Baume pour le coeur, Parentalité positive et éducation bienveillante

L’homme qui plantait des arbres

gionopar Mitsiko Miller, cpc

« Quand je réfléchis qu’un homme seul, réduit à ses simples ressources physiques et morales, a suffi pour faire surgir du désert ce pays de Canaan, je trouve que, malgré tout, la condition humaine est admirable. Mais, quand je fais le compte de tout ce qu’il a fallu de constance dans la grandeur d’âme et d’acharnement dans la générosité pour obtenir ce résultat, je suis pris d’un immense respect pour ce vieux paysan sans culture qui a su mener à bien cette œuvre digne de Dieu. »

C’est le dernier paragraphe de la nouvelle de Jean Giono, L’homme qui plantait des arbres. On dit d’elle qu’elle est une parabole écologique. Pour moi, cette histoire évoque surtout l’importance de l’action positive, des petits gestes au quotidien – empreints de convictions – qui, à la longue, transforment le milieu dans lequel nous vivons.

Elle rappelle que dans mes moments de découragement, lorsque je me sens paralysée de tristesse en constatant comment bien des adultes (bien intentionnés) traitent les enfants, il est en mon pouvoir de faire quelque chose. Je peux mettre mes convictions en action: celles de voir et d’apprécier la sagesse des enfants – petits et grands, de collaborer avec eux en reconnaissant leurs compétences, et en leur laissant ressentir que je crois qu’ils sont dignes d’amour et de respect tels qu’ils sont.

Cette allégorie m’aide à me rappeler qu’à travers mes petits gestes, je ne suis pas impuissante du tout. Je peux créer du positif, un cœur à la fois.
Car j’ai le pouvoir d’élever des enfants qui n’auront pas à se remettre de leur enfance. J’ai le pouvoir de donner l’exemple d’une autre manière de voir les enfants et de communiquer. J’ai le pouvoir de questionner les médecins, enseignants, psychologues et de possiblement faire pousser en eux, le doute de ce qu’ils prennent pour acquis.

:)

Maintenant, imaginez. Si nous sommes des milliers à semer ces graines*, comme Elzéard Bouffier, chacun dans notre coin de pays, qu’est-ce qui serait possible? Imaginez!

Bon visionnement :)

Mitsiko Miller, cpc

——

*C’est ce que le livre Blessed Unrest de Paul Hawken illustre. Nous sommes des milliers à créer le changement sur cette planète. :)

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Baume pour le coeur

L’histoire du petit mot

http://wp.me/P1UuGN-1NJ
http://wp.me/P1UuGN-1NJ

J’ai autour de moi une quantité innombrable de fées extraordinaires qui me comblent au plus haut point. L’une d’elle, Linda, une très chère amie (au départ, elle a été ma monitrice LLL) qui m’accompagne sur le chemin de femmes de coeur engagées, sait à quel point j’aime les baumes pour le coeur et m’a envoyée celui-ci aujourd’hui. J’ai tout de suite pensé à Chantal, une autre femme de coeur et enseignante, qui écrit ce genre de mots à ses élèves. Je suis tout plein de gratitude pour elles et pour toutes les personnes qui touchent et ouvrent le coeur des enfants, petits et grands. – Mitsiko Miller, cpc :)

Un jour, une prof demande à ses élèves de noter le nom de tous les élèves de la classe sur une feuille et de laisser un peu de place à côté de chaque nom.

Puis, elle leur dit de penser à ce qu’ils pouvaient dire de plus gentil au sujet de chaque camarade et de le noter à côté de chacun des noms. Cela prit toute une heure jusqu’à ce que tous aient fini et avant de quitter la salle de classe, les élèves remirent leur copie à la prof.

Le week-end, la prof écrivit le nom de chaque élève sur une feuille et à côté toutes les remarques gentilles que les autres avaient écrit au sujet de chacun.

Le lundi, elle donna à chaque élève sa liste. Peu de temps après, tous souriaient.
«Vraiment?» entendait-on chuchoter…
«Je ne savais pas que j’avais de l’importance pour quelqu’un! »
“Je ne savais pas que les autres m’aimaient tant” étaient les commentaires que l’on entendait dans la salle de classe.

