une équation possible et même célébrée. J’aspire à ce que mon fils connaisse sa valeur, qu’il sache à quel point la diversité qu’il apporte à ce monde est une richesse pour nous tous. Et lorsque je vois à quel point cette situation nous a, à tous les deux, permis d’affirmer notre différence et d’estimer qui nous sommes sans recours à une « validation extérieure », je me sens confiante que mon fils et moi avons développé suffisamment de détachement et avons assez de ressources pour naviguer à travers les critiques sans dommage.
Oui. Célébrons.
Et lorsque je me lie avec ce qui est en mon pouvoir de faire pour rendre notre vie plus belle cette année, je vois les possibilités s’ouvrir à moi. Il est en mon pouvoir d’aimer profondément et de nourrir l’estime de soi de mes enfants. Il est possible pour moi de leur laisser savoir que la maison est un lieu où ils peuvent se reposer et être pleinement eux-mêmes. Il est possible…

Voici quelques stratégies pour accueillir les transitions avec douceur

  • Commencer à parler des changements à venir en douceur, nommer et reconnaître les émotions qu’entraîneront sans doute ces transitions (en se rappelant qu’on peut vivre, à la fois, de la joie, de la crainte et de la tristesse en pensant à la rentrée)
  • Faire un « calcul hédoniste » pour voir quels sont les éléments positifs et négatifs qu’apportent ces transitions et s’outiller pro-activement à mieux gérer les hauts et les bas
  • Faire des rituels pour clore l’été et accueillir la nouvelle saison avec joie
  • Faire une vision board (tableau de visionnements) avec nos enfants pour identifier les intentions, voir le positif et établir des stratégies utiles pour surmonter les défis potentiels durant l’année.
  • Créer des repères et des routines avec les enfants pour rassurer ceux (surtout les parents) qui aiment la prévisibilité et avoir une idée de ce qui s’en vient.
  • Rappeler à l’enfant que, peu importe où il est, il est toujours avec nous dans notre cœur. Qu’il y a un fil d’amour invisible qui nous relie pour la vie. Et qu’il est aimé tel qu’il est, par au moins une personne dans ce monde :)

Et vous, quels sont vos trucs à vous?

© Mitsiko Miller, 2013. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants pour les aider à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

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La lettre qui change une vie

meadpar Mitsiko Miller, cpc

En faisant le ménage de mes papiers importants, j’ai retrouvé une lettre auréolée de douces larmes. Je me souviens du jour où je l’ai reçue. J’avais le cœur gros et j’ai croisé une mère du quartier.

J’avais fait le choix de rester à la maison pour suivre notre rythme jusqu’à ce que nous soyons prêts à passer à une nouvelle étape. NOTRE rythme unique.

Ceci était le choix qui marchait pour NOTRE famille. Et il n’était pas très commun.

Je me sentais très isolée. Et je souffrais de me sentir incomprise. À ce moment-là, les « fameuses questions qui tuent » rajoutaient à la lourdeur de mon cœur. J’étais mère d’un bambin et je n’avais pas encore acquis l’équanimité, le recul et les aptitudes de communication que j’ai maintenant. Je m’effondrais intérieurement à chaque question qu’on me posait, que je vivais comme une critique de ma personne. Je restais souvent dans un mutisme malsain pendant que je jacassais intérieurement.

LES QUESTIONS QUI TUENT

-question : Il est malade? C’est pour ça que ton enfant est avec toi?

– Silence et je roule les yeux intérieurement. J’ai bien dit in-té-rieu-re-ment!

-question : Tu ne serais pas un peu mère poule, par hasard?

-Silence et réponse intérieure : « Poc! poc! Poc! Oui, oui!  »

-question : Quoi????????? Il est encore allaité????????????? Oh, mon DIEU!!! Mais, c’est presque un adulte!!!!!!!!!!!

-Silence et réponse intérieure : Ben oui!!!!!!!! Et il sera allaité jusqu’à ce qu’il passe d’un type de couches à l’autre!!! Tu sais, celles pour les vieux?

Ça faisait un peu du bien de ventiler intérieurement. Mais entre vous et moi, c’était plutôt inefficace à long terme car ce sentiment de désespoir resurgissait quotidiennement.

Puis.

