Gérer notre colère et notre pilote automatique

argueing_shutterstockLorsque je suis devenue parent, j’ai fait une découverte fort désagréable: Mon dieu! Moi???? Non!!! Ben oui, j’avais beaucoup beaucoup de colère à l’intérieur de moi! Ce fut un constat (un choc?) très difficile à accepter pour moi qui se croyait si zen et bienveillante…

Mais voilà… C’est facile d’être bienveillant lorsque nous ne sommes pas confronté-e dans nos valeurs. C’est facile d’être bienveillant-e avec les enfants des voisins… C’est très exigeant d’être dans l’amour lorsque nous faisons face à des agissements qui nous confrontent et nous secouent. Et soyons francs, nous sommes confronté-e mille et une fois dans notre quotidien à cette réalité, lorsque nous sommes parents.

Pourquoi? Car les comportements de nos enfants viennent toucher nos valeurs et nos attentes souvent irréalistes de ce qui devraient être ou de ce que nous préférerions.

Dans mon cas, jamais ai-je reçu autant de jugements, conseils, commentaires non-sollicitées et désobligeants depuis que je suis mère. En tant que mère choisissant de travailler selon le rythme de mes enfants, j’avais aussi une croyance que je devais prouver que j’étais une « bonne » maman bienveillante compétente. Et comme preuve: « Regardez mes enfants ! Ils sont si éveillés, allumés, autonomes, empathiques, intelligents, polis! et tout et tout. Regardez comme ça vaut le coup de s’investir! »

Bref, il y avait quelque chose en moi qui avait besoin de prouver ma valeur, mes croyances, et mes compétences à travers mes actions, et justifier mon choix d’être bienveillante, maman à la maison qui a cododoté, allaité, écouté les besoins de mes enfants. Je me mettais tellement de pression à « bien faire » qu’il y a des moments où j’en perdais le Nord. Je passais de « doux » à « dragon » en fonction de mon niveau de fatigue, de solitude et de stress. J’étais si fatiguée de faire le yo-yo que j’ai enfin décidé de travailler sur ma colère…

Dans cette optique, je souhaite offrir aux parents des outils que j’ai développée pour m’affranchir de la colère et réaliser le rôle du stress et des idées reçues qui nous gardent dans des cycles de violence.

Notre pilote automatique, ce sacré coquin…

BLAMING-570_shutterstockLorsque nous nous sentons attaqués ou blâmés, ou lorsque nous voyons nos enfants ou notre partenaire faire ou dire des choses qui stimulent de la peur, de la colère en nous, nous rentrons dans un mode réactif: le pilote automatique.

Dans certaines situations, nous sommes tellement stimulés que nous perdons le contact avec nos facultés internes qui nous permettent le recul, l’écoute véritable pour résoudre des problèmes de manière constructive.

Nous réagissons tous de manières différentes, en fonction de ce que chaque situation stimule en nous: parfois, nous avons tendance à vouloir écraser l’autre et, d’autres fois, nous avons tendance à nous écraser. Selon Isabelle Filliozat, « nos réactions excessives sont des manifestations de stress. Selon la situation et notre histoire personnelle, notre réaction sera plutôt l’agression, la fuite ou l’immobilisation. Cela peut aussi varier, ce qui explique que face au même comportement de l’enfant, soit nous sévissons avec autorité, soit nous partons dans notre chambre, soit, épuisés, nous laissons faire. »

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Preferee-indicating-time-out-6926rendre des pauses

Le meilleur moyen de mettre fin à ce cycle de déconnexion est de prendre des pauses pour comprendre ce que nous vivons et se reconnecter à soi. Pratiquer l’introspection (l’auto-empathie), et prendre du recul nous aident à sortir de notre émotivité. Une fois calmé et recentré, nous pouvons reprendre un dialogue constructif. Notez qu’une séparation abrupte durant une conversation difficile peut alimenter la crise:

  • Faire de l’auto-empathie: nommer et ressentir nos émotions dans le moment
  • Respirer profondément, souffler dans une paille
  • Se faire des pressions profondes, recevoir un câlin
  • Marcher, bouger, changer de décor
  • Gesticuler avec des grands mouvements
  • Danser, chanter
  • etc.

Proposer des ponts de séparation

Il est important de retenir que les humains sont des êtres d’attachement: une coupure abrupte durant une conversation difficile peut stimuler beaucoup de craintes et d’anxiété de séparation. Proposer des ponts de séparation évite d’éveiller les peurs pouvant générer une nouvelle escalade dans le conflit: « J’ai besoin d’une pause. Cette conversation me tient à coeur. Pouvons-nous reprendre cette conversation dans 10 minutes? » ou « J’ai besoin d’une pause. Tu me donnerais un câlin pour que je libère un peu d’ocytocine dans mon corps? » ou « Je suis trop énervé-e en ce moment pour parler de manière constructive. Peut-on reprendre fixer rdv pour parler dans 30 minutes lorsque je serais plus centré-e? »

Et vous, quelles sont vos tendances réactives?

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 Ce texte est tiré du cahier Être parent du coeur, série sur la parentalité positive et la communication collaborative, offerte à Montréal par Mitsiko Miller. Veuillez noter que ce texte est protégé par des droits d’auteurs!

Mitsiko Miller

Coach et formatrice du projet famille en harmonie

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6 thoughts on “Gérer notre colère et notre pilote automatique

  1. j’y compte bien et je t’adresse le bon de commande courant de semaine prochaine
    ça été un peu compliqué au plan administratif , mais c’est réglé. Ça va être super !
    Big bisettes
    Josette

  2. Vous dites que les humains sont ds être d’attachement, je suis choqué de lire pareils propos. C’est pour ces raisons que les humains sont incapables d’un bon dialogue, tellement soudé ou attaché à l’autre qu’il ne savent plus qui ils sont, aux moindres conflits on perd les pédales, complètement dans l’émotion, dans la blessures, ce sont les blessures qu’il faut observer en nous, et ne pas se laisser emporter quand elles sont activées. Ça s’appelle bien se connaître, mieux s’aimer pour mieux communiquer ce qui se passe en nous.

    • Bonjour francine,

      J’entends que ce qui vous choque, c’est le mot attachement.
      Je fais référence ici à la théorie d’attachement dans le développement de l’enfant (Winnicott, Brazelton).
      Entendez-vous autre chose?

      Bien à vous,

      Mitsiko

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