Parentalité positive et éducation bienveillante

6 principes de base de la parentalité positive

Capture d’écran 2015-07-29 à 09.36.01Par Mitsiko Miller

Pourquoi la parentalité positive? Pour milles raisons. Chacun détient ses propres arguments. Tous s’entendent pour dire qu’il y a urgence à la mettre en pratique.

Pourquoi? Dans mon cas, je peux affirmer qu’il est essentiel de changer notre manière d’élever nos enfants car notre société a profondément changé. Nous avons besoins d’outils pour s’adapter et naviguer à travers ses vagues, sans nous noyer. Nous avons vraiment besoin de guider nos enfants pour apprendre à vivre (pas survivre!) en collectif, tout en étant des acteurs libres et conscients de leur vie.

Éclatement et société de surconsommation
En 300 ans, nous avons convergé vers un modèle démocratique au travail, dans les familles et dans les collectifs. Pourtant, notre manière de communiquer avec soi et avec les autres, de même que notre manière de percevoir le « pouvoir » que nous possédons pour créer du changement, n’ont que peu évolué.

En plus, notre société postmoderne de consommation a amené un style de vie qui nous aliène de nous-même, de notre communauté et des autres. Nous sommes invité à courir plus vite dans le tambourin du hamster, sans nous rendre compte que nous courons, happé par le stress et nos préoccupations. Nous vivotons, sautant d’une activité à l’autre, d’une réunion à l’autre et rentrons épuisé du travail, ne rêvant que de « décrocher » ou d’avoir du silence. Parfois, nous sommes si fatigué et si stressé que nous n’avons même pas le temps de réfléchir ou de prendre conscience de ce que nous faisons. En réalité, nous vivons la plupart de nos moments éveillés en mode réactif. La plupart de nous opérons.

L’humain est un être social
J’ai pourtant la croyance que l’humain est un être social. Cela implique qu’il a besoin de tisser des liens profonds, de contact, d’affection, de tendresse et d’échanges significatifs. Il a besoin d’amour, d’appartenir, de se raconter, d’écoute, d’empathie et d’être vu pour qui il est: un être précieux et important.

Au-delà des échanges fonctionnels et « opératoires » tels que « Allez, dépêche-toi! », ou « Je n’ai pas le temps! », ou « Mets la table! », « Tu es en retard! », nous avons besoin d’entendre: « Tu es important, à mes yeux. Je t’aime, toi. Construisons quelque chose ensemble, toi et moi. » Nous avons besoin de substance et d’amour pour donner sens à nos vies. Nous, adultes, en avons fondamentalement besoin. De même que nos enfants.

La plupart des enfants ainsi que nos partenaires, de par leurs crises et leurs comportements désagréables (et parfois tragiques), nous disent très clairement qu’ils aspirent à plus de connexion, de chaleur, de tendresse et d’échanges. Mais nous restons souvent en surface, en réagissant: nous jugeons leurs comportements « inacceptables » et décidons que le meilleur moyen de nous protéger est d’avoir le moins de contact possible avec eux parce qu’être en leur présence nous est « insupportable. » Et pourtant, plus nous évitons de voir la véritable source des « défis », plus les comportements s’aggravent. Et plus nous créons un immense fossé entre nous et nos proches.

Développons des manières de vivre qui permettent de nous parler vraiment, de cultiver le lien, d’apporter de la sécurité émotionnelle, de nourrir notre espoir, d’humaniser nos rapports, de nous donner du courage d’être qui nous sommes et surtout, d’apprendre à vivre, plutôt que d’opérer.

De nouveaux outils pour s’adapter au nouveau mode de vie
Revenons au symbole de la mer houleuse du début. Notre survie morale, mentale et physique à titre d’individu et de collectif, dépend de notre capacité à reprendre notre souffle, savoir nager ainsi que de notre capacité à repérer le phare près de la berge (garder le cap), pour nous y rendre. Pour cela, nous avons besoin d’outils pour nous recentrer, comprendre nos valeurs essentielles propres à chacun de nous, apprendre à écouter profondément soi et les autres, et développer notre capacité à trouver des solutions durables aux problèmes que nous rencontrons aujourd’hui.

C’est pareil pour nos enfants. À titre de parents, nous avons une grande responsabilité: celle de prendre soin de nous pour être solide et être un phare pour nos enfants. Nous avons la responsabilité d’être une source de sécurité et d’attachement (appartenance) ainsi qu’un guide qui montre le chemin, sans l’imposer.

Nos enfants ont besoin de mentors pour prendre conscience de l’importance de reprendre leur souffle, voir ce qui les aident, ce qui ne les aident pas, de savoir nager, de prendre le temps de voir où ils se trouvent, dans cette mer houleuse, pour s’en sortir. Ils ont besoin de développer un compas intérieur. Et c’est à nous de leur montrer comment et pourquoi le construire.

J’ai la ferme conviction, de par mon vécu familial et celui de mon entourage qui ont de enfants plus âgés, que nos enfants s’épanouissent avec des outils adaptés à cette nouvelle réalité. C’est, selon moi, à travers la parentalité positive.

En trois mots, la parentalité positive, c’est grandir en humilité, en présence et en intégrité. Pas à pas.

