Parentalité positive et éducation bienveillante

Le mythe du sommeil solitaire: une vision occidentale du sommeil des bébés

parentalité positive (2)Par Mitsiko Miller

« Faire ses nuits » est devenu un incontournable must dans la parentalité occidentale, qui frôle l’obsession. Dans la société postmoderne dans laquelle nous vivons, le « travail à temps plein » est souvent la seule option proposée par les employeurs pour les parents, l’économie actuelle étant basée sur l’entrée de deux revenus pour couvrir les frais de base (maison, voiture, nourriture).

La réalité financière, sociale et économique impose un rythme soutenu aux parents qui se disent « essoufflés » : après une journée de travail occupée et stressante, la plupart des familles ne peuvent compter sur une grand-mère ou un autre membre de la famille (à part s’ils ont les moyens de se payer de l’aide) pour les appuyer : ils commencent donc un autre emploi à temps plein, après le travail rémunéré, celui de préparer les repas, de gérer la maison et de s’occuper des enfants.

Joindre les deux bouts : la réalité économique
La plupart de ces parents vivent une situation des plus stressantes et n’arrivent pas à maintenir le cap : il n’est pas surprenant qu’ils réclament un lieu calme et sans stimuli, et surtout, un sommeil réparateur! Ceci explique sans doute la popularité de l’entraînement au sommeil (avant le retour au travail, suite à un congé parental), de même que l’usage courant d’approches de discipline plus autocratiques (limites rigides et punitions), pour permettre aux parents de vivre un peu de répit dans leur quotidien turbulent.
La réalité économique et financière est partagée par bien des parents dans le reste du monde, même au tiers monde, qui se courbent également l’échine pour joindre les deux bouts. L’approche autocratique n’est également pas limitée à l’Occident : les violences ordinaires faites aux enfants, existent dans tous les pays, sous différentes formes. Pourtant, comment expliquer que ce n’est qu’en Occident que dormir seul, dès un très jeune âge, a pris une importance capitale, alors que dans la plupart du globe, il est totalement impensable de laisser un petit enfant seul, la nuit ?

L’Occident, et plus particulièrement les États-Unis est obsédé par l’autonomie précoce.

Sommeil solitaire : une croyance culturelle ?
Christine Gross-Loh, auteur américaine ayant vécu au Japon, avance une opinion : et si l’obsession du sommeil solitaire était culturelle ? Selon Gross-Loh, l’Occident, et plus particulièrement les États-Unis est obsédé par l’autonomie précoce. Elle raconte que le sommeil partagé était commun jusqu’au tournant du 19e siècle (note de Mitsiko : est-ce un hasard que ça coïncide avec l’industrialisation, l’exode et l’éclatement de la famille multi-générationnelle et… la venue de longues heures de travail ?) et tout a changé lorsque l’on s’est mis à associer « sommeil seul » avec progrès : la montée de l’influence scientifique a permis aux médecins de gagner en expertise et en crédibilité.

Alors qu’avant le 19e siècle, peu de personnes se préoccupaient de la cause des enfants, tout d’un coup, le monde scientifique publie des recherches et des livres proposant des méthodes pour améliorer l’hygiène des enfants (c’est compréhensible si nous nous rappelons le taux de mortalité infantile, qui existait dû à un manque d’éducation à l’hygiène, à l’époque).

Une nouvelle religion: la science ?
Bien qu’elle y fait référence, l’auteure de Parenting Beyond Borders ne mentionne pas l’immense influence du médecin behavioriste de John B. Watson sur l’éducation des enfants, aux États-Unis et ailleurs. Je souhaite prendre un moment pour le souligner, car il explique également la forte propension en Occident à favoriser l’entraînement au sommeil, puis à la propreté et enfin, à l’apprentissage, qui est si commune et encore prise pour acquis, aujourd’hui.

Watson affirmait que les enfants doivent être entraînés à devenir autonomes pour ne pas prendre de mauvais plis. Il voyait l’urgence de ne pas manifester d’amour et de chaleur aux enfants (selon moi, ce postulat est basé sur le principe que l’amour rend « faible » : ce serait donc un grand risque que de leur offrir réconfort et empathie !), pour éviter qu’ils deviennent mésadaptés et inaptes à fonctionner en société. De là est venue l’idée d’éviter de gâter les enfants, de peur qu’ils prennent de mauvaises habitudes – une croyance si ancrée aujourd’hui qu’il est encore populaire d’entendre des conseils basées sur cette peur.

En visite aux États-Unis, une famille japonaise était choquée de voir que les enfants avaient leur propre chambre et dormaient en solitaire. Ils croyaient également que le moniteur bébé, si commun dans les maisonnées occidentales, servait à créer des bruits de fond pour que le bébé puisse entendre ses parents et ne ressentir la séparation.

Bien qu’il serait absurde pour les parents d’aujourd’hui, de refuser d’exprimer de l’amour à un enfant, demeure le fait que la science est une devenue une référence importante pour les Occidentaux. Parfois, les discours alarmistes engendrent un stress énorme sur les parents, qui ne souhaitent que donner le meilleur à leurs enfants (pensons à la panique générale générée durant la crise de l’H1N1, au Québec). Combien de parents vivent de l’angoisse pour les siestes, les heures de sommeil, une saine alimentation, de peur que leurs enfants ne soient en « santé physique » ?

Suis-je en train de dire que la science est inutile? Non. Cela dit, j’ai à cœur que toutes personnes fassent des choix éclairés et approfondissent leurs recherches avant de prendre pour acquis que la science a réponse à tout: derrière une théorie (surtout en sciences humaines), il y a un postulat basé sur une croyance qui… cherche à être prouvée selon une démarche scientifique.