Personne ne parla plus jamais de cette liste. La prof ne savait pas si les élèves en avaient parlé entre eux ou avec leurs parents, mais cela n’avait pas d’importance. L’exercice avait rempli sa fonction. Les élèves étaient satisfaits
d’eux-mêmes et des autres.

Quelques années plus tard, un élève mourra au Vietnam et la prof alla à son enterrement. L’église était comble. Beaucoup d’amis étaient là. L’un après l’autre, ils s’approchèrent du cercueil pour lui adresser un dernier adieu. La prof alla en dernier et trembla devant le cercueil. Un des soldats présents lui demanda: “Est-ce que vous étiez la prof de maths de Marc?”

Elle hocha la tête et dit : “Oui.”

Alors, il lui rétorqua: « Marc a souvent parlé de vous. »

Après l’enterrement, la plupart des amis de Marc s’étaient réunis. Les parents de Marc étaient aussi là et ils attendaient impatiemment de pouvoir parler à la prof.
«Nous voulions vous montrer quelque chose» dit le père de Marc et il sortit son portefeuille de sa poche. «On a trouvé cela quand Marc est tombé à la guerre. Nous pensions que vous le reconnaîtriez.»

Il sortit du portefeuille un papier très usé qui avait dû être recollé, déplié et replié très souvent.
Sans le regarder, la prof savait que c’était l’une des feuilles de la fameuse liste des élèves contenant beaucoup de gentilles remarques écrites à l’époque par les camarades de classe au sujet de Marc.

«Nous aimerions vous remercier pour ce que vous avez fait» dit la mère de Marc «Comme vous pouvez le constater, Marc a beaucoup apprécié ce geste. Tous les anciens élèves se réunirent autour de la prof. »

Charlie sourit et dit :«J’ai encore ma liste. Elle se trouve dans le premier tiroir de mon bureau.»
La femme de Chuck (surnom pour Charlie) dit : «Chuck m’a prié de la coller dans notre album de mariage.»
«Moi aussi, j’ai encore la mienne, dit Marilyn. Elle est dans mon journal intime.»
Puis, Vicky, une autre élève, prit son agenda et montra sa liste tout usée aux autres personnes présentes. « Je l’ai toujours avec moi. Nous l’avons tous gardée.»
La prof était si émue qu’elle dut s’asseoir. Elle pleurait pour Marc et pour tous ses amis qui ne le reverraient plus jamais.

Dans le quotidien avec les autres, nous oublions trop souvent que toute vie s’arrête un jour et que nous ne savons quand ce jour arrivera.

C’est pourquoi il est important de dire aux personnes que l’on aime qu’elles nous sont importantes. Dites-le leur avant qu’il ne soit trop tard!

Chaîne de lettres reçue par courriel aujourd’hui via ma tendre amie Linda :)

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen de 9 et 11 ans. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants pour les aider à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

pubenfantmontreal_mai

Baume pour le coeur, Communication bienveillante, Parentalité positive et éducation bienveillante

Ne sous-estimez pas votre influence

par Mitsiko Miller, cpc

MLKDurant une de mes nombreuses promenades sur la montagne près de chez moi, j’ai été témoin d’un acte de bienveillance absolument attendrissant qui, malgré les années qui passent, demeure totalement vivant en moi, comme si c’était hier.

Lorsque j’y pense, j’aurais tant aimé l’observer avant que mes enfants ne naissent pour m’épargner de longues heures de réflexions et de lectures à savoir comment exprimer de la bienveillance avec mon enfant en crise….

Je marchais lorsque j’ai entendu un enfant hurler. En me rapprochant, j’ai vu une petite fille de 4 ans se jeter sur l’herbe selon une série de mouvements que j’ai maintes fois constatée chez plusieurs jeunes enfants- celle d’une enfant si fatiguée, si sur-stimulée qu’elle se désorganisait à vue d’œil : les lamentations, les larmes, les cris, les coups, bref, la crise du happy hour que je remarque souvent entre 15h30 et 18h00.
Cette mère a tout simplement pris sa petite dans ses bras en l’enveloppant d’amour et tenant ses petites mains avec tendresse jusqu’à ce qu’elle se calme.