6 principes de base pour nous aider à être des guides et des phares:

  • Je reconnais que tous les êtres humains (les bébés sont des êtres humains! Oui!) sont dignes de respect, d’écoute et d’amour. Je cherche à comprendre leur réalité et à créer des relations riches et profondes, dans le respect et le soin de tous.
  • Je reconnais la valeur innée des enfants, leur unicité et leurs compétences, ainsi que les miennes (en tant que parent).
  • Je cultive une relation authentique et bienveillante avec moi-même, mon partenaire et mes enfants. Je communique mon ressenti de manière responsable, dans les hauts et les bas. Cela implique d’intégrer des processus d’introspection au quotidien, et des outils pour communiquer avec bienveillance. (Lire des livres nous donnent la théorie, mais ne nous aident pas à la mettre en pratique!)
  • Je reconnais que le comportement, aussi tragique soit-il, est un langage qui exprime un besoin sous-jacent. En cherchant à le comprendre, je peux me soutenir et soutenir mes enfants à trouver des moyens durables et bienveillants de vivre ensemble dans un mieux-être collectif
  • Je reconnais que je chemine en même temps que mes enfants, et que je suis également un apprenant: faire des essais et erreurs fait partie du processus d’apprentissage et d’individuation (qui dure toute une vie). Je m’engage à prendre les moyens de m’épanouir en cultivant une hygiène de vie globale encourageant la conscience de soi, la pro-activité et la coresponsabilité, dans le respect de mon rythme. Pareil pour mon enfant.
  • Je reconnais que moi, le parent, n’ai pas le même rôle que mes enfants, dans une famille. Bien que je les respecte et que je les honore, j’ai la responsabilité (affranchie d’un sens du devoir lourd et imposé par des « IL FAUT QUE ») de veiller à leur sécurité (émotionnelle et physique), et à leur épanouissement global (corps, cœur et âme). Au départ, c’est à moi de poser des fondations propices à leur construction: je crée l’environnement favorable et je les guide, petit à petit, à vivre en société, à devenir autonomes et responsables, dans le respect et la considération de tous. Je les aide à cheminer vers l’empuissancement à travers l’exemple et en leur donnant des outils. Cela se fait en offrant un amour inconditionnel, en cultivant le sentiment d’appartenance, de compétence, de respect et de considération. J’offre un modèle inspirant, de l’information pertinente et de l’encouragement constant pour les soutenir à agir avec cœur et conscience.

À travers ce processus, nous prenons conscience de nos gestes et habitudes machinaux, pour nous affranchir de nos propres croyances limitatives et de nos blessures que nous projetons de manière totalement inconsciente sur nos enfants, de nos incohérences, de notre manque de soin pour soi, de notre inclinaison au perfectionnisme et à la performance, de nos attentes irréalistes et de notre tendance au contrôle (menaces, chantages, humiliations, blâmes, punitions et récompenses) ou à la renonciation (évitement, fuite, pacification, confusion entre « bonheur » et « plaisir perpétuel », impuissance, refus de vivre de l’inconfort et donc de s’engager dans la relation).

Pas à pas, nous grandissons dans la clarté de ce que nous voulons vraiment, de nos valeurs essentielles et alors, nous pouvons choisir consciemment de créer l’environnement propice à la cohérence, la joie, le respect et au soin pour tous.

En trois mots, la parentalité positive, c’est grandir en humilité, en présence et en intégrité. Pas à pas.

© Mitsiko Miller, 2015. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen.  Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Parentalité positive et éducation bienveillante

Élever les enfants dans la bienveillance

racinespar Mitsiko Miller

Pourquoi élever nos enfants dans la bienveillance?
Voilà une question que je me suis posée toute ma vie de jeune adulte.

En premier lieu, ma réponse la plus spontanée était… parce que je rêve du jour où la plupart des adultes n’auront pas à se remettre de leur enfance.

Imaginez pour un instant, ce que ça serait.
Un monde où nous n’avons besoin de s’imposer ou d’écraser les autres pour se faire valoir. Un monde où nous n’avons pas eu à développer de mécanismes de défense pour nous protéger, et où nous nous sentons suffisamment à l’aise pour nous dévoiler tels que nous sommes.

Un monde où nous nous sentons suffisamment écoutés avec empathie que nous n’avons pas à recourir aux comportements passif-agressif ou à la violence pour se raconter et pour se faire entendre. Un monde où nous ne mettons jamais en doute notre intuition ou la sagesse de notre cœur.

Imaginez…

Peut-être que vous me traitez de rêveuse. N’est-ce pas comme cela que nous changeons le monde? N’est-ce pas ainsi Martin Luther King et Nelson Mandela ont mis fin à l’apartheid?

Le bonheur n’est pas l’absence de douleurs et de peines. Le bonheur, c’est l’art de naviguer à travers les difficultés avec de la résilience et une confiance inébranlable. – Mitsiko Miller

Si nous faisions différemment, nous gouterions plus au bonheur. Si nous étions élevés à croire que nous sommes dignes d’amour tels que nous sommes, nous n’aurions pas besoin de mettre des masques.

Si nous étions élevés à croire que nous sommes compétents, nous verrions nos erreurs comme faisant partie de notre apprentissage de vie.

Si nous avions confiance que nous avons beaucoup de valeur, nous oserions prendre la parole ou être qui nous sentons que nous devons être.

Si telle était la manière que nous élevions les enfants, la société dans laquelle nous vivons serait bien différente.

Très différente.