J’ai reçu la lettre de cette mère en question (qui est devenue une très chère amie, vous le devinez).

Cette lettre.

Je l’ai relu 20 fois en pleurant de gratitude.

J’étais enfin comprise, et en plus, je recevais de la reconnaissance! Avec ces mots d’encouragement, j’ai pu lâcher prise de mon souhait d’être vue et reconnue par plusieurs. Et je me suis donnée la permission d’être en paix avec moi-même et avec mes choix. Je les acceptais et j’acceptais que tous ne soient pas d’accord. Plus rien ne pouvait m’atteindre maintenant (ou presque…)

J’avais enfin trouvé ma paix intérieure.

Cette lettre, la voici…

*******

Ma chère Mitsiko,

Je te remercie pour les beaux mots d’encouragement que tu as eu pour moi. Nous passons toutes par des périodes plus noires de temps à autre, peu importe les choix que nous faisons. Alors, d’entendre une autre mère dire qu’elle apprécie l’exemple que je donne, me comble.

Je comprends ce que tu vis. Tu n’es pas seule. Je n’ai pas eu le temps de te le dire tantôt: moi aussi j’ai pensé à fort à toi, récemment. J’ai pensé à la fois où on s’est salué rapidement sur la rue et que j’ai remarqué comment Henri avait grandi. Je me suis dit : « qu’il s’épanouit. »

Tu as écouté ton cœur et ce qu’il te dictait de faire. La pression sociale sera toujours là, mais sois sûre que tu fais le « bon » choix pour toi. Ça vaut tellement la peine.

Aucune femme n’est morte en disant qu’elle aurait dû passer moins de temps avec ses enfants. L’amour, c’est toujours la bonne voie. Elle est éternelle et est la chose qui a le plus de valeur au monde.

Ton amie X

********

(J’ai un peu modifié cette lettre parce qu’il y avait des détails plus personnels. :)

(Je suis reconnaissante d’avoir plusieurs « fées » comme mon amie X dans ma vie. Elles me nourrissent et m’inspirent.  Elles contribuent à mettre de la magie dans ma vie.)

Comment vous sentiriez-vous si vous receviez une lettre d’encouragement comme celle-ci? Quel impact aurait-elle sur votre vie? En sachant son impact sur les autres, prendriez-vous le temps d’en rédiger une pour une voisine ou une amie?

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Ne sous-estimez pas votre influence

par Mitsiko Miller, cpc

MLKDurant une de mes nombreuses promenades sur la montagne près de chez moi, j’ai été témoin d’un acte de bienveillance absolument attendrissant qui, malgré les années qui passent, demeure totalement vivant en moi, comme si c’était hier.

Lorsque j’y pense, j’aurais tant aimé l’observer avant que mes enfants ne naissent pour m’épargner de longues heures de réflexions et de lectures à savoir comment exprimer de la bienveillance avec mon enfant en crise….

Je marchais lorsque j’ai entendu un enfant hurler. En me rapprochant, j’ai vu une petite fille de 4 ans se jeter sur l’herbe selon une série de mouvements que j’ai maintes fois constatée chez plusieurs jeunes enfants- celle d’une enfant si fatiguée, si sur-stimulée qu’elle se désorganisait à vue d’œil : les lamentations, les larmes, les cris, les coups, bref, la crise du happy hour que je remarque souvent entre 15h30 et 18h00.
Cette mère a tout simplement pris sa petite dans ses bras en l’enveloppant d’amour et tenant ses petites mains avec tendresse jusqu’à ce qu’elle se calme.

Si simple.
Si puissant.
Si inspirant.

Je suis nourrie d’espoir pour l’humanité et pour les générations à venir. Imaginez un moment que vous ayez autour de vous une myriade d’exemples de parents qui répondent avec bienveillance, tendresse et empathie à leurs enfants et aux membres de leur communauté?

Quelle inspiration et quel modèle ils offriraient aux autres parents et aux enfants de ce monde? Je suis certaine qu’il y aurait une normalisation de la bienveillance éducative et peut-être même qu’une génération d’enfants élevés dans la bienveillance n’auraient pas à se remettre de leur enfance, pourraient investir leur énergie à créer du changement social profondément durable.