Le cododo au Japon
Revenons au livre de Gross-Loh : cette journaliste, qui a vécu plusieurs années au Japon où le cododo est la norme, a constaté que les Japonais étaient horrifiés d’apprendre les coutumes occidentales reliés au sommeil. Ils prennent pour acquis que tous les parents dorment avec leur bébé à travers le globe, au même titre que les Occidentaux prennent pour acquis que tous les parents du monde « aident » leur bébé à dormir seul, la nuit. Elle fait remarquer que les Japonais ne stressent pas avec le temps des siestes, ni la nuit, et ont du mal à comprendre l’obsession qu’ont les occidentaux avec la santé et la sécurité extrêmes des enfants. L’auteur rapporte une histoire vécue: en visite aux États-Unis, une famille japonaise était choquée de voir que les enfants avaient leur propre chambre et dormaient en solitaire. Ils croyaient également que le moniteur bébé, si commun dans les maisonnées occidentales, servait à créer des bruits de fond pour que le bébé puisse entendre ses parents et ne ressentir la séparation. :)

La santé et la sécurité physiques, une obsession ?
Elle spécule que cet écart s’explique par les divergences de croyances culturelles : l’Occident adopte un mode de vie individualiste qui se traduit par une éducation qui mise sur l’autonomie et l’indépendance, et la valorisation par l’épanouissement individuel du soi, alors que le reste du globe encouragent davantage des valeurs enracinées dans l’interdépendance.

Les propos de Gross-Loh me touchent particulièrement parce qu’ils mettent en perspective ce que nous prenons pour acquis : nos croyances culturelles. J’ai eu le bonheur d’être élevée dans une famille multiculturelle, par une mère d’origine japonaise. J’ai eu la joie d’être portée dans un onbuhimo (porte-bébé), de dormir à côté de mes parents et d’être valorisée pour ma sensibilité, qui était perçue comme une force et un don.

Lorsque mes enfants tardaient à faire « leur nuit », les propos de ma mère étaient rassurants : « Mitsiko, ton frère a fait ses nuits très tard. Et toi, tu vivais beaucoup d’anxiété, toute petite. C’était dur pour toi de t’endormir. Tu avais une imagination très fertile et tu avais souvent peur. Nous avons respecté cela. Et vint un temps où tu as été capable. » Vint un temps où j’en fus capable. Vint un temps où mon développement physiologique me permettait de dormir toute une nuit.

Cette discussion riche m’a amené à me poser des questions: sommes-nous conscients des influences culturelles sur notre parentalité ? Il y a-t-il, effectivement, comme le note Gross-Loh, une obsession en Occident de la santé et la sécurité physiques des enfants ? Les recherches alarmistes sur le cododo et le sommeil sont-elles justifiées ? Qu’en est-il de la santé émotionnelle ? Est-elle incluse dans les recherches sur le sommeil ?
Comment retrouver un équilibre ? Comment encourager les parents à réfléchir par eux-mêmes?

Dans mon cas, j’ai décidé d’accepter que mes enfants dormiront toute une nuit lorsqu’ils en seront physiologiquement capables. Parce que ce qui était le plus important pour moi dans cette expérience, c’était de pouvoir dormir ! J’ai choisi de lâcher prise de ce que je ne pouvais changer: quand ça arriverait. Et j’ai focalisé mon attention sur ce qui était en mon pouvoir de faire : trouver un moyen de, moi, dormir ET de m’assurer que mes enfants soient en santé ainsi qu’en sécurité physique ET émotionnelle. En pensant de manière créative, notre famille a trouvé une solution respectueuse de tous et qui marchait pour NOUS : pour mon partenaire, moi ET pour nos enfants.

Et vous ?

papLe sommeil de vos enfants vous préoccupe?
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© Mitsiko Miller, 2014. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Références
• Drina Candilis-Huisman, Naître et après? Du bébé à l’enfant, Gallimard, 1997
• Christine Gross-Loh, Parenting Without Borders, Penguin Books, 2013
• Robin Grille, Parenting for a Peaceful World, Longueville Media, 2005
• Carl Honoré, Éloge de la lenteur, Marabout, 2005
• Gilles Lipovetsky, L’ère du vide, Gallimard, 1983
• Didier Lette et Marie-France Morel, Une histoire de l’allaitement, La Martinière
• John B. Watson: article sur Wikipedia.org

Baume pour le coeur, Parentalité positive et éducation bienveillante

Lettre de gratitude à un enfant «difficile»

par Mitsiko Miller

Mon très cher enfant,
Je te suis infiniment reconnaissante pour toute la richesse que tu apportes à notre vie et les milliards d’apprentissages que tu me donnes l’occasion d’intégrer grâce aux défis que nous rencontrons et que nous surmontons ensemble, au quotidien.

cher henriJe veux t’exprimer ma gratitude la plus profonde. Tu m’apprends à lâcher prise, sans laisser aller. À aimer dans la considération de tous. À faire confiance. Tu m’apprends à écouter la sagesse du cœur.

Tu es un trésor.

Parfois, j’avoue. Je rêve de t’envoyer sur un cargo vers une destination inconnue parce que je trouve ça difficile, d’être un parent. Je souhaiterais plus de douceur et de répit. Je souhaite souvent plus de calme.

Surtout lorsque tu veux avoir le dernier mot. Lorsque tu t’obstines avec moi. Lorsque je sens le désespoir monter en moi parce que je suis fatiguée ou stressée.

Je te vois comme mon plus grand défi lorsque tu ne respectes pas notre entente pour le temps d’écran.

Lorsque tu te réveilles à 5 heures du matin en ouvrant toutes les lumières.

