Communication bienveillante, Parentalité positive et éducation bienveillante

Ce que j’aurais aimé savoir avant de devenir maman

parentalité positive (3)par Mitsiko Miller

Lorsque des « parents enceintes » d’un premier enfant me demandent ce que je leur conseille avant de devenir parent, il m’arrive souvent de rétorquer: « Est-ce un conseil que vous voulez, ou est-ce que vous voulez savoir comment, moi j’ai fait pour être heureuse dans mon rôle de parent? Car la première chose que j’ai apprise, justement, c’est que je fuis les conseils! » Souvent ils me répondent que ce qu’ils veulent, c’est savoir ce qui a marché pour moi. Ce à quoi je réponds: « C’est ce qui a marché pour moi ne marchera peut-être pas pour vous. » Parce qu’il n’y a pas de recettes pour élever des enfants.

Voici, trois points que je trouve, cela dit, extrêmement importants et que j’espère pouvoir partager avec mes enfants lorsqu’ils deviendront « parents enceintes », à leur tour.

1) Suivre mon gros bon sens plutôt que les conseils de tous
Lorsque j’ai eu mon premier enfant, tous les conseils pour prendre soin de mon bébé fusaient dans toutes les directions. « Il faut que… ». « Fais ceci, fais cela». « Ne fais pas ceci, sinon… ». « Laisse ton bébé pleurer, sinon, il deviendra un enfant roi.»  J’ai vite compris que chacun avait sa vision de l’éducation, autant mon voisin sans enfant que les médecins et les experts. Les arguments bien logiques venaient soutenir leurs propos. Parfois, même des recherches scientifiques. Et toutes contradictoires.

J’ai vite appris à jeter tous les livres d’experts et à remercier poliment ces personnes bien pensantes, pour me fier à mon gros bon sens: j’ai observé comment les familles avec des valeurs similaires aux miennes et avec des enfants plus âgés que j’appréciais vraiment, les élevaient. Puis, j’ai demandé à ces personnes de me recommander des livres qui avaient fait leurs preuves.

Pourquoi? Parce que l’Histoire nous a appris que les parangons des époques se remplacent, en fonction des modes et des croyances: au Moyen-âge, on était convaincu que le colostrum de la mère était impur. On chassait l’esprit maléfique du « changelin », petit diablotin, qui, selon l’idéologie de l’époque, possédait les nourrissons gourmands qui tétaient « trop » souvent. À la Renaissance, un « bon parent » de la haute société, confiait son nouveau-né à une nourrice pour poursuivre sa vie mondaine. Dans les années 50, on nous commandait de ne pas toucher les bébés, de peur qu’ils attrapent des virus. En 1928, le père du behaviorisme, John B. Watson (encore lui! Je sais! J’ai une obsession), penseur bien pensant derrière l’entraînement au sommeil et le modèle éducatif basé sur les punitions et récompenses, écrivait dans son livre à succès Psychological Care of Infant and Child : « Jamais au grand jamais, vous ne devez embrasser votre bébé! ».

Cette croyance béhavioriste plus assouplie que dans les années folles, demeure très présente dans les livres d’éducation de l’heure: plusieurs croient qu’un bébé DOIT être conditionné à apprendre l’autonomie, d’une manière très spécifique: Il DOIT faire ses nuits, apprendre à manger, à marcher, à intégrer la garderie à un âge très précis, selon un modèle prédéfini, sinon, ce bébé a un « problème ». Ou plutôt, ce parent est perçu comme ayant un « problème». Il est vu comme « pas assez dévoué». « Pas assez vaillant». « Trop laxiste ». « Sûrement, un parent qui élève un enfant-roi en puissance».

Cette manière d’éduquer les enfants invite les parents à craindre « de râter » leur coup et donc, d’être habités par la peur, dans les « IL FAUT QUE…. ». Et la peur invite le « contrôle » et une éducation régie par des règles rigides qui ne tiennent pas compte ni du gros bon sens des parents, ni de celui des enfants. L’angoisse d’être incompétent encourage également la comparaison et le conformisme en présupposant que les enfants sont « tous pareils », en plus de nourrir la culpabilité et le stress constants de se voir comme un « perdant » si l’enfant ne s’accorde pas à ses mesures spécifiques.

Mais puisque chaque enfant est unique, et donc, forcément « anormal » parce qu’unique, sommes-nous surpris que la presse d’aujourd’hui parle tant de burn-out parental? Qu’est-ce que c’est ce phénomène, sinon, le symptôme d’une personne qui dépasse ses limites, manque d’écoute à ses besoins uniques, aux besoins uniques de ses enfants et à son « gros bon sens »? Combien de parents, et surtout des couples se disputent allègrement, justement à cause de ces « IL FAUT QUE » qui n’épousent pas leurs valeurs personnelles? Dites-moi, qui pourrait se nourrir d’un tel régime pendant toute la durée de sa vie parentale?

Je vous laisse réfléchir à cela.