Imaginez….
Imaginez voir quotidiennement des parents répondre à un enfant « capricieux » avec de l’empathie, offrir un câlin rassurant à un enfant en crise, faire un clin d’œil approbateur à un enfant grimpant dans un arbre, faire une grimace espiègle à un enfant nous tirant la langue. Bref, prendre le temps de reconnaître les besoins derrière les comportements: amour, exploration, respect, jeu, joie, confiance…

Imaginez l’impact sur notre société?

Et je me suis dit qu’être témoin d’un acte de bienveillance ou d’éducation positive aussi petit soit-il, nous influence et nous donne la permission de faire autrement. Et plus nous en serons témoins, plus nous oserons.

Offrons le modèle de bienveillance envers les enfants, et aussi, envers les personnes qui nous critiquent.

Il n’y a rien de plus puissant et désarmant que de répondre de manière férocement non-violente à une critique et aux attaques: avec non-réactivité, empathie, authenticité, persistance, conviction et joie. (La communication NonViolente m’a permise de développer mon muscle empathique et de rester dans le dialogue collaboratif dans les situations les plus difficiles et tendues. Je la recommande à tous).

Bien sûr, il y a beaucoup de travail à faire pour normaliser la bienveillance éducative et nous avons à œuvrer à plusieurs niveaux: individuel, familial, communautaire, gouvernemental et planétaire.

Cela dit, comme précise Gandhi : «Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde». Soyons la bienveillance. Soyons bienveillant envers nous-mêmes, les enfants et les autres.

© Mitsiko Miller, 2013. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

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Pour une éducation nouvelle

par Mitsiko Miller, cpc

En tant que mère de deux enfants en apprentissage, j’ai du mal à garder mon calme lorsque j’observe au quotidien, des situations où communauté et éducation des enfants sont exprimées sans que je puisse y déceler du respect et de la considération aussi bien pour ces magnifiques êtres en croissance, que pour leurs éducateurs.

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Mes fils, Henri et Thomas jouant au centre Communidée, au cours d’un atelier de robotique

Face à tout cela, je vis parfois du découragement… Et pourtant je refuse de me laisser noyer dans l’impuissance : oui, j’accepte que ce soit la réalité actuelle de bien des gens.

ET je souhaite le changement.

C’est pourquoi j’entame depuis un certain moment, une réflexion sur l’apprentissage qui m’aide à m’ouvrir à de nouvelles possibilités et à envisager l’avenir totalement différemment. Et… je m’implique aussi dans plusieurs projets éducatifs qui osent. Dont le projet famille en harmonie. :)

Comme dit Einstein, «Le monde que nous avons créé est le résultat de notre niveau de réflexion, mais les problèmes qu’il engendre ne sauraient être résolus à ce même niveau. »

Je nous invite à nous poser la question « Quel est le but de l’éducation? » Qu’est-ce qui marche? Pourquoi? Qu’est-ce qui ne marche pas? Comment apprendre du passé?

Osons poser ces questions pour envisager de nouvelles possibilités:

Quelle est la meilleure stratégie d’apprentissage pour chaque enfant unique?

Comment permettre cette diversité en collectif?

  • Comment pouvons-nous soutenir l’apprentissage de chaque enfant, en sachant qu’ils sont tous uniques?
  • Comment pouvons-nous les aider à affronter ce monde, en pleine conscience, de leur pouvoir et compétences à être des agents de changement de leur vie?
  • Dans nos démarches éducatives, sommes-nous habités par la peur ou agissons-nous dans la confiance et l’amour? Quelle est notre posture lorsque nous pensons à l’avenir de nos enfants? Quel message inconscient envoyons-nous à nos enfants (Tu es capable. Le monde est dangereux. La vie humaine n’est que souffrance)?
  • Exprimons-nous du soin pour les enfants avec équilibre pour nous? Tenons-nous compte de leurs besoins d’exploration, de liberté et d’épanouissement ET des nôtres?
  • Attisons-nous ce feu sacré de l’apprentissage en faisant confiance que leur curiosité naturelle et leur créativité leur permettront d’intégrer la connaissance à leur propre rythme, avec joie et autodétermination?
  • Donnons-nous l’exemple de ce que nous souhaitons pour eux? Sommes-nous profondément cohérents?
  • Acceptons-nous de voir l’erreur comme quelque chose de constructif qui nous permet de grandir à petit pas et de réajuster notre tir? Sommes-nous obnubilé par la performance et la perfection?
  • Permettons-nous aux enfants de contribuer à la communauté, leur donner du sens et de la fierté de pouvoir participer à la vie, indépendamment de leur âge?