Si simple.
Si puissant.
Si inspirant.

Je suis nourrie d’espoir pour l’humanité et pour les générations à venir. Imaginez un moment que vous ayez autour de vous une myriade d’exemples de parents qui répondent avec bienveillance, tendresse et empathie à leurs enfants et aux membres de leur communauté?

Quelle inspiration et quel modèle ils offriraient aux autres parents et aux enfants de ce monde? Je suis certaine qu’il y aurait une normalisation de la bienveillance éducative et peut-être même qu’une génération d’enfants élevés dans la bienveillance n’auraient pas à se remettre de leur enfance, pourraient investir leur énergie à créer du changement social profondément durable.

Imaginez….
Imaginez voir quotidiennement des parents répondre à un enfant « capricieux » avec de l’empathie, offrir un câlin rassurant à un enfant en crise, faire un clin d’œil approbateur à un enfant grimpant dans un arbre, faire une grimace espiègle à un enfant nous tirant la langue. Bref, prendre le temps de reconnaître les besoins derrière les comportements: amour, exploration, respect, jeu, joie, confiance…

Imaginez l’impact sur notre société?

Et je me suis dit qu’être témoin d’un acte de bienveillance ou d’éducation positive aussi petit soit-il, nous influence et nous donne la permission de faire autrement. Et plus nous en serons témoins, plus nous oserons.

Offrons le modèle de bienveillance envers les enfants, et aussi, envers les personnes qui nous critiquent.

Il n’y a rien de plus puissant et désarmant que de répondre de manière férocement non-violente à une critique et aux attaques: avec non-réactivité, empathie, authenticité, persistance, conviction et joie. (La communication NonViolente m’a permise de développer mon muscle empathique et de rester dans le dialogue collaboratif dans les situations les plus difficiles et tendues. Je la recommande à tous).

Bien sûr, il y a beaucoup de travail à faire pour normaliser la bienveillance éducative et nous avons à œuvrer à plusieurs niveaux: individuel, familial, communautaire, gouvernemental et planétaire.

Cela dit, comme précise Gandhi : «Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde». Soyons la bienveillance. Soyons bienveillant envers nous-mêmes, les enfants et les autres.

© Mitsiko Miller, 2013. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Communication bienveillante, Parentalité positive et éducation bienveillante

Pour une éducation nouvelle

par Mitsiko Miller, cpc

En tant que mère de deux enfants en apprentissage, j’ai du mal à garder mon calme lorsque j’observe au quotidien, des situations où communauté et éducation des enfants sont exprimées sans que je puisse y déceler du respect et de la considération aussi bien pour ces magnifiques êtres en croissance, que pour leurs éducateurs.

avril2012 009
Mes fils, Henri et Thomas jouant au centre Communidée, au cours d’un atelier de robotique

Face à tout cela, je vis parfois du découragement… Et pourtant je refuse de me laisser noyer dans l’impuissance : oui, j’accepte que ce soit la réalité actuelle de bien des gens.

ET je souhaite le changement.

C’est pourquoi j’entame depuis un certain moment, une réflexion sur l’apprentissage qui m’aide à m’ouvrir à de nouvelles possibilités et à envisager l’avenir totalement différemment. Et… je m’implique aussi dans plusieurs projets éducatifs qui osent. Dont le projet famille en harmonie. :)

Comme dit Einstein, «Le monde que nous avons créé est le résultat de notre niveau de réflexion, mais les problèmes qu’il engendre ne sauraient être résolus à ce même niveau. »

Je nous invite à nous poser la question « Quel est le but de l’éducation? » Qu’est-ce qui marche? Pourquoi? Qu’est-ce qui ne marche pas? Comment apprendre du passé?

Osons poser ces questions pour envisager de nouvelles possibilités:

Quelle est la meilleure stratégie d’apprentissage pour chaque enfant unique?