Lorsque tu poses des questions qui me confrontent énormément :

  • Dis-donc maman, tu as un petit ventre, maintenant. Tu es un tout petit peu grosse, mais tu es jolie comme ça. Vraiment. (Ce n’est pas une question, mais c’est tout de même confrontant ;))
  • Pourquoi les gens se tuent à la guerre? Pourquoi Staline a tué des gens de son propre peuple?
  • Pourquoi il y a tant d’adultes qui ne respectent pas les enfants?
  • Est-ce qu’on va devenir des esprits d’un autre monde, à notre mort, comme dans La guerre des étoiles?
  • Est-ce que tu m’aimerais, même si je devenais militaire?
  • Pourquoi Hitler a-t-il tué 6 millions de personnes et personne ne s’est opposée à lui?
  • Pourquoi ça existe le racisme, maman?
  • Pourquoi cette maman laisse pleurer son bébé?
  • Pourquoi je déteste souvent mon frère, mais pas vraiment, maman?
  • Pourquoi j’ai peur de mourir?
  • Pourquoi ça t’arrive de t’énerver, toi aussi, maman?

Ouf…

J’ai la tête qui tourne juste à penser à la quantité de mots qui se déversent de ta bouche en quelques minutes.

Je te rappelle souvent de prendre une respiration entre chaque phrase parce que, ce que tu partages m’intéresse, et je veux être capable de suivre la conversation.

Et je te suis tellement reconnaissante d’être infiniment curieux et vivant. D’avoir cette soif de comprendre et de pousser ta réflexion toujours un peu plus loin… pour cultiver ta liberté intérieure.

Et…

Je te suis tellement reconnaissante de m’obliger à grandir (non: de vouloir grandir!!!). À prendre responsabilité de mes émotions. À me respecter. À te laisser prendre tes propres responsabilités. À mieux me connaître pour offrir le meilleur de moi-même. À connaître mes limites, mes défis et mes dons. À savoir dire non avec douceur et amour. Souvent avec douce fermeté, dans une intention d’amour et de respect pour tous.

Je te suis infiniment reconnaissante de m’aider à penser à prendre soin de moi. À nourrir mon âme pour gérer les hauts et le bas de la vie de maman, de femme et d’adulte.

Lorsque tu es venu au monde et que tu prenais 30 tétées par jour, j’ai appris à me fier à mon instinct, à écouter nos besoins et à prendre soin de moi. J’ai surtout fait le deuil de vouloir posséder un bébé, pour t’accueillir, toi, individu à part entière. Le merveilleux toi unique.

Lorsque tu pleurais ‘sans cesse‘, j’ai appris à lâcher prise de ce que je ne pouvais changer, à accueillir le moment présent, à être résiliente, flexible, à demander de l’aide de mon entourage, à me reposer l’esprit et à veiller à vivre des petits moments de plaisir, tout en te gardant à mes côtés.

J’ai lu des milliards de romans et écouté mes standards préférés de jazz avec un plaisir fou, pendant que je te berçais dans mes bras. J’ai chanté et dansé, avec toi, collé sur mon cœur.

J’ai fait du yoga pendant que tu roulais entre mes jambes. J’ai appris à méditer dans le vacarme absolu, pendant que tu faisais un concert de casseroles, à mes côtés.

J’ai appris à écrire avec mes pieds et ma main droite pendant que tu dormais dans mes bras.

Lorsque tu as eu deux ans et que tu poussais les enfants au parc, j’ai appris à intervenir avec amour, pour le bien-être de tous. J’ai appris à me détacher du jugement des autres et à te guider pour t’apprendre à exprimer ton besoin d’espace avec plus de respect et de considération. J’ai appris à dire non avec amour. J’ai appris à me pardonner d’être plus qu’imparfaite, de faire des erreur et d’exprimer mon regret, sans culpabiliser.

Lorsque tu as fait des crises, j’ai appris à me détacher de ma propre réactivité, à ne pas paniquer, à me fier à mon instinct, à m’éduquer en allant à la source, plutôt que d’écouter l’avis d’autres parents, de médecins et de psychologues. J’ai lu sur le développement des enfants et la neuroscience pour mieux te comprendre. J’ai appris à jeter aux poubelles, les livres de « discipline » qui ne me convenaient pas et à écouter mon cœur. J’ai appris à me détacher avec amour. À nous protéger de tes coups en te prenant avec tendresse dans mes bras jusqu’à ce que tu te calmes. J’ai aussi appris à détecter les moments où toi ou moi étions susceptibles de péter un plomb – pour vivre plus de joie dans nos journées.

J’ai appris à décoder tes comportements en devenant détective en besoins. J’ai appris que la bienveillance peut être féroce, aimante et pas toujours facile… mais épanouissante. J’ai appris à être présente à mes pleurs, aux tiens et à ta frustration de ne pouvoir attraper la lune ou le soleil. À ma frustration de ne pouvoir être une mère parfaite.

J’ai appris que mes idéaux n’étaient pas toujours compatibles avec tes besoins. Comme lorsque je rêvais d’écoles alternatives et que tu y étais vraiment malheureux. J’ai lâché prise de mes attentes personnelles et je t’ai écouté, toi. J’ai appris à te voir totalement compétent et à te faire confiance.

J’ai appris à voir le positif dans les situations les plus catastrophiques. J’ai appris à avoir foi en moi et en toi. En la vie. J’ai appris à écouter mon cœur, peu importe ce que les gens pensaient de nous.

Parce que tu es magnifique.