Alors, pourquoi élever les enfants dans la bienveillance?
Parce que les leaders de demain auxquels j’aspire, ont besoin d’être profondément confiants, convaincus, enracinés dans leurs valeurs, cohérents, intègres, conscients, libres penseurs, créatifs et dotés d’intelligence émotionnelle qui les rend empathiques et capables de collaborer.

Et cela est possible, selon moi, que lorsque nous modelons ces qualités: l’amour inconditionnel, l’imperfection, le courage et la compassion pour soi et les autres. Et surtout, la confiance que nous et nos enfants sommes totalement compétents et pleins de ressources.

La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent. – Albert Einstein

C’est difficile, car il y a tant de croyances bien ancrées dans notre société, autour de l’enfance et de l’éducation. Et elles sont très tenaces. En voici trois:

1) « Un enfant est trop tendre. Pour l’éduquer, il faut lui montrer que la vie est dure. Pour apprendre, il faut que ça fasse mal. »

La plupart de nous avons été élevés à croire qu’il faut s’endurcir pour vivre dans ce monde. Selon moi, cette croyance repose sur une peur. Celle que notre enfant ne pourra pas survivre sans être bien protégé et « vacciné » contre le mal.

Élever dans la bienveillance, c’est reconnaître que toute personne – bébé, enfant, adultes, parents- est digne de respect et d’amour. Nous apprenons naturellement, nous n’avons pas besoin d’être puni pour comprendre. Nous apprenons, lorsque nous avons de la clarté, que nous comprenons le sens des choses.

Car je crois que pour vivre (et surtout pour s’épanouir) dans ce monde, il est plus important d’en comprendre les rouages, de développer l’équanimité, de se poser des questions profondes pour développer notre capacité à réfléchir pour soi, et être dans notre puissance personnelle pour accueillir les vagues. En posant des questions, nous pouvons soutenir nos enfants à prendre conscience de leurs perceptions, de s’affranchir de l’anxiété, le désespoir et de s’ouvrir à de nouvelles possibilités créatrices.

Un grand rôle que nous parents avons est d’accompagner nos enfants à travers leurs émotions et les aider à s’affranchir pour développer la résilience, l’équanimité, accepter ce qu’ils ne peuvent changer et changer ce qui est en leur pouvoir de faire.

Voilà, selon moi, le but ultime de notre rôle de parent : guider avec amour et nourrir le feu sacré qui brûle en chacun de nous.

Ce qui m’amène à parler de la prochaine croyance. Elle est tenace et pollue, selon moi, les milieux éducatifs, en plus préoccuper bien des parents.

2) « Un enfant est un vase vide qu’il faut remplir. » 

Dès un très jeune âge, cette croyance amène bien des enfants à se décourager et à croire qu’ils n’ont pas les compétences nécessaires pour s’épanouir. Cette croyance se base encore sur une autre peur: il faut lui dire quoi faire et comment agir, sinon il sera totalement démuni.

Élever dans la bienveillance, c’est reconnaître que chaque personne a les compétences nécessaires pour évoluer. Il suffit de permettre aux enfants d’avoir confiance en eux et de les guider* avec amour et respect pour qu’ils puissent s’épanouir et prennent leur envol.

Guider ne veut pas dire laisser un enfant faire tout ce qu’il veut. Guider, c’est être un phare qui éclaire, qui est solide, voit au-delà des vagues houleuses du moment, rassure, apporte lumière dans la noirceur, montre les chemins possibles, sans les imposer. – Mitsiko Miller

3) « Si on écoute un enfant, il deviendra un enfant roi. »

Comme disent les Rolling Stones : « Tu ne peux pas toujours obtenir ce que tu veux. Mais si tu essaies parfois tu pourrais réaliser que tu reçois ce dont tu as besoin »

Il y a une différence entre « écouter les besoins » de nos enfants et  répondre à tous leurs « désirs ». Élever dans la bienveillance, c’est apprendre à faire la distinction, et à considérer les besoins de tous, avec soin et équilibre.

C’est toute une tâche qui demande de l’effort et la volonté de s’affranchir de ses peurs, changer de paradigme de conscience, loin de la pensée binaire et au-delà du « bien faire » et du « mal faire ». Et le courage de s’exprimer, sans violence envers soi ou envers les autres, dans les hauts et les bas.
La bienveillance, c’est vivre dans la conscience des besoins de TOUS. Vous ET vos enfants. Sans dualité, sans polarisation ou séparation, sans de « toi OU moi ».

Plutôt « toi ET moi »

NOUS.

Lorsqu’un enseigne, deux apprennent. – Robert Heinlein

Mon fils, Henri a résumé ma philosophie, en quelques phrases.
« Nous, les enfants, nous sommes pleins de sagesse que les adultes n’ont pas. Alors, ils ont besoin de nous. Mais nous n’avons pas vraiment une vue d’ensemble. Les adultes l’ont. Ben, pas tous. C’est pour ça qu’on a besoin d’eux. Nous avons besoin l’un de l’autre. »

La bienveillance, c’est reconnaitre notre interdépendance.

J’ai choisi d’élever mes enfants dans la bienveillance, car c’était ce qui avait le plus de sens pour moi. Parce que j’ai découvert que mes enfants sont mes sensei. Alors qu’ils grandissent corps, cœur et âme, moi également, je grandis.

Je grandis cœur et âme.

