Communication bienveillante, Parentalité positive et éducation bienveillante

Vivre avec la sensibilité

Maman, il y a des moments où je ne suis plus capable de gérer mes émotions. Il y a trop plein de choses à l’intérieur de moi. Ça explose comme un volcan et il faut que ça sorte! – Henri

Dalai Lamapar Mitsiko Miller, cpc

J’avoue, je suis hypersensible. J’ai longtemps refusé qu’on me qualifie ainsi parce que je n’aime pas porter des étiquettes: j’aime être vue pour mon caractère unique et surtout, que l’on reconnaisse que je ne suis pas un être X avec des caractéristiques x,y,z , mais un être qui évolue à chaque moment. Et chaque moment est différent.

En même temps….
Ceci semble être une constante dans ma vie et puis, comment puis-je décrire mon quotidien et communiquer mon ressenti intense à quelqu’un qui ne comprend pas ce que je vis intérieurement?

J’ai décidé d’adopter cette étiquette, il y a plus d’une décennie, lorsque j’ai lu le livre d’Elaine E. Aron, Ces gens qui ont peur d’avoir peur, décrivant presque mot pour mot, mon vécu (oui, je parle ENCORE d’elle!)

Une chose que j’ai apprise avec l’expérience, c’est que les enfants et les personnes sensibles ont des antennes bien aiguisées, captent davantage leur environnement et absorbent tout, comme des éponges ultra efficaces.

Rien ne semblent leur échapper: les stimuli, les détails hyper spécifiques que personne ne remarque, le trou dans le chandail de la personne à côté d’eux, la tristesse du petit garçon dans le métro, le cycle de vengeance entre deux élèves, l’odeur des noix rôties qui leur rappelle un souvenir vif, le bruit des néons, la grive des bois qui chante à un kilomètre de là, les émotions des autres, les couleurs, les sons, les odeurs, les intentions, les images, les concepts… Ouf.

Et parce qu’ils ressentent beaucoup de choses, vivre au quotidien peut être un défi extrême. Comment gérer le flot incessant d’informations? Comment garder son équilibre? Comment rester zen? J’ai remarqué que lorsque sensible, il est davantage important d’évacuer, de trier, de faire le point pour se libérer mentalement et pour créer de l’espace intérieur, en vue de gérer le quotidien avec la paix intérieure.

Parce que ce blogue se consacre à la vie familiale, je vous fais part de trucs que j’ai développés pour vivre avec des enfants sensibles.

Le défi d’être un garçon hypersensible
Avant de commencer, je veux parler des garçons hypersensibles. Dans son livre The Mama’s Boy Myth, Kate Stone Lombardi fait remarquer que la recherche scientifique considère que les bébés garçons sont plus sensibles et vivent plus d’anxiété de séparation (et plus longtemps) que les filles. Elle urge donc les parents de garçons à cultiver leur vie émotionnelle et à honorer leur besoin de proximité (peu importe ce que la psychanalyse préconise et tous les « experts »), pour qu’ils puissent s’épanouir dans notre monde hyper stimulant et hyper rapide.

Tout comme moi, Lombardi en vient à un triste constat: avoir garçon sensible et à l’écoute de ses émotions le confronte à des situations déstabilisantes: il se fait souvent étiqueter de «fils à maman» ou d’enfant trop sensible, qu’il faut endurcir à tout prix.

Dans un monde où on encourage l’expression d’un type de leadership quasi monolitique (être dans l’action, guerrier, sociable, winner, flamboyant, souriant par défaut et malgré tout, stoïque et extraverti), être « sensible », « réservé » et/ou « introverti » peut être perçu un défaut de fabrication: montrer des émotions autres que la « joie » (et attention, une joie « retenue » et exprimée selon les règles acceptables dictées par la société), est souvent interprété comme de la faiblesse de caractère…

Même en 2014, nous sommes confrontés à des croyances populaires profondément ancrées chez les adultes, les professionnels de l’enfance, les éducateurs, les parents et même les enfants, qui pensent que la solution est de forcer une autonomie précoce au nom de la « socialisation »- favorisant ainsi le déni de la vie émotionnelle des enfants et de leurs besoins (proximité, confiance et sécurité émotionnelle) pour qu’ils deviennent des « hommes forts, », « des vrais de vrais » (ça veut dire quoi, au juste?).