Celui qu’on croyait un futur agresseur ou enfant roi est devenu celui qui aide les autres, protège les arbres et les oiseaux blessés, caresse les petits enfants qui pleurent, prend la parole face aux intimidateurs. Tu es celui qui parle au nom de tous les tiens pendant les conseils de coopération. Tu es celui qui envoie une pensée à toutes les personnes qui souffrent autour de toi. Tu es celui qui exprime ton amour et ton désaccord avec intensité.

Avec un peu plus de bienveillance, chaque jour.

Et parfois, pas du tout.

Parfois, on régresse pour mieux évoluer. :)

Et pourtant, nous trouvons toujours des solutions et des ententes communes.

Toute cette « vie » m’invite à réfléchir, à me dépasser et à grandir dans la clarté de ce que c’est vraiment aimer. M’aimer ET t’aimer. Me respecter ET te respecter. Prendre soin de moi ET prendre soin de toi. Prendre soin de nous ET de notre famille.

Merci du fond du cœur,

Maman

© Mitsiko Miller, 2013. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

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Chère maman qui se sent critiquée

par Mitsiko Miller, cpc

intuitionChère maman qui se sent critiquée (et cher papa aussi :),

Viens te reposer un peu. Viens près de moi. Laisse-moi te tenir la main en silence. Je te tiens pendant que tu pleures ta rage et déverse ton désespoir. Je suis là avec toi. Et je t’écoute. Vas-y. Tu peux pleurer sur mes épaules (très confortables, selon mes enfants et mes clientes).

Pleure sur mes épaules et sur celles des milliards de mères qui se sont senties comme toi, jugées et isolées. Nous t’enveloppons de notre amour pendant que tu accueilles ces vagues de douleurs passagères, en toute sécurité. Nous sommes toutes là. Témoins de tes rêves, de ton amour. De ton expression unique, à toi. De tous tes efforts. De tout ton cœur.

Nous sommes présentes. Vas-y. Il y a des pleurs qui nous nettoient, nous libèrent et nous aident à accepter ce que nous ne pouvons pas changer. Accepter que nous ne pouvons plaire à tous. Que certains ne voient pas ou ne peuvent apprécier notre beauté et notre valeur. C’est douloureux.

Nous, et le cercle de mères, les avons pleurés ces larmes sacrées, et continuons à les pleurer, par moment.

Es-tu prête à m’écouter? Oui?

Avant de commencer, je veux que tu saches que, peu importe le choix que tu as fait, je te vois. Je vois tout l’amour que tu as pour tes enfants. Je ne suis pas là pour te juger. Je ne suis pas là pour te donner des conseils ou pour te dire quoi faire. J’ai trop confiance en toi et en tes capacités.

Oui, tu es vidée, en ce moment. Et, c’est pour ça que je suis là. Nous avons tous besoin l’une de l’autre dans nos moments sombres pour que l’autre nous montre que le soleil ne disparaît pas, lorsque notre nuage gris passe et nous aveugle. Après tout, l’être humain est un être social et a besoin de ses semblables: là, je devine que tu as besoin de quelqu’un pour t’accueillir avec présence. Je suis là. Je te vois, ma maman merveilleuse. Là, tout de suite, je devine que tu as aussi besoin de savoir que tu n’es pas seule. Que tu es aimée. Que tu peux te relâcher, en toute sécurité.

Lorsque ce nuage passera, tu pourras à nouveau voir la merveille qui existe en toi : cette vie, cet amour si puissant, ces rêves, ces valeurs si belles, cette joie, cette conviction qui te motivent à être la maman unique que tu es. Je te vois. Toute ta beauté. Toutes tes intentions. Je te vois. Toujours. Même lorsque tu pètes un plomb. Même lorsque tu n’es pas fière de toi. Même lorsque tu te juges. Que tu juges. Je te vois. Le cœur si vibrant de vie et débordant d’amour.

Je te serre dans mes bras de maman plus « vieille » qui a longtemps vécue cette tristesse face aux jugements, aux critiques et à sa détresse de se sentir seule au monde. Je suis là pour te rappeler que tu n’es pas seule. Qu’il y a de l’espoir.

Tu veux être entendue et respectée? Tu aimerais qu’on accepte que tu as choisi ta voie unique et que c’est un choix éclairé?

Tu veux avoir le droit de juste dire que « c’est difficile » sans qu’on ne t’offre un conseil? Vas-y, parle, je t’écoute. Tu veux de la paix d’esprit?

Tu veux cesser de devoir tout expliquer et de convaincre les autres des multiples raisons de tes choix? Tu en as assez des arguments de « bon parent Vs mauvais parent »? Oui, je vois à quel point tu es fatiguée de te battre, de donner de l’information sans être entendue, parfois même, de te sentir obligée de te justifier ou de sentir que tu n’es pas respectée ou que tu n’as pas le droit d’être qui tu es.

Tu veux te reposer un peu, hein? Tu veux un peu de douceur? :) Viens ici. Donne-toi la permission de vivre tes pleurs de résilience qui te lavent, te soulagent et t’aident à lâcher prise.

Reste avec ta peine sans te juger. Accueille cette vague. Accueille ces pleurs qui disent : « C’est dur d’être qui je suis et je me sens souvent seule. Mais malgré tout, je ne peux m’empêcher de suivre mon cœur et d’incarner les valeurs qui résonnent en moi. »

Si tu me permets, je voudrais bien partager avec toi ce que j’apprends à intégrer, petit à petit. Tu veux bien?

Le jugement des autres est l’expression tragique de leurs propres besoins.

De leur besoin d’être rassurés qu’ils sont eux-mêmes de bons parents.

De leur besoin d’être rassurés qu’on peut être heureux et épanoui en suivant sa propre voie.

De leur besoin d’être rassurés que ton enfant sera épanoui et responsable.