Suis-je en train de dire qu’il ne faut pas suivre les recommandations prodiguées par des médecins, psychologues et autres experts?  Non. Ce que je dis, c’est qu’il est bon de faire un pas en arrière, questionner notre gros bon sens, avant d’appliquer une formule. Il est bon de trouver des solutions qui marchent pour vous ET pour votre enfant et qui parlent à votre gros bon sens. Il est bon de se parler entre mère et père pour comprendre ensemble, nos valeurs, ce qui nous tient à coeur, comme famille et comment s’accorder, ensemble.

Parce que, heureusement les idées changent… L’Histoire, plus particulièrement, la littérature prouve indéniablement qu’une chose demeure immuable et défit toute idéologie : tous les classiques de la littérature, peu importe l’époque, parlent d’amour et comment suivre son propre cœur.

Même si cela implique d’être anticonformiste et de remettre en question toutes les idées reçues, jusqu’à présent.

2) Prendre soin de soi pour être heureuse (et pour prendre soin de nos enfants dans la joie!)
Si j’avais su que devenir maman était un engagement physique et psychologique durant les premières semaines, je n’aurais pas perdu mon temps à faire du ménage, ou à « recevoir » de la visite. J’aurais accepté de l’aide pour le ménage, la lessive, les courses. Je n’aurais pas hésité à téléphoner une monitrice de la Ligue La Leche pour poser mes milles questions que je jugeais trop ridicules à poser, ou aller à une rencontre mensuelle juste pour partager, avoir de l’encouragement ou pour déposer ma peine. Je n’aurais pas hésité à prendre une accompagnante à la naissance pour me soutenir durant cette transition. Je n’aurais pas hésité à demander de l’aide à mes amies. À ma famille.

Mais avant cela, il a fallu que je comprenne que j’avais une croyance bien ancrée chez moi et chez bien des femmes de ma génération, qui m’empêchait d’accepter du soutien: « une femme forte et compétente n’a pas besoin d’aide. Sinon, elle est faible. »

Ce n’est qu’avec le temps que j’ai compris que c’était complètement faux. J’ai compris qu’il m’était important de chercher du soutien dont j’avais besoin pour être une maman heureuse. Car, ça prend un village pour élever un enfant ET pour soutenir un parent.

Pour être heureuse, j’ai appris à demander du soutien en lâchant prise du contrôle et du perfectionnisme, j’ai lâché prise de mes exigences et de mes attentes irréalistes : j’ai même su avoir de la gratitude du soutien de mon partenaire pour habiller mon fils, même s’il portait du rouge avec du vert ( et avait l’air d’un sapin de Noël en plein été), même si mon partenaire achetait la marque de tofu que j’aimais moins.

Parce que pour être heureuse, j’ai appris à me concentrer sur ce qui était vraiment important. J’ai appris à profiter de la vie, vivre dans la joie en développant une hygiène de vie saine : vivre dans le moment présent, me reposer et me nourrir sainement, corps, coeur et âme. Cela implique, encore aujourd’hui, de remplir mon réservoir émotionnel au quotidien, me faire des petits plaisirs et me recentrer. Parce que c’est lorsque je prends soin de moi que je suis suffisamment zen pour rester un partenaire et un parent aimant, calme et efficace.

Contrairement à certaines personnes pensent, cela n’impliquait pas de me séparer de mon bébé: j’ai appris à considérer mes besoins ET ceux de mon enfant, et trouver notre équilibre, à nous.

3) Me voir comme parent apprenant et non comme « incompétent »
Soyons clair. Le perfectionnisme, ça n’existe pas. Le perfectionnisme, c’est l’idéologie avec les règles « POUR ÊTRE HEUREUX, IL FAUT QUE » qui ne sont pas ajustées à nous et à notre gros bon sens. Le truc, c’est que les IL FAUT QUE ne tiennent pas compte de la réalité, ni de tous les petits pas que nous faisons à chaque jour pour concrétiser, pas à pas, ce à quoi NOUS aspirons, nos valeurs. Lorsque j’étais une maman âgée d’un an, je me suis énormément jugée parce que j’avais des IL FAUT QUE qui m’invitaient à vivre dans la culpabilité de ne pas être à la hauteur de mes aspirations. Je me jugeais comme mauvais parent, incapable et incompétent, si je ne réussissais pas à atteindre mes idéaux, du premier coup. C’est ainsi que je restais coincée dans une spirale de jugements qui m’empêchait de voir que c’est justement par mes erreurs que j’apprenais à incarner mes aspirations.

Voici ce que j’ai appris, au cours de mes 12 années de parentalité:

  • Nous faisons de notre mieux avec les ressources que nous avons, à chaque moment.
  • Nous évoluons en faisant des erreurs. Voyons-les comme le processus par lequel nous grandissons et apprenons à réajuster son tir, une prochaine fois
  • Nous évoluons à chaque jour, si nous apprenons de nos erreurs. Dans la bienveillance pour soi et pour les autres.

C’est pareil pour notre partenaire. Pareil pour nos enfants. Nous cheminons vers la bienveillance, dans le respect de notre rythme et dans la confiance que nous avancerons, petit à petit.