On encourage la coupure des émotions, le manque d’écoute à ses besoins, et donc le manque d’empathie et le stoïcisme… Bref, des habitudes relationnelles qui entretiennent le manque de communication déjà fort présente dans ce monde où adultes et enfants ne possèdent pas les outils nécessaires pour s’entendre, se comprendre, dialoguer, se respecter et vivre en harmonie (et, la plupart se retrouvent dans mon bureau pour réapprendre à s’écouter).

Ne voit-on pas l’importance de cultiver la vie émotionnelle, en constatant le nombre croissant de fusillades initiées par des enfants? Que dire de la violence entre enfants? Ce sont des cris du cœur qui articulent un mal-être profond qui hurle: «J’ai mal! Aidez-moi! Je ne sais pas quoi faire!»

Aidons-les à s’épanouir… Aidons-les à articuler leur malaise et à s’ouvrir à d’autres stratégies plus constructives.

Je vous invite à regarder cette vidéo sur l’impact des croyances culturelles sur la vie émotionnelle des garçons, Le masque que nous portons:

La socialisation à tout prix… et à quel prix???? 
Au sujet de la « socialisation »…. Gordon Neufeld dans son livre Retrouver son rôle de parent démontre les conséquences néfastes d’une socialisation précoce et forcée sur les enfants, sans considérer leurs besoins essentiels de sécurité émotionnelle, d’attachement et d’appartenance.

Pourquoi regrouper des enfants qui, pour la plupart, ne savent pas encore communiquer avec soin et respect, et qui ont, surtout, un grand besoin d’attachement (sécure) qui ne sera pas comblé dans un grand groupe? Moi, je préfère cultiver la relation avec bienveillance et favoriser le dialogue collaboratif plutôt que d’être très entourée de personnes, au nom de la « socialisation », sans savoir comment rentrer véritablement en lien avec les autres, dans le respect et la coopération. Je vous laisse réfléchir à cette question…

Quel étonnement je vis en pensant qu’il y a quelques années, mon fils se faisait traiter de «mauviette» par les autres enfants de l’école et de « vraiment trooooop sensible » par les adultes de l’établissement parce qu’il osait exprimer librement ses émotions? Il a vite compris que dans ce milieu, se montrer vulnérable était synonyme de faiblesse. Parce qu’il cultive son intelligence émotionnelle, il a su trouver ses propres solutions réalistes pour changer ce qui était en son pouvoir de faire: il s’est adapté à la réalité qu’il vivait et a choisi de ne se révéler qu’aux personnes ouvertes à l’entendre. Et elles sont rares…

Accompagner notre enfant à travers ses émotions
Les enfants sensibles ont une vie intérieure extrêmement riche et fertile (comme tous les enfants, vous me direz…) et ont davantage besoin de comprendre leur ressenti pour apprendre à transformer leurs émotions et à cheminer vers l’autorégulation, à petits pas.

Mais bien des parents ont peur d’accueillir les émotions intenses de leurs enfants parce que c’est très confrontant et ça demande un immense travail de croissance personnelle et d’autorégulation pour les parents.

Pourquoi certains croient que vivre de la colère ou de la tristesse est mauvais? Parce que c’est une croyance bien ancrée dans notre société.
Très ancrée…

:S

Il nous est difficile d’accompagner l’enfant à travers leurs peines et frustrations sans incommuniquer (nier, prendre l’émotion de l’autre sur nous, sympathiser, ignorer, vouloir faire à leur place, vouloir épargner des malaises, minimiser, donner des conseils ou donner des solutions « toutes les tailles ») car nous ne savons pas quoi faire. La plupart de nous fuyons la colère ou la peine comme la peste, car nous pensons que c’est mauvais de faire endurer sa colère et sa peine aux autres… Alors, la plupart de nous refoulons… Nous nous coupons de notre ressenti et bloquons nos propres émotions, autres que la joie et l’enthousiasme (qui DOIT, en plus, s’exprimer d’une CERTAINE manière, sans intensité, et sans trop d’éclat pour ne pas indisposer). Bref, nous ne savons donc pas comment transformer notre propre colère et notre propre tristesse… Alors comment pouvons-nous accompagner nos enfants, hein?