De leur besoin d’avoir des repères (et si tu choisis la parentalité de proximité, ouf!!! Les repères des autres sont bousculés de manière exponentielle!).

De leur besoin de comprendre et d’accueillir la diversité.

Ce n’est pas une critique de toi ou de ta personne.

Ce sont leurs propres inquiétudes qu’ils communiquent très maladroitement.

Parce que la plupart de nous manquons cruellement de capacités à communiquer sainement et pensons souvent avec nos croyances limitantes. Celles qui disent qu’il n’existe qu’une seule manière d’être heureux, une « voie absolue », un modèle, une bonne manière d’être un bon parent. Lorsque confrontés à la diversité qui nous ébranle, nous cherchons souvent un coupable, un bon et un méchant… Puis, nous donnons des conseils, polarisons et critiquons, dans notre incommunication.

Ne le prends pas personnel.

La voie absolue n’existe pas.

Ce qui marche pour toi, ne marche pas pour une autre.

Parce que tu es unique.

Unique et merveilleuse.

Ce qui marche pour elle ne marchera pas pour toi car elle est unique.

Et merveilleuse.

Mais maintenant, ma très chère maman. Tu as le choix.

Tu peux choisir de ne pas le prendre « personnel ».

Tu as le choix de célébrer la diversité des multiples voies uniques.

Tu as le choix de prévoir ces moments et les gérer plus efficacement.

Tu as le choix de voir que ces gens t’aiment et sont maladroits. Mais vraiment.

Tu peux choisir de boucher tes oreilles.

Tu peux choisir de ne pas fréquenter ces personnes.

Tu peux choisir de venir me lire ou d’appeler une amie pour qu’elle t’offre son épaule lorsque tu n’en peux plus.

Tu peux choisir de prendre ton courage à deux mains et parler de cœur à cœur – sans blâmer et sans accuser.

Tu as le choix de voir que ces moments ne sont que des nuages qui cachent le soleil pour un tout petit instant (certes, super giga méga intense…). Le soleil est toujours là.

Tu as le choix.

Toi, seule, sait quoi faire.

Le nuage est passé? Tu as repris confiance en toi? Ahhhh!!!! Reviens me relire, au besoin. :)

© Mitsiko Miller, 2013. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants pour les aider à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

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La lettre qui change une vie

meadpar Mitsiko Miller, cpc

En faisant le ménage de mes papiers importants, j’ai retrouvé une lettre auréolée de douces larmes. Je me souviens du jour où je l’ai reçue. J’avais le cœur gros et j’ai croisé une mère du quartier.

J’avais fait le choix de rester à la maison pour suivre notre rythme jusqu’à ce que nous soyons prêts à passer à une nouvelle étape. NOTRE rythme unique.

Ceci était le choix qui marchait pour NOTRE famille. Et il n’était pas très commun.

Je me sentais très isolée. Et je souffrais de me sentir incomprise. À ce moment-là, les « fameuses questions qui tuent » rajoutaient à la lourdeur de mon cœur. J’étais mère d’un bambin et je n’avais pas encore acquis l’équanimité, le recul et les aptitudes de communication que j’ai maintenant. Je m’effondrais intérieurement à chaque question qu’on me posait, que je vivais comme une critique de ma personne. Je restais souvent dans un mutisme malsain pendant que je jacassais intérieurement.

LES QUESTIONS QUI TUENT

-question : Il est malade? C’est pour ça que ton enfant est avec toi?

– Silence et je roule les yeux intérieurement. J’ai bien dit in-té-rieu-re-ment!

-question : Tu ne serais pas un peu mère poule, par hasard?

-Silence et réponse intérieure : « Poc! poc! Poc! Oui, oui!  »

-question : Quoi????????? Il est encore allaité????????????? Oh, mon DIEU!!! Mais, c’est presque un adulte!!!!!!!!!!!

-Silence et réponse intérieure : Ben oui!!!!!!!! Et il sera allaité jusqu’à ce qu’il passe d’un type de couches à l’autre!!! Tu sais, celles pour les vieux?

Ça faisait un peu du bien de ventiler intérieurement. Mais entre vous et moi, c’était plutôt inefficace à long terme car ce sentiment de désespoir resurgissait quotidiennement.

Puis.

J’ai reçu la lettre de cette mère en question (qui est devenue une très chère amie, vous le devinez).

Cette lettre.

Je l’ai relu 20 fois en pleurant de gratitude.

J’étais enfin comprise, et en plus, je recevais de la reconnaissance! Avec ces mots d’encouragement, j’ai pu lâcher prise de mon souhait d’être vue et reconnue par plusieurs. Et je me suis donnée la permission d’être en paix avec moi-même et avec mes choix. Je les acceptais et j’acceptais que tous ne soient pas d’accord. Plus rien ne pouvait m’atteindre maintenant (ou presque…)

J’avais enfin trouvé ma paix intérieure.

Cette lettre, la voici…

*******

Ma chère Mitsiko,

Je te remercie pour les beaux mots d’encouragement que tu as eu pour moi. Nous passons toutes par des périodes plus noires de temps à autre, peu importe les choix que nous faisons. Alors, d’entendre une autre mère dire qu’elle apprécie l’exemple que je donne, me comble.

Je comprends ce que tu vis. Tu n’es pas seule. Je n’ai pas eu le temps de te le dire tantôt: moi aussi j’ai pensé à fort à toi, récemment. J’ai pensé à la fois où on s’est salué rapidement sur la rue et que j’ai remarqué comment Henri avait grandi. Je me suis dit : « qu’il s’épanouit. »

Tu as écouté ton cœur et ce qu’il te dictait de faire. La pression sociale sera toujours là, mais sois sûre que tu fais le « bon » choix pour toi. Ça vaut tellement la peine.