Comme vous voyez, la seule recette que je propose est celle d’apprendre à aligner nos idéaux à nos actions: en somme, sonder notre cœur, remettre en question ce qui est pris pour acquis pour poser les actions qui ont le plus de sens pour nous ET tous les membres de notre famille, dans le respect de tous.

© Mitsiko Miller, 2015. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Partagez cet article sans modération, mais SVP, demandez la permission avant de reproduire (copier/coller) une partie, ou la totalité de cet article.

Communication bienveillante, Non-violence, Parentalité positive et éducation bienveillante

Lâcher prise Vs laisser aller

par Mitsiko Miller, cpc

Pouvoir avecJe parle souvent de «lâcher prise» durant mes ateliers. Et souvent, les participants n’ont pas la même définition que moi: il est effectivement commun de confondre « lâcher prise » avec « laisser aller ». Ce sont pourtant deux gestes totalement différents.
Laisser aller suppose, selon moi, que nous tenons les besoins de nos enfants AU DÉTRIMENT des nôtres, en baissant les bras, dans l’impuissance et le déséquilibre. C’est le pouvoir SOUS. C’est dire avec une teinte de ressentiment : « C’est comme ça », « C’est une phase », « Je n’ai pas le choix… », ou « Je n’y peux rien… »

Lâcher prise est un acte de bravoure, de confiance et de force intérieure : celui de reconnaître que nous sommes importants ET que nous ne pouvons pas avoir le contrôle sur toutes les situations. C’est selon moi, le geste d’accepter ce que l’on ne peut changer. Et de changer ce qui est en notre pouvoir de faire.

Ainsi, nous restons dans le pouvoir AVEC où nos besoins AINSI que ceux de nos enfants sont considérés, sans attentes irréalistes, selon des stratégies qui tiennent compte de nos besoins ET ceux de nos enfants, dans la flexibilité et le choix.

Car même dans les situations les plus ardues, nous avons le choix. Nous avons le choix de changer de perspective, d’accepter ce qui est, sans s’écraser ET sans écraser l’autre.

Lâcher prise
Lâcher prise, ce n’est pas se montrer indifférent, mais simplement admettre que l’on ne peut agir à la place de quelqu’un d’autre.
Lâcher prise, ce n’est pas couper les liens, mais prendre conscience que l’on ne peut contrôler autrui.
Lâcher prise, ce n’est pas être passif, mais au contraire chercher principalement à tirer une leçon des conséquences inhérentes à un événement.
Lâcher prise, c’est reconnaître son impuissance, au sens où l’on admet que le résultat final n’est pas toujours entre nos mains.
Lâcher prise, c’est ne plus blâmer ou vouloir changer autrui et, au lieu de cela, choisir de consacrer son temps à donner le meilleur de soi-même.
Lâcher prise, ce n’est pas prendre soin des autres en faisant preuve d’une totale abnégation, mais se sentir concerné par eux.
Lâcher prise, c’est ne pas « assister », mais encourager.
Lâcher prise, c’est ne pas juger, et accorder à autrui le droit d’être humain, c’est à dire lui accorder le droit à l’erreur.
Lâcher prise, c’est ne pas s’occuper de tout ce qui arrive, et laisser les autres gérer leur propre destin.
Lâcher prise, c’est ne pas materner les autres, et leur permettre d’affronter la réalité.
Lâcher prise, ce n’est pas rejeter, c’est au contraire accepter.
Lâcher prise, c’est ne pas harceler, reprocher, sermonner ou gronder, et tenter de déceler ses propres faiblesses et de s’en défaire.
Lâcher prise, c’est ne pas adapter les choses à ses propres désirs, et prendre chaque jour comme il vient et l’apprécier.
Lâcher prise, c’est ne pas critiquer ou corriger autrui, mais s’efforcer de devenir ce que l’on rêve de devenir.
Lâcher prise, c’est ne pas regretter le passé, et vivre et grandir dans le présent pour l’avenir.
Lâcher prise, c’est craindre moins et aimer davantage.
Auteur inconnu

© Mitsiko Miller, 2014. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Communication bienveillante, Parentalité positive et éducation bienveillante

Suivre son coeur

par Mitsiko Miller, cpc

rooseveltUn jour, alors que je faisais des courses avec mes enfants, nous avons entendu un bébé de 8 ou 9 mois hurler à s’époumoner dans la section fruits et légumes. Mes enfants ont accouru vers le petit pour répondre à ses pleurs.

Décoder les pleurs et les comportements
Parce que, oui, dans notre famille, nous avons la ferme conviction qu’un bébé communique avec les outils qu’il possède: par ses pleurs et, plus tard, par ses comportements. Les pleurs peuvent dire tant de choses, lorsque nous prenons le temps de les décoder : «J’ai besoin de tendresse», «J’ai froid», «J’ai faim», «J’ai peur», «J’ai mal». Lorsque nous écoutons attentivement et prenons le temps d’observer, nous remarquons alors qu’un bébé exprime très clairement ses besoins. Mais parfois, nous ne comprenons pas ni ne pouvons empêcher les pleurs : entre autres, lorsqu’ils sont fatigués ou qu’ils ont des «coliques». Dans ce cas, notre présence empathique, notre voix douce et la chaleur de nos bras les soulagent et les rassurent.