Pourtant, le ressenti de nos enfants et le nôtre, dans toute sa richesse, est bien réel et a besoin d’être entendu.

Nous gagnons tous à développer notre intelligence émotionnelle…

Pourquoi? Pour se soulager, pour mieux se connaître, pour développer la résilience, le détachement et pour trouver des solutions réalistes à nos défis, un problème à la fois.

La Communication NonViolente est merveilleuse pour aider un enfant (et un adulte!!!) à mieux comprendre ce qu’il/elle ressent, s’affranchir de sa réactivité et trouver des solutions respectueuses de tous. J’utilise les cartes de sentiments et de besoins (je vais en produire prochainement!)  que j’ai fabriquées moi-même, pour faciliter l’intégration de ce processus, avec mes enfants.

Remplir le réservoir émotionnel
Les enfants ont besoin de sentir qu’ils appartiennent à leur clan et qu’ils sont aimés tels qu’ils sont – et non pour ce qu’ils font. Multiplier les moments de tendresse et de partages chaleureux remplit leur réservoir affectif et fortifie la relation d’attachement, l’estime de soi et la capacité à la résilience – aussi bien pour le parent que pour l’enfant. C’est ainsi que la complicité et la coopération sont entretenues, selon moi.

Du temps de relaxation pour récupérer
Un enfant sensible a besoin de repos mental pour récupérer. Un moment calme en revenant de l’école et/ou d’une activité stimulante, aide à se vider et à retrouver l’équilibre. Exemple d’activités: méditation, acupression, brain gym, yoga, se faire un fort avec les coussins du canapé, se couper des stimuli dans une tente, se mettre des coquilles anti-bruit en lisant, jouer dehors, aller dans la nature, colorier des mandalas ou en faire dans la nature, dessiner, jouer avec de la pâte à modeler et avoir des moments sans écran.

Vider le trop-plein: faire des retours sur la journée
Poser des questions qui permettent de faire le point sur la journée de votre enfant, puis l’inviter à écrire (ou dessiner) un journal, dès 7 ou 8 ans
-Qu’est-ce qui a mis du soleil dans ta journée?
-Qu’est-ce qui a été dur et que peux-tu faire autrement pour éviter que cela ne se reproduise?
-Qu’est-ce que tu as appris à travers ses expériences?

Faire des rituels rassurants
La science affirme que les sensibles usent davantage de leur cerveau droit: on dit que c’est un mode de fonctionnement plus intuitif et créatif. Je me sers donc de cette imagination débordante pour mettre en place, selon les intérêts et l’univers uniques de l’enfant, un rituel rassurant qui l’aide à faire face aux craintes et aux angoisses.

Qu’est-ce que ses héros(ïnes) et personnages qu’il/elle admire feraient dans cette situation? Voici des idées: activer son pouvoir de super héros, utiliser une baguette magique, faire une potion de druide pour donner du courage, mettre des « pierres magiques » dans sa poche, faire une formule de sorcier pour contrer l’angoisse, créer une bulle de protection pour se sentir en sécurité – tout ce qui provient de son imaginaire, qui lui parle sincèrement et qui le/la rassure.