Aucune femme n’est morte en disant qu’elle aurait dû passer moins de temps avec ses enfants. L’amour, c’est toujours la bonne voie. Elle est éternelle et est la chose qui a le plus de valeur au monde.

Ton amie X

********

(J’ai un peu modifié cette lettre parce qu’il y avait des détails plus personnels. :)

(Je suis reconnaissante d’avoir plusieurs « fées » comme mon amie X dans ma vie. Elles me nourrissent et m’inspirent.  Elles contribuent à mettre de la magie dans ma vie.)

Comment vous sentiriez-vous si vous receviez une lettre d’encouragement comme celle-ci? Quel impact aurait-elle sur votre vie? En sachant son impact sur les autres, prendriez-vous le temps d’en rédiger une pour une voisine ou une amie?

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants pour vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

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Ne sous-estimez pas votre influence

par Mitsiko Miller, cpc

MLKDurant une de mes nombreuses promenades sur la montagne près de chez moi, j’ai été témoin d’un acte de bienveillance absolument attendrissant qui, malgré les années qui passent, demeure totalement vivant en moi, comme si c’était hier.

Lorsque j’y pense, j’aurais tant aimé l’observer avant que mes enfants ne naissent pour m’épargner de longues heures de réflexions et de lectures à savoir comment exprimer de la bienveillance avec mon enfant en crise….

Je marchais lorsque j’ai entendu un enfant hurler. En me rapprochant, j’ai vu une petite fille de 4 ans se jeter sur l’herbe selon une série de mouvements que j’ai maintes fois constatée chez plusieurs jeunes enfants- celle d’une enfant si fatiguée, si sur-stimulée qu’elle se désorganisait à vue d’œil : les lamentations, les larmes, les cris, les coups, bref, la crise du happy hour que je remarque souvent entre 15h30 et 18h00.
Cette mère a tout simplement pris sa petite dans ses bras en l’enveloppant d’amour et tenant ses petites mains avec tendresse jusqu’à ce qu’elle se calme.

Si simple.
Si puissant.
Si inspirant.

Je suis nourrie d’espoir pour l’humanité et pour les générations à venir. Imaginez un moment que vous ayez autour de vous une myriade d’exemples de parents qui répondent avec bienveillance, tendresse et empathie à leurs enfants et aux membres de leur communauté?

Quelle inspiration et quel modèle ils offriraient aux autres parents et aux enfants de ce monde? Je suis certaine qu’il y aurait une normalisation de la bienveillance éducative et peut-être même qu’une génération d’enfants élevés dans la bienveillance n’auraient pas à se remettre de leur enfance, pourraient investir leur énergie à créer du changement social profondément durable.

Imaginez….
Imaginez voir quotidiennement des parents répondre à un enfant « capricieux » avec de l’empathie, offrir un câlin rassurant à un enfant en crise, faire un clin d’œil approbateur à un enfant grimpant dans un arbre, faire une grimace espiègle à un enfant nous tirant la langue. Bref, prendre le temps de reconnaître les besoins derrière les comportements: amour, exploration, respect, jeu, joie, confiance…

Imaginez l’impact sur notre société?

Et je me suis dit qu’être témoin d’un acte de bienveillance ou d’éducation positive aussi petit soit-il, nous influence et nous donne la permission de faire autrement. Et plus nous en serons témoins, plus nous oserons.

Offrons le modèle de bienveillance envers les enfants, et aussi, envers les personnes qui nous critiquent.

Il n’y a rien de plus puissant et désarmant que de répondre de manière férocement non-violente à une critique et aux attaques: avec non-réactivité, empathie, authenticité, persistance, conviction et joie. (La communication NonViolente m’a permise de développer mon muscle empathique et de rester dans le dialogue collaboratif dans les situations les plus difficiles et tendues. Je la recommande à tous).

Bien sûr, il y a beaucoup de travail à faire pour normaliser la bienveillance éducative et nous avons à œuvrer à plusieurs niveaux: individuel, familial, communautaire, gouvernemental et planétaire.

Cela dit, comme précise Gandhi : «Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde». Soyons la bienveillance. Soyons bienveillant envers nous-mêmes, les enfants et les autres.

© Mitsiko Miller, 2013. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Communication bienveillante, Parentalité positive et éducation bienveillante

Le défi d’élever nos enfants autrement

Il y a plusieurs manières d’être parent du coeur. Voici la mienne. Je célèbre la diversité des chemins uniques pour se lier de coeur à coeur avec nos enfants uniques. Tendresse à vous tous!

par Mitsiko Miller
KnostIl nous arrive de nous sentir très seule lorsque nous faisons le choix d’élever nos enfants avec notre cœur. Le quotidien d’un parent est ponctué de moments inconfortables où nous réalisons que, malgré les nombreuses recherches récentes, bien des gens ne partagent pas notre vision de la parentalité et ne reconnaissent pas ce qui nous apparait si logique: le rôle essentiel d’un attachement sécure dans le développement global (physique et émotionnel) des enfants et l’importance d’une relation aimante et collaborative, d’où émergent la coopération et la bienveillance.

Parfois, nous vivons des situations irritantes que nous préférerions éviter et nous roulons les yeux au ciel lorsqu’elles se présentent. Par exemple, lorsqu’un passant jette un regard désapprobateur tandis que nos enfants sautent gaiement dans les flaques d’eau. Lorsqu’une vieille dame s’inquiète que notre bébé « tombe » du porte-bébé. Lorsqu’on nous rappelle de « faire attention à notre pauvre dos » parce que nous transportons un bambin sur la hanche.