Comment permettre cette diversité en collectif?

  • Comment pouvons-nous soutenir l’apprentissage de chaque enfant, en sachant qu’ils sont tous uniques?
  • Comment pouvons-nous les aider à affronter ce monde, en pleine conscience, de leur pouvoir et compétences à être des agents de changement de leur vie?
  • Dans nos démarches éducatives, sommes-nous habités par la peur ou agissons-nous dans la confiance et l’amour? Quelle est notre posture lorsque nous pensons à l’avenir de nos enfants? Quel message inconscient envoyons-nous à nos enfants (Tu es capable. Le monde est dangereux. La vie humaine n’est que souffrance)?
  • Exprimons-nous du soin pour les enfants avec équilibre pour nous? Tenons-nous compte de leurs besoins d’exploration, de liberté et d’épanouissement ET des nôtres?
  • Attisons-nous ce feu sacré de l’apprentissage en faisant confiance que leur curiosité naturelle et leur créativité leur permettront d’intégrer la connaissance à leur propre rythme, avec joie et autodétermination?
  • Donnons-nous l’exemple de ce que nous souhaitons pour eux? Sommes-nous profondément cohérents?
  • Acceptons-nous de voir l’erreur comme quelque chose de constructif qui nous permet de grandir à petit pas et de réajuster notre tir? Sommes-nous obnubilé par la performance et la perfection?
  • Permettons-nous aux enfants de contribuer à la communauté, leur donner du sens et de la fierté de pouvoir participer à la vie, indépendamment de leur âge?

Ce sont des questions difficiles que j’aborde régulièrement et qui peuvent être très déstabilisantes à envisager pour certains. Pourtant, en lisant et en m’informant, je me suis rendu compte qu’il y avait plusieurs personnes transformant l’éducation en ce moment: ils me gardent en lien avec l’émerveillement, mes rêves et ma vision alignée avec mes actions. Être témoin de cette magie de personnes débordantes de sagesse et de courage (jeunes et moins jeunes) qui sont le changement qu’ils veulent voir dans le monde, m’inspire et me nourrit.

L’ÉDUCATION BIENVEILLANTE: MES ASPIRATIONS

  • Une reconnaissance que chaque enfant est unique, ainsi que son style d’apprentissage
  • Une reconnaissance que les enfants ont besoin de se sentir aimés, et émotionnellement et physiquement en sécurité pour s’épanouir et apprendre.
  • Un enseignant guide tout en laissant savoir que les enfants sont importants et valorisés, que leurs besoins sont pris en compte émotionnellement, physiquement et intellectuellement
  • Une reconnaissance que l’autodétermination est comment les enfants intègrent l’apprentissage de façon significative. Nous gagnons beaucoup à être de «facilitateurs de la connaissance» plutôt que de prêcheurs. Je crois que les enfants peuvent vraiment apprendre lorsqu’ils ont l’espace et la confiance d’explorer leur environnement lorsque les erreurs ne sont qu’une étape d’un processus et une opportunité d’intégrer davantage
  • Plus de compassion, de cercles restaurateurs et de dialogue empathique dans les familles, écoles et communautés pour soutenir la collaboration, encourager l’estime de soi, le sens, la coresponsabilité et la croissance interpersonnelle chez les enfants et les éducateurs
  • La clarté et un sens de la co-création pour que chaque membre de la communauté – enfants, familles, enseignants, écoles et autres membres – voient comment ils peuvent contribuer à soutenir l’apprentissage de tous
  • Un espace où la sécurité émotionnelle est gérée avec efficacité et soin: où les enfants et adultes peuvent dialoguer dans un souhait de restaurer l’entente mutuelle et apprendre à communiquer de manière collaborative

Je pourrais écrire pendant des heures. Mais au moment où je tape ces mots, j’ai une douce jeune personne assise sur mes genoux, qui demande un câlin. Et je constate que j’ai besoin d’une pause (et surtout d’un câlin) aussi.

© Mitsiko Miller, 2013. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen de 9 et 11 ans. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants pour les aider à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

activités