C’est ainsi que mes enfants ont été élevés et c’est la raison pour laquelle ils ont bien du mal à saisir pourquoi un parent ne répondrait pas aux pleurs de son bébé.

Bien sûr, il y a une myriade de raisons pour lesquelles les parents y deviennent moins réceptifs. Certains se sentent dépassés, épuisés ou stressés parce que leur enfant pleure beaucoup, ou parce qu’ils n’ont pas beaucoup de soutien autour d’eux. Par survie, ils font le choix de se donner un peu de répit.

En revanche, d’autres croient que c’est ainsi «qu’il faut faire», parce que cette pratique commune est encouragée pour éviter de « gâter » le bébé. Ma compréhension de l’idéologie derrière cette croyance repose, entre autres, sur le postulat behavioriste de John B. Watson supposant qu’un être humain doit être conditionné par son environnement (comme en témoigne la célèbre expérience menée par ce psychologue sur le (pauvre!) petit Albert B. en 1920).

La recherche actuelle prouve très souvent le contraire (car les recherches sont souvent faites en fonction des croyances des scientifiques émettant ces hypothèses). En somme, la tendance actuelle des recherches est vers la reconnaissance de la vie émotionnelle du bébé, que nous découvrons petit à petit depuis vingt ans, à travers l’intelligence émotionnelle et la neuroscience. Dans cet esprit, le neuropsychiatre Daniel J. Siegel démontre dans ses livres que d’être à l’écoute des besoins de son bébé et de soi encourage la relation d’attachement, aidant l’enfant à développer son autonomie et à son intelligence émotionnelle .

Un enfant émotionnellement intelligent
Selon John M. Gottman, ambassadeur de l’intelligence émotionnelle, le début de l’apprentissage de l’intelligence émotionnelle des enfants commence à la naissance : «Même lorsque les bébés sont encore dépendants, les parents peuvent inculquer l’importance de l’intelligence émotionnelle. Par notre réponse à leurs pleurs, le nourrisson comprend que toute émotion possède un dénouement, qu’il est possible de passer d’une émotion de détresse, de colère et de peur à un sentiment de confort et de rétablissement. Les bébés dont les besoins ne sont pas satisfaits, ont, dans leur cas, peu de chance d’apprendre. (…) Ils rentrent souvent dans un état passif et non-expressif la plupart du temps. Mais lorsqu’ils se fâchent, ils manquent de contrôle de soi, car personne ne les aide à cheminer d’un état de détresse vers un état de confort. Personne ne leur a appris comment se réconforter par eux-mêmes.»

Guider avec amour
J’estime, en effet, que notre rôle de parent n’est pas d’ignorer les communications de nos enfants, mais de les guider avec amour : les soutenir et les aider à se découvrir pour mieux se comprendre, s’épanouir et choisir des moyens de communiquer plus adaptés à la vie en groupe et à la société – en fonction de leur âge et de leur unicité .
Nous, les parents, sommes des phares qui accompagnons notre enfant vers l’autonomie et la responsabilisation en fonction de leurs capacités personnelles, leur tempérament et leur niveau de maturité développementale. Selon moi, la nature joue en notre faveur : elle nous a dotés d’une intuition parentale qui nous aide à rester à l’écoute, dans la flexibilité et l’ouverture. Nous pouvons ainsi accompagner nos enfants pour que la famille (parents et enfants) développe sa résilience face à ce qu’elle ne peut pas changer et apprenne à s’ajuster ce qu’elle peut « changer », dans le respect et l’équilibre de tous.
Je crois qu’un enfant qui a été entendu et dont les besoins sont pris en considération possède une confiance en soi et en son parent qui lui permettent de grandir à son plein potentiel: explorer le monde et bâtir la charpente de son être unique. Du moins, c’est mon expérience et celle de bien des familles autour de moi.

Attachement et bienveillance, les mal compris de la parentalité
L’ennui, c’est que cette vision de la parentalité est souvent mal comprise. Il y a tant de parents, qui, au nom de la parentalité proximale, répondent aux besoins de leur bébé au détriment des leurs, et finissent par s’épuiser. L’attachement proximal est difficile à appliquer parce qu’il demande de penser autrement. Mais vraiment. Il demande de la réflexion, du recul, de la créativité (focaliser sur l’apprentissage et non sur les erreurs que nous faisons), de l’investissement en temps pour trouver des solutions qui tiennent compte des besoins des parents ET des enfants. Il demande souvent que nous pensions hors du cadre : essayer, ajuster, réessayer, écouter, observer, être plein de compassion pour soi, se pardonner, questionner, faire le bilan de ses valeurs senties, apprendre à demander du soutien autour de soi et à communiquer pour trouver des solutions réalistes et concrètes pour créer l’environnement favorable pour SA famille unique.

Il en est de même avec la bienveillance et la parentalité positive. Elles sont souvent confondues avec le laxisme parce que plusieurs parents trouvent difficile d’accompagner leurs enfants émotionnellement et certains ne font pas la distinction entre «besoin» et «désir».