Fait vécu: à trois ans, mon fils a enfilé sa cape et son masque de Batman tous les jours: s’habiller en super héros l’aidait à faire face aux défis du quotidien. Oui, j’allais au parc, à l’épicerie et dans le métro avec mini Batman, tous les jours! :)

Faire des rituels de séparation: tisser le fil d’amour
Les enfants sensibles ont encore plus besoin de sentir notre présence et de notre soutien, peu importe où ils/elles se trouvent. En créant un pont avec notre enfant durant les séparations (travail, nuit, école, garderie), nous consolidons le lien (ce que j’appelle le « fil d’amour ») qui nous unit et leur rappelons que nous sommes leur port « d’attachement »:
-« Je te souhaite une bonne journée. Je viens te chercher à 3 heures. Mon cœur est toujours avec toi. J’ai hâte de construire la maison de Lego avec toi, après la collation. »
-Dessiner un cœur sur sa main: « Tu es toujours dans mon cœur, peu importe où tu es.»
-Lui donner un bracelet ou un foulard imprégné de notre odeur qu’il/elle porte (les enfants vivent davantage à travers leurs sens), s’il/elle est encore petit(e) lorsque vous vous séparez.

Rappeler les responsabilités de chacun

Je t’aime même quand tu ressens de la colère. Je t’aime même lorsque je ressens de la colère ou de la tristesse. Tu es toujours aimé. Je n’aime pas toujours tes comportements, mais toi, je t’aime toujours. Tu es toujours digne d’amour.

Je remarque que les sensibles ont plus tendance à se croire responsables des sentiments des autres et à s’inquiéter pour tous les êtres de l’univers à qui ils souhaitent le bien-être.

Une manière d’aider ces enfants à mieux vivre, est de leur rappeler qu’il y a des problèmes qu’ils n’ont pas à résoudre et dont ils ne sont pas responsables. Ils n’ont pas à nous sauver, ou à sauver toute la planète. Ils n’ont pas à régler tous les problèmes de l’univers.

Ce qu’ils peuvent faire, c’est soutenir le changement, à la hauteur de leurs capacités. Ils peuvent nous soutenir aussi, lorsque nous avons des défis, en nous faisant confiance que nous sommes suffisamment « grands » et capables pour trouver nos propres solutions.

Et que, oui, ce nuage va passer. Oui, nous y arriverons.

Ainsi, ils peuvent se reposer en notre présence, être des enfants, s’épanouir et être les merveilleux êtres uniques qu’ils sont.

© Mitsiko Miller, 2014. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

 Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

Communication bienveillante, Parentalité positive et éducation bienveillante

Rester zen face à l’intensité

par Mitsiko Miller, cpc

henkerJ’aimerais dire que je reconnais à quel point il est difficile d’avoir des enfants qui s’expriment de manière « intense », que ce soit dû à leur tempérament ou parce qu’ils traversent une nouvelle phase d’individuation (apprentissage développemental).

Dans la société dans laquelle nous vivons, nous n’avons pas l’habitude, ni le réflexe de demander (ou d’obtenir…) le soutien dont nous avons réellement besoin pour se ressourcer et rester un parent patient, efficace et calme.

Comme disait Margaret Mead, personne ne nous a demandé de vivre comme une famille « nucléaire », coupée du monde, isolée et sans soutien de la communauté – comme nous le faisons – avec l’illusion que nous pouvons tout faire seul… « Nous nous sommes mis dans une situation impossible, » affirme-t-elle… Oui. Nous avons du mal à demander et, souvent, le soutien que nous recevons lorsque nous osons (enfin) demander, ne convient pas du tout, non plus…

Et dans nos moments de désarroi et d’épuisement, nous tentons de donner du sens à ce que nous vivons: nous en venons à croire que quelqu’un est « difficile ».

Plusieurs remarquent qu’il est plus difficile de gérer les interactions avec certains plus que d’autres. D’autres affirment que le bébé ou enfant «difficile» ou «aux besoins intenses» est un concept bidon.

Mon opinion? Oui et non.

OUI
Ce n’est pas l’enfant qui est forcément « difficile », mais NOUS qui trouvons difficile de gérer la relation avec cet enfant. (Et avouons-le, la plupart de nous manquons cruellement de soutien et/ou de ressources pour demander du soutien autour de nous).