J’ai appris à ouvrir mon cœur et à écouter sa sagesse. J’ai réappris à vivre et à voir l’essentiel.

Nous, adultes avons tant à apprendre des enfants, et eux de nous. Leur sagesse naturelle, leur regard sur le monde nous aident, nous adultes, à guérir, à transformer nos croyances, à avoir le courage d’aimer et à vivre sans masque.

Et parce que mes enfants se sentent respectés, appréciés, aimés tels qu’ils sont, ils ont des racines et des ailes.

© Mitsiko Miller, 2014. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen.  Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Communication bienveillante, Parentalité positive et éducation bienveillante

Ce que j’aurais aimé savoir avant de devenir maman

parentalité positive (3)par Mitsiko Miller

Lorsque des « parents enceintes » d’un premier enfant me demandent ce que je leur conseille avant de devenir parent, il m’arrive souvent de rétorquer: « Est-ce un conseil que vous voulez, ou est-ce que vous voulez savoir comment, moi j’ai fait pour être heureuse dans mon rôle de parent? Car la première chose que j’ai apprise, justement, c’est que je fuis les conseils! » Souvent ils me répondent que ce qu’ils veulent, c’est savoir ce qui a marché pour moi. Ce à quoi je réponds: « C’est ce qui a marché pour moi ne marchera peut-être pas pour vous. » Parce qu’il n’y a pas de recettes pour élever des enfants.

Voici, trois points que je trouve, cela dit, extrêmement importants et que j’espère pouvoir partager avec mes enfants lorsqu’ils deviendront « parents enceintes », à leur tour.

1) Suivre mon gros bon sens plutôt que les conseils de tous
Lorsque j’ai eu mon premier enfant, tous les conseils pour prendre soin de mon bébé fusaient dans toutes les directions. « Il faut que… ». « Fais ceci, fais cela». « Ne fais pas ceci, sinon… ». « Laisse ton bébé pleurer, sinon, il deviendra un enfant roi.»  J’ai vite compris que chacun avait sa vision de l’éducation, autant mon voisin sans enfant que les médecins et les experts. Les arguments bien logiques venaient soutenir leurs propos. Parfois, même des recherches scientifiques. Et toutes contradictoires.

J’ai vite appris à jeter tous les livres d’experts et à remercier poliment ces personnes bien pensantes, pour me fier à mon gros bon sens: j’ai observé comment les familles avec des valeurs similaires aux miennes et avec des enfants plus âgés que j’appréciais vraiment, les élevaient. Puis, j’ai demandé à ces personnes de me recommander des livres qui avaient fait leurs preuves.

Pourquoi? Parce que l’Histoire nous a appris que les parangons des époques se remplacent, en fonction des modes et des croyances: au Moyen-âge, on était convaincu que le colostrum de la mère était impur. On chassait l’esprit maléfique du « changelin », petit diablotin, qui, selon l’idéologie de l’époque, possédait les nourrissons gourmands qui tétaient « trop » souvent. À la Renaissance, un « bon parent » de la haute société, confiait son nouveau-né à une nourrice pour poursuivre sa vie mondaine. Dans les années 50, on nous commandait de ne pas toucher les bébés, de peur qu’ils attrapent des virus. En 1928, le père du behaviorisme, John B. Watson (encore lui! Je sais! J’ai une obsession), penseur bien pensant derrière l’entraînement au sommeil et le modèle éducatif basé sur les punitions et récompenses, écrivait dans son livre à succès Psychological Care of Infant and Child : « Jamais au grand jamais, vous ne devez embrasser votre bébé! ».

Cette croyance béhavioriste plus assouplie que dans les années folles, demeure très présente dans les livres d’éducation de l’heure: plusieurs croient qu’un bébé DOIT être conditionné à apprendre l’autonomie, d’une manière très spécifique: Il DOIT faire ses nuits, apprendre à manger, à marcher, à intégrer la garderie à un âge très précis, selon un modèle prédéfini, sinon, ce bébé a un « problème ». Ou plutôt, ce parent est perçu comme ayant un « problème». Il est vu comme « pas assez dévoué». « Pas assez vaillant». « Trop laxiste ». « Sûrement, un parent qui élève un enfant-roi en puissance».

Cette manière d’éduquer les enfants invite les parents à craindre « de râter » leur coup et donc, d’être habités par la peur, dans les « IL FAUT QUE…. ». Et la peur invite le « contrôle » et une éducation régie par des règles rigides qui ne tiennent pas compte ni du gros bon sens des parents, ni de celui des enfants. L’angoisse d’être incompétent encourage également la comparaison et le conformisme en présupposant que les enfants sont « tous pareils », en plus de nourrir la culpabilité et le stress constants de se voir comme un « perdant » si l’enfant ne s’accorde pas à ses mesures spécifiques.

Mais puisque chaque enfant est unique, et donc, forcément « anormal » parce qu’unique, sommes-nous surpris que la presse d’aujourd’hui parle tant de burn-out parental? Qu’est-ce que c’est ce phénomène, sinon, le symptôme d’une personne qui dépasse ses limites, manque d’écoute à ses besoins uniques, aux besoins uniques de ses enfants et à son « gros bon sens »? Combien de parents, et surtout des couples se disputent allègrement, justement à cause de ces « IL FAUT QUE » qui n’épousent pas leurs valeurs personnelles? Dites-moi, qui pourrait se nourrir d’un tel régime pendant toute la durée de sa vie parentale?