Comment gérer la colère? Quand dire «non»? Comment? Quand est-ce que mon enfant pleure de détresse? Quand est-ce tout simplement une déception de n’avoir pas pu combler ses désirs du moment? Un parent qui sonde son cœur, se fait confiance, connaît les préférences de son enfant ainsi que les siennes et connaît bien ses limites authentiques, sera en mesure de faire la distinction.

La voie du cœur, le chemin d’une vie
Ouf, vous me direz… Quel contrat!
Oui, c’est un investissement de longue haleine. C’est le chemin du cœur : une manière de vivre qui nous mène souvent hors des sentiers battus (et hors de notre zone de confort) en poussant la réflexion et notre cohérence intérieure toujours un peu plus loin.
Réflexion, comme…
Qu’est-ce qu’un désir? Une manière spécifique de combler un besoin. Comme, manger un biscuit. Quel est le besoin rattaché à cette stratégie? Manger.
Est-ce notre rôle de combler les désirs de nos enfants? Non.
Mais un bébé peut-il avoir des désirs? Je crois qu’un bébé est dépendant de nous, point final. Un bébé a besoin de nous pour satisfaire ses besoins et possède des capacités plus limitées qu’un enfant de quatre ans… Guidons nos enfants vers l’autonomie en fonction de leur capacité!
En grandissant, un enfant sera physiologiquement apte à attendre davantage et se sentira suffisamment entendu pour accepter de coopérer avec joie et même d’entendre un «non», même s’il proteste. Il sera capable d’être accompagné à travers sa colère et sa déception pour trouver une stratégie acceptable pour tous pour considérer les besoins derrière ses désirs. Tout cela dans le respect, la présence et la dignité pour tous.

Dilemme: appréciation ou intuition?
Mais revenons à cette maman. La mère continuait à faire ses courses en laissant son enfant pleurer dans la poussette, l’air nerveux. Elle fut extrêmement surprise de voir mes enfants faire des bouffonneries pour lui changer les idées.
J’imagine qu’elle luttait intérieurement entre son besoin d’approbation auprès des autres pour montrer ses compétences de mère et son envie de prendre son fils dans ses bras. Je voyais à quel point elle souffrait intérieurement face à ce dilemme, et son inconfort était palpable dans l’air. C’est pourquoi, lorsqu’elle a croisé mon regard, je lui ai fait un sourire signifiant « C’est difficile ce que tu vis! Tu te cherches et tu trouveras ta propre voie en temps et lieux. Fais-toi confiance, ma chère. »

Parent naissant, explorez votre voie unique!
Lorsque nous sommes parent naissant, nous expérimentons, nous tâtonnons parfois dans toutes les directions. Je me souviens de cette période où, encore jeune maman, je me cherchais. Qui suis-je? Qu’est-ce que je souhaite pour mes enfants? Quel est mon rôle de maman? Dois-je répondre aux pleurs de mon bébé? Il m’est arrivé d’essayer des techniques absurdes de contrôle de comportements apprises dans des livres, lorsque mon fils faisait des crises et que je ne savais pas trop quoi faire. J’ai très vite compris que ces techniques «toutes les tailles» allaient à l’encontre de mon intuition et nourrissaient mon sentiment d’impuissance face à ce que je vivais. Et je ne me sentais vraiment pas bien à appliquer une méthode qui ne me ressemblait pas.

Faites-vous confiance, écoutez votre cœur
La psychologue et représentante de la parentalité positive en France résume cette approche en une phrase : «Faites-vous confiance, écoutez votre cœur! »
J’ai mis du temps à me faire confiance : c’est en me questionnant et en observant ce qui ne marchait pas dans ma vie de parent et en ajustant mon tir que j’y suis parvenue. Je me souviens même d’avoir menti pour qu’on me laisse tranquille, car la pression était trop forte !
Je me souviens de tous les conseils confondants que tout passant se permettait de me lancer, des regards désapprobateurs, des jugements qui fusaient dans toutes les directions, peu importe ce que je faisais. Des conseils à en plus finir sur le sommeil, la discipline, le type de chaussures à acheter, les vitamines à prendre, les couches à acheter, les livres à lire.
Ces moments d’embarras et d’inconfort ont été très constructifs pour moi, car ils m’ont aidée à me poser des questions fondamentales: Qu’est-ce que je veux véhiculer à mon enfant? Comment puis-je l’aider à devenir un jour un adulte équilibré, épanoui et responsable?
Ils m’ont aidée à mieux me connaître et à devenir plus confiante dans mes compétences; bref, écouter mon cœur et poser des gestes en alignement avec mes valeurs à moi.
Et lorsque je vois mes grands enfants si empathiques et éveillés, je me dis: ça en valait vraiment le coup!

© Mitsiko Miller, 2014. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

—————-
Références :
• Isabelle Filliozat, Au cœur des émotions des enfants
• John M. Gottman, Raising an Emotionally Intelligent Child
• Daniel J. Siegel, Parenting from The Inside Out
————–

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Baume pour le coeur, Parentalité positive et éducation bienveillante

Lettre de gratitude à un enfant «difficile»

par Mitsiko Miller

Mon très cher enfant,
Je te suis infiniment reconnaissante pour toute la richesse que tu apportes à notre vie et les milliards d’apprentissages que tu me donnes l’occasion d’intégrer grâce aux défis que nous rencontrons et que nous surmontons ensemble, au quotidien.

cher henriJe veux t’exprimer ma gratitude la plus profonde. Tu m’apprends à lâcher prise, sans laisser aller. À aimer dans la considération de tous. À faire confiance. Tu m’apprends à écouter la sagesse du cœur.