Ce sont des questions difficiles que j’aborde régulièrement et qui peuvent être très déstabilisantes à envisager pour certains. Pourtant, en lisant et en m’informant, je me suis rendu compte qu’il y avait plusieurs personnes transformant l’éducation en ce moment: ils me gardent en lien avec l’émerveillement, mes rêves et ma vision alignée avec mes actions. Être témoin de cette magie de personnes débordantes de sagesse et de courage (jeunes et moins jeunes) qui sont le changement qu’ils veulent voir dans le monde, m’inspire et me nourrit.

L’ÉDUCATION BIENVEILLANTE: MES ASPIRATIONS

  • Une reconnaissance que chaque enfant est unique, ainsi que son style d’apprentissage
  • Une reconnaissance que les enfants ont besoin de se sentir aimés, et émotionnellement et physiquement en sécurité pour s’épanouir et apprendre.
  • Un enseignant guide tout en laissant savoir que les enfants sont importants et valorisés, que leurs besoins sont pris en compte émotionnellement, physiquement et intellectuellement
  • Une reconnaissance que l’autodétermination est comment les enfants intègrent l’apprentissage de façon significative. Nous gagnons beaucoup à être de «facilitateurs de la connaissance» plutôt que de prêcheurs. Je crois que les enfants peuvent vraiment apprendre lorsqu’ils ont l’espace et la confiance d’explorer leur environnement lorsque les erreurs ne sont qu’une étape d’un processus et une opportunité d’intégrer davantage
  • Plus de compassion, de cercles restaurateurs et de dialogue empathique dans les familles, écoles et communautés pour soutenir la collaboration, encourager l’estime de soi, le sens, la coresponsabilité et la croissance interpersonnelle chez les enfants et les éducateurs
  • La clarté et un sens de la co-création pour que chaque membre de la communauté – enfants, familles, enseignants, écoles et autres membres – voient comment ils peuvent contribuer à soutenir l’apprentissage de tous
  • Un espace où la sécurité émotionnelle est gérée avec efficacité et soin: où les enfants et adultes peuvent dialoguer dans un souhait de restaurer l’entente mutuelle et apprendre à communiquer de manière collaborative

Je pourrais écrire pendant des heures. Mais au moment où je tape ces mots, j’ai une douce jeune personne assise sur mes genoux, qui demande un câlin. Et je constate que j’ai besoin d’une pause (et surtout d’un câlin) aussi.

© Mitsiko Miller, 2013. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen de 9 et 11 ans. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants pour les aider à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

activités

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Empathie, bonheur et compassion en classe

« Quand on écoute VRAIMENT, les gens vivent dans notre cœur pour toujours, nous dit Toshiro Kanamori.

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(Traduction libre du synopsis de Free Documentary Films)

Dans le documentaire primé CHILDREN FULL OF LIFE, se dévoila l’œuvre de M. Kanamori, enseignant d’une classe de 4e année (8e pour le système français), qui enseigne à ses élèves comment vivre ensemble:  les cours touchent le curriculum, mais aussi le travail d’équipe, la communauté, l’importance de de l’empathie, l’expression de sa vulnérabilité et la gestion de conflits.

Il demande à chacun de rédiger un carnet de bord où leurs véritables sentiments sont exprimés quotidiennement. En partageant leur vécu, les enfants réalisent l’importance de prendre soin l’un de l’autre.

M. Kanamori est un exemple étonnant de ce que tous les enseignants à travers le monde devrait être. Il comprend vraiment ce que l’enseignement des enfants est tout au sujet et a certainement fait une différence positive dans la vie de ces jeunes de 10 ans.

*************

Je rêve d’un monde où les professeur ont à coeur le bonheur de mes enfants. Monsieur Kanamori, je vous offre mon plus grand respect et ma plus grande gratitude.

En attendant, mes enfants ont accès à cette richesse à la maison.