NON
Il y a des enfants et des adultes, avec qui nourrir une relation, exige beaucoup d’effort, d’humilité, de lâcher prise et de croissance personnelle en vue de bâtir un pont harmonieux, l’un vers l’autre.

Toute personne est unique. Chaque tempérament est unique et magnifique. Il est trop facile de qualifier la personne d’«oppositionnelle», de «difficile», de «capricieuse» ou d’«hypersensible» pour clore le dialogue et la question. En même temps, il est parfois très aidant du donner sens à ce que nous vivons à travers une « étiquette »  qui nous aide à voir l’humanité dans l’autre, et même de comprendre comment rentrer en lien avec elle– surtout si nous rencontrons des enfants (petits et grands) avec qui la communication exige beaucoup d’effort.

J’aime le terme « hypersensible ». Il m’aide à rester curieuse, ouverte et me rappelle que derrière tout comportement, aussi tragique soit-il, il y a une raison: un besoin inassouvi tente de s’exprimer maladroitement. Essayons-donc de comprendre.

Une théorie dit qu’il y a des personnes plus sensibles sensoriellement et émotionnellement que d’autres, dont le système nerveux fonctionne différemment. Ce n’est pas un problème, tout simplement un mode de fonctionnement distinct: on affirme que ces personnes se servent davantage de leur cerveau droit et opèrent donc davantage sur le mode intuitif. Cette théorie me parle.

Selon Elaine N. Aron, auteure spécialisée en hypersensibilité, 15% de la population serait de cette espèce. Voici quelques traits communs tel que décrit sur Wikipédia (et selon les critères de Saverio Tomasella)

  • Forte réactivité à des stimuli qui ne font pas réagir autant d’autres personnes
  • Grande faculté d’empathie
  • Débordement émotionnel face à des situations génératrices d’émotion
  • Amplification des ressentis
  • Mémorisation des expériences vécues avec beaucoup d’acuité
  • Capacité à rire, pleurer, être anxieux avec une fréquence ou une intensité plus élevée que la moyenne
  • Impulsivité et irritabilité
  • Tendance à être perturbé par toute difficulté ou dysfonctionnement imprévus
  • Forte créativité et imagination
  • Intuition fortement développée
  • Vie intérieure riche et complexe
  • Conscience des nuances subtiles de l’environnement
  • Dévouement et grand sens du service pour les autres
  • Influencé par l’humeur d’autrui
  • Besoin de s’isoler pour se reposer, se libérer de toutes stimulations et se retrouver

J’aime dire que je fais partie de cette tribu, ainsi que tous les membres de ma famille. Chacun à notre façon, bien sûr. Mais mon expérience m’amène à constater des points communs entre nous:

Les défis: vivre en société

  • Inconfort profond aux sensations (5 sens) intenses et aux émotions vives (souvent imperceptibles aux autres)
  • Perméabilité au ressenti des autres, même si ces derniers tentent de cacher leur vulnérabilité et leurs sentiments :)
  • Humeurs changeantes et intenses
  • Besoin prononcé de solitude, allergie au contact humain inconnu et aux situations trop stimulantes
  • « Entêtement » féroce face aux ordres et aux règles qui n’ont pas un sens intrinsèque pour soi

Les célébrations et contributions uniques à ce monde

  • Une volonté de fer et une intention claire à tout ce que nous choisissons d’entreprendre
  • Créativité et curiosité bouillonnante
  • Leadership original et unique
  • Empathie et grand désir de contribuer au bien-être des autres
  • Monde intérieur extrêmement riche et profond
  • Émerveillement devant la beauté dans l’art, la nature et le cœur des êtres vivants

Vous pouvez imaginer que les journées avec moi, étaient hautes en couleur pour mes parents. Je préférais passer mon temps seule pendue à un arbre ou en compagnie d’animaux pour avoir cette tranquillité, cette prévisibilité et ce repos si essentiels à ma survie mentale. Et surtout, pour vivre plus de douceur dans mon quotidien (et… pour faciliter mon autorégulation).