Parfois nous sommes plutôt sensibles à ces commentaires et ça nous remue un peu. Par exemple, lorsque le médecin ou une mère que nous estimons beaucoup se surprennent que notre bébé boive aussi « souvent ». Ou quand un visiteur constate que le bébé n’a pas de chambre et s’inquiète qu’il ne sera jamais capable de dormir seul. Peut-être que ce malaise passager se résout après une discussion réconfortante avec une bonne amie.

Mais imaginez lorsque la vision de vos intimes divergent de la vôtre pour l’allaitement ou la discipline. Ou encore, lorsque vos parents et amies de longue date vous mitraillent de conseils non-sollicités (qui stimulent en vous encore plus de désespoir!). Comment réagissez-vous?

Je doute que vous rouliez les yeux. J’imagine que vous êtes bien plus qu’un petit peu remuée. Ça ressemblerait plutôt à un douloureux pincement au cœur qui vous remplit de tristesse.

Tout parent souhaite être vu pour les efforts et l’énergie investis pour élever ses enfants avec amour. Et les premières années, un parent qui choisit le maternage proximal ou la parentalité positive est exposé à plus de critiques que de compliments. Raisons pour lesquelles il a encore plus besoin d’un réseau de soutien, d’inspiration, de ressourcement, et d’espace pour explorer avec confiance ce qui a du sens pour sa famille.

Car à la longue, les commentaires des autres finissent par nous trotter dans la tête. Par exemple, lorsque nous sommes en traitement chez l’ostéopathe (pour notre dos!), lorsque notre bébé se réveille encore la nuit, que notre bambin frappe un ami, ou fait une crise devant les enfants impassibles et polis de notre voisine (qui est convaincue qu’écouter « les caprices » des petits les transforme en tyran). Tout d’un coup, notre confiance en soi plie bagage et nous penchons dangereusement vers le doute.

C’est la sonnette d’alarme qui indique qu’il est temps de remplir notre propre réservoir émotionnel et de nous ressourcer. Mais comment faire? Voici quelques suggestions.

S’enraciner dans ses valeurs
Lorsque le doute vous envahit, c’est le temps de mettre le cerveau sur le bouton « pause » et de sonder la sagesse de votre cœur.

Pourquoi écoutez-vous les besoins de vos enfants? Pourquoi le faites-vous de manière différente des autres? Qu’est-ce qui est important pour vous? Quelles valeurs souhaitez-vous cultiver pour que votre enfant s’épanouisse et devienne un adulte responsable, heureux et empathique?

S’enraciner dans les valeurs aide à se détacher de craintes et insécurités qui envahissent momentanément nos pensées et à reprendre confiance en nos capacités à créer l’environnement le plus favorable pour notre famille.

Trouver sa tribu
Nous sommes nombreuses à avoir très peu de personnes autour de nous qui nous offrent l’acceptation et le soutien qui nous comblent vraiment. Trouver notre tribu nous permet d’être exposée à une multitude d’exemples qui nous inspire, nous nourrit et nous redonne confiance.

Comment est-ce possible d’élargir le cercle? Les possibilités sont illimitées. À vous d’explorer les options!

  • Former ou côtoyer un regroupement de parents partageant vos valeurs
  • Fréquenter des réunions de La Leche League ou un autre groupe faisant la promotion de l’attachement proximal et de l’éducation bienveillante
  • Rejoindre des groupes et communautés virtuels
  • Lire des livres inspirants
  • Aller à des congrès/séminaires/conférences/ateliers sur l’éducation bienveillante

Regarder les intentions
La plupart des personnes ne sont pas habituées à écouter avec empathie… Et, par souci d’aider, elles ont la fâcheuse habitude de se lancer immédiatement dans la recherche de solutions et dans l’énumération de conseils non-sollicités. Et c’est là souvent que nous souffrons le plus, car la plupart des « conseils » nous semblent inhumains: nous voulons trouver d’autres options plus respectueuses de tous les membres de la famille et surtout, nous voulons avoir la liberté et l’espace d’explorer ce qui a du sens pour nous.

Il est tout de même réconfortant pour bien des parents de savoir que ces personnes-là cherchent avant tout à nous aider. Alors la prochaine fois que quelqu’un vous dit : « As-tu essayé le 5-10-15? », regardez l’intention derrière les mots: « Ton bien-être me tient à cœur et je veux vraiment t’aider. Je fais ce qui me semble le plus logique et utile: offrir des conseils. »

Si vous vous concentrez sur leur désir de contribuer, il y a des chances que vous vous sentiez plus calme. Même touchée. Peut-être que vous vous surprendrez à répondre « Merci d’essayer de m’aider ».

Demander ce dont nous avons besoin
Plus nous sommes en mesure d’exprimer ce dont nous avons besoin dans le moment, plus nous offrons l’occasion aux autres de savoir exactement comment ils peuvent activement contribuer à rendre la vie meilleure pour tous.

C’est tout un art qui se cultive par la pratique, la conscience de nos besoins, la flexibilité et l’ouverture à l’autre, et une très grande dose de courage.

Peut-être qu’au départ vous vous sentirez à l’aise de demander qu’à certaines personnes. Et plus vous vivrez des expériences positives, plus vous y prendrez goût.