Mitsiko Miller, coach certifiée
Mitsiko aide enfants, adultes et couple à bâtir des ponts l’un vers l’autre pour vivre leur harmonie.
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Le défi d’élever nos enfants autrement

Il y a plusieurs manières d’être parent du coeur. Voici la mienne. Je célèbre la diversité des chemins uniques pour se lier de coeur à coeur avec nos enfants uniques. Tendresse à vous tous!

par Mitsiko Miller
KnostIl nous arrive de nous sentir très seule lorsque nous faisons le choix d’élever nos enfants avec notre cœur. Le quotidien d’un parent est ponctué de moments inconfortables où nous réalisons que, malgré les nombreuses recherches récentes, bien des gens ne partagent pas notre vision de la parentalité et ne reconnaissent pas ce qui nous apparait si logique: le rôle essentiel d’un attachement sécure dans le développement global (physique et émotionnel) des enfants et l’importance d’une relation aimante et collaborative, d’où émergent la coopération et la bienveillance.

Parfois, nous vivons des situations irritantes que nous préférerions éviter et nous roulons les yeux au ciel lorsqu’elles se présentent. Par exemple, lorsqu’un passant jette un regard désapprobateur tandis que nos enfants sautent gaiement dans les flaques d’eau. Lorsqu’une vieille dame s’inquiète que notre bébé « tombe » du porte-bébé. Lorsqu’on nous rappelle de « faire attention à notre pauvre dos » parce que nous transportons un bambin sur la hanche.

Parfois nous sommes plutôt sensibles à ces commentaires et ça nous remue un peu. Par exemple, lorsque le médecin ou une mère que nous estimons beaucoup se surprennent que notre bébé boive aussi « souvent ». Ou quand un visiteur constate que le bébé n’a pas de chambre et s’inquiète qu’il ne sera jamais capable de dormir seul. Peut-être que ce malaise passager se résout après une discussion réconfortante avec une bonne amie.

Mais imaginez lorsque la vision de vos intimes divergent de la vôtre pour l’allaitement ou la discipline. Ou encore, lorsque vos parents et amies de longue date vous mitraillent de conseils non-sollicités (qui stimulent en vous encore plus de désespoir!). Comment réagissez-vous?

Je doute que vous rouliez les yeux. J’imagine que vous êtes bien plus qu’un petit peu remuée. Ça ressemblerait plutôt à un douloureux pincement au cœur qui vous remplit de tristesse.

Tout parent souhaite être vu pour les efforts et l’énergie investis pour élever ses enfants avec amour. Et les premières années, un parent qui choisit le maternage proximal ou la parentalité positive est exposé à plus de critiques que de compliments. Raisons pour lesquelles il a encore plus besoin d’un réseau de soutien, d’inspiration, de ressourcement, et d’espace pour explorer avec confiance ce qui a du sens pour sa famille.

Car à la longue, les commentaires des autres finissent par nous trotter dans la tête. Par exemple, lorsque nous sommes en traitement chez l’ostéopathe (pour notre dos!), lorsque notre bébé se réveille encore la nuit, que notre bambin frappe un ami, ou fait une crise devant les enfants impassibles et polis de notre voisine (qui est convaincue qu’écouter « les caprices » des petits les transforme en tyran). Tout d’un coup, notre confiance en soi plie bagage et nous penchons dangereusement vers le doute.

C’est la sonnette d’alarme qui indique qu’il est temps de remplir notre propre réservoir émotionnel et de nous ressourcer. Mais comment faire? Voici quelques suggestions.

S’enraciner dans ses valeurs
Lorsque le doute vous envahit, c’est le temps de mettre le cerveau sur le bouton « pause » et de sonder la sagesse de votre cœur.

Pourquoi écoutez-vous les besoins de vos enfants? Pourquoi le faites-vous de manière différente des autres? Qu’est-ce qui est important pour vous? Quelles valeurs souhaitez-vous cultiver pour que votre enfant s’épanouisse et devienne un adulte responsable, heureux et empathique?

S’enraciner dans les valeurs aide à se détacher de craintes et insécurités qui envahissent momentanément nos pensées et à reprendre confiance en nos capacités à créer l’environnement le plus favorable pour notre famille.