Je vous laisse réfléchir à cela.

Suis-je en train de dire qu’il ne faut pas suivre les recommandations prodiguées par des médecins, psychologues et autres experts?  Non. Ce que je dis, c’est qu’il est bon de faire un pas en arrière, questionner notre gros bon sens, avant d’appliquer une formule. Il est bon de trouver des solutions qui marchent pour vous ET pour votre enfant et qui parlent à votre gros bon sens. Il est bon de se parler entre mère et père pour comprendre ensemble, nos valeurs, ce qui nous tient à coeur, comme famille et comment s’accorder, ensemble.

Parce que, heureusement les idées changent… L’Histoire, plus particulièrement, la littérature prouve indéniablement qu’une chose demeure immuable et défit toute idéologie : tous les classiques de la littérature, peu importe l’époque, parlent d’amour et comment suivre son propre cœur.

Même si cela implique d’être anticonformiste et de remettre en question toutes les idées reçues, jusqu’à présent.

2) Prendre soin de soi pour être heureuse (et pour prendre soin de nos enfants dans la joie!)
Si j’avais su que devenir maman était un engagement physique et psychologique durant les premières semaines, je n’aurais pas perdu mon temps à faire du ménage, ou à « recevoir » de la visite. J’aurais accepté de l’aide pour le ménage, la lessive, les courses. Je n’aurais pas hésité à téléphoner une monitrice de la Ligue La Leche pour poser mes milles questions que je jugeais trop ridicules à poser, ou aller à une rencontre mensuelle juste pour partager, avoir de l’encouragement ou pour déposer ma peine. Je n’aurais pas hésité à prendre une accompagnante à la naissance pour me soutenir durant cette transition. Je n’aurais pas hésité à demander de l’aide à mes amies. À ma famille.

Mais avant cela, il a fallu que je comprenne que j’avais une croyance bien ancrée chez moi et chez bien des femmes de ma génération, qui m’empêchait d’accepter du soutien: « une femme forte et compétente n’a pas besoin d’aide. Sinon, elle est faible. »

Ce n’est qu’avec le temps que j’ai compris que c’était complètement faux. J’ai compris qu’il m’était important de chercher du soutien dont j’avais besoin pour être une maman heureuse. Car, ça prend un village pour élever un enfant ET pour soutenir un parent.

Pour être heureuse, j’ai appris à demander du soutien en lâchant prise du contrôle et du perfectionnisme, j’ai lâché prise de mes exigences et de mes attentes irréalistes : j’ai même su avoir de la gratitude du soutien de mon partenaire pour habiller mon fils, même s’il portait du rouge avec du vert ( et avait l’air d’un sapin de Noël en plein été), même si mon partenaire achetait la marque de tofu que j’aimais moins.

Parce que pour être heureuse, j’ai appris à me concentrer sur ce qui était vraiment important. J’ai appris à profiter de la vie, vivre dans la joie en développant une hygiène de vie saine : vivre dans le moment présent, me reposer et me nourrir sainement, corps, coeur et âme. Cela implique, encore aujourd’hui, de remplir mon réservoir émotionnel au quotidien, me faire des petits plaisirs et me recentrer. Parce que c’est lorsque je prends soin de moi que je suis suffisamment zen pour rester un partenaire et un parent aimant, calme et efficace.

Contrairement à certaines personnes pensent, cela n’impliquait pas de me séparer de mon bébé: j’ai appris à considérer mes besoins ET ceux de mon enfant, et trouver notre équilibre, à nous.

3) Me voir comme parent apprenant et non comme « incompétent »
Soyons clair. Le perfectionnisme, ça n’existe pas. Le perfectionnisme, c’est l’idéologie avec les règles « POUR ÊTRE HEUREUX, IL FAUT QUE » qui ne sont pas ajustées à nous et à notre gros bon sens. Le truc, c’est que les IL FAUT QUE ne tiennent pas compte de la réalité, ni de tous les petits pas que nous faisons à chaque jour pour concrétiser, pas à pas, ce à quoi NOUS aspirons, nos valeurs. Lorsque j’étais une maman âgée d’un an, je me suis énormément jugée parce que j’avais des IL FAUT QUE qui m’invitaient à vivre dans la culpabilité de ne pas être à la hauteur de mes aspirations. Je me jugeais comme mauvais parent, incapable et incompétent, si je ne réussissais pas à atteindre mes idéaux, du premier coup. C’est ainsi que je restais coincée dans une spirale de jugements qui m’empêchait de voir que c’est justement par mes erreurs que j’apprenais à incarner mes aspirations.

Voici ce que j’ai appris, au cours de mes 12 années de parentalité:

  • Nous faisons de notre mieux avec les ressources que nous avons, à chaque moment.
  • Nous évoluons en faisant des erreurs. Voyons-les comme le processus par lequel nous grandissons et apprenons à réajuster son tir, une prochaine fois
  • Nous évoluons à chaque jour, si nous apprenons de nos erreurs. Dans la bienveillance pour soi et pour les autres.

C’est pareil pour notre partenaire. Pareil pour nos enfants. Nous cheminons vers la bienveillance, dans le respect de notre rythme et dans la confiance que nous avancerons, petit à petit.

