Pourquoi, en colère, nous ne pouvons réfléchir

par Mitsiko Miller

colerePourquoi nos mains tremblent-elles lorsque nous ressentons de la colère? Pourquoi avons-nous tant de difficulté à nous calmer, malgré tous nos efforts? Pourquoi, tout d’un coup, voulons-nous avoir raison et sommes prêts à nous battre jusqu’à la mort???? Pourquoi, tout d’un coup, nous nous surprenons à faire ou dire des choses que nous savons que nous regretterons plus tard, et pourtant…. nous ne pouvons-nous empêcher de faire ou de dire??!!
Lorsque j’ai découvert le travail du neuropsychiatre Daniel J. Siegel, auteur des livres Parenting from the Inside Out et The Whole Brain Child (dont je parle trrrrès souvent dans mes ateliers), j’ai pu enfin comprendre pourquoi nous ou nos enfants perdons tant nos moyens, lorsque nous sommes envahis par des sentiments de colère ou de stress.

À l’aide d’un modèle simple, Siegel explique comment notre cerveau réagit face à des stimuli qui provoquent chez nous la peur, le stress, ou la colère. Comprendre ce fonctionnement m’a aidé à m’affranchir de ma culpabilité paralysante lorsque je me demandais comment était-ce possible pour moi de replonger dans un mode combatif après tant d’année de travail sur moi, et surtout, à trouver des moyens efficaces et proactifs pour en sortir.

Lorsque nous crions, perdons notre calme, il est commun que nous nous jugeons incapable et colérique. Ainsi, après avoir cédé à la réactivité en faisant subir une forme de violence à l’autre, nous rentrons alors dans un nouveau cycle de violence, celui envers soi: la culpabilité.

Au lieu de juger nos actes et nos gestes, voyons notre colère comme un drapeau rouge nous invitant à sonder notre cœur pour comprendre ce qui nous touche vraiment pour apprendre de nos erreurs et faire autrement une prochaine fois. Bien sûr, nous allons souhaiter exprimer du regret. Mais est-ce nécessaire de se blâmer et se critiquer pour autant (forme de violence)?

Dans cette vidéo (4 minutes) expliquant le processus (enfin!!!!) en français, Nadine Gaudin de l’Association Discipline Positive France (que j’ai eu le plaisir de rencontrer au cours d’une formation en discipline positive) nous montre à l’aide de son poing ce qui arrive à notre cerveau lorsque sommes en état d’alerte.

 Le modèle du cerveau selon Siegel

Lorsque je pète un plomb: combat/fuite Lorsque je suis calme: intégration
Flip_lid Integration
Lorsque je me sens stressé ou en colère, je perds accès aux parties de mon cerveau qui me permettent d’être empathique, flexible, de raisonner et de trouver des solutions. Je me déconnecte totalement et tombe dans le fonctionnement du mon cerveau reptilien: immobilisation, attaque, fuite et survie! Aucun moyen de parler, de raisonner et d’écouter… Lorsque je suis calme, j’ai accès à une partie du cerveau supérieur (cortex préfrontal) où mes facultés d’autorégulation des émotions, d’empathie, de prise de décisions, de logique et de raisonnement sont en fonction.

En comprenant le principe de Siegel, j’ai réalisé qu’il était totalement inutile de tenter de trouver des solutions lorsque j’étais dans le mode combat/fuite. Il était mieux de prendre une pause pour me recentrer.

Et respirer profondément n’a jamais été suffisant dans mon cas. J’ai, avant tout, besoin de prendre du recul pour comprendre ce qui se passe en moi et pour retrouver des moyens réellement efficaces pour revenir à la « vie ».

La discipline positive suggère de prendre « le temps de pause » pour revenir aux fonctions de notre cerveau supérieur. Quant à moi, je trouve encore plus efficace de pratiquer l’auto-empathie, processus extrêmement puissant de la Communication NonViolente (CNV) qui m’aide à me recentrer en quelques millisecondes (lorsque nous y sommes vraiment habitués, bien sûr ;). Le processus de la CNV m’aide, à travers ses 4 étapes, à sortir de l’émotivité et de la réactivité, comprendre ce qui me touche réellement dans le moment présent et prendre les moyens pour trouver des solutions de manière proactive.

Puis, une fois calmée, je peux poursuivre la conversation avec l’autre (si l’autre est également en mode intégration, bien sûr!) en pleine possession de mes moyens, dans l’écoute, l’empathie pour trouver des solutions qui marchent pour moi et pour l’autre.

* Des recherches démontrent que le fait de nommer les émotions dans le moment présent, permet de réduire leur impact et nous aide à revenir en mode intégration.

© Mitsiko Miller, 2013. Toute œuvre originale jouit de la protection d’un droit d’auteur. Veuillez me demander la permission avant de reproduire une partie ou la totalité de cet article.

Mitsiko Miller est coach et mère parfaitement imparfaite de deux maîtres zen. Avec Projet famille en harmonie, elle accompagne adultes et enfants à vivre leur harmonie. Suivez son blogue.

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3 thoughts on “Pourquoi, en colère, nous ne pouvons réfléchir

  1. et avant tout COMPRENDRE … si on cherche de quelque façon que ça soit à dominer sa colère sans en comprendre la source, c’est vain … plutôt que chercher de dominer, mater à tout prix sa colère (ou l’intégrer ou quelque soit le nom qu’on donne, ça revient au même, c’est un processus de domination de ses émotions), comprendre d’où elle vient, pourquoi elle vient, travailler à libérer les premières émotions, ou rendre à autrui (souvent son père, sa mère) une colère qui n’est pas la sienne fait disparaitre les raisons de la colère – et plus besoin de mater ou d’intégrer : elle n’a plus de raison d’être.

  2. Ping: "Arrête tes caprices!" | Culture de parent

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