Baume pour le coeur

Le vent et le soleil

Le Vent et le Soleil se prirent de querelle
Un jour, chacun disant qu’il était le plus fort.
Pour juger lequel avait tort,
Ils eurent une idée assurément nouvelle.

Le plus fort, dirent-ils, sera celui des deux,
Oui, celui qui saura le mieux
Au premier passant dans celle avenue
Enlever son manteau. C’est chose convenue.

Un voyageur survient. Le Vent se jette alors
Avec fureur sur lui ; mais plus il fait d’efforts
Pour le déshabiller, plus notre homme s’attache
En grelottant à l’habit qui le cache.
A son tour le Soleil brille, et telle est l’ardeur
De ses feux que le voyageur
Par lui réchauffé, mis en nage,
Va chercher un abri sous quelque frais ombrage,
Non sans avoir auparavant
Déposé le manteau qu’il refusait au Vent.

En bien des cas, tant elle a d’influence,
La douceur réussit mieux que la violence.

Les fables d’Ésope