Ce n’est pas le cas de mes enfants qui vivent en ville, dans un monde très différent de celui de mon enfance:

  • Pollutions sensorielle et environnementale
  • Rythme effréné de la vie actuelle
  • Pluralité des modes de vie
  • Stress, sollicitation, écran, publicité

Face à ce monde qui les agresse, la réaction de mes enfants était, durant la petite enfance, de faire des crises et de chercher des repères souvent de manière très tragique (répétition de gestes et de bruit, mettre de l’ordre, nommer, qualifier et quantifier le monde, créer des rituels et des séquences rigides – bref, de contrôler ce qui était en leur pouvoir de contrôler) pour trouver de la prévisibilité et du repos dans leur environnement.

Et…. de se coller à moi (comme du velcro!) un instant, pour me repousser l’instant suivant (la danse de l’autonomie/individuation, quoi!) dans des périodes de changements, de transitions et d’individuation.

Il n’est pas facile de vivre avec des enfants qui s’expriment de manière intense. C’est tout un défi! Et ce n’est pas facile d’être un parent, tout court. Car, selon moi, tous les enfants ont, à différents degrés (et cette expérience est exponentielle avec les « hypersensibles ») en commun ceci:

  • Ils sont nos sensei qui nous font grandir, cœur et âme
  • Ils reflètent comme un miroir grossissant les sentiments que nous vivons, et surtout ceux que nous tentons de dissimuler à nous-même et aux autres :)
  • Ils demandent clarté et cohérence entre ce que nous ressentons, disons et ce que nous faisons
  • Ils demandent à être accompagnés sur des chemins très difficiles que nous avons du mal à faire pour nous-même: accueillir des émotions fortes, faire face à nos peurs et angoisses, gérer la colère et faire confiance à la vie

Comme vous voyez, les défis de nos enfants sont aussi des cadeaux pour nous et pour eux-mêmes, qui invitent à la profondeur authentique, au lâcher prise et à ÊTRE.

Lorsqu’ils étaient petits, je n’étais pas toujours en mesure de voir le cadeau qu’ils m’offraient. C’est avec le temps, et en étant témoin de leur épanouissement que j’entrevois bien plus fréquemment la richesse du trésor qu’ils portent en eux.

Entre temps, voici des suggestions pour rester ZEN ;)

Remplir son réservoir émotionnel et celui de notre enfant au quotidien:

  • Rester à l’écoute de soi… pour être à l’écoute de notre enfant!
  • Nourrir son âme au quotidien
  • Apprendre à demander de l’aide aux personnes qui nous aident vraiment (j’insiste sur le mot: vraiment)

Entretenir une relation de confiance avec son enfant:

  • Véhiculer l’amour en tout temps: « Je t’aime toujours, même lorsque je me sens en colère »
  • Reconnaitre son vécu dans le quotidien et prendre responsabilité de ses sentiments: « Je me sens fâché et ceci m’appartient à moi! »
  • Respecter les besoins de tous pour cultiver la coopération

Être capable d’autorité saine:

  • Être un phare qui reconnait le ressenti de tous ET redonne espoir: « C’est dur ET nous allons trouver une solution!»
  • Être proactif, prévenir et instaurer des rituels et des repères qui tiennent compte des besoins, du tempérament unique et du niveau de maturité de notre enfant… et de soi (oui, oui!).

Être un coach émotionnel:

  • Être détective en besoins pour soi et ses enfants
  • Reconnaître et accueillir nos sentiments INTENSES et ceux de nos enfants, avec présence
  • S’exprimer avec bienveillance pour favoriser le développement émotionnel ET l’éveil à notre pouvoir (et à celui de nos enfants) de converger, à coup d’essais et d’erreurs, vers notre propre bonheur (empowerment)
  • Célébrer nos petits petits pas (et ceux de nos enfants!) vers la bienveillance avec beaucoup de douceur et beaucoup beaucoup beaucoup de compassion pour soi (dois-je me répéter ou avez-vous pigé? ;).

© Mitsiko Miller, 2013. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.