Comme vous voyez, la seule recette que je propose est celle d’apprendre à aligner nos idéaux à nos actions: en somme, sonder notre cœur, remettre en question ce qui est pris pour acquis pour poser les actions qui ont le plus de sens pour nous ET tous les membres de notre famille, dans le respect de tous.

© Mitsiko Miller, 2015. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Partagez cet article sans modération, mais SVP, demandez la permission avant de reproduire (copier/coller) une partie, ou la totalité de cet article.

Parentalité positive et éducation bienveillante

Le mythe du sommeil solitaire: une vision occidentale du sommeil des bébés

parentalité positive (2)Par Mitsiko Miller

« Faire ses nuits » est devenu un incontournable must dans la parentalité occidentale, qui frôle l’obsession. Dans la société postmoderne dans laquelle nous vivons, le « travail à temps plein » est souvent la seule option proposée par les employeurs pour les parents, l’économie actuelle étant basée sur l’entrée de deux revenus pour couvrir les frais de base (maison, voiture, nourriture).

La réalité financière, sociale et économique impose un rythme soutenu aux parents qui se disent « essoufflés » : après une journée de travail occupée et stressante, la plupart des familles ne peuvent compter sur une grand-mère ou un autre membre de la famille (à part s’ils ont les moyens de se payer de l’aide) pour les appuyer : ils commencent donc un autre emploi à temps plein, après le travail rémunéré, celui de préparer les repas, de gérer la maison et de s’occuper des enfants.

Joindre les deux bouts : la réalité économique
La plupart de ces parents vivent une situation des plus stressantes et n’arrivent pas à maintenir le cap : il n’est pas surprenant qu’ils réclament un lieu calme et sans stimuli, et surtout, un sommeil réparateur! Ceci explique sans doute la popularité de l’entraînement au sommeil (avant le retour au travail, suite à un congé parental), de même que l’usage courant d’approches de discipline plus autocratiques (limites rigides et punitions), pour permettre aux parents de vivre un peu de répit dans leur quotidien turbulent.
La réalité économique et financière est partagée par bien des parents dans le reste du monde, même au tiers monde, qui se courbent également l’échine pour joindre les deux bouts. L’approche autocratique n’est également pas limitée à l’Occident : les violences ordinaires faites aux enfants, existent dans tous les pays, sous différentes formes. Pourtant, comment expliquer que ce n’est qu’en Occident que dormir seul, dès un très jeune âge, a pris une importance capitale, alors que dans la plupart du globe, il est totalement impensable de laisser un petit enfant seul, la nuit ?

L’Occident, et plus particulièrement les États-Unis est obsédé par l’autonomie précoce.

Sommeil solitaire : une croyance culturelle ?
Christine Gross-Loh, auteur américaine ayant vécu au Japon, avance une opinion : et si l’obsession du sommeil solitaire était culturelle ? Selon Gross-Loh, l’Occident, et plus particulièrement les États-Unis est obsédé par l’autonomie précoce. Elle raconte que le sommeil partagé était commun jusqu’au tournant du 19e siècle (note de Mitsiko : est-ce un hasard que ça coïncide avec l’industrialisation, l’exode et l’éclatement de la famille multi-générationnelle et… la venue de longues heures de travail ?) et tout a changé lorsque l’on s’est mis à associer « sommeil seul » avec progrès : la montée de l’influence scientifique a permis aux médecins de gagner en expertise et en crédibilité.

Alors qu’avant le 19e siècle, peu de personnes se préoccupaient de la cause des enfants, tout d’un coup, le monde scientifique publie des recherches et des livres proposant des méthodes pour améliorer l’hygiène des enfants (c’est compréhensible si nous nous rappelons le taux de mortalité infantile, qui existait dû à un manque d’éducation à l’hygiène, à l’époque).

Une nouvelle religion: la science ?
Bien qu’elle y fait référence, l’auteure de Parenting Beyond Borders ne mentionne pas l’immense influence du médecin behavioriste de John B. Watson sur l’éducation des enfants, aux États-Unis et ailleurs. Je souhaite prendre un moment pour le souligner, car il explique également la forte propension en Occident à favoriser l’entraînement au sommeil, puis à la propreté et enfin, à l’apprentissage, qui est si commune et encore prise pour acquis, aujourd’hui.

Watson affirmait que les enfants doivent être entraînés à devenir autonomes pour ne pas prendre de mauvais plis. Il voyait l’urgence de ne pas manifester d’amour et de chaleur aux enfants (selon moi, ce postulat est basé sur le principe que l’amour rend « faible » : ce serait donc un grand risque que de leur offrir réconfort et empathie !), pour éviter qu’ils deviennent mésadaptés et inaptes à fonctionner en société. De là est venue l’idée d’éviter de gâter les enfants, de peur qu’ils prennent de mauvaises habitudes – une croyance si ancrée aujourd’hui qu’il est encore populaire d’entendre des conseils basées sur cette peur.

En visite aux États-Unis, une famille japonaise était choquée de voir que les enfants avaient leur propre chambre et dormaient en solitaire. Ils croyaient également que le moniteur bébé, si commun dans les maisonnées occidentales, servait à créer des bruits de fond pour que le bébé puisse entendre ses parents et ne ressentir la séparation.