Tu es un trésor.

Parfois, j’avoue. Je rêve de t’envoyer sur un cargo vers une destination inconnue parce que je trouve ça difficile, d’être un parent. Je souhaiterais plus de douceur et de répit. Je souhaite souvent plus de calme.

Surtout lorsque tu veux avoir le dernier mot. Lorsque tu t’obstines avec moi. Lorsque je sens le désespoir monter en moi parce que je suis fatiguée ou stressée.

Je te vois comme mon plus grand défi lorsque tu ne respectes pas notre entente pour le temps d’écran.

Lorsque tu te réveilles à 5 heures du matin en ouvrant toutes les lumières.

Lorsque tu poses des questions qui me confrontent énormément :

  • Dis-donc maman, tu as un petit ventre, maintenant. Tu es un tout petit peu grosse, mais tu es jolie comme ça. Vraiment. (Ce n’est pas une question, mais c’est tout de même confrontant ;))
  • Pourquoi les gens se tuent à la guerre? Pourquoi Staline a tué des gens de son propre peuple?
  • Pourquoi il y a tant d’adultes qui ne respectent pas les enfants?
  • Est-ce qu’on va devenir des esprits d’un autre monde, à notre mort, comme dans La guerre des étoiles?
  • Est-ce que tu m’aimerais, même si je devenais militaire?
  • Pourquoi Hitler a-t-il tué 6 millions de personnes et personne ne s’est opposée à lui?
  • Pourquoi ça existe le racisme, maman?
  • Pourquoi cette maman laisse pleurer son bébé?
  • Pourquoi je déteste souvent mon frère, mais pas vraiment, maman?
  • Pourquoi j’ai peur de mourir?
  • Pourquoi ça t’arrive de t’énerver, toi aussi, maman?

Ouf…

J’ai la tête qui tourne juste à penser à la quantité de mots qui se déversent de ta bouche en quelques minutes.

Je te rappelle souvent de prendre une respiration entre chaque phrase parce que, ce que tu partages m’intéresse, et je veux être capable de suivre la conversation.

Et je te suis tellement reconnaissante d’être infiniment curieux et vivant. D’avoir cette soif de comprendre et de pousser ta réflexion toujours un peu plus loin… pour cultiver ta liberté intérieure.

Et…

Je te suis tellement reconnaissante de m’obliger à grandir (non: de vouloir grandir!!!). À prendre responsabilité de mes émotions. À me respecter. À te laisser prendre tes propres responsabilités. À mieux me connaître pour offrir le meilleur de moi-même. À connaître mes limites, mes défis et mes dons. À savoir dire non avec douceur et amour. Souvent avec douce fermeté, dans une intention d’amour et de respect pour tous.

Je te suis infiniment reconnaissante de m’aider à penser à prendre soin de moi. À nourrir mon âme pour gérer les hauts et le bas de la vie de maman, de femme et d’adulte.

Lorsque tu es venu au monde et que tu prenais 30 tétées par jour, j’ai appris à me fier à mon instinct, à écouter nos besoins et à prendre soin de moi. J’ai surtout fait le deuil de vouloir posséder un bébé, pour t’accueillir, toi, individu à part entière. Le merveilleux toi unique.

Lorsque tu pleurais ‘sans cesse‘, j’ai appris à lâcher prise de ce que je ne pouvais changer, à accueillir le moment présent, à être résiliente, flexible, à demander de l’aide de mon entourage, à me reposer l’esprit et à veiller à vivre des petits moments de plaisir, tout en te gardant à mes côtés.

J’ai lu des milliards de romans et écouté mes standards préférés de jazz avec un plaisir fou, pendant que je te berçais dans mes bras. J’ai chanté et dansé, avec toi, collé sur mon cœur.

J’ai fait du yoga pendant que tu roulais entre mes jambes. J’ai appris à méditer dans le vacarme absolu, pendant que tu faisais un concert de casseroles, à mes côtés.

J’ai appris à écrire avec mes pieds et ma main droite pendant que tu dormais dans mes bras.

Lorsque tu as eu deux ans et que tu poussais les enfants au parc, j’ai appris à intervenir avec amour, pour le bien-être de tous. J’ai appris à me détacher du jugement des autres et à te guider pour t’apprendre à exprimer ton besoin d’espace avec plus de respect et de considération. J’ai appris à dire non avec amour. J’ai appris à me pardonner d’être plus qu’imparfaite, de faire des erreur et d’exprimer mon regret, sans culpabiliser.