Trouver sa tribu
Nous sommes nombreuses à avoir très peu de personnes autour de nous qui nous offrent l’acceptation et le soutien qui nous comblent vraiment. Trouver notre tribu nous permet d’être exposée à une multitude d’exemples qui nous inspire, nous nourrit et nous redonne confiance.

Comment est-ce possible d’élargir le cercle? Les possibilités sont illimitées. À vous d’explorer les options!

  • Former ou côtoyer un regroupement de parents partageant vos valeurs
  • Fréquenter des réunions de La Leche League ou un autre groupe faisant la promotion de l’attachement proximal et de l’éducation bienveillante
  • Rejoindre des groupes et communautés virtuels
  • Lire des livres inspirants
  • Aller à des congrès/séminaires/conférences/ateliers sur l’éducation bienveillante

Regarder les intentions
La plupart des personnes ne sont pas habituées à écouter avec empathie… Et, par souci d’aider, elles ont la fâcheuse habitude de se lancer immédiatement dans la recherche de solutions et dans l’énumération de conseils non-sollicités. Et c’est là souvent que nous souffrons le plus, car la plupart des « conseils » nous semblent inhumains: nous voulons trouver d’autres options plus respectueuses de tous les membres de la famille et surtout, nous voulons avoir la liberté et l’espace d’explorer ce qui a du sens pour nous.

Il est tout de même réconfortant pour bien des parents de savoir que ces personnes-là cherchent avant tout à nous aider. Alors la prochaine fois que quelqu’un vous dit : « As-tu essayé le 5-10-15? », regardez l’intention derrière les mots: « Ton bien-être me tient à cœur et je veux vraiment t’aider. Je fais ce qui me semble le plus logique et utile: offrir des conseils. »

Si vous vous concentrez sur leur désir de contribuer, il y a des chances que vous vous sentiez plus calme. Même touchée. Peut-être que vous vous surprendrez à répondre « Merci d’essayer de m’aider ».

Demander ce dont nous avons besoin
Plus nous sommes en mesure d’exprimer ce dont nous avons besoin dans le moment, plus nous offrons l’occasion aux autres de savoir exactement comment ils peuvent activement contribuer à rendre la vie meilleure pour tous.

C’est tout un art qui se cultive par la pratique, la conscience de nos besoins, la flexibilité et l’ouverture à l’autre, et une très grande dose de courage.

Peut-être qu’au départ vous vous sentirez à l’aise de demander qu’à certaines personnes. Et plus vous vivrez des expériences positives, plus vous y prendrez goût.

Voici des exemples de demandes spécifiques et flexibles:

  • Écoute sans jugement : « Je suis triste en ce moment. J’ai besoin de vider mon sac. Est-ce que tu veux bien m’écouter sans rien dire pendant les 10 prochaines minutes? »
  • Repos : « Je suis fatiguée ce matin et je bénéficierais vraiment de repos. Serais-tu d’accord de jouer avec le bébé pendant 20 minutes, le temps que je fasse une sieste? »
  • Reconnaissance : «  Je doute de moi en ce moment et j’aimerais qu’on reconnaisse les efforts que je fais pour que mon bébé et moi soyons heureux. Tu veux me dire une ou deux qualités que tu apprécies chez moi en tant que mère? »
  • Confiance: « Je suis inquiète en ce moment. Il y a une partie de moi qui ne fait pas confiance que cette discussion mènera à une entente gagnant-gagnant. Peux-tu me confirmer que c’est ton intention? »

Et vous, comment faites-vous pour prendre soin de vous dans les moments difficiles?

© Mitsiko Miller, 2013. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

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Communication bienveillante, Parentalité positive et éducation bienveillante

La naissance de mon intuition parentale

Intuition2par Mitsiko Miller, cpc

Avant que mon premier fils n’ait vu le jour, j’étais convaincue qu’un enfant ne changerait rien dans ma vie d’adulte.

:)

Intuition, ça mange quoi en hiver, ça???
J’avais le mot « indépendance » pendue aux lèvres : pour commencer, je croyais que tout irait de soi. Que mon accouchement serait facile, rapide et évidemment sans douleur. Je roulais les yeux au ciel lorsqu’on me parlait de « messages que mon corps m’envoie »: pour moi, c’était des histoires pour les zinzins et c’était bien trop « ésotérique » pour la femme logique et rationnelle que j’étais.