Voici des exemples de demandes spécifiques et flexibles:

  • Écoute sans jugement : « Je suis triste en ce moment. J’ai besoin de vider mon sac. Est-ce que tu veux bien m’écouter sans rien dire pendant les 10 prochaines minutes? »
  • Repos : « Je suis fatiguée ce matin et je bénéficierais vraiment de repos. Serais-tu d’accord de jouer avec le bébé pendant 20 minutes, le temps que je fasse une sieste? »
  • Reconnaissance : «  Je doute de moi en ce moment et j’aimerais qu’on reconnaisse les efforts que je fais pour que mon bébé et moi soyons heureux. Tu veux me dire une ou deux qualités que tu apprécies chez moi en tant que mère? »
  • Confiance: « Je suis inquiète en ce moment. Il y a une partie de moi qui ne fait pas confiance que cette discussion mènera à une entente gagnant-gagnant. Peux-tu me confirmer que c’est ton intention? »

Et vous, comment faites-vous pour prendre soin de vous dans les moments difficiles?

© Mitsiko Miller, 2013. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants pour les aider à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Communication bienveillante, Parentalité positive et éducation bienveillante

La naissance de mon intuition parentale

Intuition2par Mitsiko Miller, cpc

Avant que mon premier fils n’ait vu le jour, j’étais convaincue qu’un enfant ne changerait rien dans ma vie d’adulte.

:)

Intuition, ça mange quoi en hiver, ça???
J’avais le mot « indépendance » pendue aux lèvres : pour commencer, je croyais que tout irait de soi. Que mon accouchement serait facile, rapide et évidemment sans douleur. Je roulais les yeux au ciel lorsqu’on me parlait de « messages que mon corps m’envoie »: pour moi, c’était des histoires pour les zinzins et c’était bien trop « ésotérique » pour la femme logique et rationnelle que j’étais.

Ah… Et je me disais que mon fils prendrait le sein naturellement. Qu’il prendrait son boire à toutes les trois heures. Peut-être aux cinq heures, si j’étais « chanceuse ». Qu’il ferait ses nuits après un mois. Qu’il dormirait « comme un bébé » dans sa belle petite chambre à lui.  Et que je retournerais travailler comme si de rien n’était et que le monde serait merveilleux ainsi.

J’ai eu raison sur un point, en ce qui me concerne : c’est magique, donner naissance. Pour le reste, je me suis allègrement trompée. La Nature s’est chargée de me sortir de cette torpeur naïve assez rapidement. Les hormones ont joué leur rôle et mon fils s’est affirmé haut et fort : « Whoa, maman!!!! Arrête de divaguer avec tes idéaux et donne-moi du lait et de la chaleur humaine maintenant! »

L’illusion et le syndrome de la super woman
J’étais maman « naissante », sans expérience, sans références et totalement insécure : j’étais souvent dépassée par les événements. Tant de choses à apprendre en si peu de temps! Et attention! La super woman en moi voulait tout bien faire par-fai-te-ment en un quart de tour et être la meilleure maman du monde. Rien de moins. Après super woman, voici super maman! Parfaite, par-dessus le marché!

Je ne savais pas comment changer une couche, je ne savais pas comment tenir ce magnifique bébé, mais je savais qu’il se calmait au sein. C’était déjà un bon départ. Et curieusement, lorsque je le mettais au sein, j’étais calme.

Et puisqu’il était plutôt gourmand, nous avons passé de nombreux moments à apprendre à se connaître et à s’aimer… à en oublier toutes mes petites craintes, à en oublier mon perfectionnisme. À en oublier mon grand désir d’acceptation auprès des autres, le grand souhait d’approbation que je cherchais de ma belle-mère, de l’infirmière, du médecin de famille, de tout le monde. Était-ce vraiment si important pour moi? Ah, c’est sûr que j’aime être appréciée! Mais c’était bien plus important d’écouter mon cœur, mon intuition et d’avoir le soutien dont j’avais besoin. Alors, j’ai créé mon village en cherchant des mamans qui partageaient les mêmes valeurs que moi.

Changer de script: passer d’indépendance à interdépendance
Et plus je bâtissais mon « village », plus j’intégrais l’importance de la relation et le sens de «l’interdépendance » avec mon enfant, avec mon chéri, avec ma famille et avec ma communauté. Et plus je passais du temps avec mon bébé, plus je devenais sereine et confiante. Plus j’apprenais à le connaître. À me connaître. Et plus j’allaitais ce bel enfant, plus il me nourrissait de patience et d’amour. Quel bel échange. :)

La petite voix intérieure
Est-ce le travail de mère Nature et le développement naturel de mon intuition parentale? Oui, oui. Est-ce le fruit de ma volonté consciente de vivre dans un monde où les enfants sont considérés avec respect et empathie? Ah, oui! Était-ce la petite voix de mes « hormones d’amour » qui a initialement guidé le chemin? Oui. Toutes ses réponses. Et cette petite voix intérieure a un timbre qui porte. Il semble si logique et si simple de lui donner raison. C’est la voix du cœur qui s’aligne avec nos idées et nous porte à agir en toute intégrité.

Le bébé pleure? C’est sa seule façon de communiquer. Voyons qu’est-ce qu’il veut me dire?

Il a faim dans la nuit? Alors qu’il soit nourri, c’est un être en pleine croissance. Il fera ses nuits quand il sera prêt.

Il est fatigué? Qu’il se colle contre moi.

Il ne veut pas être seul? Qu’il se love contre moi.

Il veut être stimulé? Qu’on se jase un peu. Qu’on se fasse des bisous.

Et moi? Suis-je heureuse dans cette relation?

Oui? Cool…

Non? Alors que puis-je faire pour considérer mes besoins ET ceux de mon bébé, en même temps?

Si ces hormones m’ont éclairée le chemin au départ, elles m’ont aussi permis d’acquérir suffisamment de confiance en moi pour laisser fleurir l’amour et l’écoute intuitive qui sont encore et toujours à la base de ma relation avec mes enfants.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen de 9 et 11 ans. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants pour les aider à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

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