Lorsque tu as fait des crises, j’ai appris à me détacher de ma propre réactivité, à ne pas paniquer, à me fier à mon instinct, à m’éduquer en allant à la source, plutôt que d’écouter l’avis d’autres parents, de médecins et de psychologues. J’ai lu sur le développement des enfants et la neuroscience pour mieux te comprendre. J’ai appris à jeter aux poubelles, les livres de « discipline » qui ne me convenaient pas et à écouter mon cœur. J’ai appris à me détacher avec amour. À nous protéger de tes coups en te prenant avec tendresse dans mes bras jusqu’à ce que tu te calmes. J’ai aussi appris à détecter les moments où toi ou moi étions susceptibles de péter un plomb – pour vivre plus de joie dans nos journées.

J’ai appris à décoder tes comportements en devenant détective en besoins. J’ai appris que la bienveillance peut être féroce, aimante et pas toujours facile… mais épanouissante. J’ai appris à être présente à mes pleurs, aux tiens et à ta frustration de ne pouvoir attraper la lune ou le soleil. À ma frustration de ne pouvoir être une mère parfaite.

J’ai appris que mes idéaux n’étaient pas toujours compatibles avec tes besoins. Comme lorsque je rêvais d’écoles alternatives et que tu y étais vraiment malheureux. J’ai lâché prise de mes attentes personnelles et je t’ai écouté, toi. J’ai appris à te voir totalement compétent et à te faire confiance.

J’ai appris à voir le positif dans les situations les plus catastrophiques. J’ai appris à avoir foi en moi et en toi. En la vie. J’ai appris à écouter mon cœur, peu importe ce que les gens pensaient de nous.

Parce que tu es magnifique.

Celui qu’on croyait un futur agresseur ou enfant roi est devenu celui qui aide les autres, protège les arbres et les oiseaux blessés, caresse les petits enfants qui pleurent, prend la parole face aux intimidateurs. Tu es celui qui parle au nom de tous les tiens pendant les conseils de coopération. Tu es celui qui envoie une pensée à toutes les personnes qui souffrent autour de toi. Tu es celui qui exprime ton amour et ton désaccord avec intensité.

Avec un peu plus de bienveillance, chaque jour.

Et parfois, pas du tout.

Parfois, on régresse pour mieux évoluer. :)

Et pourtant, nous trouvons toujours des solutions et des ententes communes.

Toute cette « vie » m’invite à réfléchir, à me dépasser et à grandir dans la clarté de ce que c’est vraiment aimer. M’aimer ET t’aimer. Me respecter ET te respecter. Prendre soin de moi ET prendre soin de toi. Prendre soin de nous ET de notre famille.

Merci du fond du cœur,

Maman

© Mitsiko Miller, 2013. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Communication bienveillante, Parentalité positive et éducation bienveillante

Le défi d’élever nos enfants autrement

Il y a plusieurs manières d’être parent du coeur. Voici la mienne. Je célèbre la diversité des chemins uniques pour se lier de coeur à coeur avec nos enfants uniques. Tendresse à vous tous!

par Mitsiko Miller
KnostIl nous arrive de nous sentir très seule lorsque nous faisons le choix d’élever nos enfants avec notre cœur. Le quotidien d’un parent est ponctué de moments inconfortables où nous réalisons que, malgré les nombreuses recherches récentes, bien des gens ne partagent pas notre vision de la parentalité et ne reconnaissent pas ce qui nous apparait si logique: le rôle essentiel d’un attachement sécure dans le développement global (physique et émotionnel) des enfants et l’importance d’une relation aimante et collaborative, d’où émergent la coopération et la bienveillance.

Parfois, nous vivons des situations irritantes que nous préférerions éviter et nous roulons les yeux au ciel lorsqu’elles se présentent. Par exemple, lorsqu’un passant jette un regard désapprobateur tandis que nos enfants sautent gaiement dans les flaques d’eau. Lorsqu’une vieille dame s’inquiète que notre bébé « tombe » du porte-bébé. Lorsqu’on nous rappelle de « faire attention à notre pauvre dos » parce que nous transportons un bambin sur la hanche.

Parfois nous sommes plutôt sensibles à ces commentaires et ça nous remue un peu. Par exemple, lorsque le médecin ou une mère que nous estimons beaucoup se surprennent que notre bébé boive aussi « souvent ». Ou quand un visiteur constate que le bébé n’a pas de chambre et s’inquiète qu’il ne sera jamais capable de dormir seul. Peut-être que ce malaise passager se résout après une discussion réconfortante avec une bonne amie.

Mais imaginez lorsque la vision de vos intimes divergent de la vôtre pour l’allaitement ou la discipline. Ou encore, lorsque vos parents et amies de longue date vous mitraillent de conseils non-sollicités (qui stimulent en vous encore plus de désespoir!). Comment réagissez-vous?

Je doute que vous rouliez les yeux. J’imagine que vous êtes bien plus qu’un petit peu remuée. Ça ressemblerait plutôt à un douloureux pincement au cœur qui vous remplit de tristesse.

Tout parent souhaite être vu pour les efforts et l’énergie investis pour élever ses enfants avec amour. Et les premières années, un parent qui choisit le maternage proximal ou la parentalité positive est exposé à plus de critiques que de compliments. Raisons pour lesquelles il a encore plus besoin d’un réseau de soutien, d’inspiration, de ressourcement, et d’espace pour explorer avec confiance ce qui a du sens pour sa famille.