Ah… Et je me disais que mon fils prendrait le sein naturellement. Qu’il prendrait son boire à toutes les trois heures. Peut-être aux cinq heures, si j’étais « chanceuse ». Qu’il ferait ses nuits après un mois. Qu’il dormirait « comme un bébé » dans sa belle petite chambre à lui.  Et que je retournerais travailler comme si de rien n’était et que le monde serait merveilleux ainsi.

J’ai eu raison sur un point, en ce qui me concerne : c’est magique, donner naissance. Pour le reste, je me suis allègrement trompée. La Nature s’est chargée de me sortir de cette torpeur naïve assez rapidement. Les hormones ont joué leur rôle et mon fils s’est affirmé haut et fort : « Whoa, maman!!!! Arrête de divaguer avec tes idéaux et donne-moi du lait et de la chaleur humaine maintenant! »

L’illusion et le syndrome de la super woman
J’étais maman « naissante », sans expérience, sans références et totalement insécure : j’étais souvent dépassée par les événements. Tant de choses à apprendre en si peu de temps! Et attention! La super woman en moi voulait tout bien faire par-fai-te-ment en un quart de tour et être la meilleure maman du monde. Rien de moins. Après super woman, voici super maman! Parfaite, par-dessus le marché!

Je ne savais pas comment changer une couche, je ne savais pas comment tenir ce magnifique bébé, mais je savais qu’il se calmait au sein. C’était déjà un bon départ. Et curieusement, lorsque je le mettais au sein, j’étais calme.

Et puisqu’il était plutôt gourmand, nous avons passé de nombreux moments à apprendre à se connaître et à s’aimer… à en oublier toutes mes petites craintes, à en oublier mon perfectionnisme. À en oublier mon grand désir d’acceptation auprès des autres, le grand souhait d’approbation que je cherchais de ma belle-mère, de l’infirmière, du médecin de famille, de tout le monde. Était-ce vraiment si important pour moi? Ah, c’est sûr que j’aime être appréciée! Mais c’était bien plus important d’écouter mon cœur, mon intuition et d’avoir le soutien dont j’avais besoin. Alors, j’ai créé mon village en cherchant des mamans qui partageaient les mêmes valeurs que moi.

Changer de script: passer d’indépendance à interdépendance
Et plus je bâtissais mon « village », plus j’intégrais l’importance de la relation et le sens de «l’interdépendance » avec mon enfant, avec mon chéri, avec ma famille et avec ma communauté. Et plus je passais du temps avec mon bébé, plus je devenais sereine et confiante. Plus j’apprenais à le connaître. À me connaître. Et plus j’allaitais ce bel enfant, plus il me nourrissait de patience et d’amour. Quel bel échange. :)

La petite voix intérieure
Est-ce le travail de mère Nature et le développement naturel de mon intuition parentale? Oui, oui. Est-ce le fruit de ma volonté consciente de vivre dans un monde où les enfants sont considérés avec respect et empathie? Ah, oui! Était-ce la petite voix de mes « hormones d’amour » qui a initialement guidé le chemin? Oui. Toutes ses réponses. Et cette petite voix intérieure a un timbre qui porte. Il semble si logique et si simple de lui donner raison. C’est la voix du cœur qui s’aligne avec nos idées et nous porte à agir en toute intégrité.

Le bébé pleure? C’est sa seule façon de communiquer. Voyons qu’est-ce qu’il veut me dire?

Il a faim dans la nuit? Alors qu’il soit nourri, c’est un être en pleine croissance. Il fera ses nuits quand il sera prêt.

Il est fatigué? Qu’il se colle contre moi.

Il ne veut pas être seul? Qu’il se love contre moi.

Il veut être stimulé? Qu’on se jase un peu. Qu’on se fasse des bisous.

Et moi? Suis-je heureuse dans cette relation?

Oui? Cool…

Non? Alors que puis-je faire pour considérer mes besoins ET ceux de mon bébé, en même temps?

Si ces hormones m’ont éclairée le chemin au départ, elles m’ont aussi permis d’acquérir suffisamment de confiance en moi pour laisser fleurir l’amour et l’écoute intuitive qui sont encore et toujours à la base de ma relation avec mes enfants.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen de 9 et 11 ans. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants pour les aider à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

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