Bien qu’il serait absurde pour les parents d’aujourd’hui, de refuser d’exprimer de l’amour à un enfant, demeure le fait que la science est une devenue une référence importante pour les Occidentaux. Parfois, les discours alarmistes engendrent un stress énorme sur les parents, qui ne souhaitent que donner le meilleur à leurs enfants (pensons à la panique générale générée durant la crise de l’H1N1, au Québec). Combien de parents vivent de l’angoisse pour les siestes, les heures de sommeil, une saine alimentation, de peur que leurs enfants ne soient en « santé physique » ?

Suis-je en train de dire que la science est inutile? Non. Cela dit, j’ai à cœur que toutes personnes fassent des choix éclairés et approfondissent leurs recherches avant de prendre pour acquis que la science a réponse à tout: derrière une théorie (surtout en sciences humaines), il y a un postulat basé sur une croyance qui… cherche à être prouvée selon une démarche scientifique.

Le cododo au Japon
Revenons au livre de Gross-Loh : cette journaliste, qui a vécu plusieurs années au Japon où le cododo est la norme, a constaté que les Japonais étaient horrifiés d’apprendre les coutumes occidentales reliés au sommeil. Ils prennent pour acquis que tous les parents dorment avec leur bébé à travers le globe, au même titre que les Occidentaux prennent pour acquis que tous les parents du monde « aident » leur bébé à dormir seul, la nuit. Elle fait remarquer que les Japonais ne stressent pas avec le temps des siestes, ni la nuit, et ont du mal à comprendre l’obsession qu’ont les occidentaux avec la santé et la sécurité extrêmes des enfants. L’auteur rapporte une histoire vécue: en visite aux États-Unis, une famille japonaise était choquée de voir que les enfants avaient leur propre chambre et dormaient en solitaire. Ils croyaient également que le moniteur bébé, si commun dans les maisonnées occidentales, servait à créer des bruits de fond pour que le bébé puisse entendre ses parents et ne ressentir la séparation. :)

La santé et la sécurité physiques, une obsession ?
Elle spécule que cet écart s’explique par les divergences de croyances culturelles : l’Occident adopte un mode de vie individualiste qui se traduit par une éducation qui mise sur l’autonomie et l’indépendance, et la valorisation par l’épanouissement individuel du soi, alors que le reste du globe encouragent davantage des valeurs enracinées dans l’interdépendance.

Les propos de Gross-Loh me touchent particulièrement parce qu’ils mettent en perspective ce que nous prenons pour acquis : nos croyances culturelles. J’ai eu le bonheur d’être élevée dans une famille multiculturelle, par une mère d’origine japonaise. J’ai eu la joie d’être portée dans un onbuhimo (porte-bébé), de dormir à côté de mes parents et d’être valorisée pour ma sensibilité, qui était perçue comme une force et un don.

Lorsque mes enfants tardaient à faire « leur nuit », les propos de ma mère étaient rassurants : « Mitsiko, ton frère a fait ses nuits très tard. Et toi, tu vivais beaucoup d’anxiété, toute petite. C’était dur pour toi de t’endormir. Tu avais une imagination très fertile et tu avais souvent peur. Nous avons respecté cela. Et vint un temps où tu as été capable. » Vint un temps où j’en fus capable. Vint un temps où mon développement physiologique me permettait de dormir toute une nuit.

Cette discussion riche m’a amené à me poser des questions: sommes-nous conscients des influences culturelles sur notre parentalité ? Il y a-t-il, effectivement, comme le note Gross-Loh, une obsession en Occident de la santé et la sécurité physiques des enfants ? Les recherches alarmistes sur le cododo et le sommeil sont-elles justifiées ? Qu’en est-il de la santé émotionnelle ? Est-elle incluse dans les recherches sur le sommeil ?
Comment retrouver un équilibre ? Comment encourager les parents à réfléchir par eux-mêmes?

Dans mon cas, j’ai décidé d’accepter que mes enfants dormiront toute une nuit lorsqu’ils en seront physiologiquement capables. Parce que ce qui était le plus important pour moi dans cette expérience, c’était de pouvoir dormir ! J’ai choisi de lâcher prise de ce que je ne pouvais changer: quand ça arriverait. Et j’ai focalisé mon attention sur ce qui était en mon pouvoir de faire : trouver un moyen de, moi, dormir ET de m’assurer que mes enfants soient en santé ainsi qu’en sécurité physique ET émotionnelle. En pensant de manière créative, notre famille a trouvé une solution respectueuse de tous et qui marchait pour NOUS : pour mon partenaire, moi ET pour nos enfants.

Et vous ?

papLe sommeil de vos enfants vous préoccupe?
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© Mitsiko Miller, 2014. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Références
• Drina Candilis-Huisman, Naître et après? Du bébé à l’enfant, Gallimard, 1997
• Christine Gross-Loh, Parenting Without Borders, Penguin Books, 2013
• Robin Grille, Parenting for a Peaceful World, Longueville Media, 2005
• Carl Honoré, Éloge de la lenteur, Marabout, 2005
• Gilles Lipovetsky, L’ère du vide, Gallimard, 1983
• Didier Lette et Marie-France Morel, Une histoire de l’allaitement, La Martinière
• John B. Watson: article sur Wikipedia.org

Communication bienveillante, Non-violence

Gratitude à Marshall

Capture d’écran 2015-02-10 à 19.31.49Le père de la Communication NonViolente nous a quitté ce samedi 7 février 2015, dans la paix et entouré de tous ses enfants.