Car à la longue, les commentaires des autres finissent par nous trotter dans la tête. Par exemple, lorsque nous sommes en traitement chez l’ostéopathe (pour notre dos!), lorsque notre bébé se réveille encore la nuit, que notre bambin frappe un ami, ou fait une crise devant les enfants impassibles et polis de notre voisine (qui est convaincue qu’écouter « les caprices » des petits les transforme en tyran). Tout d’un coup, notre confiance en soi plie bagage et nous penchons dangereusement vers le doute.

C’est la sonnette d’alarme qui indique qu’il est temps de remplir notre propre réservoir émotionnel et de nous ressourcer. Mais comment faire? Voici quelques suggestions.

S’enraciner dans ses valeurs
Lorsque le doute vous envahit, c’est le temps de mettre le cerveau sur le bouton « pause » et de sonder la sagesse de votre cœur.

Pourquoi écoutez-vous les besoins de vos enfants? Pourquoi le faites-vous de manière différente des autres? Qu’est-ce qui est important pour vous? Quelles valeurs souhaitez-vous cultiver pour que votre enfant s’épanouisse et devienne un adulte responsable, heureux et empathique?

S’enraciner dans les valeurs aide à se détacher de craintes et insécurités qui envahissent momentanément nos pensées et à reprendre confiance en nos capacités à créer l’environnement le plus favorable pour notre famille.

Trouver sa tribu
Nous sommes nombreuses à avoir très peu de personnes autour de nous qui nous offrent l’acceptation et le soutien qui nous comblent vraiment. Trouver notre tribu nous permet d’être exposée à une multitude d’exemples qui nous inspire, nous nourrit et nous redonne confiance.

Comment est-ce possible d’élargir le cercle? Les possibilités sont illimitées. À vous d’explorer les options!

  • Former ou côtoyer un regroupement de parents partageant vos valeurs
  • Fréquenter des réunions de La Leche League ou un autre groupe faisant la promotion de l’attachement proximal et de l’éducation bienveillante
  • Rejoindre des groupes et communautés virtuels
  • Lire des livres inspirants
  • Aller à des congrès/séminaires/conférences/ateliers sur l’éducation bienveillante

Regarder les intentions
La plupart des personnes ne sont pas habituées à écouter avec empathie… Et, par souci d’aider, elles ont la fâcheuse habitude de se lancer immédiatement dans la recherche de solutions et dans l’énumération de conseils non-sollicités. Et c’est là souvent que nous souffrons le plus, car la plupart des « conseils » nous semblent inhumains: nous voulons trouver d’autres options plus respectueuses de tous les membres de la famille et surtout, nous voulons avoir la liberté et l’espace d’explorer ce qui a du sens pour nous.

Il est tout de même réconfortant pour bien des parents de savoir que ces personnes-là cherchent avant tout à nous aider. Alors la prochaine fois que quelqu’un vous dit : « As-tu essayé le 5-10-15? », regardez l’intention derrière les mots: « Ton bien-être me tient à cœur et je veux vraiment t’aider. Je fais ce qui me semble le plus logique et utile: offrir des conseils. »

Si vous vous concentrez sur leur désir de contribuer, il y a des chances que vous vous sentiez plus calme. Même touchée. Peut-être que vous vous surprendrez à répondre « Merci d’essayer de m’aider ».

Demander ce dont nous avons besoin
Plus nous sommes en mesure d’exprimer ce dont nous avons besoin dans le moment, plus nous offrons l’occasion aux autres de savoir exactement comment ils peuvent activement contribuer à rendre la vie meilleure pour tous.

C’est tout un art qui se cultive par la pratique, la conscience de nos besoins, la flexibilité et l’ouverture à l’autre, et une très grande dose de courage.

Peut-être qu’au départ vous vous sentirez à l’aise de demander qu’à certaines personnes. Et plus vous vivrez des expériences positives, plus vous y prendrez goût.

Voici des exemples de demandes spécifiques et flexibles:

  • Écoute sans jugement : « Je suis triste en ce moment. J’ai besoin de vider mon sac. Est-ce que tu veux bien m’écouter sans rien dire pendant les 10 prochaines minutes? »
  • Repos : « Je suis fatiguée ce matin et je bénéficierais vraiment de repos. Serais-tu d’accord de jouer avec le bébé pendant 20 minutes, le temps que je fasse une sieste? »
  • Reconnaissance : «  Je doute de moi en ce moment et j’aimerais qu’on reconnaisse les efforts que je fais pour que mon bébé et moi soyons heureux. Tu veux me dire une ou deux qualités que tu apprécies chez moi en tant que mère? »
  • Confiance: « Je suis inquiète en ce moment. Il y a une partie de moi qui ne fait pas confiance que cette discussion mènera à une entente gagnant-gagnant. Peux-tu me confirmer que c’est ton intention? »

Et vous, comment faites-vous pour prendre soin de vous dans les moments difficiles?

© Mitsiko Miller, 2013. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants pour les aider à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.