Un long moment de silence.

Merci, Marshall. Découvrir son processus a été une révélation pour moi, permettant une transformation et une guérison profondes et durables. La CNV a complètement changé ma vie: comment nous rendre la vie profondément merveilleuse? Comment s’accepter totalement? Comment transformer la honte, la culpabilité, la colère? Comment sortir des cycles de la violence, aussi subtils soient-ils? Comment rendre ce monde meilleur?

Merci de tout coeur,

Mitsiko

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants pour les aider à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Baume pour le coeur, Parentalité positive et éducation bienveillante

Enlever son masque, au retour

par Mitsiko Miller, cpc

retourAu retour,
enlever notre masque.
Nous laver de ce qui pollue notre esprit, avant d’y pénétrer.

C’est comme ça que mes enfants se sentent lorsqu’ils rentrent à la maison.
Et moi aussi.
Notre havre de paix.
Le lieu où nous sommes acceptés et aimés tels que nous sommes.
Le lieu où nous pouvons nous reposer, corps coeur et âme.
Retrouver nos repères.

J’espère que ma maison demeurera ce lieu de paix, lorsque je serai une vieille dame.

La maison.
Un lieu où enlever son masque.
Enlever son armure de « grand ».
Un lieu où redevenir vulnérable et être soi
Peu importe son âge.

(et apprendre à trouver ce havre de paix à l’intérieur de soi, un jour à la fois)

Le retour par Natalia Chernysheva

© Mitsiko Miller, 2015. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants pour les aider à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Communication bienveillante, Parentalité positive et éducation bienveillante

Aider nos enfants à réfléchir

par Mitsiko Miller, cpc

Voulez-vous VRAIMENT des enfants obéissants?
Vraiment?
Pensez-y.

MeadVous voulez vraiment des enfants qui écoutent sans poser de questions? Des enfants qui suivront la mode sans réfléchir, pour ne pas déplaire? Pour appartenir?

Vraiment?
Des enfants qui suivront pour faire « comme il faut », pour se fondre dans la masse?
Pour ne pas décevoir, pour soulager leur culpabilité?
Pour faire plaisir aux autres, sans réfléchir?

Vraiment?
Pas moi. Je veux aider mes enfants à PENSER pour que la vie ait un sens profond pour eux. Pour qu’ils aient envie d’agir en alignement avec leurs valeurs profondes et senties.
Écouter leur cœur et ce qui résonne intérieurement, dans leur conscience.

Pour qu’un jour, ils disent NON à la drogue parce que ça n’a pas de sens pour eux de suivre leurs copains, pour rentrer dans le moule, pour faire comme tout le monde.
NON à la petite copine qui veut aller trop loin, malgré leur inconfort.
NON aux insultes et à la violence proférées par une personne qui leur manque de respect et de considération.
NON à rester muet et inerte devant la violence dont ils sont témoins.
NON au diktat de la mode.
NON à la pensée monolithique de la masse.
NON au patron qui veut que l’employé fasse du surtemps, au détriment de sa famille et de sa santé mentale et physique.
NON à la surconsommation qui est en train de détruire notre planète et notre tricot humain.

NON pour dire OUI à autres choses.
OUI à l’empathie.
OUI au respect mutuel.
OUI à donner du sens à la vie.
OUI à la joie. OUI à l’enthousiasme.
OUI à la connexion. OUI à la compassion.
OUI à l’inclusion. OUI à la diversité.
OUI à l’entente. OUI au dialogue collaboratif.
OUI à la vie.

La question serait plutôt: « À quoi voulez-vous que votre enfant obéisse? »
Moi, je veux que mon enfant obéisse à son compas intérieur qui lui dit intérieurement:
OUI, je suis digne d’amour tel que je suis, peu importe ce que les autres pensent.
OUI, j’ai de la valeur, peu importe ce que les autres font.
OUI, je peux penser par moi-même et être respecté.
OUI, je suis capable d’empathie et j’ai à cœur de contribuer au bonheur des autres. Parce que leur bonheur est aussi mon bonheur.
OUI, je suis capable de trouver des solutions qui tiennent compte de MOI et des AUTRES.

Cela est possible en accompagnant nos enfants avec patience, amour et respect. Cela est possible en réfléchissant avec nos enfants. Cela est possible en s’engageant dans la relation et en parlant de cœur à cœur, tout au long de leur enfance.

Dites-moi. Que souhaitez-vous pour vos enfants?
Pour vous? Pour votre famille?

En posant des questions de curiosité, nous préparons nos enfants à devenir des libres penseurs et les leaders de demain – ceux dont nous avons réellement besoin.

Nous pouvons soutenir les enfants à prendre conscience de leur carte du monde et à s’ouvrir aux possibilités. Voilà, selon moi, le but ultime de notre rôle de parent qui « guide avec amour »: être maître en questiologie

© Mitsiko Miller, 2013. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

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Citations inspirantes, Parentalité positive et éducation bienveillante

Citation: profitons de chaque instant

Aimer sans condition. Un acte si simple, si puissant et si difficile à intégrer dans nos vies, aussi bien avec soi, nos partenaires qu’avec nos enfants.

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Mitsiko Miller, coach certifiée
Mitsiko aide enfants, adultes et couple à bâtir des ponts l’un vers l’autre pour vivre leur harmonie.
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